Macron, le coup de poker

Dissolution de l’Assemblée nationale : le coup de poker de Macron (Le Parisien), Elections européennes : après le « coup de tonnerre », le « coup de poker » d’Emmanuel Macron (Le Monde), Guillaume Tabard : «La dissolution, le coup de poker d’un Emmanuel Macron apprenti sorcier» (Le Figaro), « Coup de poker », « anticonformisme » : l’Allemagne réagit à l’annonce de dissolution de l’Assemblée nationale par Emmanuel Macron (France Info), Dissolution : le coup de poker politique d’Emmanuel Macron peut-il réussir ? (Ouest France)…

« Coup de poker », c’est donc ainsi qu’est qualifiée par un gand nombre de médias, la dissolution de l’Assemblée nationale par Emmanuel Macron à la suite des élections européennes du 9 juin.

En effet, alors que venait d’être annoncé le score historique à 30% du Rassemblement National, avec à sa tête Jordan Bardella et Marine Le Pen, Emmanuel Macron annonçait à son tour, lors d’une allocution solennelle, la dissolution de l’Assemblée nationale. Autant la victoire de Bardella ne nous a pas surpris, autant l’annonce présidentielle a pris de cours aussi bien les commentateurs politiques que les gens « normaux ».

A quel jeu se prête donc le président ?

On peut bien se poser la question. Au vu des résultats du RN auquel s’ajoutent ceux de Reconquête, parti d’Eric Zemour, les élections législatives de fin juin, début juillet risquent d’offrir la majorité à l’extrême droite, ce qui pourrait amener un homme de cet horizon au poste de Premier ministre, en l’occurrence, Jordan Bardella.

Macron a-t-il fait le pari que le RN au pouvoir va faire preuve d’incompétence et que les Français se rendront compte que cela ne rime à rien de voter pour eux ? A-t-il fait aussi le pari que le RN, n’ayant qu’une majorité relative et non pas absolue, n’arriverait pas à gouverner ? Ce calcul est fort aléatoire car personne ne sait pour le moment quelle alliance va se nouer entre le RN et Les Républicains. Si celle-ci est dénoncée par Renaud Muselier (Président du Conseil régional en PACA), Valérie Pécresse (Présidente du Conseil régional en Ile-de France et ex-candidate LR à la présidentielle), Laurent Wauquiez (Président du Conseil régional en Auvergne-Rhône-Alpes) et l’ensemble des sénateurs LR, elle semble tout à fait « souhaitable » par le patron du parti, Eric Ciotti. De quel côté les électeurs LR vont-ils eux-mêmes pencher ?

Emmanuel Macron tablait-il sur la division de la gauche (et donc, un vote « utile » pour ses représentants) ? Mauvais calcul : dans la soirée du 10 juin, Le Parti socialiste, La France insoumise, Europe Ecologie les Verts, Place publique et Génération.s, parvenaient à un accord visant à présenter des candidats uniques dans chaque circonscription (article à suivre).

Qui seront les perdants ?

Accueil des migrants encore plus restreint, droits des LGBT+ et des femmes remis en question, écologie en danger, éducation sur des principes rétrogrades, liberté d’expression et de la presse attaquée, soutien à l’Ukraine ré-interrogé… La liste des régressions qui pourraient arriver en cas de victoire de l’extrême droite est longue, et les premiers touchés, ce seront nous, les gens « normaux » qui croyons au progrès et à la fraternité.

Tintin

80 ans du Débarquement, des anniversaires hautement politiques (2/2) : le Débarquement, une douloureuse humiliation française

A l’occasion des 80 ans du Débarquement en Normandie le 6 juin 1944, cette mini-série d’article se propose de porter un regard critique à l’égard du Débarquement mais aussi des récupérations politiques et idéologique qu’il a subi.

Monument aux morts du commando Kieffer / photo Falcon photography via Flickr

A l’occasion des 80 ans du Débarquement en Normandie le 6 juin 1944, des commémorations sont organisées ce jeudi. Vous avez sûrement vu passer dans les médias l’information des commémorations et d’innombrables dossiers spéciaux sur le Débarquement. Ici, Je ne vais pas vous faire le déroulé de la cérémonie ni celui du Débarquement mais évoquer l’évincement de la France libre du Débarquement par les anglo-américains : une véritable humiliation que De Gaulle ne digèrera jamais.

On peut affirmer que les Français libres du général de Gaulle ont quasiment été inexistants lors du Débarquement. Tout ce que l’on retient, ce sont les 177 soldats du commando Kieffer, qui débarquèrent à Sword Beach sous commandement britannique. Ceux-là sont particulièrement connus et vantés par la propagande française.

