Ukraine, un journaliste français tué en faisant son métier

Capture d’écran Orange Actu du 31/05/2022

C’est le huitième journaliste tué en Ukraine depuis le début de l’invasion russe.

En effet, le lundi 30 mai, alors que Frédéric Leclerc-Imhoff, 32 ans, participait à une évacuation de civils dans le Donbass, le reporter d’image de BFMTV a été mortellement touché au cou par un éclat d’obus. Le camion dans lequel il était, portait l’inscription « aide humanitaire ». Le meurtre d’un journaliste et le bombardement d’un convoi humanitaire étant des crimes de guerres, le parquet national antiterroriste a demandé l’ouverture d’une enquête.

Celle-ci aboutira-t-elle ? Combien d’autres atrocités la Russie commettra-t-elle ? Et comment l’arrêter ?

Louis M et Luca S

« Serviteur du peuple », la série qui a permis à Zelensky de se révéler

Serviteur du Peuple

Serviteur du peuple est une satire politique ukrainienne réalisée par Olexii Kiriouchenko dont le rôle principal est joué par Volodymyr Zelensky, président de l’Ukraine et ancien comédien. C’est une comédie qui critique la présidence ukrainienne et le gouvernement en général trop corrompus par quelques oligarques et leurs hommes.

C’est une série avant tout comique qui caricature parfois un peu les choses ; on exagère par exemple sur la corruption.

C’est l’histoire d’un prof d’histoire efficace, qui mène une vie quasi saine, modeste et humble, et qui pète une crise dans sa salle alors que les élections présidentielles de l’Ukraine approchent. Son emportement est immortalisé par un des cancres de la classe dans une vidéo qu’il diffuse sur YouTube. Elle fait un carton, car tout le monde souffre des inégalités en Ukraine. Les élèves de Vassili Petrovitch Goloborodko, le prof d’histoire en question, l’inscrivent alors pour la présidentielle. Contre toute attente, Vassili gagne avec une grande majorité contre le président sortant qui devient déprimé. Il va devoir faire face à la corruption, à un premier ministre au service d’hommes douteux, riches et qui n’hésitent pas à faire couler l’argent, à un gouvernement et un parlement plus que jamais profiteurs et corrompus, et à certains médias. Il doit alors s’entourer de gens de confiance, prêts à affronter la tentation et leurs ennemis politiques, les oligarques…

Je trouve cette série très bien, avec une histoire bien construite, et qui nous fait réfléchir à la corruption tout en nous distrayant. Cela nous fait aussi découvrir Kiev et ses monuments qui aujourd’hui sont détruits. Surtout, le « héros » qu’est aujourd’hui Volodymyr Zelensky, contribue grandement au succès international de la série et façonne une image positive de lui, le candidat « idéal » luttant contre la corruption. Série que je recommande, à voir sur Netflix ou Arte. 2e et 3e saison à venir !

Kenzo

Russie : le défilé du 9 mai

Le 9 mai, en Russie, on célèbre la victoire de l’URSS contre l’Allemagne nazie en 1945. C’est un grand évènement pour tous car la Russie a eu un nombre considérable de morts : 20 000 000. Lors de cette date historique, les citoyens russes défilent en brandissant des photos des victimes de la Seconde Guerre Mondiale, on les appelle les « immortels ». Le Kremlin s’est assez vite « accaparé » cette tradition et en 2015, Poutine avait défilé avec une photo de son grand-père.

Ce 9 mai 2022, alors que la Russie est en guerre avec l’Ukraine (que Poutine désigne comme un pays nazi), le dictateur a fait défiler ses troupes militaires puis a fait un discours de 11 minutes sur la place Rouge.

Défilé du 9 mai à Moscou / Capture d’écran RTBF 10/05/2022

On aurait pu s’attendre à un discours en lien avec « l’opération spéciale » en Ukraine, mais le chef du Kremlin a d’abord parlé de la Seconde Guerre Mondiale et a répété qu’il ne fallait pas retomber dans une « guerre globale » : « Tous ceux qui ont vaincu le nazisme lors de la grande guerre patriotique nous ont donné une leçon des vainqueurs et nous allons suivre leur exemple ». « Notre dette est de garder la mémoire de ceux qui ont écrasé le nazisme […] et de faire tout pour que l’horreur d’une guerre globale ne se répète pas. » Poutine a tout de même « justifié » son invasion de l’Ukraine en expliquant que la Russie devait réagir face à cette « menace absolument inacceptable » mais il ne dit pas toute la vérité : il n’a pas mentionné les attaques à Marioupol pour, d’après un spécialiste de la politique russe à l’université d’Édimbourg, donner l’impression que l’opération militaire ne se passe que dans le Donbass comme cela était prévu. Le dictateur compare la guerre actuelle avec la lutte contre l’Allemagne nazie. Il a aussi répété que l’Ukraine voulaient obtenir la bombe atomique et était soutenue par l’OTAN, une menace pour la Russie ! D’après lui, ce serait la faute de l’organisation si la guerre se poursuit, étant donné que l’OTAN permet à l’Ukraine de se défendre en « [améliorant] les infrastructures militaires » de Kiev.

