Mardi 14 mars, deux avions russes et un drone Reaper américain survolaient la mer Noire côté Ukraine, lorsqu’un des deux avions Su-27 a percuté l’hélice du drone qui est devenu incontrôlable et qui a fini sa course sous les eaux. L’état-major américain ne s’est pas gêné pour accuser la Russie, la Russie dément…
Ce drone MQ-9 de la US Air Force opérait sa mission de surveillance de l’espace aérien en Mer Noire, et deux avions de chasse russes se sont approchés de l’appareil. Puis, un des deux engins russes s’est approché à deux reprises du drone, l’a survolé et a jeté du carburant sur ce dernier. Après s’être fait endommager l’hélice, les Américains perdent le contrôle du drone qui finit ses jours au large de l’Ukraine, en Mer Noire.
Les images récemment révélée par le ministère de la Défense américain, le Pentagone
L’état-major de l’armée de l’Air américaine réagit immédiatement
« Il s’agit d’un acte dangereux et non-professionnel de la part des Russes » déclare James Hecker. Il ajoute que « les actions agressives des équipages russes pourraient aboutir à des malentendus et une escalade involontaire« . Le pire, c’est qu’on ne connait même pas les motivations du pilote ni la suite de l’histoire pour les Russes: « Du fait de l’impact, la vidéosurveillance a été coupée pendant quelques secondes. On sait juste que le Su-27 est reparti vers sa base. Mais à quelques centimètres près, il aurait pu être très endommagé, voire détruit » précise l’armée américaine.
Drone MQ-9 ou Reaper appartenant à l’Armée de l’Air française. C’est un drone de fabrication américaine. à l’arrière, on voit l’hélice qui a été endommagé par le chasseur russe.
Est-ce un acte de guerre ?
Regardons les faits : les Russes abattent (par erreur ou pas) un aéronef allié, sans que les Alliés aient rien demandé… En théorie, les Américains pourraient très bien déclencher une guerre pour ce genre d’action. Surtout que le drone abattu est très onéreux, c’est donc une vraie perte pour les USA et pas un acte isolé.
Par contre, attention : le drone n’a pas été abattu par un missile ou par un obus (ce n’est donc pas un acte forcément volontaire), mais a été endommagé. Par accident ou non ? On ne le saura jamais, et les USA ne veulent pas forcément déclencher une guerre (peut-être nucléaire) pour un accident… si s’en est un. Que diront les médias (qui contrôlent l’opinion publique) ?
Que cherchent les Russes ?
De l’autre côté, le Kremlin affirment « on a pas fait exprès » (retour en maternelle ou quoi ?)… Comment ne pas faire exprès alors qu’on lâche du carburant en passant au dessus du drone près de 19 fois ? De plus, ce n’est pas la première fois que les pilotes russes violent les frontières et espaces aériens de l’Otan en les frôlant et en faisant trembler les équipages de surveillance aérienne otaniens.
A chaque évènement mineur, les Russes cherchent l’Otan sans le forcer à déclarer la guerre. Ainsi les forces de l’Otan en Europe de l’Est s’épuisent pour rien, et les Russes en sortent finalement vainqueurs.
Même avec toutes les sanctions internationales qui pèsent sur lui, Poutine n’a pas peur de provoquer l’ire de l’UE, l’Otan et la surpuissance américaine. Il sait très bien que l’Otan ne cherchera jamais la guerre et qu’il trouvera toujours le moyen de préserver la paix (même s’il faut ignorer des actes gravissimes et des pertes significatives, comme le drone Reaper).
Dans la nuit du mardi 29 février, entre Athènes et Thessalonique en Grèce, une terrible collision a eu lieu entre deux trains circulant en sens inverse sur la même voie. Un train de marchandise a percuté un train de passagers. Sous le choc, les wagons en tête de train ont déraillé et provoqué un incendie, ce qui a emprisonné plusieurs personnes à l’intérieur des wagons. Le bilan est catastrophique : 57 morts. Les habitants du pays ont d’autant plus été choqués que la plupart des passagers étaient des étudiants.
