A Mayotte, le début d’une vague de choléra se profile, avec 29 cas récents recencés ce lundi sur le territoire d’Outre-mer.
Le choléra est une infection horrible qui peut vous tuer en quelque heures seulement, et cela serait une catastrophe si une nouvelle pandémie arrivait dans le monde. A Mayotte, les cas ont doublé en trois jours, expliqués par la mauvaise gestion de l’eau et la crise sanitaire avec un grand manque d’aide-soignants et de médecins. En effet, le choléra est une bactérie transmissible à travers l’eau et les aliments contaminés par la bactérie; dans les pays ou la gestion de l’eau est mauvaise, comme à Mayotte, l’infection peut donc se répandre très rapidement.
Depuis le début « du retour de la guerre de haute intensité en Europe« , les commandes en armement explosent, et les parts des dépenses militaires dans les PIB nationaux font de même. Ce phénomène, très bon pour la bourse des firmes vendeuses d’armes, s’accélère encore avec la guerre à Gaza. Ce qui remet au jour les débats sur les « profiteurs de guerre ».
Explosion des dépenses et des ventes
Alors que les état-majors de l’OTAN alertent sur le retour de la guerre comme « moyen privilégié de règlement de différents [pour certains pays]« , on observe l’explosion des dépenses militaires concernent l’OTAN de l’Ouest comme de l’Est, et ce depuis 2014 (l’annexion de la Crimée par la Russie). Ainsi la Lituanie augmente de 270% ses dépenses pour son armée entre 2014 et 2022, et cela s’observe chez tous ses voisins frontaliers avec la Russie : la Pologne, par exemple, consacre 4% de son PIB à ses dépenses militaires.
Le Rafale de la firme française Dassault / photo Pascal Subtil, CC BY-SA 2.0, via Wikimedia Commons
Avec ces montées des tensions et des peurs, les vendeurs d’armement historiques, devancés de loin par les Etats-Unis, mais dont la France fait partie du top 3 derrière la Russie, profitent largement des recettes qui explosent : en 2022, la France bat son record avec 27 milliards d’euros de montant total à l’export. Son fer de lance : le Rafale, qui vient concurrencer les F-35 américains.
D’autres pays, espérent aussi profiter du « retour des conflits », comme la Corée du Sud, 10e pour le moment, et qui visent le 4e rang mondial.
Explosion des cours en Bourse
Même si ce sont des pays qui en profitent, les plus heureuses sont les firmes qui vendent directement ces différents armements. Lockheed Martin, Dassault, Airbus, Thales… Depuis le début de la guerre en Ukraine, leurs cours ont explosé : ils passent en quelques semaines à plus 150% pour certains de leur cours le 15 septembre 2021, avant de croître quasi régulièrement.
Cela fait le bonheur des actionnaires de ces entreprises qui sont pour la plupart privées.
Un marché pas très éthique
Ces ventes alimentent des pays dictatoriaux (Egypte, monarchies pétrolières arabes…) qui peuvent parfois tuer sans gêne des civils, avec les armes donc fabriquées dans des « démocraties ».
Les chefs d’Etat font beaucoup de discours, sur la liberté, la défense des peuples opprimés… Mais dans le même temps, d’après une étude de l’institut ukrainien KSE et le groupe de travail international Yermak-McFaul, les composants électroniques qui servent aux matériels russes (y compris les missiles, qui font des ravages sur les civils ukrainiens) sont fabriqués… aux Etats-Unis, au Royaume-Uni, en Allemagne (entre autres), avec la complicité des négociants chinois ! La tentation de l’argent est peut être trop forte…
Cinq ans après, et à trois jours près de l’anniversaire de l’incendie qui avait ravagé la flèche et la charpente de Notre Dame, un terrible incendie a ravagé l’ancienne bourse de Copenhague, un bâtiment historique du XVIIe siècle de la capitale danoise.
photo Jebulon, CC0, via Wikimedia Commons
Malheureusement, l’incendie de ce jeudi 18 avril s’est propagé jusqu’à la flèche de 56 mètres qui dominait cet édifice, qui a fini par s’effondrer, tout comme les magnifiques façades qui entouraient l’ancienne Bourse. Heureusement, les pompiers, aidés par les civils, ont réussi à sauver les nombreuses œuvres centenaires qui étaient conservées dans le monument historique de la ville. Comme Notre Dame, l’incendie s’est produit lorsque le monument était en restauration. Une autre coïncidence est que cet incendie s’est produit 2 jours après l’anniversaire de La reine Margareth II de Danemark, autre « monument » très apprécié des Danois !