Pour conclure, le Kremlin poursuit toujours sa campagne mensongère et ne cesse de mentir au peuple russe.

Justine

Boutcha, Poutine décore l’unité qui commet des crimes de guerres

Le lundi 18 avril, un décret signé par le chef russe Vladimir Poutine, donne à la 64e brigade de fusiliers motorisée, accusée des pires crimes de guerres à Boutcha, le « titre honorifique de Garde » pour ses « actions habiles et décisives lors de l’opération militaire spéciale en Ukraine (qui) sont un modèle d’exécution du devoir militaire, de courage, de détermination et de grand professionnalisme« , écrit le président russe aux soldats. Il récompense donc ces militaires, dont certains ont commis d’atroces crimes de guerre.

Le chef responsable des troupes stationnées à Boutcha, Azatbek Omurbekov, lors de sa bénédiction par un évêque orthodoxe en fin 2021, avait alors dit : « Ce ne sont pas nos armes les plus importantes, l’histoire montre que la plupart de nos batailles se gagnent avec nos âmes« . Il est qualifié aujourd’hui de « boucher de Boutcha ».

Le lieutenant-colonel Azatbek Omurbekov, dans un reportage russe, filmé dans un camp militaire de l’extrême orient russe, organisateur du massacre à Boutcha.

Le monde s’indigne évidemment de ces décorations.

Kenzo

Un « traitement de faveur » pour les réfugiés Ukrainiens ?

Depuis le début de l’invasion de l’Ukraine par la Russie, de nombreux réfugiés Ukrainiens se rendent dans les pays qui partagent les mêmes frontières que l’Ukraine, mais vont principalement en Pologne. Les populations les aident en les accueillant chez eux, et en faisant des dons de nourritures et de vêtements.

Plus de 36 000 Ukrainiens sont arrivés en France. Plusieurs associations mettent en place des aides (aide au logement, aide à la scolarisation des enfants mineurs, etc).

Certains journalistes pensent qu’il y a un traitement de faveur médiatique pour les réfugiés Ukrainiens. Par exemple, Sarah Nedjar, journaliste reporter chez Radio France, dénonce sur son compte Twitter l’application de la « loi du mort kilométrique » (ou « loi de proximité ») : c’est une pratique journalistique consistant à accorder plus d’importance à un drame qui se déroule « près de chez nous », alors même que des drames similaires, plus graves et/ou qui durent depuis plus longtemps ont lieu dans les pays plus lointains.

Des organisations humanitaires et Cédric Herrou, agriculteur français, connu pour avoir été arrêté en 2016 après avoir aidé une centaine de migrants à la frontière franco-italienne, dénoncent un « deux poids deux mesures » entre l’accueil des Ukrainiens et celui réservés aux Africains.

Au début du conflit, Human Rights Watch a dénoncé un « traitement inégalitaire » vis-à-vis des ressortissants étrangers qui voulaient fuir la guerre, et ont été retardés ou bloqués aux frontières. Si ceux-ci ont témoigné que cela leur était justifié en disant que, de manière générale, on donne la priorité aux femmes et aux enfants, selon la directrice adjointe de l’organisation, Judith Sunderland, il s’agit de « discrimination fondée sur la nationalité ou la race ». Cela aurait aussi concerné la communauté gitane ukrainienne : « Parmi les réfugiés, ils sont les derniers des derniers » (Serhii Cicak, juriste et gitan).

Sarah

Crimes de guerre en Ukraine

Comme on le sait, une guerre entre la Russie et l’Ukraine fait rage. Après le retrait de l’armée russe de la ville de Boutcha dans le région de Kiev, des journalistes (dont des journalistes de l’AFP) et les militaires ukrainiens ont trouvé plus de 410 corps sans vie jonchant les rues ou enterrés dans des fosses communes, selon la procureure général d’Ukraine. Tous étaient des civils, parmi eux des adolescents. On a même trouvé un homme abattu avec les mains liées.