Depuis cet accident, la colère a gagné la population. Les manifestations en Grèce se multiplient et dénoncent le manque de surveillance et le manque de moyens des services publics. Un manifestant interviewé a même déclaré a France Info : « Quand je commande une pizza, je peux la suivre sur mon téléphone. Pourquoi ce n’est pas possible de voir que deux trains roulent sur la même voie ? »
Dimanche 5 mars, plus de 12 000 personnes ont encore manifesté dans les rues d’Athènes. Hier, jeudi 16 mars, ils étaient 40 000 dans les rues d’Athènes et le pays était parlysé par une grève générale. Cet accident est, au départ, dû à une erreur humaine car le chef de gare avait peu d’expérience, mais il est dû aussi au manque de personnel qui a nettement baissé ces derniers mois sur le réseau ferroviaire du pays, après sa privatisation. Les manifestations visent l’Etat qui a bradé la compagnie et, depuis des années, aurait mal géré et laisser se dégrader l’organisation du réseau.
Pour certains, la question ne se pose même pas, c’est contre immédiatement, mais quelles sont leurs raisons ? D’autres sont pour et ont également des arguments.
Voyons voir ce qu’en pensent les journalistes de On se dit tout !
« Je suis plutôt indécise car je ne connais pas assez bien les arguments de ceux qui sont pour ou contre ».
« Personnellement, je suis totalement contre, qui pourrait être d’accord avec le fait de laisser les gens ayant des métiers très compliqués (éboueurs, travailleurs sur les chantiers… ) travailler deux ans de plus ! »
« Je pense que ce n’est pas une mauvaise idée dans le fond, je connais plusieurs personnes qui, une fois arrivées à la retraite, ne trouvent plus grand chose à faire et auraient aimé continuer à travailler. Cependant il faut que, pour les métiers difficiles, le départ à la retraite soit plus tôt, ça c’est sûr et certain. En plus, l’espérance de vie a beaucoup augmenté, ce n’est pas étonnant que le gouvernement pense les gens capables de travailler encore deux ans ».
« Plutôt contre car je pense qu’à 64 ans, on n’assure plus son métier avec autant d’énergie qu’avant, notamment pour les professeurs… «
» Moi, je m’en fiche un peu, je suis jeune et ne me sens pas concernée pour le moment. Mais bon, avec toute ces grèves et ces manifestations, je pense que le gouvernement devrait abandonner son projet ».
« Je ne suis pas spécialement favorable à cette retraite, mais dans tous les cas, il en faut une nouvelle car l’espérance de vie augmente et la santé des gens s’améliore ».
» Moi je suis contre ! Je voudrais aller au manifs ! «
» Contre évidemment, les femmes seraient encore plus désavantagées que maintenant et rien ne presse pour appliquer cette réforme ! «
Vous l’aurez compris, les avis sont partagés mais sont surtout contre !
Pour des questions d’inégalités, de mauvaises conditions, d’ennui, d’espérance de vie et j’en passe, chacun a son avis ! En tout cas, nous aurons la réponse aujourd’hui car le vote à l’Assemblée nationale se déroule à 15h00 (le Sénat a déjà voté ce matin et a adopté le texte) ! Un suspens qui en inquiète plus d’un !
Les syndicats convaincront-ils les députés de ne pas voter pour » un projet brutal et injuste » ? Le gouvernement utilisera-t-il le 49.3 (article de la Constitution pour faire passer un projet de loi sans vote)?
Je recommande cet articlepour suivre les évènements en direct ou encore celui-là !
Justine
15h
INFO EN DIRECT : Le gouvernement choisit le 49.3, entrainant un Conseil des ministres qui accepte son utilisation !!! Une séance à l’Assemblée nationale dans quelques minutes mais sans vote, les gens ont encore l’espoir d’une motion de censure… D’après Fabien Roussel, c’est une humiliation pour le Parlement qui ne peut même plus voter.
Elisabeth Borne entre à l’Assemblée nationale… et la séance est suspendue pour deux minutes le temps de calmer les députés chantant à tue-tête la Marseillaise et huant la Première Ministre. Remettra-t-elle sa démission suite à cet » échec » ? Elle se lance maintenant dans son discours, essayant de se faire entendre.
Certains la huent (comme l’extrême droite ou la Nupes) d’autres l’applaudissent. Une motion de censure doit être déposée avant demain 15h20 pour empêcher la validation du projet. La séance est levée après un discours chahuté.
