Les perspectives militaires pour l’Ukraine : à l’Est rien de nouveau

Comme dit dans cet article, la soit disant contre-offensive ukrainienne n’avance pas. C’était le deuxième été de la guerre, et le précédent a été plus fructueux en termes d’avancées et de victoires. Pour les Ukrainiens, cette ligne de front est horriblement statique. Nous dirigeons nous vers un conflit gelé ?

Les perspectives offensives : une impasse

Quand est ce que les Ukrainiens pourraient lancer une grande offensive ?

Pour le général Richoux, consultant défense sur LCI, une contre-offensive pour cet automne, ce n’est plus possible. Pour les raisons logistiques développée dans le précédent article d’une part, et surtout pour une question de temps d’autre part. Et c’est le climat ukrainien qui va dicter le rythme des opérations.

Les pluies ukrainiennes de l’automne transforment déjà le champ de bataille en un bourbier infernal pour les deux camps, immobilisant les deux forces blindées-mécanisée. Les chances de réussite sont donc faibles, d’autant plus que l’ennemi (dans les deux camps) voit tout ce qu’on fait, ce qui réduit encore la surprise. Ainsi on pourrait se dire qu’il faudrait attendre le retour des beaux jours, au printemps 2024, pour relancer la guerre de mouvement. Heureusement un autre facteur météorologique peut ramener la guerre de mouvement.

En effet, l’hiver ukrainien est très très rude, en l’absence de Gulf Stream. Les températures sont en dessous de zéro sur la plupart de la ligne de front. Et quand le sol est gelé, plus de boue, le déplacement devient donc un peu moins laborieux. Donc une offensive d’hiver est certes beaucoup plus laborieuse qu’une offensive d’été, mais elle reste possible et peut aboutir à quelque chose. De plus, le ciel n’étant pas souvent clair (brouillard, précipitations), l’usage d’aéronefs (drones, avions de reconnaissance) devient extrêmement difficile et en cas de brouillard, inutile.

C »est le pari fou qu’Hitler a voulu tenir en décembre 1944 jusqu’au mois de février 45 en attaquant dans la forêt belge des Ardennes. La météo exécrable de cet hiver profite aux Allemands, car les Alliés (ayant la supériorité aérienne) ne peuvent plus sortir leurs avions et le rapport de force s’égalise. Heureusement pour les Alliés, la supériorité aérienne anglo-saxonne a pu faire la différence et ce fut bien la bataille fatale sur le front ouest pour l’Allemagne… Plus récemment, c’est en hiver que la Russie a pris « l’initiative » d’attaquer à Bakhmout, avec le succès relatif qu’on connait…

Malgré tout, vers la fin de l’hiver, le dégel en surface provoque un phénomène bien connu chez les Ukrainiens : la glace fondue n’a nulle part ou s’évacuer, car le sol en profondeur est encore gelé, ce qui génère un bourbier en surface qui, là encore, entrave la progression des troupes. C’est ce qui est arrivé aux Russes au tout début de cette guerre, lorsqu’ils ont attaqué en février mars 2022.

Enfin l’autre hypothèse, la plus probable, c’est dans les années qui suivront, le temps de la préparation logistique.

Sur quels secteurs et pour quels objectifs l’Ukraine attaquerait-elle en cas d’offensive ?

Il faut d’abord éliminer certains secteurs qui ne peuvent probablement pas être le lieu d’une prochaine offensive.

  • Tout d’abord la frontière russe. Fortifiée, l’attaquer serait pour l’Ukraine « attaquer » la Russie, faire la guerre sur son territoire, pas en tapant avec des missiles, mais en occupant ces territoires. Il faudrait régler des trucs avec la communauté internationale, et c’est pas top. Malgré tout, cela décrédibiliserait le discours de Poutine sur une « opération militaire spéciale », vu que les Russes seraient attaqués sur leur territoire.
  • Au Nord, ce sont plutôt les Russes qui avancent. Les attaquer là où ils sont forts est risqué (même s’ils sont partout forts), d’autant plus que les territoires qu’ils protègent derrière ne sont pas la priorité numéro 1 de l’état major ukrainien.
  • Et puis au sud, le long du Dniepr, sur la ligne Zaporijia-Kherson, il faut d’abord traverser le Dniepr, donc avoir des bateaux (à construire, à transporter, etc.), et puis tenir la tête de pont (en se souvenant de la difficulté qu’ont eue les Russes en tenant la tête de pont de Kherson), sans parler des âpres combats que les deux camps auront à subir… Quoique dure, cette perspective est intéressante, elle donne directement sur la Crimée, région annexée par la Russie en 2014, et qui représente beaucoup pour Poutine…

La dernière solution est de lancer l’offensive au centre, entre Zaporijia et Donetsk, comme le faisaient les Ukrainiens fin août mais avec moins de moyens, paralysés par le problème logistique. D’ailleurs ils continuent d’affirmer que les opérations offensives de cet été étaient des « contre-offensives ».