Mais le Débarquement, cela on le sait moins, a eu surtout un goût amer pour la France. Cette France libre qui, même si elle combattait aux côtés des Alliés, était sous-estimée. Ce mépris vient bien sûr de la défaite de 1940, et le passage de la France « officielle » de Vichy du côté Allemand. Et ce malgré les exploits tricolores de Bir Hakeim (printemps 1942) ou d’Italie (hiver-printemps 1944). Les Britanniques et les Américians ne les voyaient ainsi pas capables de mener un débarquement, il était donc inutile pour eux de se rajouter une contrainte de coordination en faisant participer des Français au Débarquement. En revanche, ils voyaient les Forces françaises libres utiles sur les fronts méditerranéens, afin de relever des unités anglo-saxonnes pour le Débarquement. Cette situation est très bien résumée par De Gaulle : « Par commodité, [les Anglo-Saxons] cherchaient à utiliser les Forces françaises pour les buts qu’eux-mêmes avaient fixés, comme si ces forces leur appartenaient« .

De plus, De Gaulle n’est pas vraiment populaire : Churchill et surtout Roosevelt voient en lui qu’un « trublion ambitieux » et ce dernier « représente tout ce que Roosevelt n’aime pas dans la France : soif de grandeur, ego surdimensionné et donneur de leçon« , selon le magazine Guerres & Histoire. Bref, le démocrate américain et De Gaulle se détestent, même si ce sentiment est plus modéré chez Churchill dont l’opinion publique ne comprend pas le mépris pour les frères d’armes de 1940.

En conséquence, le Général n’a pas été prévenu des préparatifs du Débarquement et n’a pas eu son mot à dire. Ce n’est que deux jours avant le D-Day qu’il a été prévenu d’un débarquement et je vous laisse imaginer sa colère ! C’est une véritable humiliation. Un jour après, il est convoqué dans le QG de Churchill et les deux hommes vont avoir une discussion orageuse. De plus, est évoqué le sujet épineux de la France d’après-guerre, sujet de conflit entre De Gaulle et Roosevelt : alors que le premier défend une France souveraine, et non pas une colonie US à la charge d’une administration yankee, l’autre espère bien influencer la politique tricolore : il a déjà imprimé des francs, factices selon De Gaulle.

Même la fameuse 2e Division Blindée du Général Leclerc, dont on dit qu’elle fera le Débarquement, n’a débarqué que… le 1er aout 1944, à Utah Beach, donc bien après les combats amphibies !

Toute sa vie, De Gaulle gardera cette opinion que le Débarquement de Normandie du 6 juin 1944 n’a été qu’une affaire d’Anglo-Américains : même le commando Kieffer était intégré à une chaîne de commandement 100% britannique…

Le débarquement de Provence, un débarquement plus français ?

C’est pour cela que De Gaulle, redevenu entre temps chef de l’Etat, a refusé de participer aux commémoration des 20 ans (1964), jugeant là encore que c’était une affaire d’Anglo-Américains. D’ailleurs, 2 ans plus tard, pour bien montrer que la France n’était pas qu’un simple Etat à la botte des States, il se retirera de l’OTAN, preuve encore de sa distance avec ses anciens alliés.

Au contraire, lui préfère de loin le Débarquement de Provence (15 aout 1944), opération amphibie menée essentiellement par des troupes se battant sous le drapeau français, et surtout commandée par un Français, le Général Lattre de Tassigny. Il a permis de libérer le Sud-Est, la vallée du Rhône et la Bourgogne et permit de rallier les Alliés dans le Nord de la France, apportant ainsi des troupes françaises au contingent allié.

Après avoir dit tout ça, notre chef d’Etat devrait il se rendre aux commémorations ? Devrait il s’inscrire dans la lignée du Général De Gaulle ? C’est à lui de décider, même s’il est du genre à faire beaucoup de cadeaux aux Américains…

Rappelons cette phrase de De Gaulle : « Le Débarquement du 6 juin, ç’a été l’affaire des Anglo-Saxons, d’où la France a été exclue. Il étaient bien décidés à s’installer en France comme en territoire ennemi ! […] Et vous voudriez que j’aille commémorer ce débarquement qui était le prélude à une seconde occupation du pays ?« .

Kenzo

80 ans du débarquement, des anniversaires hautement politiques (1/2) : la récupération du Débarquement par les Américains

A l’occasion des 80 ans du Débarquement en Normandie le 6 juin 1944, cette mini-série d’articles se propose de porter un regard critique à l’égard du Débarquement mais aussi des récupérations politiques et idéologique qu’il a subi.

A l’occasion des 80 ans du Débarquement en Normandie le 6 juin 1944, des commémorations sont organisées ce jeudi. Vous avez sûrement vu passer dans les médias l’information des commémorations et d’innombrables dossiers spéciaux sur le Débarquement. Ici, Je ne vais pas vous faire le déroulé de la cérémonie ni celui du Débarquement mais évoquer comment le Débarquement a pu être récupéré dans la propagande/communication après la Seconde Guerre Mondiale, notamment par l’Oncle Sam.

Rappelons le, ce n’est pas la première commémoration organisée en l’honneur du Jour J. Pour la première année d’Overlord, en 1945, on pouvait y voir plusieurs personnalités britanniques. Déjà, le D-Day était vanté pour être le commencement de la Libération de la France. Plus tard, d’autres grandes commémorations ont eu lieu, comme en 1964, ou en 1984.

America first contre le IIIe Reich ?