Certains députés sont interviewés : Marine Le Pen annonce qu’elle déposera une motion de censure et dit ce qu’elle pense du gouvernement devant les caméras : « Il s’est leurré », « un échec total », « un échec d’Emmanuel Macron » « Comment avoir encore confiance en notre gouvernement ? »
J’arrête ici mon article mais n’hésitez pas à continuer à vous renseigner sur la situation et ce qu’il adviendra !
Capture d’écran du site de l’agence NEOM en charge de la construction de The Line
En Arabie Saoudite, un projet colossal devrait être réalisé : une « ville-ligne » de 170km de long va être construite, qui devrait voir le jour en 2030. Ce projet urbanistique a été lancé par le prince Mohamed ben Salmane et pourra accueillir, en 2045, 9 millions de personnes. Ce projet fait partie de l’objectif de l’Arabie Saoudite pour que son avenir économique repose moins sur le pétrole et plus sur l’énergie renouvelable. Mais peut-être est-il aussi une manière pour le prince héritier d’Arabie Saoudite de redorer son image un peu ternie par l’assassinat du journaliste Jamal Khashoggi.
Cette ligne est plus haute que la tour Eiffel : 500m de haut et aussi 200m de large ! Plus de voitures ! Les concepteurs de ce projet assurent qu’il sera possible d’aller, en train, d’un bout à l’autre de The Line en moins de 20 minutes. Les habitants vivront confortablement grâce à une énergie 100% renouvelable et ils pourront aussi accéder, à pied, aux services utiles en moins de 5 minutes.
Cependant, la construction de ce projet aura un coût très élevé, 319 milliards de dollars pour la réalisation de la première partie, et il devrait dépasser au total 500 milliards de dollars pour l’ensemble. Les murs de cette ville futuriste seront recouverts de 2 gigantesques miroirs qui devraient ainsi ne pas impacter le paysage qui l’entoure.
image agence NEOM
Mais ce projet « écologiste » sera aussi un mur infranchissable pour les animaux et les conséquences pour la faune seront désastreuses. Cela pourrait aussi impacter la route migratoire des oiseaux qui pourraient venir s’écraser contre les miroirs de ces immenses grattes ciels.
Ajoutons à cela que cette ville futuriste sera construite dans une région désertique et qu’il sera difficile de trouver les 9 millions de personnes qui devraient y vivre alors que le pays est peuplé par moins de 40 millions de personnes !
Le dessous des cartes est une émission télévisée qui passe sur la chaîne franco-allemande Arte, le samedi à 19h30 pour l’hebdomadaire. Elle parle de géopolitique et s’appuie sur des cartes pour éclaircir le problème hebdomadaire. En ce moment, l’émission, dirigée par Emilie Aubry, prend de l’ampleur et devient de plus en plus populaire…
Le dessous des cartes, ou DDC, ou encore Mit offenen Karten en allemand, n’est pas qu’une émission Arte comme dans un vieux sketch des Inconnus, mais aussi une chaîne Youtube (ici) et un Atlas. Dans chaque épisode, un nouveau sujet géopolitique est évoqué (il peut être d’actualité chaude ou froide). Il y en a pour tous les goûts, même pour les footeux (ici, ici et ici) ! En ce moment, il y a beaucoup d’épisodes sur la guerre en Ukraine, le conflit Israël/Palestine, Taiwan, par exemple…
Pourquoi Le dessous des cartes prend-il de l’ampleur ?
Avec le retour de la guerre en Europe, les gens se sentent de plus en plus concernés par l’actualité géopolitique de la Chine, par exemple. La guerre en Ukraine, première guerre de territoires depuis les interventions américaines au Moyen-Orient, impose, pour bien la comprendre, un étude des cartes.
Cet effet est accentué par la création récente de la spécialité, au lycée, HGGSP (Histoire Géographie Géopolitique et Sciences Politiques). Les élèves vont sur la chaîne Youtube pour réviser un contrôle, par exemple… Ainsi, sur les abonnements Youtube, on retrouve un public plutôt jeune et étudiant.
Mon avis
Je trouve cette émission très instructive et intéressante, car on y trouve des contenus variés et adaptés à un public jeune. Les sujets sont bien décryptés et avec les cartes on comprend mieux la situation. Si on regarde fréquemment les épisodes, on peut devenir incollable en géopolitique ! Je vous le conseille donc fortement.
