The Line, la ville du futur en Arabie Saoudite

Capture d’écran du site de l’agence NEOM en charge de la construction de The Line

En Arabie Saoudite, un projet colossal devrait être réalisé : une « ville-ligne » de 170km de long va être construite, qui devrait voir le jour en 2030. Ce projet urbanistique a été lancé par le prince Mohamed ben Salmane et pourra accueillir, en 2045, 9 millions de personnes. Ce projet fait partie de l’objectif de l’Arabie Saoudite pour que son avenir économique repose moins sur le pétrole et plus sur l’énergie renouvelable. Mais peut-être est-il aussi une manière pour le prince héritier d’Arabie Saoudite de redorer son image un peu ternie par l’assassinat du journaliste Jamal Khashoggi.

Cette ligne est plus haute que la tour Eiffel : 500m de haut et aussi 200m de large ! Plus de voitures ! Les concepteurs de ce projet assurent qu’il sera possible d’aller, en train, d’un bout à l’autre de The Line en moins de 20 minutes. Les habitants vivront confortablement grâce à une énergie 100% renouvelable et ils pourront aussi accéder, à pied, aux services utiles en moins de 5 minutes.

Cependant, la construction de ce projet aura un coût très élevé, 319 milliards de dollars pour la réalisation de la première partie, et il devrait dépasser au total 500 milliards de dollars pour l’ensemble. Les murs de cette ville futuriste seront recouverts de 2 gigantesques miroirs qui devraient ainsi ne pas impacter le paysage qui l’entoure.

image agence NEOM

Mais ce projet « écologiste » sera aussi un mur infranchissable pour les animaux et les conséquences pour la faune seront désastreuses. Cela pourrait aussi impacter la route migratoire des oiseaux qui pourraient venir s’écraser contre les miroirs de ces immenses grattes ciels.

Ajoutons à cela que cette ville futuriste sera construite dans une région désertique et qu’il sera difficile de trouver les 9 millions de personnes qui devraient y vivre alors que le pays est peuplé par moins de 40 millions de personnes !

Emile

Le dessous des cartes : cette émission de plus en plus populaire

Le dessous des cartes est une émission télévisée qui passe sur la chaîne franco-allemande Arte, le samedi à 19h30 pour l’hebdomadaire. Elle parle de géopolitique et s’appuie sur des cartes pour éclaircir le problème hebdomadaire. En ce moment, l’émission, dirigée par Emilie Aubry, prend de l’ampleur et devient de plus en plus populaire…

Le dessous des cartes, ou DDC, ou encore Mit offenen Karten en allemand, n’est pas qu’une émission Arte comme dans un vieux sketch des Inconnus, mais aussi une chaîne Youtube (ici) et un Atlas. Dans chaque épisode, un nouveau sujet géopolitique est évoqué (il peut être d’actualité chaude ou froide). Il y en a pour tous les goûts, même pour les footeux (ici, ici et ici) ! En ce moment, il y a beaucoup d’épisodes sur la guerre en Ukraine, le conflit Israël/Palestine, Taiwan, par exemple…

Pourquoi Le dessous des cartes prend-il de l’ampleur ?

Avec le retour de la guerre en Europe, les gens se sentent de plus en plus concernés par l’actualité géopolitique de la Chine, par exemple. La guerre en Ukraine, première guerre de territoires depuis les interventions américaines au Moyen-Orient, impose, pour bien la comprendre, un étude des cartes.

Cet effet est accentué par la création récente de la spécialité, au lycée, HGGSP (Histoire Géographie Géopolitique et Sciences Politiques). Les élèves vont sur la chaîne Youtube pour réviser un contrôle, par exemple… Ainsi, sur les abonnements Youtube, on retrouve un public plutôt jeune et étudiant.

Mon avis

Je trouve cette émission très instructive et intéressante, car on y trouve des contenus variés et adaptés à un public jeune. Les sujets sont bien décryptés et avec les cartes on comprend mieux la situation. Si on regarde fréquemment les épisodes, on peut devenir incollable en géopolitique ! Je vous le conseille donc fortement.