Malheureusement, comme toujours, l’évènement historique est récupéré par les politiciens pour des raisons idéologiques et de propagande. Rappelons que, juste après la Seconde Guerre Mondiale, a lieu la Guerre Froide, qui a opposé les anciens Alliés de la Seconde Guerre Mondiale : le bloc occidental dominé par les Etats-Unis et le bloc « communiste » dirigé par l’URSS.

Dans ce contexte, le Débarquement de Normandie apparaît pour les Anglo-Saxons et particulièrement les USA comme un évènement historique à exploiter dans la propagande. En effet, si le Reich a finalement pu être abattu, c’est avant tout grâce au monstre de guerre soviétique, qui a déployé le plus d’hommes et subi les plus lourdes pertes. Il faut donc pour Washington prouver que les Américains sont, eux aussi, des gagnants de cette guerre, qu’ils ont libéré l’Europe… Voire même plus : que l’Oncle Sam est LE gagnant de la Seconde Guerre Mondiale.

Même après la Guerre Froide, la mémoire du Débarquement est toujours utile pour Washington : en 1994, pour montrer sa position de « gendarme du monde », en 2004 pour calmer le jeu après l’invasion de l’Irak à laquelle la France s’est opposée, en 2014 alors que Poutine menait des « opérations spéciales » en Ukraine…

Ainsi le Débarquement est récupéré par les Etats-Unis, ce qui se fait au détriment des autres nations qui ont participé à ce débarquement, comme le Royaume-Uni et l’Empire britannique en général. Ce dernier a quand même fourni l’essentiel de l’effectif : 94 000 soldats de Sa Majesté ont ainsi débarqué le 6 juin 1944, contre 60 000 Américains. De plus, dans la légende de ce Débarquement, ces soldats sont présentés comme moins braves que les « courageux GIs US », alors que, encore une fois, ce sont eux qui ont débarqué avec le plus de succès !

Plus généralement, ce sont les forces de 15 nations qui ont participé au débarquement : alors revisitez les images de Il faut sauver le soldat Ryan sur la boucherie d’Omaha Beach : le débarquement, ce n’est pas que ça.

Kenzo

Inoxtag : mensonge ou vérité ?

Inoxtag : photo Anthony Priolo, CC PAR 3.0, via Wikimedia Commons

Inoxtag est un youtubeur qui a 7,7 millions d’abonnés.

Il publie des jeux d’horreur pour Halloween et beaucoup de vidéos très variées, comme des lives humoristiques. Il travaille rarement tout seul mais plutôt avec ses amis de la team Crouton. A la base, cette « team » a été créée par Inoxtag et Michou. Aujourd’hui Lebouseuh, Pidi, Apo les ont rejoints. Leurs publications de prédilection portent sur les jeux vidéo comme Fortnite et Minecraft, c’est ce qui les a rendus populaires.

Récemment Inoxtag a fait beaucoup parler de lui parce qu’il prétendait dans une vidéo, qu’il allait gravir l’Everest. Toute la polémique aujourd’hui se résume à une question : « Est-ce qu’Inoxtag a vraiment atteint le plus haut sommet du monde ? »

En effet, il est revenu de son ascension mais il est très silencieux sur ce qu’il s’est passé là haut. Il dit qu’ il va faire une vidéo où il va en parler. Mais à ce jour, toujours rien. Jusque là, la seule chose que nous ayons vue est une photo du sommet de l’Everest avec Inoxtag. Mais est-elle truquée : mystère !

Robinson

Gaza, Russie, travail, écologie… Une nouvelle gauche pour les Européennes ?

Alors que la campagne pour les élections européennes bat son plein, les listes de gauche ne semblent pas encore mener dans les sondages. Une gauche qui, de plus, est divisée sur les questions sociétales et internationales et n’hésite pas à se déchirer. Nous allons voir en quoi ses diverses composantes se déchirent, s’affrontent et quelles perspectives se dessinent pour les prochaines élections présidentielles.

Présentons d’abord les différentes têtes des principales listes de gauche (de gauche à droite) :

  • Le Parti Socialiste, dirigé par Olivier Faure, aura comme tête de liste Raphaël Glucksmann, politique mais aussi écrivain, il a notamment été le conseiller d’un président géorgien
  • La liste de Europe Ecologie les Vert sera dirigée par Marie Toussaint
  • Celle de La France Insoumise de Jean Luc Mélenchon aura pour tête Manon Aubry
  • Et enfin le Parti Communiste Français de Fabien Roussel aura comme tête de liste Léon Deffontaines. Cette liste est soutenue par les Radicaux de Gauche, la Gauche Républicaine et Socialiste, et l’Engagement, qui sont des partis de centre-gauche

Gaza : la fracture de la Nupes

Un peu de contexte. Après le cataclysme qui a agité nos médias après l’attaque terroriste du Hamas en Israël le 7 octobre, nos politiques prennent position. Dans la majorité, comme dans les autres partis politiques, la réponse est unanime : condamnation ferme des « attentats terroristes de l’organisation terroriste Hamas« .