Cette année, avec tous les dangers internationaux qui nous guettent, l’armée française et ses partenaires transatlantiques vont s’entraîner à la guerre de haute-intensité*. Un exercice inédit qui, après plus de 20 ans, va se passer en dehors des camps d’entraînement aménagés : les simulations se dérouleront dans la vraie campagne, en terrain civil…
De quoi s’agit-il ?
L’exercice militaire Orion 2023 se distingue de banals entraînement sur plusieurs points :
C’est le premier entraînement « de haute intensité » depuis 2001. De plus, le fond de toile et les expérimentations sont issues directement de la guerre en Ukraine
C’est le premier grand exercice interarmées qui comprend toutes les composantes et capacités de l’armée française : terre, mer, air, train (ravitaillement) et, pour la première fois, cyber (télécommunications, hackage simulé…)
Il va se dérouler en terrain civil (l’armée française ne dispose pas de camps d’entraînement assez grands). Par exemple le mercredi 8 mars ainsi que le 9 mars, des parachutistes français ont sauté sur Cahors et essayé de prendre le contrôle de la ville contre d’autres militaires français qui ont joué le rôle de « méchants »
Le scénario est de venir en aide à un pays ami (Arnland) qui est mis sous pression par son encombrant voisin (Mercure) qui instrumentalise des milices dans Arnland.
Il y aura plusieurs phases:
La planification a eu lieu sur le deuxième semestre 2022.
La 2e phase, qui a déjà commencé (et est terminée), consiste à « entrer en premier dans un environnement contesté » avec le déploiement de parachutistes dans le sud de la France (Cahors- à l’heure où j’écris, ils sont en train de simuler la prise de ponts puis d’un village, le 9 mars). Elle s’est déroulée de milieu février à milieu mars. Il s’agit de porter assistance à Arnland, avec en tout 7000 soldats. Il y aura aussi un débarquement de la Méditerranée.
Puis il faudra aider le gouvernement local à gérer la crise, notamment avec la construction de bâtiments civilo-militaires. Tout ça se déroulera fin mars.
La 4e phase se déroulera mi-avril début mai, et 12 000 militaires interviendront dans l’Est de la France, dans le cadre d’un conflit direct entre Mercure et Arnland.
Quel est le but ?
La France n’a été engagée dans aucun conflit majeur depuis la seconde guerre mondiale. Ses interventions se limitaient à des missions de maintien de la paix avec l’ONU, l’UE ou l’OTAN (Kosovo…), où à des guérillas antiterroristes dans le désert ou les montagnes (opération Barkhane, Afghanistan…) où il n’y avait pas d’ennemi clair et précis.
Cela veut dire qu’elle ne sait plus faire la guerre contre un vrai Etat, contre une armée égale à la sienne. La guerre en Ukraine nous a montré que la guerre de haute-intensité* était encore d’actualité. Donc, il faut être prêt au moindre conflit et continuer à s’entrainer pour redévelopper ses capacité de guerre à grande échelle.
Deuxième, et c’est une étape très importante pour notre Défense, l’exercice inclut et simule pour la première fois l’élément cyber. Encore une fois, aucun conflit majeur n’a inclut une guerre qui se déroulait aussi sur des ordinateurs. L’Ukraine est la première guerre qui utilise les nouvelles technologies.
Dans l’exercice Orion, ces nouvelles technologies vont être testée et il y aura des scénarios de panne cyber. Le but étant d’appréhender ces technologies dans les futurs conflits.
En bref, cet exercice va essayer de simuler au mieux la guerre de haute intensité* (comme en Ukraine) pour anticiper les solutions et les nouveaux environnements de combat (matériels et immatériels)
Kenzo
*La guerre de haute intensité
Le terme de guerre de haute intensité ou de guerre chaude désigne une guerre se faisant non pas d’égal à égal mais où les deux camps disposent de matériels relativement sophistiqués (blindés, avions, marine…) ou ont un savoir-faire là aussi relativement avancé (combat interarmée, interarme, commandement…). Les interventions militaires menées par la France ces dernières année sont des guerres assymétriques (guérillas) alors que la guerre en Ukraine est une guerre de haute intensité (l’Ukraine dispose d’une arme aérienne, bientôt de bons blindés… Elle dispose aussi d’un bon commandement).