On parle alors de crimes de guerre. Mais pourquoi ?

Une rue de Boutcha / capture d’écran France Inter 3/04/2022

Crimes de guerre

Dans une guerre, deux armées s’affrontent. Idéalement, les civils ne devraient pas subir les conséquences de cette guerre. Il peut y avoir des « accidents »: une trajectoire mal calculée… etc. Mais un droit dicte ce qu’on a le droit ou pas de faire dans une guerre : le droit international humanitaire. Il dit qu’on a pas le droit de s’en prendre volontairement aux non-combattants, de tuer les prisonniers, de violer, de piller… Lorsqu’on enfreint ce droit, on parle de « crimes de guerre ». Bien sûr, le droit est souvent enfreint : il n’y aura jamais de guerre « propre », sans la mort de civils causée volontairement. Les crimes de guerre ont toujours existé depuis l’apparition du conflit au Néolithique. Par contre, le droit international humanitaire, ou droit de la guerre, relève essentiellement des 4 conventions de Genève de 1949 et lient la quasi-totalité des pays du monde.

Or, ces cadavres retrouvés à Boutcha appartiennent à des civils. La Russie a donc tué volontairement des non-combattants, selon des témoignages. C’est un crime de guerre.

Certains cadavres avaient les mains liées, on peut donc penser que ce sont des prisonniers. La Russie a tué des prisonniers, encore un crime de guerre…

Bien sûr, Moscou mène une opération de désinformation, mais il y a de trop nombreuses preuves. Le président ukrainien, Volodymyr Zelinsky, veut que la Russie soit tenue responsable de crime de guerre devant l’ONU.

Kenzo

Guerre en Ukraine : y a-t-il une possibilité de sortir de la dépendance de la Russie ?

Le gaz russe intéresse beaucoup de pays, notamment d’Europe, comme on l’a dit dans un précédent article. La Russie a aussi une forte agriculture, elle est le 3e producteur de farine au monde. La France investit beaucoup dans le Kremlin, près de 500 entreprises françaises opèrent en Russie et la France est le premier employeur privé du pays, 160 000 salariés y travaillent.

Le gaz

Dans ce contexte de crise ukrainienne, la Russie pourrait bloquer ses exportations. Cela obligerait l’Europe à se passer de l’énergie russe, donc trouver en vitesse de nouvelles sources d’énergie, et peut-être pour créer sa propre énergie, investir dans l’énergie verte.

L’Europe prend déjà des mesures visant à diversifier l’approvisionnement en gaz, ou trouver de nouveau gaz renouvelables, et remplacer le gaz utilisé pour le chauffage et la production d’électricité.

La fabrication de gaz par méthanisation serait peut-être une solution. Même si, pour le moment, seulement 2% de la production de gaz français provient de cette méthode. Ce défi serait tout de même difficile à relever.

Malheureusement, certains pays anticipent un gaz au prix inestimable ou inaccessible, et rouvrent des centrales à charbon (ex : en Italie).

On espère que la transition énergétique sera favorisée et rapidement !

Le prix du blé augmente

Capture d’écran Actu Environnement du 22/03/2022

En prévision d’une crise alimentaire, l’Europe a notamment décidé d’enlever l’obligation de mettre des terres en jachère (à reposer). Cela réjouit les agriculteurs, mais du côté des écolos, on s’inquiète de l’appauvrissement des sols et d’un potentiel retour à l’agriculture intensive.

Kenzo et Luca S.

Guerre en Ukraine : un fixeur de Radio France torturé !

Ce lundi 21 mars, les détails d’une « aventure » surprenante ont été délivrés sur le site de l’ONG Reporters sans frontières : un fixeur* qui travaillait depuis 2013 pour des médias comme BFMTV, France 2 ou RFI, raconte avoir été enlevé et torturé en Ukraine par l’armée russe pendant neuf jours !

Drapeau ukrainien / Photo France Inter

Un récit glaçant

Le fixeur, préférant garder l’anonymat et ayant utilisé Nikita comme pseudonyme, raconte vouloir rejoindre sa famille, le 5 mars, pour être évacué. Malheureusement, il est capturé alors qu’il était au volant de son véhicule identifié par le sigle « Presse », par des membres de l’armée russe. Le prenant pour un militaire, ils le jettent à terre, le fouillent et lui assènent des coups, bien que le fixeur déclare être un civil. Son véhicule est même mitraillé.