Tous ? Non. Dans son Tweet du 7 octobre, Jean-Luc Mélenchon, leader de La France Insoumise et de la gauche unie (la Nupes), affirme que les attentats du 7 octobre résultent de l’intensification de la colonisation en Cisjordanie (voir ici). Il ne condamne pas immédiatement les actes terroristes, mais parle plutôt de « crimes de guerre« .

Ces propos déclenchent aussitôt une autre tempête médiatique, et les élus et politiques de gauche se voient sommés ou bien de justifier, ou de condamner, ces propos.

Au final, les principales forces politiques composant la Nupes se déchirent et se braquent contre Mélenchon, sonnant ainsi la mort de l’alliance de la gauche qui avait commencé pour les législatives de 2022 : le Parti Socialiste suspend son action à la Nupes, le Parti Communiste Français de Fabien Roussel, qui critiquait déjà vivement Mélenchon, se retire lui aussi.

C’est donc une nouvelle gauche, sans Nupes, qui fait campagne pour les élections européennes.

Ennemi n°1 : Jordan Bardella

S’il y a un point où tout le monde est d’accord à gauche, c’est bien le danger de la montée de l’extrême droite, alors que la tête de liste pour les Européennes du RN, Jordan Bardella, affiche plus de 34% d’intentions de vote, ce qui le place en gagnant de ces élections.

L’ensemble des candidats affirment que l’extrême droite fait de l’immigration son carburant pour la campagne, adopte des discours populistes… etc. Raphaël Glucksmann affirme que ceux que veut l’extrême droite, « c’est le chaos« …

Les superprofits plus ou moins dénoncés

Autre sujet qui met tout le monde d’accord : le système actuel qui favorise l’enrichissement des plus riches entreprises. Les partis proposent tous un ISF (Impôt Sur la Fortune) européen, par exemple. Toutefois, les firmes internationales sont plus ou moins dénoncées selon les partis.

Par exemple, les Ecologistes critiquent les superprofits qui, de plus, n’ont aucun scrupule en matière de protection de l’environnement et de réchauffement climatique, Manon Aubry (LFI) dénonce les logiques de marchés qui appauvrissent les plus pauvres et enrichissent les plus riches, bref, le système capitaliste, tandis que Glucksmann est plus modéré.

Raphaël Glucksmann dénoncé par LFI, les Ecologistes et le PCF

En revanche, trois partis (La France Insoumise, les Ecologistes, et le Parti Communiste Français) expriment leur méfiance envers Glucksmann qui serait « en dehors des réalités des Français« , trop libéral, faisant partie du système… etc. Le média d’extrême-gauche Blast, le souffle de l’info le qualifie même comme « droitiquement acceptable« …

Ce candidat ultra-proeuropéen veut aussi intégrer de nouveaux pays à l’Union, comme l’Ukraine ou la Géorgie, ce qui ne plait pas au reste de la gauche. En effet, les salaires minimum ukrainiens, inférieurs à 200€ euros par mois (!), pourraient créer une opportunité pour les entreprises françaises qui paieraient ainsi moins de salaire, tout en bénéficiant du libre-échange européen (c’est le dumping social). Le problème est que cela ferait perdre des emplois aux Français, alors que nous avons déjà un problème de chômage en France…

De son côté, Glucksmann entend combattre ce qu’il appelle le « poutino-pacifisme » : tandis que l’extrême-gauche défend la paix en Ukraine, le candidat socialiste accuse les Insoumis notamment de défendre les intérêts de Poutine, au même titre que le RN.

Les communistes contre les insoumis ? Le travail versus Gaza

Autre match, beaucoup moins médiatisé : c’est celui au sein de l’extrême gauche entre les Insoumis et les Communistes.

Le candidat de Fabien Roussel, Léon Deffontaines, tacle la direction de La France Insoumise, qu’il accuse, au même titre que l’extrême droite et les macronistes, de détourner le débat des sujets de fond, pour l’amener vers des sujets sociétaux : identité, immigration, mais surtout… Israël/Gaza ! En effet, depuis le 7 octobre, les Insoumis affichent leur soutien aux Palestiniens, en provoquant (avec les médias) polémique sur polémique, comme celle de l’Eurovision ou de Science Po.

Pour le communiste, la gauche des insoumis (et de Raphaël Glucksmann) ne défend plus les travailleurs, comme elle le faisait historiquement. Elle se bat sur un terrain proposé par les macronistes et le RN.

Au contraire, lui entend défendre une Europe sociale et protectionniste, du travail et « qui met l’humain au centre« , comme l’affirme un de ses soutien Radicaux de Gauche.

Malgré tout, si on lit et on compare les programmes de Léon Deffontaines et de Manon Aubry, ils ne diffèrent pas.

Une bonne dynamique pour Glucksmann au détriment des autres partis

Enfin, le candidat socialiste affiche son ambition de réunir la gauche, comme l’a fait Mélenchon en 2022. Et cela marche plutôt bien : en effet, le candidat socialiste a une bonne dynamique de montée dans les sondages, et talonne depuis plusieurs mois Valérie Hayer (majorité présidentielle). Il passe ainsi de 12% à 14,5% aujourd’hui.