Depuis des semaines, des écolières iraniennes sont victimes d’empoisonnement lorsqu’elles vont à leur établissement scolaire. Des lycéennes, des collégiennes et même des élèves d’écoles primaires se retrouvent victimes de maux de tête et de nausées. Certaines sont même hospitalisées…
papapishu, CC0, via Wikimedia Commons
Initialement, les empoisonnements ont débuté en novembre 2022 mais ce sont grandement intensifiés (notamment ce dimanche où 200 écoles ont compté des victimes), et ce dans tout l’Iran, ces derniers jours. C’est toujours la même histoire, la jeune fille va en cours, sent une mauvaise odeur, a du mal à respirer et peut même s’évanouir ou avoir la nausée. Il y aurait depuis trois mois plus d’un millier de filles touchées, mais les chiffres restent difficiles à évaluer. Certaines sont même hospitalisées et ont besoin d’une assistance pour pouvoir respirer.
Face à ces tentatives d’empoisonnement, le gouvernement iranien semble décliner toute responsabilité. Le vice-premier ministre de la Santé dit que » l’empoisonnement causé aux étudiants était très léger et n’a causé de complications à personne ». Du côté de la Défense nationale, le général Gholamréza Jalali annone que les chiffres sont surestimés par « une panique sociale ». Malgré çela, on ne peut nier que le pouvoir semble faire des recherches et veut dénouer l’affaire, sans laisser une seule chance aux meurtriers et a (enfin) reconnu la gravité de la situation début mars.
Mais les familles des victimes reprochent au contraire le manque de réaction des autorités pour identifier les coupables. En effet, on ne sait ni qui sont les auteurs des empoisonnements, ni quel gaz est utilisé. Pour beaucoup, ces actes terroristes et visant les filles, seraient commis par le gouvernement iranien lui-même pour se venger des manifestations et de l’implication de la jeunesse dans la cause de Masha Amini qui avait été tuée pour ne pas avoir bien porté son voile (pour plus d’infos, cliquez ICI). Sur Instagram, la militante Narges Mohammadi écrit : «Arrêtez le crime contre nos filles en dénonçant ces actes et en protestant dans les rues d’Iran».
Pour contrer cette idée, le pouvoir dit que le but de ces empoisonnements est de fermer les écoles des filles mais surtout de faire accuser le gouvernement pour « raviver la flamme éteinte des émeutes ».
Depuis lundi 6 mars, les éboueurs de Paris et de la région Ile de France sont en grève reconductible contre la réforme des retraites.
Ils sont en effet contre le report de l’âge légal de départ en retraite mais ils veulent aussi une amélioration de leurs conditions de travail. Avec la réforme des retraites, les éboueurs perdent aussi une partie de leur régime spécial.
La collecte des poubelles est donc perturbée. Et c’est le cas pour le 14ème arrondissement. On peut voir en effet devant notre collège de nombreux déchets qui n’ont pas été enlevés et les poubelles commencent à s’amasser…
A Ivry, mardi 7 mars, certains éboueurs ont bloqué le plus grand centre d’incinération d’Europe. Le centre de traitement des déchets d’Issy les Moulineaux a lui aussi été bloqué.
Malgré les nuisances, la population semble pour le moment comprendre les éboueurs grévistes. Ces derniers semblent déterminer à poursuivre le mouvement.
La Mairie de Paris a fait savoir qu’elle était solidaire avec le mouvement des grévistes, c’est ce qu’elle affiche sur deux banderoles qui sont suspendues sur l’Hôtel de ville.
Manifestation du 11 février 2023 / photo Roland Godefroy, via Wikimedia Commons
Le mardi 7 mars aura lieu une nouvelle mobilisation contre la réforme des retraites. SNCF, RATP, écoles… à quoi faut-il s’attendre ?
Dès le mardi 7 mars sont prévues de fortes perturbations : les syndicats* se disent prêts à « mettre la France a l’arrêt »et envisagentune grève reconductible*.
Non seulement du côté de la RATP et de la SNCF : de nombreux métros, bus, trains seront annulés et il y aura beaucoup de perturbations dans les transports.
Mais aussi dans les écoles : là aussi, d’importantes perturbations risquent d’avoir lieu.L’intersyndicale de l’Éducation pense fermer totalement les écoles, collèges, lycées et servicesainsi que les universités, si le gouvernement ne cède pas.
Les éboueurs, les raffineries ne devraient pas être en reste.
Et il y aura des grosses manifestations partout en France.
Ce mouvement de grève sera t-il plus fort que le gouvernement?