Ce mardi 2 avril, les enseignants de l’Education nationale font la grève pour la énième fois, depuis les réformes annoncées par le gouvernement début décembre 2023.
Ces réformes mettent en place un changement du brevet, le redoublement des collégiens décidé par les professeurs, et parmi les propositions, la plus controversée est sûrement celle des « groupes de niveau » en français et en mathématiques. Ainsi, les élèves ayant des facilités seront mis ensemble et les élèves ayant des difficultés seront regroupés dans la même classe. Cette mesure est particulièrement critiquée, elle est jugée « inégalitaire » et des études scientifiques menées à ce sujet montrent pour la plupart l’inefficacité, voire la contre productivité de ce système.
Selon les professeurs en grève, le problème dans l’Education nationale est dû au manque de moyens et de professeurs et à des classes trop surchargées. C’est pourquoi, une réforme supplémentaire, ne traitant pas de la véritable difficulté dans l’enseignement serait inutile.
Depuis l’annonce de cette réforme, les syndicats (Snes-FSU, SNEP-FUS, Sud Education, GCT éduc’action et la FNEC-FP FO) appellent à la mobilisation contre le « choc des savoirs » et demandent l’augmentation des revenus des enseignants. La grève du 2 février a mobilisé plus de 20% des enseignants, 40% selon les organisations syndicales, mais le mouvement s’est essoufflé, puisque celle du 19 mars n’en a rassemblé que 17,42% selon le ministère.
Pour les deux ans de l’attaque de la Russie sur l’Ukraine, nos journaux ou chaines d’info en continu ont remis cette actualité à leur une. Dans un premier article, nous avions traité des nouveaux enjeux géopolitiques pour l’Ukraine qui entre dans sa troisième année de guerre de haute intensité. Il nous faut maintenant parler de la situation sur le front, où l’on commence à accepter l’idée d’une guerre longue…
L’état du front
La ligne de front s’étend sur un millier de kilomètres, à travers grands champs, forêts, marécages… comme depuis plus d’un an, le front n’a pas trop bougé. On peut citer quand même quelques opérations qui se sont produites cet automne et pendant l’hiver dont je ne vous ai pour l’instant pas parlé.
Au cours de l’automne, les Ukrainiens ont mené quelques opérations amphibies (eau+terre) sur les rives du Dniepr. Ce fleuve, berceau de l’Ukraine à valeur symbolique, est très particulier : à l’ère soviétique, on y a construit d’énormes barrages hydroélectriques qui ont créé de vastes réservoirs en amont et en aval, des îles marécageuses où le fleuve se fraie un chemin, une sorte d’estuaire, de delta très étendu. C’est sur ce dernier terrain que les brigades ukrainiennes ont attaqué les Russes en créant des têtes de pont plus ou moins efficaces sur les différentes îles.
En aval du barrage de Kakhovka, le Dniepr se fraie un chemin entre des îles marécageuses, jusqu’à Kherson et la mer Noire.
Les têtes de pont plus ou moins tenues par les Ukrainiens au cours de l’automne. Néanmoins, ils rencontrent des difficultés logistiques dues au fait que le seul pont traversant le Dniepr dans la région (visible sur la carte) était endommagé. Le ravitaillement se faisait par bac.
Stratégiquement, ces opérations n’ont pas grand sens. D’ailleurs, les têtes de pont ont été très dures à tenir au vu de la nature du terrain et de la quasi inexistence de ponts routiers et ferroviaires pour assurer le ravitaillement : ponts qui avaient été détruits par les Ukrainiens pour bloquer les acheminements russes ! Ce que l’armée ukrainienne en retire est de l’expérience pour ses troupes et pour son matériel. En effet, tôt au tard il faudra traverser le Dniepr et il faut acquérir des savoir-faire rares pour cela.