Mais cette dynamique se fait au détriment des autres listes de gauche. En effet, les socialistes profitent du vote « utile », en 2022 fustigé par Fabien Roussel (PCF) et loué par Jean-Luc Mélenchon. Ainsi les Ecologistes, qui profitent d’un nombre d’eurodéputés confortable, se voient dans les sondages crédités de seulement 5,5% d’intentions de vote, après avoir dangereusement frôlé les 5%, à partir desquels on n’obtient pas d’eurodéputés au Parlement européen. Du côté des Insoumis, on est plutôt stable (7%), tandis que chez les communistes, on plonge à 2% d’intentions de vote.

En conclusion, un dilemme se pose pour les électeurs de gauche : voter une liste créditée à largement plus de 5%, comme Raphaël Glucksmann (PS – Place Publique) ou Manon Aubry (LFI) pour enlever des sièges à l’extrême droite (donc, un vote utile), ou alors pousser des listes qui frôlent les 5% (Marie Toussaint, les Écologistes), voire tenter de remonter une liste en dessous (Léon Deffontaines, PCF), un vote de « cœur », donc ?

Kenzo

Rafah, le massacre de Barkasat

Avant-hier, dans le sud de la Bande de Gaza, à Rafah, Tsahal a bombardé le camp de réfugiés de Barkasat. On dénombre actuellement 45 morts et 249 blessés.

Une du quotidien palestinien Al-Quds du 27 mai : “Massacre abominable à Rafah”

Ce camp abritait de nombreux déplacés du nord de l’enclave, s’entassant dans des abris de fortune et des tentes qui ont brûlé lors de l’attaque aérienne israélienne. Les images qui circulent sur les réseaux sociaux montrent des cadavres calcinés, des enfants brûlés ou mutilés et d’autres horreurs.

L’armée israélienne justifie sa frappe par sa volonté d’éliminer deux hauts responsables du Hamas mais, devant l’indignation internationale provoqués par ce massacre, Nethanyahu a fini par qualifier cela comme étant une « erreur tragique ».

Cette « erreur » survient après que le procureur de la Cour Pénale Internationale, le 20 mai, a réclamé un mandat d’arrêt contre le premier Ministre israélien (et son ministre de la Défense) pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité. En effet, Tsahal a déjà attaqué des hôpitaux et des camps de réfugiés autres que Barkasat et il lui est particulièrement reproché d’utiliser la famine contre les Gazaouis.

En France, Emmanuel Macron s’est dit, sur X : « indigné par les frappes Israéliennes » et a appelé à un cessez-le-feu immédiat. Hier, de nombreuses manifestations pro-palestiniennes ont eu lieu dans plusieurs villes avec, à Paris, environ 10 000 manifestants.

Manifestement, ça ne change pas la politique de Benjamin Netanyahu, puisque ce matin, des chars israéliens sont entrés dans la ville de Rafah.

Bao Nam

Européennes : Tik Tok s’invite en campagne

Le 9 juin, ce sont les élections européennes. Les Français, ainsi que les millions d’autres Européens, sont invités à aller voter. Ce scrutin a lieu dans un contexte de montée de l’extrême droite et de guerres dans le monde. Certains candidats, en France, en font les préparatifs des présidentielles de 2027. Bref, c’est une campagne qui s’annonce et qui est tendue. Et pour gagner le maximum de voix, tous les moyens sont bons, y compris les réseaux sociaux, comme le très controversé Tik Tok.

La plupart des candidats y voient une opportunité. Leila Chaibi, de la France Insoumise, avance que Tik Tok est « un moyen de toucher des jeunes très éloignés de la politique, surtout en raison de l’abstention« . Un responsable du marketing numérique de la campagne de Reconquête ! (le parti de Zemmour) explique, quant à lui, que l’application permet à la candidate Marion Maréchal de « toucher le maximum de personnes « .

En première apparence, cet outil apparait donc comme un outil classique de marketing de campagne : depuis toujours, les politiques utilisent tous les moyens à disposition pour mettre en avant leur programme.

Ingérence étrangère et algorithmes

Malgré tout, l’appli préférée des jeunes est aussi largement contestée. En effet, la Commission européenne avait interdit en 2022 l’application à ses fonctionnaires sur leurs téléphones professionnels, suite à un rapport parlementaire sur les possibles espionnages chinois et russe et le vol de données d’utilisateurs.

Rappelons que Tik Tok est un réseau social chinois, appartenant à la firme Byte Dance, dont le patron est proche du pouvoir. Une loi en Chine encourage fortement, voire oblige, les entreprises à agir pour « l’intérêt » de la Chine. En l’occurrence, des vidéos sont censurées (comme dans les autres réseaux sociaux), mais ce sont des vidéos qui, par exemple, se rapportent à la souffrance des Ouighours (voir ici), bref des vidéos qui discréditent la Chine.

De plus, les algorithmes, très flous pour l’Occident, sont contrôlés directement par Byte Dance, et elle peut donc envoyer n’importe quoi à n’importe qui. Cela peut servir à faire de la propagande pour le pouvoir chinois, ou pour en servir les intérêts.