Voici la chaîne Youtube : https://www.youtube.com/@LeDessousdesCartesARTE/featured

Kenzo

Inédit : l’exercice Orion

Cette année, avec tous les dangers internationaux qui nous guettent, l’armée française et ses partenaires transatlantiques vont s’entraîner à la guerre de haute-intensité*. Un exercice inédit qui, après plus de 20 ans, va se passer en dehors des camps d’entraînement aménagés : les simulations se dérouleront dans la vraie campagne, en terrain civil…

De quoi s’agit-il ?

L’exercice militaire Orion 2023 se distingue de banals entraînement sur plusieurs points :

  • C’est le premier entraînement « de haute intensité » depuis 2001. De plus, le fond de toile et les expérimentations sont issues directement de la guerre en Ukraine
  • C’est le premier grand exercice interarmées qui comprend toutes les composantes et capacités de l’armée française : terre, mer, air, train (ravitaillement) et, pour la première fois, cyber (télécommunications, hackage simulé…)
  • Il va se dérouler en terrain civil (l’armée française ne dispose pas de camps d’entraînement assez grands). Par exemple le mercredi 8 mars ainsi que le 9 mars, des parachutistes français ont sauté sur Cahors et essayé de prendre le contrôle de la ville contre d’autres militaires français qui ont joué le rôle de « méchants »

Le scénario est de venir en aide à un pays ami (Arnland) qui est mis sous pression par son encombrant voisin (Mercure) qui instrumentalise des milices dans Arnland.

Il y aura plusieurs phases:

  • La planification a eu lieu sur le deuxième semestre 2022.
  • La 2e phase, qui a déjà commencé (et est terminée), consiste à « entrer en premier dans un environnement contesté » avec le déploiement de parachutistes dans le sud de la France (Cahors- à l’heure où j’écris, ils sont en train de simuler la prise de ponts puis d’un village, le 9 mars). Elle s’est déroulée de milieu février à milieu mars. Il s’agit de porter assistance à Arnland, avec en tout 7000 soldats. Il y aura aussi un débarquement de la Méditerranée.
  • Puis il faudra aider le gouvernement local à gérer la crise, notamment avec la construction de bâtiments civilo-militaires. Tout ça se déroulera fin mars.
  • La 4e phase se déroulera mi-avril début mai, et 12 000 militaires interviendront dans l’Est de la France, dans le cadre d’un conflit direct entre Mercure et Arnland.

Quel est le but ?

La France n’a été engagée dans aucun conflit majeur depuis la seconde guerre mondiale. Ses interventions se limitaient à des missions de maintien de la paix avec l’ONU, l’UE ou l’OTAN (Kosovo…), où à des guérillas antiterroristes dans le désert ou les montagnes (opération Barkhane, Afghanistan…) où il n’y avait pas d’ennemi clair et précis.

Cela veut dire qu’elle ne sait plus faire la guerre contre un vrai Etat, contre une armée égale à la sienne. La guerre en Ukraine nous a montré que la guerre de haute-intensité* était encore d’actualité. Donc, il faut être prêt au moindre conflit et continuer à s’entrainer pour redévelopper ses capacité de guerre à grande échelle.

Deuxième, et c’est une étape très importante pour notre Défense, l’exercice inclut et simule pour la première fois l’élément cyber. Encore une fois, aucun conflit majeur n’a inclut une guerre qui se déroulait aussi sur des ordinateurs. L’Ukraine est la première guerre qui utilise les nouvelles technologies.

Dans l’exercice Orion, ces nouvelles technologies vont être testée et il y aura des scénarios de panne cyber. Le but étant d’appréhender ces technologies dans les futurs conflits.