Autre opération très médiatisée : le bras de fer autour d’Avdiivka. Les Russes attaquent cette ville près de Donetsk au cours de l’automne pour engager une bataille d’attrition, d’usure. Une situation similaire à celle de Bakhmout au cours de l’hiver de l’année dernière. Comme à Bakhmout, le ratio des pertes ukrainiennes et russes est largement favorable à l’Ukraine. Mais cela ne dérange pas Poutine. Et les Ukrainiens semblent accepter le bras de fer… jusqu’à ce que le haut commandement de Kiev décide le 17 février d’évacuer la ville. Médiatiquement, l’opération est présentée comme une retraite parfaitement orchestrée, mais dans la réalité l’évènement est quai-chaotique. Les troupes ukrainiennes, submergées par les forces russes, se replient derrière des lignes plus sûres.
Sous la puissante pince russe, les Ukrainiens sont forcés d’évacuer Avdiivka, dans l’est de l’Ukraine à côté de Donetsk…
… Permettant aux Russes de combler le saillant d’Avdiivka, les Ukrainiens se repliant vers des lignes plus sûres.
Changement de commandement
Début septembre, Kiev annonçait changer le ministre de la Défense, suite à un scandale de corruption. Le ministre sortant, Oleksiï Reznikov, avait en effet été mis en cause dans différents contrats avec des entreprises fournissant l’armée ukrainienne. Le nouveau ministre de la Défense, Rustem Umerov, est un tatar de Crimée (peuple de langue turque et de religion musulmane vivant en Crimée) et un symbole fort pour Zelensky : unir les différentes cultures de son pays et les différents partis d’Ukraine (en effet, Umerov fait partie de l’opposition).
Puis, début février, c’est au tour du chef d’état-major de l’armée ukrainienne, le populaire Valeri Zaloujni de laisser sa place à Oleksandr Syrsky. Une décision qui ne fait pas l’unanimité, d’autant plus que Syrsky est réputé pour ses défenses très chères en vie humaine.
En tout cas, ces changements de commandement peuvent êtres le signe d’un changement de conduite de la guerre : « Les défis de 2022 sont différents de ceux de 2024. Par conséquent, tout le monde doit changer et s’adapter aux nouvelles réalités. Pour gagner ensemble » affirme Zaloujni dans un message.
Nous expliquerons les échecs des méthodes ukrainienne dans un prochain article.
L’essouflement industriel et l’érosion de la logistique ukrainienne
En plus des différents défis tactiques que l’on va traiter plus tard, l’essence même de la guerre n’est pas en très bon état : on parle ici de la logistique. Comme dit dans ce précédent article, les livraisons de matériels occidentaux sont rendues de plus en plus difficiles, notamment à cause de l’évolution de l’opinion publique. Il y a d’autres facteurs qui expliquent ce ralentissement, notamment industriel : nos industries d’armement sont à bout de souffle.
L’Union Européenne avait promis à l’Ukraine 1 million d’obus, seuls 220 00 ont été livrés. La France produit 40 000 obus par an, mais ce chiffre devrait passer à 80 000 : l’Ukraine en consomme 20 000 par jour. Jamais, même si les politiques européens nous le promettent, même si Emmanuel Macron met notre industrie en mode « économie de guerre » nous ne parviendrons à ce chiffre. Ce ne sont que des paroles.
Ainsi le conflit en Ukraine nous apprend bien que, c’est bien beau d’avoir de supers Rafales qu’on vend à l’étranger, c’est bien beau de faire des « Opex » spectaculaires, c’est bien beau de dire qu’envoyer des soldats en Ukraine est une éventualité, mais à un moment il faut revenir à l’essence de la guerre : la production d’armement et la chaîne logistique qui s’en suit. Si on veut prétendre être une grande puissance militaire, il faut déjà regarder nos moyens de production.
Conséquence pour l’Ukraine : elle doit limiter ses opérations et optimiser ses efforts en fonction de la quantité disponible. Une contrainte qui se rajoute au blocage tactique que l’on va évoquer dans un prochain article.