Le problème est que les Russes ont sur-fortifié la zone, car ils ne sont pas bêtes non plus : ce front, s’il est percé, donne accès à d’importants nœuds ferroviaires et routiers (ravitaillement) : Tokmak, Melitopol… Surtout, l’autoroute M14, qui passe par Marioupol, Melitopol avant de desservir Kherson et toute la Crimée, est essentielle au ravitaillement russe.

L’objectif des troupes engagées dans le front Zaporijia-Donetsk serait bien de foncer vers les axes routiers majeurs Est Ouest passant par Melitopol. Il faudrait s’emparer de Tokmak, clef de voûte des fortifications russes et nœud routier majeur. Puis, foncer, selon un axe suivant le tracé des grandes artères routières, pour s’emparer de Melitopol, couper l’autoroute Russie-Kherson-Crimée, et atteindre la mer d’Azov, juste au sud de Yakymivka. Image Kenzo

Cela veut dire que si l’autoroute est prise, ou que si elle est à portée de l’artillerie ukrainienne, elle permettrait d’assiéger en quelque sorte les troupes russes qui auraient alors 2 solutions pour survivre et tenir face aux Ukrainiens et se ravitailler : par le pont de Kertch ou pont de Crimée qui relie la Russie à la presqu’île (pont visé continuellement par les drones suicides et missiles ukrainiens, donc pas du tout opérationnel), ou par la mer, avec des navires. Mais les bâtiments russes sont de plus en plus vulnérables aux drones navals ukrainiens, comme on l’a vu cet été, ce serait très difficile de coordonner (surtout dans l’armée russe) les composantes terre et mer, et le port militaire de Sébastopol (Crimée) croule déjà sous le feu ukrainien.

En résumé, il s’agirait, avec des moyens conséquents de percer un endroit dans la ligne Zaporijia-Donetsk, idéalement là où les Ukrainiens obtiennent quelques succès relatifs (Robotyne…), d’exploiter en fonçant sur les centres logistiques (Melitpol…) et coincer les Russes stationnés en Crimée et sur les rives du Dniepr.

Ainsi, les Russes seraient « assiégés » dans la région de Kherson et la Crimée, privés de ravitaillement terrestre routier et ferroviaire : le long de la côte Nord de la mer d’Azov grâce aux avancées ukrainiennes, et au sud à cause des bombardements sur le pont de Kertch, qui relie la Crimée à la Russie. La seule et unique voie (représentée en bleu) serait la mer, mais très vulnérable aux drones navals ukrainiens qui font souffrir la flotte russe basée à Sébastopol, et surtout à faible débit, d’autant plus que le port de Sébastopol est, comme nous l’avons dit très endommagé. Il ne resterait plus à la Russie qu’à évacuer ses hommes de cet région. Image Kenzo

Comme à Dunkerque en 1940, où les divisions Panzer d’Hitler piégèrent les troupes britanniques et françaises dans une « poche » où le seul ravitaillement était par la mer. Cependant le port fut bombardé et, inutilisable et sous le harcèlement constant des aéronefs allemands, furent évacuées par la mer les troupes britanniques ainsi qu’une partie des Français, le restant des unités françaises s’étant sacrifiées pour couvrir l’opération nommée Dynamo.

Tous ces scénarios font rêver, mais il faut se rappeler que ce ne sont que des hypothèses. De plus, une des hypothèses les plus probables est que le conflit se gèle pour de bon, les fortifications russes étant trop puissantes, mais l’armée de Poutine pas assez coordonnée et efficace en attaque (comme on l’a vu en 2022), personne n’arriverait à prendre le dessus, comme en 14-18, lorsque les armées, construisant toutes les deux des tranchées impassables, n’avançaient plus. Il a fallu attendre que le rapport de force change, d’abord en faveur des Allemands (grâce à l’arrivée de nouvelles troupes) puis des Alliés (aide américaine), pour que la ligne de front bouge.

Kenzo

Le conflit Israélo-Hamas

On entend parler depuis 1 mois d’un conflit majeur au proche Orient. Celui-ci agite les esprits et engendre beaucoup de pertes civiles, d’un côté comme de l’autre. Que s’est-il passé ?

Une carte pour comprendre de quoi l’on parle

Les territoires palestiniens sont composés de 2 enclaves : la Cisjordanie, et la Bande de Gaza.