En bref, cet exercice va essayer de simuler au mieux la guerre de haute intensité* (comme en Ukraine) pour anticiper les solutions et les nouveaux environnements de combat (matériels et immatériels)

Kenzo

*La guerre de haute intensité

Le terme de guerre de haute intensité ou de guerre chaude désigne une guerre se faisant non pas d’égal à égal mais où les deux camps disposent de matériels relativement sophistiqués (blindés, avions, marine…) ou ont un savoir-faire là aussi relativement avancé (combat interarmée, interarme, commandement…). Les interventions militaires menées par la France ces dernières année sont des guerres assymétriques (guérillas) alors que la guerre en Ukraine est une guerre de haute intensité (l’Ukraine dispose d’une arme aérienne, bientôt de bons blindés… Elle dispose aussi d’un bon commandement).

Iran, des écolières victimes d’empoisonnement…

Depuis des semaines, des écolières iraniennes sont victimes d’empoisonnement lorsqu’elles vont à leur établissement scolaire. Des lycéennes, des collégiennes et même des élèves d’écoles primaires se retrouvent victimes de maux de tête et de nausées. Certaines sont même hospitalisées…

papapishu, CC0, via Wikimedia Commons

Initialement, les empoisonnements ont débuté en novembre 2022 mais ce sont grandement intensifiés (notamment ce dimanche où 200 écoles ont compté des victimes), et ce dans tout l’Iran, ces derniers jours. C’est toujours la même histoire, la jeune fille va en cours, sent une mauvaise odeur, a du mal à respirer et peut même s’évanouir ou avoir la nausée. Il y aurait depuis trois mois plus d’un millier de filles touchées, mais les chiffres restent difficiles à évaluer. Certaines sont même hospitalisées et ont besoin d’une assistance pour pouvoir respirer.

Face à ces tentatives d’empoisonnement, le gouvernement iranien semble décliner toute responsabilité. Le vice-premier ministre de la Santé dit que  » l’empoisonnement causé aux étudiants était très léger et n’a causé de complications à personne ». Du côté de la Défense nationale, le général Gholamréza Jalali annone que les chiffres sont surestimés par « une panique sociale ». Malgré çela, on ne peut nier que le pouvoir semble faire des recherches et veut dénouer l’affaire, sans laisser une seule chance aux meurtriers et a (enfin) reconnu la gravité de la situation début mars.

Mais les familles des victimes reprochent au contraire le manque de réaction des autorités pour identifier les coupables. En effet, on ne sait ni qui sont les auteurs des empoisonnements, ni quel gaz est utilisé. Pour beaucoup, ces actes terroristes et visant les filles, seraient commis par le gouvernement iranien lui-même pour se venger des manifestations et de l’implication de la jeunesse dans la cause de Masha Amini qui avait été tuée pour ne pas avoir bien porté son voile (pour plus d’infos, cliquez ICI). Sur Instagram, la militante Narges Mohammadi écrit : «Arrêtez le crime contre nos filles en dénonçant ces actes et en protestant dans les rues d’Iran».

Pour contrer cette idée, le pouvoir dit que le but de ces empoisonnements est de fermer les écoles des filles mais surtout de faire accuser le gouvernement pour « raviver la flamme éteinte des émeutes ».

Justine

Grève des éboueurs

image wikipedia commons

Depuis lundi 6 mars, les éboueurs de Paris et de la région Ile de France sont en grève reconductible contre la réforme des retraites.

Ils sont en effet contre le report de l’âge légal de départ en retraite mais ils veulent aussi une amélioration de leurs conditions de travail. Avec la réforme des retraites, les éboueurs perdent aussi une partie de leur régime spécial.

La collecte des poubelles est donc perturbée. Et c’est le cas pour le 14ème arrondissement. On peut voir en effet devant notre collège de nombreux déchets qui n’ont pas été enlevés et les poubelles commencent à s’amasser…

A Ivry, mardi 7 mars, certains éboueurs ont bloqué le plus grand centre d’incinération d’Europe. Le centre de traitement des déchets d’Issy les Moulineaux a lui aussi été bloqué.

Malgré les nuisances, la population semble pour le moment comprendre les éboueurs grévistes. Ces derniers semblent déterminer à poursuivre le mouvement.