Du côté russe, le tableau n’est pas magnifique non plus : même si l’économie tourne pour la guerre, la Russie s’appuie, comme au début du conflit, largement sur ses stocks soviétiques : les mines posées en Ukraine datent de la Seconde Guerre Mondiale ! En tout cas malheureusement pour Poutine, nous ne sommes plus à l’époque de Staline : l’industrie moderne ne pourra pas fournir ce que la Russie consomme en Ukraine avec les stocks.
En conclusion, la lassitude des soldats et de la population derrière risque de se faire ressentir plus fortement dans les prochains mois, les défis tactiques qui s’imposent aux Ukrainiens rajoutent encore à la charge. La victoire pour l’Ukraine viendra des Occidentaux : l’Ukraine n’est pas capable seule de se fournir en matériels et munitions. Attention : le tableau n’est pas non plus tout blanc pour les Russes, eux aussi épuisés.
Le nouvel an chinois se fêtait le 10 février dernier.
photo Georges Séguin ( Okki ), CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons
Dans le calendrier chinois, qui remonterait à 2637 avant Jésus-Christ (!), l’année 2024 est l’équivalent de l’année 4721 ou 4722. Dans ce calendrier, un animal du zodiaque est associé à chaque année. Nous associons 2024 au dragon. Le dragon est l’animal le plus puissant parmi les douze animaux du zodiaque, les personnes portant ce signe sont connues comme étant fortes et intelligentes. Le calendrier chinois est également utilisé dans d’autres pays asiatiques tels qu’en Mongolie ou au Vietnam.
Comme chaque année, un défilé s’est déroulé à Belleville avec de la musique, des instrumentistes et les traditionnelles danses de dragons.
Il y avait également des stands de street-food et des stands souvenir où l’on pouvait trouver des brochettes d’agneau, de poulpe et saucisson, ainsi que des brochettes de fruits que l’on trempe dans du sucre fondu (on attend que le sucre durcisse pour la manger), des Bubble Tea, des bijoux comme des bracelets et des colliers en perle, des dragons et des lanternes à fabriquer…
Pour le début de l’année, nous avons l’habitude de nous mettre en rouge, pour nous apporter de la chance. C’est un moment de partage en famille et entre amis que j’ apprécie. Assister au nouvel an chinois est une belle expérience que je vous recommande !
Le 16 février dernier, l’administration pénitentiaire russe annonçait la mortd’Alexeï Navalny, principal opposant à Vladimir Poutine, dans le camp où il purgeait une peine de 19 années de prison.
photo United States Mission Geneva via Flickr
Alexei Navalny était un militant russe anticorruption et le principal opposant au gouvernement russe actuel. En août 2020, il tombe gravement malade suite à un empoisonnement au novitchok. Il tient le gouvernement russe pour responsable, mais le Kremlin dément son implication. Soigné en Allemagne, il revient en Russie en 2021 malgré les risques encourus. Il y est sommairement jugé, condamné à 19 années pour « extrémisme » et emprisonné.
Le 16 février dernier, sa mort est annoncée par l’administration pénitentiaire. Selon un communiqué du service fédéral de l’exécution des peines (FSIN) : « Le 16 février 2024, dans le centre pénitentiaire numéro 3,le prisonnier A. Navalny s’est senti mal après une promenade et a presque immédiatement perdu connaissance. Le personnel médical de l’établissement est arrivé immédiatement et une équipe de secours d’urgence a été appelée. Toutes les mesures de réanimation nécessaires ont été prises, sans résultats. Les urgentistes ont constaté le décès du condamné, […]».
La responsabilité directe de Vladimir Poutine dans cette mort est immédiatement pointée par toutes les capitales occidentales. Quant la famille d’Alexei Navalny, elle n’a accès à son corps que huit jours plus tard. Elle aussi, ainsi que les opposants à Vladimir Poutine, soupçonne une mort provoquée, et le fait que l’administration pénitentiaire ait cherché à camoufler des traces éventuelles d’assassinat (raison, pour laquelle, la dépouille n’aurait pas été remise tout de suite), ce qui ne fait pas réagir le dirigeant russe.