Les évènements

Le samedi 7 octobre au matin, le groupe armé terroriste Hamas* qui contrôle la Bande de Gaza, a lancé une offensive dans le sud d’Israël, réussissant à franchir la ligne de cessez-le-feu et à pénétrer en territoire israélien.

Les terroristes du Hamas ont réussi à entrer dans les villes de Sdérot et Ashkelon et ont poussé en une journée jusqu’aux villes d’Ashdod au Nord, Ofaqim à l’est, Kerem Shalom au sud. Leur avancée la plus significative a été à l’est (Ofaqim), où l’armée israélienne a été la moins résiliente.

Ils ont commis nombres d’exactions. Des massacres, des prises d’otage qui, selon le droit international (voir articles sur la guerre en Ukraine – 2022), peuvent être qualifiés de crimes de guerres. Ces exactions ont provoqué énormément d’émoi en Occident. Les pertes totales de civils israéliens sont de 1100, tandis qu’on déplore 300 pertes chez les militaires et policiers.

Les bombardements

Dans cette même journée du 7 octobre, le Hamas à envoyé plus 5000 roquettes lors de cette opération dénommée « Déluge d’Al Aqsa« . Inefficace et saturé, le dôme de fer israélien (système de défense sol-air contre les missiles ennemis, financé à moitié par les américains) a laissé passer ces roquettes qui se sont écrasées sur les grandes villes israéliennes. Les roquettes du Hamas ont impacté les principales métropoles israéliennes. Les bombardements effectués au Nord de l’Etat Hébreu sont signés du Hezbollah, organisation armée libanaise financée par l’Iran.

La riposte israélienne

Ce 7 octobre, le premier ministre Israélien Benyamin Nétanyahou déclare : « Nous sommes en guerre […] J’ai ordonné une vaste mobilisation de nos réservistes et que nous riposterions avec une ampleur que l’ennemi n’a jamais connue. L’ennemi paiera un prix sans précédent. […] Nous sommes en guerre et nous la gagnerons. » Le gouvernement hébreu mobilise effectivement les réservistes, ce qui gonfle les effectifs de Tsahal (armée israélienne) à plus de 400 000 hommes et femmes.

L’Etat hébreu riposte aussi vigoureusement avec des frappes de missiles et des frappes aériennes, détruisant des quartiers civils entiers de la bande de Gaza, en justifiant ces frappes par le fait que les terroristes du Hamas s’abritent dans ces quartiers. Il déclare aussi l’état de siège à Gaza en coupant l’eau, le gaz, et l’électricité. Ces mesures, ainsi que les pertes civiles dues aux bombardements, provoquent un vif émoi dans tout le monde arabe.

Fin octobre, l’armée israélienne finit par pénétrer physiquement dans la bande de Gaza. Le 1er novembre, le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme avertit que l’ampleur des destructions ainsi que le nombre élevé de morts et de blessés civils lui font craindre « sérieusementqu’il s’agisse d’attaques disproportionnées qui pourraient équivaloir à des crimes de guerre ».

Hier, 7 novembre, un mois jour pour jour après le début du conflit, le ministre de la Défense israélien annonce que les troupes de Tsahal sont « au cœur de Gaza-Ville ».

Un bilan pour la bande de Gaza… provisoire

Dans la bande de Gaza, selon des chiffres avancés par le Hamas, on déplore 10 000 morts, et des milliers de blessés… On dénombre plus d’1,5 millions de déplacés internes (femmes, hommes et enfants confondus). C’est une catastrophe humanitaire, du jamais vu en si peu de temps depuis les grands conflits du XXe siècle.

Beaucoup de pays, avec l’ONU, demandent aujourd’hui un « cessez le feu humanitaire immédiat ».

Bao Nam et Kenzo

*Hamas : organisation politique islamiste ayant une branche armée, considérée comme terroriste par Israël, les Etats-Unis, l’Union européenne et de nombreux autres pays. Elle contrôle la bande de Gaza, depuis son élection lors des législatives de 2006 (44% des voix) mais est peu active dans les autres territoires palestiniens (Cisjordanie). Le Hamas lançait régulièrement des roquettes sur le territoire israélien avant son attaque le 7 octobre.

Sources :

Guerre en Ukraine : une contre-offensive impossible ?

Cette contre-offensive est plus que particulière. Et elle nous prouve une chose : les médias ont un problème, leur réactivité. Retour en arrière : juin 2023, plusieurs actions offensives ont lieu sur la ligne de front ukrainienne. Tout d’un coup, les médias s’emballent : enfin, enfin cette contre-offensive tant attendue ! Mais alors seulement : s’agit-il vraiment d’une offensive ?