Les militaires russes, en découvrant son métier, le torturent : un couteau passe près de son œil et poursuit son chemin le long de sa joue, on menace de lui couper le visage… Il reçoit des coups de crosses de fusils, se fait jeter dans un fossé et est visé « involontairement » (une balle frôle son visage).

Emmené dans un camp russe, on lui donne des coups de barre de fer sur les jambes et on lui vole son alliance ! Parmi toutes ces souffrances, une est particulièrement violente : les décharges électriques. Plaqué au sol, il ne peut voir avec quel objet lui sont faites ces tortures, mais la douleur est intenable. Il est aussi privé de nourriture pendant quarante-huit heures. Tous ces traitements furent subis à plusieurs reprises…

Neufs jours après son enlèvement, on lui ordonne d’écrire et signer une lettre déclarant son soutien à la Russie et à l’invasion de l’Ukraine. S’il ne perd pas la vie, c’est son honneur qui prend un coup (même si ce qu’il y a écrit ne sera probablement jamais respecté). Il est ensuite déplacé de cave en cave avec trois autres civils, il est ensuite rejoint par un nouveau détenu : un ancien haut fonctionnaire ukrainien.

Libéré, on le relâche dans la forêt et il se met à courir de peur d’être fusillé, mais aucune balle ne siffle. Il repart dans un véhicule avec des civils ukrainiens, d’abord réticents mais forcés par un militaire de prendre le fixeur avec eux.

Fake news ?

Cette histoire n’est apparemment pas une fake news :

« Les différentes parties de son récit ont été corroborées par des entretiens avec un membre de sa famille, un de ses anciens codétenus et deux journalistes de Radio France. Un collaborateur de RSF l’a accompagné lors de son examen médical, qui a permis de confirmer les traitements subis, notamment des commotions et des marques sur les jambes, là où les chocs ont été infligés » explique l’ONG pour prouver la véracité des faits.

Pour finir, ce récit est rapporté par l’ONG à la Cour pénale internationale, après déjà deux plaintes de leur part les 4 et 16 mars.

Justine

* Personne employée (comme guide, interprète etc.) par un(e) journaliste pour faciliter son travail dans une région dangereuse

Comment la France prépare l’arrivée des enfants Ukrainiens

Comme vous le savez sûrement, la guerre en Ukraine a démarré depuis quelques semaines. Des millions d’Ukrainiens se sont enfuis de leur pays et certains essayent de trouver refuge en France. Jusqu’à maintenant on en compte 13 500.

Des réfugiés, en provenance d’Ukraine, sont accueillis à Perpignan, dans le sud de la France, le 6 mars 2022 / capture d’écran le Huff Post du 14/03/2022

Des peluches sont distribuées aux enfants dans les aéroports et les gares pour les réconforter. On leur distribue également de l’eau et de la nourriture.

Paris prend des mesures pour accueillir les réfugiés et notamment pour scolariser les enfants. Des classes UPE2A (classes où l’on accueille des enfants non francophones) sont présentes pour les écoliers Ukrainiens.

Des personnes en France logent, nourrissent, offrent du travail aux familles qui fuient la guerre en Ukraine.

Comme vous pouvez le constater la France se mobilise le plus possible pour aider et soutenir le peuple Ukrainien.

Juliette et Lior

Un journaliste mort en Ukraine

Ce dimanche 13 mars, le journaliste Brent Renaud est mort, tué par balles alors qu’il circulait en voiture non loin de la capitale ukrainienne, Kiev, avec un autre reporter (blessé gravement). Les autorités locales ont d’abord identifié la personne comme un homme travaillant pour le New York Times mais, après recherches, le badge attestant son appartenance au journal datait de 2015. Le journaliste était en réalité sur un reportage sur la guerre en Ukraine pour le magazine américain Times. Le reporter de 50 ans est le premier journaliste étranger tué depuis le début de la guerre en Ukraine, c’est-à-dire le 24 février.

Brent Renaud

Actuellement aucune lumière n’a été faite sur cette affaire et on ne sait toujours pas la cause de cette attaque sur Brent et son collègue. On ne sait pas s’ils ont été pris dans une fusillade ou s’ils ont été visés.

Je trouve que ces reporters de guerre ont beaucoup de courage et d’audace pour partir dans ces pays en crise, mais je trouve qu’il faudrait que tous ces journalistes soient en sécurité pour couvrir leurs évènements.

Théodore

(Depuis l’écriture de cet article, le 15 mars, on a appris qu’un autre journaliste, Pierre Zarzewski, cameraman à Fox News, avait lui aussi été tué).