Dès l’annonce du décès, dans le monde de nombreuses personnes déposent des fleurs et allument des bougies à la mémoire d’Alexeï Navalny, à Berlin, Paris, Strasbourg… etc. En Russie même, et malgré les avertissements du gouvernement concernant l’interdiction de participer aux manifestations « non autorisées », des centaines de personnes se réunissent dans différentes villes afin de rendre hommage à l’opposant. Au lendemain de son décès, le 17 février, plus de 359 personnes sont arrêtées dans des conditions parfois violentes (« personnes plaquées, la tête dans la neige » selon Europe 1) et pourtant cela ne décourage pas des milliers de gens d’assister à ses funérailles à Moscou, le 1er mars.
Aujourd’hui, les gouvernements de plus de 40 pays occidentaux demandent une enquête internationale indépendante sur la mort de ce dernier, et certains pays tels que le Canada ou les Etats-Unis ont annoncé des nouvelles sanctions contre la Russie.
En Russie, à quelques semaines de l’élection présidentielle russe (du 15 au 17 mars), l’émotion est toujours vive parmi les opposants à Poutine et la tombe de Navalny est encore et chaque jour recouverte de fleurs.
Hier, le 4 mars, les députés et les sénateurs se sont réunis à Versailles pour voter l’inscription dans la Constitution de la « liberté de la femme, qui lui est garantie, d’avoir recours à une interruption volontaire de grossesse ».
Ce fut un vote transpartisan (tous partis confondus) : 780 voix ont été pour et 72 contre, pour 50 abstentions. Ce jour est désormais historique.
L’avortement était déjà autorisé en France, depuis la loi de Simone Veil en 1975, mais l’inscription dans la Constitution fait qu’aucun retour en arrière n’est possible, plus personne ne pourra contester ce droit.
C’est une grande victoire pour les députées, d’abord de gauche, puis de la majorité présidentielle, qui ont porté ce texte avec ardeur suite à l’interdiction de l’IVG dans certains Etats des USA.
C’est une grande victoire pour les militantes féministes et les générations de femmes qui se sont battues pour pouvoir disposer librement de leurs corps. De nombreuses femmes sont mortes autrefois pour avoir dû avorter clandestinement dans des conditions misérables. En tout cas, la France peut être fière : c’est le premier pays du monde inscrivant l’IVG dans sa Constitution !
Pour les deux ans de l’attaque de la Russie sur l’Ukraine, nos journaux ou chaines d’info en continu ont remis le sujet à leur une. Dans leurs colonnes, un mot qui revient souvent : « lassitude », à croire que ces médias en sont eux-mêmes lassés. C’est dans ce contexte que l’Ukraine continue son combat, dans un monde aux enjeux nouveaux et aux nouvelles poudrières : alors que le duel Trump-Biden s’engage de nouveau et tandis que la question explosive palestinienne est au premier plan…
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky en visite dans un hôpital militaire en mars 2022 / photo via Wikimedia Commons
L’enjeu du conflit Israël-Hamas
Depuis l’attaque meurtrière du Hamas le 7 octobre, le Proche-Orient est à nouveau agité par des guerres et des tensions remises au jour par les médias occidentaux. Ces médias, justement, semblent tourner l’opinion publique vers cette région. On se remémore le problème palestinien qui depuis longtemps ne faisait plus la une. Tous cela aux dépends d’autres crises internationales, dont l’Ukraine.
La guerre au Proche-Orient a pour première conséquence pour l’Ukraine la diminution de son soutien et de l’intérêt porté par les opinions publiques occidentales sur le conflit au Donbass. Des munitions américaines destinées à l’Ukraine ont pris finalement la destination d’Israël. Le financement en grande partie américain est diminué, pour soutenir Israël. Les Ukrainiens ont peur de (re)tomber dans l’oubli.