La Mairie de Paris a fait savoir qu’elle était solidaire avec le mouvement des grévistes, c’est ce qu’elle affiche sur deux banderoles qui sont suspendues sur l’Hôtel de ville.

Louane

Grève le 7 mars… à quoi faut-il s’attendre ?

Manifestation du 11 février 2023 / photo Roland Godefroy, via Wikimedia Commons

Le mardi 7 mars aura lieu une nouvelle mobilisation contre la réforme des retraites. SNCF, RATP, écoles… à quoi faut-il s’attendre ?

Dès le mardi 7 mars sont prévues de fortes perturbations : les syndicats* se disent prêts à « mettre la France a l’arrêt » et envisagent une grève reconductible*.

Non seulement du côté de la RATP et de la SNCF : de nombreux métros, bus, trains seront annulés et il y aura beaucoup de perturbations dans les transports.

Mais aussi dans les écoles : là aussi, d’importantes perturbations risquent d’avoir lieu. L’intersyndicale de l’Éducation pense fermer totalement les écoles, collèges, lycées et services ainsi que les universités, si le gouvernement ne cède pas.

Les éboueurs, les raffineries ne devraient pas être en reste.

Et il y aura des grosses manifestations partout en France.

Ce mouvement de grève sera t-il plus fort que le gouvernement?

Virgile

*C’est quoi les syndicats ?

Les syndicats regroupent des travailleurs exerçant la même profession (par exemple les professeurs, ou les cheminots), ou exerçant dans la même branche d’activité (par exemple la chimie). Leur objectif est la défense des droits de ces travailleurs.

Les travailleurs d’une même entreprise ou d’une même profession peuvent être représentés par plusieurs syndicats. On parle « d’intersyndicale » pour désigner le rassemblement de tous ces syndicats.

**Ça veut dire quoi une grève « reconductible » ?

Le mouvement de grève reconductible consiste à faire la grève plusieurs jours de suite. Visiblement c’est ce qui peut se passer lors de cette prochaine grève.

1 an de guerre en Ukraine : que faut-il retenir de ce début de conflit ?

Alors voilà, cela fait un an jour pour jour que la guerre en Ukraine a commencé, le 24 février 2022 précisément. Ce conflit est le premier depuis plus de 30 ans en Europe. C’est aussi un conflit de haute intensité : de grosses armées s’affrontent directement. Mais que nous a montré ce conflit, tant sur le plan militaire que politique ?

Les questions géopolitiques

La question de l’énergie

Nous avons fait déjà plusieurs articles dessus (ici, ici), je vous invite à les relire. Cette crise nous montre l’importance de l’énergie dans le monde, que c’est une précieuse ressource, et que nous sommes dépendants de la Russie pour l’énergie (en tout cas l’Europe, la France, elle, marche au nucléaire). Ces manques d’énergie nous poussent à diversifier les approvisionnements, notamment avec nos alliés Nord-Américains (du gaz liquéfié parcourt ainsi l’Atlantique).

De plus, des pays possédant du gaz jusque-là peu demandé (la Russie nous suffisait) profitent, d’une part, de la montée des prix de l’énergie pour redresser leur économie (ce dont ils avaient fortement besoin, par exemple l’Algérie), d’autre part, les pays d’Europe cherchant à trouver de nouveaux fournisseurs, d’être « choyés » de ces pays. Par exemple, l’Algérie (toujours), qui était jusque-là en froid avec la France, voient ses relations se cordialiser avec l’Hexagone. Cependant, ce pays est un traditionnel allié de la Russie, ce qui complique la situation…

Le réarmement des pays d’Europe

File:Écusson de l'Opération Barkhane.svg
Ecusson de l’opération Barkhane, seule action militaire principale menée par la France depuis 2012. Elle a été arrêté, car elle n’aboutissait à rien – Via Wikimedia Commons

Cette guerre nous a aussi montré, à nous, Européens (eh oui, encore !), qu’il fallait se réarmer. Depuis plus de 30 ans, les interventions menées par l’OTAN se résumaient à des missions de maintient de la paix (Kosovo…), ou à des guérillas dans le désert ou les montagnes (Barkhane, Afghanistan…). Ces interventions étaient donc des guerres « assymétriques »: il n’y avait pas d’engagement direct entre deux armées, contrairement à l’Ukraine, qui est une guerre de « haute intensité » ou « symétrique ».