La réaction : Raphaël Glucksmann (Parti Socialiste) et Valérie Hayer (majorité présidentielle) se retirent de Tik Tok

Le candidat socialiste a déclaré dans une interview à France 2 qu’il ne tenait pas à « faire le mariole sur Tik Tok« . Il renonce donc à ces 60 000 followers : « C’est une question de cohérence. Ce réseau social, c’est une pompe (à fric, ndlr) à donner au service du parti communiste chinois. Donc, je ne me voyais pas faire le mariole sur Tik Tok tout en dénonçant les ingérences étrangères« . Pour les mêmes raisons, mais sans être médiatisée, Valérie Hayer, de Renaissance (majorité présidentielle), emboite le pas au candidat socialiste.

D’autres ont le même discours, sans pourtant renoncer aux opportunités offertes par cette application. Ainsi, le candidat Les Républicains (droite), François-Xavier Bellamy, déclare avoir « longuement hésité à investir ce réseau, avant de décider de tenter d’y proposer des contenus plus exigeants […] afin de ne pas laisser le champ libre à des discours simplistes« . Selon le journal le Point, il aurait déclaré en début de campagne qu’il na va pas aller pas « faire des formats de vingt secondes publiés sur des logiciels de propagande chinoise pour participer à la décérébration des masses« .

Le cas Bardella

Le candidat d’extrême droite du RN, Jordan Bardella, n’a aucune gêne à utiliser Tik Tok avec son million d’abonnés. En plus de proposer du contenu politique, il publie aussi des vidéos humoristiques, ou des vidéos sans véritable contenu, et encore moins d’argumentation. Une vidéo qui a fait 3 millions de vues le montre, portant des lunettes de soleil avec écrit dessus « Le J« , appelation du rappeur marseillais très populaire auprès des jeunes, Jul. Une autre le montre seul, puis il regarde la caméra et annonce : « J’ai faim« . Point.

Cela devrait contribuer à le rendre plus proche des jeunes, en plus de son physique et de son âge. « Le J » exploite pleinement les opportunités qu’offrent Tik Tok : élargir « la base militante« , notamment aux plus jeunes. Pour cela, il utilise les procédés et les codes Tik Tok pour « amuser la galerie » et ainsi plaire aux jeunes. Il montre une image de lui sympathique, sûr de lui, « normal ».

Et c’est bien en cela que son action s’inscrit dans la volonté de dédiabolisation du RN (Rassemblement National) : en effet, Marine le Pen cherche à faire oublier les origines vichystes de son parti et de son père avec Jordan Bardella, un jeune homme élégant, éloquent et qui, en plus, vient de Seine-Saint-Denis et est d’origine étrangère (italienne et algérienne).

Est-ce que Tik Tok va vraiment permettre de changer la tendance ?

Pas particulièrement. En effet, Tik Tok est surtout visionné par un public très jeune (en dessous de 18 ans, et l’âge s’abaisse encore…), un public qui donc ne peut pas voter.

En revanche, et cela est aussi mis en avant par les marketeurs politiques, c’est cette « génération Tik Tok » qui va pouvoir voter aux présidentielles de 2027. Ma génération (les 2009) aura tout juste 18 ans en 2027. Donc il s’agit de convaincre les adolescents qui seront les électeurs de demain. Est ce que ça marche ?

Attention : ce qui suit est un constat concernant uniquement ma tranche d’âge au collège Jean Moulin.

(Malheureusement) oui. En tout cas, pour mes camarades qui font le plus de bruit. Vous leur faites la remarque : « Ah, tu vas pouvoir voter en 2027 », ils vont répondre, le sourire au lèvre « ça va voter Joe [Bardella] ! ». La raison ? Ils ont, bien sûr, été envoûtés par les vidéos de 20 secondes de Bardella affirmant : « Euh, les criminels français en prison, euh, les étrangers, dans l’avion !« , ou par les multiples instagramers et tik-tokeurs liés au RN… Quelle époque !

Kenzo

Proche-Orient, aux origines du conflit – 3 Des accords d’Oslo à nos jours, une paix ratée

Dans notre précédent article, nous avions évoqué la 1ère Intifada, qui est la conséquence des injustices qui régnaient sur le territoire de l’ancienne Palestine mandataire. Nous verrons ici comment la paix a échoué et la montée des extrêmes, des deux côtés…

Les accords d’Oslo

C’est suite à la Première Intifada que les Israéliens commencent, sous l’impulsion du superpuissant américain (rappelons-le, le meilleur allié d’Israël), à négocier secrètement avec des Palestiniens (toujours pas l’OLP, qu’ils ne reconnaissent pas), et ce dès 1991 à Madrid. C’est surement l’épuisement d’années de conflits, d’un côté comme de l’autre qui a amené à négocier.

Malgré tout, le 13 septembre 1993, à la Maison Blanche, sous le regard « bienveillant » de Bill Clinton, le président américain, le premier ministre travailliste (de gauche) israélien, Itzhak Rabin, et Yasser Arafat, le chef de l’OLP, se serrent la main. Les accords dits d’Oslo sont signés. Mais que prévoient ils ?