Une fois la guerre entre Israël et le Hamas commencée, les deux belligérants de la « guerre en Ukraine » y ont vu une carte à jouer. Naturellement, on a cherché à consolider des alliances : du côté de l’Ukraine d’abord, on accorde son soutien à Israël. Le pays hébreu est l’allié de l’Oncle Sam, qui est le premier soutien de l’Ukraine. Le président a une grand-mère juive. C’est ainsi qu’on fête en Ukraine en décembre la Hanoukka, fête juive ayant aussi fait polémique à l’Elysée.
Du côté russe, on se range du côté anti-israélien. L’Iran, qui fournit Moscou en drones, est l’ennemi juré d’Israël. Une chaîne russe a même accordé une interview à l’un des dirigeants du Hamas ! C’est une position particulière, critiquée par des membres du Likoud (parti de Netanyahou), sachant que beaucoup d’Israéliens sont d’origine russe.
Les démocraties à l’épreuve
A l’approche des élections présidentielles américaines, le monde retient son souffle. Du démocrate très impliqué à l’étranger Biden, au républicain isolationniste Trump (America First), le changement pour le monde peut être radical. Que dire des conflits dont l’issue dépend en partie de Washington ? Taiwan, Israël, l’Ukraine ?
En France, on pourrait aussi se poser la question des présidentielles de 2027 : un candidat eurosceptique du RN, par exemple, parviendrait à l’Elysée, quelle conséquence pour l’Ukraine ? En tant que première puissance militaire de l’UE, la France est un élément central du soutien européen à Kiev. Tout cela sans parler de l’extrême droite européenne de plus en plus influente.
Toutes ces situations inquiétantes pour l’Ukraine, et (selon votre opinion) pour nous, illustre bien le propos du général Richoux : les démocraties sont fragiles et les issues de la guerre quand des démocraties sont impliquées dépendent de l’opinion publique, finalement si manipulables…
En conclusion, les opinions occidentales sont bien « lassées » : bombardées d’informations dans les premiers mois de la guerre, les chaînes d’info en continu et les conférences de rédactions voient bien que les opinons sont plutôt emballées par les nouvelles de Gaza… Aux Etats-Unis, un nouveau soutien financier de l’Ukraine voulu par le démocrate Biden est bloqué par les troupes de Trump. Un triste quotidien s’installe en Ukraine, tandis que les cartes géopolitiques ne cessent d’être rebattues, et le prochain tremblement de terre sera probablement novembre 2024, élection américaine…
Kenzo
Remarque : les propos du président de la République à propos d’un potentiel envoi de troupes occidentales en Ukraine auraient pus être traités dans cet article, mais je considère que cela relève plus d’une polémique purement politique que d’une parole à portée stratégique et géopolitique.
Le salon de l’agriculture est chaque année le rendez-vous des principaux représentants politiques et il est traditionnellement inauguré par le président de la République. Mais cette année, les choses ne se sont pas déroulées normalement.
A la station de métro Portes de Versailles, les paysans en colère ont mis des plaques de communes à l’envers en signe de protestation / photo Cagibi54, CC0, via Wikimedia Commons
Le samedi 24 février, à l’arrivée d’Emmanuel Macron, des manifestants l’ont accueilli à coups de sifflets et de huées. S’en sont suivies des échauffourées avec les forces de l’ordre.
Il est vrai que le président avait imaginé, deux jours avant, un « grand débat » au salon avec les syndicats agricoles et un certain nombre d’associations écologistes. Cependant, le nom des Soulèvements de la Terre qui s’opposent, entre autres, aux méga bassines et à l’utilisation du glyphosate, ennemis jurés de la FNSEA (principal syndicat agricole), a fuité parmi ceux des invités. Après cela, la FNSEA, suivie par la Coordination Rurale, ont annoncé se retirer de la rencontre prévue. Le vendredi 23 au soir, ne restait plus à Emmanuel Macron que d’y renoncer tout en se défendant d’avoir jamais invité les Soulèvements de la Terre.
Tout cela explique l’ambiance électrique du 24 février.
Le lendemain par contre, la venue de Jordan Bardella, président du RN et tête de liste de son parti pour les prochaines élections européennes, s’est déroulée dans une ambiance cordiale. C’est ainsi que le président du parti d’extrême droite a profité du fiasco présidentiel !