Ces engagements ont poussé les Etats Européens à dégarnir leur armée (qui ne servait plus à grand chose) et à croire que la guerre en Europe, c’était fini. Ainsi quand la guerre Russie-Ukraine a commencé, il y a eu une brusque prise de conscience de la gravité de la situation et les pourcentages de PIB (Produit Intérieur Brut) consacrés à la défense ont augmenté.

En France, Macron a promis au début de l’année 2023 un budget de 400 milliards d’euros entre 2024 et 2031 pour l’armée, ce qui lui a valu de vives critiques. L’armée française se dit aujourd’hui inapte à mener un conflit de haute-intensité. Même si elle a l’arme nucléaire, elle ne pourra plus se défendre contre un ennemi aussi puissant en nombre que la Russie : elle ne pourrait tenir un front de 80 km (nombre) pendant 48h (pas assez de munitions).

En Grande-Bretagne, un député a affirmé que son armée ne tiendrait pas plus de 5 jours. Finalement, celle qui s’en sort le mieux, c’est l’armée des USA : elle possède un effectif raisonnable vu son territoire et possède assez d’argent pour s’entraîner et être prête en cas de guerre.

Le renversement des alliances

Le 2 mars 2022, les Nation Unies ont voté pour condamner « l’opération spéciale » de Poutine. Sur les votes, on voit que les Occidentaux sont tous ralliés à l’Ukraine, et certains alliés traditionnels de la Russie l’ont condamnée (Turquie, Serbie, Hongrie). Ainsi, tous les pays ne gravitant pas autour de Moscou ou de Pékin ont voté contre l’offensive.

Par contre, la plupart des pays plus ou moins soumis aux puissances orientales se sont abstenus, surtout en Afrique (où Poutine mène des opérations militaires et économiques). L’Inde, la Chine, le Pakistan et l’Iran se sont de même abstenus, alors pour la plupart alliés de la Russie.

Si vous voulez un lien pour observer la carte après le vote contre les annexions russes : ici

Le nouvel « art de la guerre » : le drone

Cette guerre nous montre aussi l’évolution et la nouveauté du combat moderne. Les nouvelles technologies (intelligence artificielle, commande à distance…) nous permettent de créer de nouvelles armes très dévastatrices. Un exemple illustre bien cette révolution : le drone.

On l’a vu (ici), le drone est très présent dans la guerre en Ukraine. C’est lui qui apporte destruction et mort. Même s’il est utilisé dans les deux camps, c’est lui qui permet à l’Ukraine d’avoir une présence dans les airs.

Tout d’abord, il faut distinguer deux types de drones :

  • les drones de combat. Ils servent à bombarder, à renseigner à haute altitude (prendre des photos). Surtout, ils sont très discrets et peuvent rester 24h en l’air ! La France en possède quelques uns. Exemple : Tu-141 évoqué dans un précédent article.
  • les drones servant à faire de la reconnaissance (caméra…), ou du combat (bombinette lâchée par gravité). Ils ressemblent aux petits drones civils. Ils sont plus connus que les premiers. Plusieurs milliers sont en service en Ukraine, tandis que le ministre de la Défense français en a commandé 3000 d’ici quelques années.

Les premiers ont fait beaucoup office d’avion, ce sont eux qui ont bombardé les aérodromes russes. Ce sont eux aussi qui s’écrasent contre les bâtiments ukrainiens pour semer la terreur.

Bayraktar TB2 en service dans l’armée ukrainienne. C’est un drone de fabrication turcque – Via Wikipédia

Mais en quoi constitue la révolution du drone ?