Premièrement, il y a une reconnaissance mutuelle entre les deux parties : les Israéliens reconnaissent l’OLP comme représentante du peuple palestinien, tandis que l’OLP reconnait le droit d’Israël à exister en paix.

Deuxièmement, on définit une période de « transition » de 5 ans au bout de laquelle devrait exister une Autorité Palestinienne et un Conseil législatif palestinien (sorte d’Assemblée nationale) qui auraient une autorité plus ou moins grande sur des territoires pas clairement définis dans l’accord.

Il y a la création de zones en Cisjordanie : A, B, C. La zone A, recouvrant les grande villes, devra être sous contrôle total palestinien, la zone B, englobant la quasi-totalité des villages palestiniens, sous contrôle administratif palestinien mais sous contrôle militaire israélien, et la zone C sous contrôle israélien (désert de la Mer Morte, etc.).

Gaza devra, elle aussi, être en zone A, donc sous contrôle « total » palestinien.

Zones A, B, et C. En bleu clair et bleu foncé sous contrôle israélien (Zone C) / Image Wikipédia

Mais surtout, est décidé le retrait des troupes israéliennes des territoires occupés : ainsi Tsahal n’aurait le droit que de circuler dans la zone C.

Seulement, est-ce que ces accords sont respectés, en tout cas en Cisjordanie ?

L’échec de la paix

Comme on peut le constater aujourd’hui, les accords d’Oslo ne sont pas du tout respectés. L’armée israélienne continue d’occuper les territoires, notamment en Cisjordanie. De plus, le découpage, comme on peut le voir sur la carte, entrave la liberté des Palestiniens à se déplacer, car ils sont facilement arrêtables par l’armée israélienne en zone C : ils sont ainsi coincés dans des « îlots ».

De plus, le pouvoir du Conseil législatif palestinien n’est que symbolique et, au bout de 5 ans de transition, il n’y a toujours pas eu d’Etat palestinien.

Autre sujet que nous n’avons pas évoqué, l’extension des colonies. Cela continue, voire même s’accélère. Des oliviers sont arrachés, des maisons détruites…

Pourquoi la paix a-t-elle échoué ?

Les accords d’Oslo n’ont pas fait l’unanimité. Des deux côtés, les extrêmes n’étaient pas d’accord avec le processus de paix. Du côté palestinien, le Hamas (voir précédent article), alors qu’il n’est pas encore au pouvoir, multiplie les attentats-suicides contre la population israélienne. De l’autre, des organisations terroristes israéliennes commettent des attentats dans des mosquées, comme celui des massacres d’Hébron, mené par Baruch Goldstein.

Pour ne rien arranger, la droite israélienne de Netanyahou puis de Sharon, puis encore de Netanyahou, soutenue par l’extrême droite religieuse, s’éloigne des principes énoncés par l’accord d’Oslo et permet le financement du Hamas pour discréditer l’OLP, qu’elle considère comme son ennemie. Ainsi on entre dans un cercle vicieux et les espoirs de paix s’envolent.

Gaza, l’épicentre du conflit

En 2005, les Israéliens se retirent de la bande de Gaza : il n’y a plus aucune présence militaire, bien que l’ONU considère toujours (avant le 7 octobre) Gaza comme un territoire occupé.

Toujours à Gaza, en 2007, le Hamas gagne aux élections législatives palestiniennes avec environ 40% des voix, ce qui fait de cette organisation la maîtresse de Gaza. En réponse, l’armée israélienne va organiser le blocus de Gaza : ainsi Israël limite l’alimentation en électricité et en eau, et ce, bien avant le 7 octobre ! Les conséquences humanitaires sont désastreuses et la population est en grande partie au chômage.

Tout cela peut aussi expliquer la montée de la popularité du Hamas. C’est bien connu, les crises favorisent la montée des extrêmes.

Plusieurs guerres opposeront le Hamas à l’armée israélienne : une en 2009, une en 2012 et une en 2014. Le bilan de ces trois guerres est très lourd : 78 morts militaires du côté israélien, mais à peu près 1500 morts (cela varie selon les sources) de militants ou combattants du Hamas. Chez les civils, on dénombre 13 morts israéliens contre plus de 2500 morts de civils palestiniens ! La guerre la plus meurtrière a été celle de 2014.

Mais pourquoi une telle différence du nombre de morts ? D’un côté, Israël et sa population sont bien abrités derrière ce que l’on appelle le « dôme de fer » : c’est un système de défense aérienne contre les roquettes envoyées par le Hamas, composé donc de projectiles qui vont s’écraser sur ces roquettes. Ce système est très coûteux et pris en charge financièrement de moitié par les Américains.

De l’autre côté, le nombre de mort s’explique par le bombardement systématique de la bande de Gaza en représailles aux roquettes envoyées par le Hamas. Des bâtiments sont détruits sous le prétexte, avancé par Israël, que le Hamas y cache des armes, un poste de commandement… Mais cela tue aussi des civils.

Derniers affrontements en date avant le 7 octobre : les évènements de mai 2021 qui désignent une série d’émeutes réprimées et d’affrontements entre le Hamas et Tsahal qui, là aussi, font plus de morts palestiniens que d’Israéliens.