Virgile
*C’est quoi les syndicats ?
Les syndicats regroupent des travailleurs exerçant la même profession (par exemple les professeurs, ou les cheminots), ou exerçant dans la même branche d’activité (par exemple la chimie). Leur objectif est la défense des droits de ces travailleurs.
Les travailleurs d’une même entreprise ou d’une même profession peuvent être représentés par plusieurs syndicats. On parle « d’intersyndicale » pour désigner le rassemblement de tous ces syndicats.
**Ça veut dire quoi une grève « reconductible » ?
Le mouvement de grève reconductible consiste à faire la grève plusieurs jours de suite. Visiblement c’est ce qui peut se passer lors de cette prochaine grève.
Alors voilà, cela fait un an jour pour jour que la guerre en Ukraine a commencé, le 24 février 2022 précisément. Ce conflit est le premier depuis plus de 30 ans en Europe. C’est aussi un conflit de haute intensité : de grosses armées s’affrontent directement. Mais que nous a montré ce conflit, tant sur le plan militaire que politique ?
Les questions géopolitiques
La question de l’énergie
Nous avons fait déjà plusieurs articles dessus (ici, ici), je vous invite à les relire. Cette crise nous montre l’importance de l’énergie dans le monde, que c’est une précieuse ressource, et que nous sommes dépendants de la Russie pour l’énergie (en tout cas l’Europe, la France, elle, marche au nucléaire). Ces manques d’énergie nous poussent à diversifier les approvisionnements, notamment avec nos alliés Nord-Américains (du gaz liquéfié parcourt ainsi l’Atlantique).
De plus, des pays possédant du gaz jusque-là peu demandé (la Russie nous suffisait) profitent, d’une part, de la montée des prix de l’énergie pour redresser leur économie (ce dont ils avaient fortement besoin, par exemple l’Algérie), d’autre part, les pays d’Europe cherchant à trouver de nouveaux fournisseurs, d’être « choyés » de ces pays. Par exemple, l’Algérie (toujours), qui était jusque-là en froid avec la France, voient ses relations se cordialiser avec l’Hexagone. Cependant, ce pays est un traditionnel allié de la Russie, ce qui complique la situation…
Le réarmement des pays d’Europe
Ecusson de l’opération Barkhane, seule action militaire principale menée par la France depuis 2012. Elle a été arrêté, car elle n’aboutissait à rien – Via Wikimedia Commons
Cette guerre nous a aussi montré, à nous, Européens (eh oui, encore !), qu’il fallait se réarmer. Depuis plus de 30 ans, les interventions menées par l’OTAN se résumaient à des missions de maintient de la paix (Kosovo…), ou à des guérillas dans le désert ou les montagnes (Barkhane, Afghanistan…). Ces interventions étaient donc des guerres « assymétriques »: il n’y avait pas d’engagement direct entre deux armées, contrairement à l’Ukraine, qui est une guerre de « haute intensité » ou « symétrique ».
Ces engagements ont poussé les Etats Européens à dégarnir leur armée (qui ne servait plus à grand chose) et à croire que la guerre en Europe, c’était fini. Ainsi quand la guerre Russie-Ukraine a commencé, il y a eu une brusque prise de conscience de la gravité de la situation et les pourcentages de PIB (Produit Intérieur Brut) consacrés à la défense ont augmenté.
En France, Macron a promis au début de l’année 2023 un budget de 400 milliards d’euros entre 2024 et 2031 pour l’armée, ce qui lui a valu de vives critiques. L’armée française se dit aujourd’hui inapte à mener un conflit de haute-intensité. Même si elle a l’arme nucléaire, elle ne pourra plus se défendre contre un ennemi aussi puissant en nombre que la Russie : elle ne pourrait tenir un front de 80 km (nombre) pendant 48h (pas assez de munitions).
En Grande-Bretagne, un député a affirmé que son armée ne tiendrait pas plus de 5 jours. Finalement, celle qui s’en sort le mieux, c’est l’armée des USA : elle possède un effectif raisonnable vu son territoire et possède assez d’argent pour s’entraîner et être prête en cas de guerre.
Le renversement des alliances
Le 2 mars 2022, les Nation Unies ont voté pour condamner « l’opération spéciale » de Poutine. Sur les votes, on voit que les Occidentaux sont tous ralliés à l’Ukraine, et certains alliés traditionnels de la Russie l’ont condamnée (Turquie, Serbie, Hongrie). Ainsi, tous les pays ne gravitant pas autour de Moscou ou de Pékin ont voté contre l’offensive.