Réalisez un peu : un soldat peut piloter un drone, comme dans un jeu vidéo, alors qu’il est à des milliers de kilomètres de son engin ! Si son drone est abattu, ce même pilote n’a rien, il n’y a pas de vie en danger derrière ce drone, même s’il coûte un peu cher. On peut donc en faire une utilisation risquée, voire suicidaire (pour le pauvre drone qui n’a rien demandé). Par exemple, les Russes bombardent parfois des villes en faisant s’écraser des drones qu’ils ont acheté à l’Iran.

De plus, les drones peuvent remplir les mêmes missions que les avions de chasse. Or, un drone est beaucoup moins coûteux (16 millions € pour les drones en service dans l’Armée de l’Air) qu’un avion de chasse dernier cri (78 millions € pour des Rafales). Cela peut être une solution pour les pays à l’armée démunie.

La guerre en Ukraine est principalement une guerre de position, statique. Dans ce cadre là, la construction de tranchées pour consolider les positions est très importante. Mais, encore une fois, les « petits » drones vont changer la donne : très discrets, ils peuvent se glisser en haut de la tranchée ennemie, lancer une bombinette par gravité, et détruire la tranchée ennemie. Donc la tranchée n’offre qu’une relative protection.

Dans une guerre de position, de tranchées, les chars et véhicules blindés sont peu utiles : ils sont privilégiés pour leur mobilité, qu’ils n’ont pas trop l’occasion de tester dans la guerre en Ukraine. Ils sont réduits à être cachés dans des taillis et rester statiques pendant des jours pour faire feu sur la position ennemie. Avec une reconnaissance préalable, les drones y trouvent une cible de choix : ils ne bougeront pas, et les drones, très discrets, pourront lancer leur bombinette bricolée.

Ainsi, pour un, maximum deux milliers € (prix d’un « petit » drone), on peut détruire un blindé ayant coûté plus de 8 millions € (prix du char Leclerc). Il faudra pour les programmes de réarmement étudier la question : Va-t-on dépenser des milliards d’euros qui vont aussitôt être liquidés au prochain conflit ? Si oui, alors il faudra trouver un système anti-drone qui protégerait les blindés des airs.

Finalement, cette guerre nous a imposé de nouveaux défis. Elle démontre tous les problèmes européens et renverse les alliances, mais surtout, elle soude l’OTAN et l’Occident en général… Elle nous a éclairés sur le futur…

Kenzo

Ukraine : que se passe-t-il à Bakhmout ?

Alors que le 10 janvier, les miliciens russes de Wagner annonçaient la prise de Soledar, les efforts russes semblent tous tournés vers cette région de l’Ukraine. Entre la terreur des civils présents et les lourdes pertes de l’armée ukrainienne, serait-il possible que les Russes débloquent le front sur ce point là ?

Le front se refige peu à peu. Les militaires ukrainiens, après avoir écrit l’Histoire par des épisodes dont on a déjà parlé, se retrouvent stoppés par des Russes qui, d’après le général Richoux, « veulent s’asseoir sur leurs gains ». En effet, ils se sont retranchés derrière le Dniepr, et construisent des lignes de tranchées sur les autres fronts. A ce stade, les Ukrainiens ne peuvent pas gagner, mais ne peuvent pas perdre non plus: ils sont en mesure d’épuiser les forces russes (vu que leurs alliés occidentaux leur fourniront autant d’armes qu’ils le veulent) mais ne peuvent pas percer les fortifications russes.

Les Russes, eux, ont des moyens : une redoutable milice privée, Wagner, et du matériel terrestre quasi inépuisable. Et malgré les enlisements que subissent les armées, Poutine semble appliquer un des principe phare de la guerre : la concentration des efforts. C’est l’un des principe de la guerre défini par le maréchal Foch : c’est la « convergence dans l’espace et le temps des actions et des effets des différentes fonctions opérationnelles », comme le définissent les manuels. Le but étant de créer une supériorité numérique sur « l’espace » concerné, afin de briser la ligne ennemie.