Conclusion

Malgré ces horreurs, le monde semblait avant le 7 octobre avoir enterré le conflit israélo-palestinien. Le réveil brutal du 7 octobre a remis ce problème qui tarde à être réglé sur la table… Même si les espoirs de paix semblent éteints.

Kenzo

Les annonces sur l’éducation de Gabriel Attal

Le 18 avril, le Premier ministre, ex-ministre de l’Education s’est rendu à Viry-Châtillon où Shemseddine – adolescent de 15 ans – est mort 8 jours plus tôt après un passage à tabac. Dans ce contexte pour le moins grave, Gabriel Attal y annonce des mesures phares sur le plan éducatif dont certaines sont controversées. On vous explique tout.

Gabriel Attal / photo DHSgov, Public domain, via Wikimedia Commons

Gabriel Attal annonce que « Tous les collégiens seront scolarisées tous les jours de la semaine, entre 8h et 18h […] la journée, la place est à l’école, à travailler et à apprendre », l’objectif étant d’offrir un cadre évitant la violence pour diminuer la délinquance chez les jeunes. A la suite de son discours, ces « jeunes » se sont indignés, notamment sur les réseaux sociaux puisqu’ils pensaient qu’ils passeraient 50h par semaine dans leur établissement scolaire.

En fait, cette mesure a été mal interprétée : deux jours plus tard, sur Tiktok, Gabriel Attal étaie ses propos : le 8h-18h n’est pas obligatoire, c’est un temps d’accueil avec des activités culturelles et sportives avec petit-déjeuner proposé le matin.

Ce changement aurait pour base le volontariat, mais nous pouvons nous demander si le choix appartiendra véritablement aux enfants en ce qui concerne ces heures supplémentaires passées à l’école ? De plus, le manque des moyens ne risque-t-il pas de compromettre ces heures d’accueil ? Car il y a des restrictions budgétaires à l’Education nationale.

Autres mesures préconisées : les parents pourront demander le transfert de leurs enfants en internat éloigné de leur quartier s’ils ont des mauvaises fréquentations, et les parents seront davantage sanctionnés s’ils manquent à leur devoir d’éducation envers leurs enfants.

Mais cette fois encore, ça fait débat car, selon les syndicats, Gabriel Attal souhaite transformer l’internat en centre de redressement, ça ne serait donc pas un projet d’éducation. Et donner plus de sanctions aux parents « défaillants » pourrait affaiblir plus encore certaines familles qui se trouvent déjà dans des situations de gran,de précarité. Selon Farida Amrani, députée LFI, cette décision aurait pour but d' »incriminer sans cesse les parents« .

Le ministre veut aussi imposer de « nouvelles » règles à l’école comme par exemple se lever dès qu’un professeur entre dans la salle (mais, M. Attal, c’est ce qui se pratique déjà !), des cours d’empathie dans les écoles maternelles et primaires, sanctionner les élèves perturbateurs sur leur brevet, ou sur Parcoursup pour les lycéens – sanctions qui pourraient être retirées en effectuant des travaux d’intérêt général au sein de l’établissement. Il préconise par ailleurs le durcissement des peines pour les mineurs.

Est-ce que cette énième réforme saura améliorer le quotidien des professeurs et des élèves qui, dans leur grande majorité faut-il le rappeler, ne sont pas des délinquants ?! En tout cas, les problématiques déjà dénoncées depuis des années, à savoir le manque de moyens de l’Education nationale, des classes trop surchargées et le bas salaire des professeurs ne seront probablement pas réglés par cette réforme.

Bao Nam

Xi Jinping en France

Le président chinois, Xi Jinping, est arrivé dimanche après-midi à Paris pour rencontrer Emmanuel Macron. La raison de sa visite est avant tout de célébrer les 60 ans de relations diplomatiques entre Paris et le régime communiste de Pékin.

Xi Jinpnig / photo Υπουργείο Εξωτερικών, CC BY-SA 2.0, via Wikimedia Commons

En effet, le président français ne peut pas laisser de coté un pays de plus de 1,4 milliard d’habitants, et se plaçant à la 2e place des plus grandes puissances économiques mondiales. Mais il faut le rappeler, c’est un dictateur que nous accueillons.

Il suffit de citer quelques chiffres pour s’en rendre compte. La Chine est la plus grande prison de journalistes dans le monde, avec au moins 121 reporters emprisonnés, soit le quart de la totalité des journalistes détenus sur la planète. Une autre situation horrible en Chine est la répression du régime communiste dictatorial chinois contre les Ouïghours, une minorité musulmane vivant dans la région du Xinjiang. En effet, plus d’un million de personnes y seraient emprisonnées dans des camps de « déradicalisation », on y parle aussi de travail forcé, de séparation des enfants de leurs familles, de stérilisations forcées des femmes…

La Chine exerce aussi une forte pression sur le gouvernement de Hong-Kong où toute opposition est là-aussi dorénavant fortement réprimée, et voudrait voir revenir dans son giron l’île de Taïwan…

Bon séjour à vous, Monsieur Xi !

Mimille