Par contre, la plupart des pays plus ou moins soumis aux puissances orientales se sont abstenus, surtout en Afrique (où Poutine mène des opérations militaires et économiques). L’Inde, la Chine, le Pakistan et l’Iran se sont de même abstenus, alors pour la plupart alliés de la Russie.
Si vous voulez un lien pour observer la carte après le vote contre les annexions russes :ici
Le nouvel « art de la guerre » : le drone
Cette guerre nous montre aussi l’évolution et la nouveauté du combat moderne. Les nouvelles technologies (intelligence artificielle, commande à distance…) nous permettent de créer de nouvelles armes très dévastatrices. Un exemple illustre bien cette révolution : le drone.
On l’a vu (ici), le drone est très présent dans la guerre en Ukraine. C’est lui qui apporte destruction et mort. Même s’il est utilisé dans les deux camps, c’est lui qui permet à l’Ukraine d’avoir une présence dans les airs.
Tout d’abord, il faut distinguer deux types de drones :
les drones de combat. Ils servent à bombarder, à renseigner à haute altitude (prendre des photos). Surtout, ils sont très discrets et peuvent rester 24h en l’air ! La France en possède quelques uns. Exemple : Tu-141 évoqué dans un précédent article.
les drones servant à faire de la reconnaissance (caméra…), ou du combat (bombinette lâchée par gravité). Ils ressemblent aux petits drones civils. Ils sont plus connus que les premiers. Plusieurs milliers sont en service en Ukraine, tandis que le ministre de la Défense français en a commandé 3000 d’ici quelques années.
Bayraktar TB2 en service dans l’armée ukrainienne. C’est un drone de fabrication turcque – Via Wikipédia
Mais en quoi constitue la révolution du drone ?
Réalisez un peu : un soldat peut piloter un drone, comme dans un jeu vidéo, alors qu’il est à des milliers de kilomètres de son engin ! Si son drone est abattu, ce même pilote n’a rien, il n’y a pas de vie en danger derrière ce drone, même s’il coûte un peu cher. On peut donc en faire une utilisation risquée, voire suicidaire (pour le pauvre drone qui n’a rien demandé). Par exemple, les Russes bombardent parfois des villes en faisant s’écraser des drones qu’ils ont acheté à l’Iran.
De plus, les drones peuvent remplir les mêmes missions que les avions de chasse. Or, un drone est beaucoup moins coûteux (16 millions € pour les drones en service dans l’Armée de l’Air) qu’un avion de chasse dernier cri (78 millions € pour des Rafales). Cela peut être une solution pour les pays à l’armée démunie.
La guerre en Ukraine est principalement une guerre de position, statique. Dans ce cadre là, la construction de tranchées pour consolider les positions est très importante. Mais, encore une fois, les « petits » drones vont changer la donne : très discrets, ils peuvent se glisser en haut de la tranchée ennemie, lancer une bombinette par gravité, et détruire la tranchée ennemie. Donc la tranchée n’offre qu’une relative protection.
Dans une guerre de position, de tranchées, les chars et véhicules blindés sont peu utiles : ils sont privilégiés pour leur mobilité, qu’ils n’ont pas trop l’occasion de tester dans la guerre en Ukraine. Ils sont réduits à être cachés dans des taillis et rester statiques pendant des jours pour faire feu sur la position ennemie. Avec une reconnaissance préalable, les drones y trouvent une cible de choix : ils ne bougeront pas, et les drones, très discrets, pourront lancer leur bombinette bricolée.
Ainsi, pour un, maximum deux milliers € (prix d’un « petit » drone), on peut détruire un blindé ayant coûté plus de 8 millions € (prix du char Leclerc). Il faudra pour les programmes de réarmement étudier la question : Va-t-on dépenser des milliards d’euros qui vont aussitôt être liquidés au prochain conflit ? Si oui, alors il faudra trouver un système anti-drone qui protégerait les blindés des airs.
Finalement, cette guerre nous a imposé de nouveaux défis. Elle démontre tous les problèmes européens et renverse les alliances, mais surtout, elle soude l’OTAN et l’Occident en général… Elle nous a éclairés sur le futur…