Ainsi, les Russes concentrent considérablement les efforts : au centre, précisément à Bakhmout, au nord de Donetsk, les soldats ukrainiens décrivent une marée humaine et les médecins militaires déplorent de plus en plus de blessés. Les Russes emploient notamment la milice (société militaire n’appartement pas à l’Etat) Wagner, les troupes d’élite que Poutine utilise généralement pour des missions de présence russe à l’étranger (Mali, Syrie…). Ces redoutables troupes sont déployées parce qu’il y a d’importantes mines de sels dans la région, une précieuse ressource. On dénombre ainsi 60 000 soldats russes contre seulement 30 000 côté ukrainien.

Les efforts russes sont concentrés dans la région de Donetsk. Certains membres des autorités russes affirment même que la « grande offensive » a déjà commencé. La ligne de front n’a pas trop bougé depuis avril dernier, mis à part sur les flancs Nord et Sud. / Image Kenzo

On a donc là une véritable concentration des efforts. Les Ukrainiens semblent plier sur ce point-là et leur dispositif risque de se disloquer s’ils permettent aux Russes de faire une percée et d’entrer profondément dans les lignes ukrainiennes. Mais ce semblant de réussite s’obtient avec des pertes énormes côté russe. Poutine et ses généraux envoient les conscrits directement à la mort.

Les spécialistes ont maintenant tendance à comparer la situation actuelle à celle du front de l’Est de la Seconde Guerre Mondiale (quand l’Allemagne nazie se battait contre l’URSS de Staline) : les forces soviétiques misaient sur leur supériorité numérique et, s’ils enfoncèrent les nazis jusqu’à Berlin, c’est au prix de quelques dizaines de millions de morts… Les Russes peuvent jouer sur leur avantage numérique et ils en ont les moyens : « un soldat mort, sitôt est-il remplacé ». D’ailleurs certaines anecdotes horribles ont été rapportées : les miliciens Wagner marchaient et s’abritaient derrière les cadavres de leurs camarades conscrits russes. On estime les pertes russes à 10 000 soldats.

Pertes ou pas pertes côté russe, pour les Ukrainiens, le résultat est le même : ils risquent de se faire enfoncer comme les Allemands… De plus les services secrets occidentaux et même les analystes de cette guerre mettent l’état-major ukrainien en alerte : les Russes préparent une grande contre-offensive, notamment à Donetsk. Poutine veut, comme ses prédécesseurs ayant combattu tour à tour Napoléon, Guillaume II, ou encore Hitler, user du général Hiver (personnification de l’hiver qui détruit les armées) et donc s’inscrire dans la lignée des chefs russes, ce qui peut être très symbolique pour les Russes.

A côté de cela, les civils vivent la Bataille de Bakhmout dans la terreur : en effet, les combats de rue (urbains) peuvent fortement toucher la population, vu que les hostilités se déroulent dans son principal lieu de vie. Attendant dans les caves que leurs soldats prennent contrôle de leur quartier, ils vivent parfois sans électricité, avec peu d’eau…

Quels seront les débouchés de cette bataille ? Qu’en résultera-t-il sur le plan diplomatique, alors que les 1 an de cette guerre approche ?

Kenzo

Séisme en Turquie et en Syrie, urgence

Lundi 6 février 2023, un séisme d’une magnitude de 7,8 (elle ne peut aller que jusqu’à 10) a ravagé la région comprenant le sud de la Turquie et le nord-ouest de la Syrie.

Pour le moment, on compte plus de 17 500 morts, mais le bilan n’est pas définitif et ne cesse de s’alourdir. Les secours continuent pourtant de trouver des survivants sous les décombres. Pour avoir l’espoir de sauver le plus de personnes possible, il faut absolument agir dans les 72 premières heures après la catastrophe.

Cependant, malgré une aide internationale qui se met en place, les secours font face à de nombreuses difficultés : le froid glacial et la neige ralentissent leurs recherches et en Syrie, c’est la guerre qui complique les choses.

Localement, des critiques commencent à se faire entendre contre le président Erdogan concernant les moyens insuffisants mis en place par les autorités turques pour sauver les victimes encore vivantes et protéger les rescapés.

Le duo des renards 🦊