Une offensive qui n’en est pas une

Juin 2023. Après l’échec hivernal de Bakhmout, les Ukrainiens semblent mener à nouveau la danse. Leurs attaques, principalement au sud, sont tonitruantes dans les médias, mais peu dans la réalité. Ce sont en effet seulement quelques brigades qui partent à l’assaut des toutes nouvelles fortifications russes. Ces attaques sont des relatifs échecs dans un premier temps, ainsi, 20% du matériel engagé (dont le matériel occidental mis pour la première fois en œuvre), est détruit.

Mais elles semblent évoluer dans un deuxième temps, avec du grignotage de terrain, notamment autour de Bakhmout, et sur la section Zaporijia-Donetsk (prise de Robotyne). A ce jour, la carte n’a pas trop changé. En revanche en d’autres endroits, c’est l’armée russe qui avance, mais très peu.

Cette « offensive », très suivie dans les médias, se heurte à une ligne de défense russe, la ligne Sourovikine. Construite pendant des mois, elle se compose d’obstacles antichars (fossés, dents de dragon), de tranchées, mais surtout de mines. Les Russes ont miné plus que la norme, selon le général Nicolas Richoux. Et c’est en effet le principal obstacle pour les Ukrainiens, qui publient beaucoup de vidéos de déminage.

Cette « contre-offensive » a beau ne faire l’objet que de quelques combats, ces combats n’en sont pas moins féroces. Les vidéos postées à cet effet le démontrent. Il y a probablement énormément de blessés mais, pour des raisons de moral évidentes, ces chiffres sont gardés top secret.

Malgré tout, au tournant août-septembre, on observe que les Ukrainiens avancent un peu plus rapidement, ayant franchi, en certains points, les champs de mines.

Plus récemment, autour du 18 octobre, les brigades navales ukrainiennes ont établi une tête de pont de l’autre côté du Dniepr, qui semble toujours tenir à l’heure où j’écris.

Ces attaques en cartes

La ligne de front actuelle… En bleu, les avancées ukrainiennes depuis juin. On note notamment des avancées autour de Bakhmout (Est), sur la ligne Zaporijia-Donetsk, ainsi que diverses têtes de pont au delà du Dniepr (Kherson). Image Kenzo
L’avancée, très médiatisée, autour de Robotyne, fin août 2023. Les combats ont été très rudes pour contrôler les deux axes routiers que vous voyez ci dessus. Image Kenzo
Rudes combats dans l’été ukrainien pour contrôler les alentours de Bakhmout, important nœud routier et symbole de cette guerre d’usure. Image Kenzo
Les têtes de pont ukrainiennes le long du bas Dniepr, en aval du réservoir retenu par le barrage de Khakovka, tout à droite sur l’image. Les avancées d’octobre sont celles situées à droite. Image Kenzo

Ces cartes vont nous servir pour démontrer que ces attaques ne sont pas une contre-offensive. Un lien pour comparer ces avancées à celles des contre-offensives d’été 2022 : https://storymaps.arcgis.com/stories/733fe90805894bfc8562d90b106aa895

Si vous voulez suivre les avancées en direct, jour par jour : https://storymaps.arcgis.com/stories/36a7f6a6f5a9448496de641cf64bd375

Ainsi, avons nous affaire à une contre-offensive ?

Intéressons nous aux chiffres. 3, maximum 4 brigades sont engagées dans les combats. C’est à peine entre 10 000 et 15 000 soldats (chiffres pour une brigade ukrainienne, car une brigade française compte 6000 hommes). Or une contre-offensive, une vraie offensive, mobilise, pour une guerre de cette échelle, un nombre beaucoup plus grand que cela. Il faut environ être 3 contre 1 en attaque contre un ennemi retranché. On estime que les Ukrainiens ont laissé une petite dizaine de brigades en réserve. Cela veut dire qu’ils n’ont pas tout engagé, alors que quand on attaque, oui il faut une petite réserve, mais il faut quand même se donner toutes les chances de gagner.

Donc attention quand on vous parle de cette « contre-offensive » dans les médias, on parle seulement de contre-attaques locales menées par les Ukrainiens. Mais il très probable que les actions offensives menées mai-juin 2023 ne font pas partie de ces attaques, elles sondaient seulement les défenses russes.

Malgré une mini reprise des mouvements milieu octobre, le front est resté très fixe pendant les mois de septembre et de début octobre. Les spécialistes estiment d’ailleurs que les combats ont diminué d’intensité ces derniers temps à cause du manque de munitions, nous y reviendrons.

Pourquoi les médias qualifient ces avancées de « contre-offensive » ? Le poids de la communication

En temps de guerre, les informations du front sont très souvent filtrées : on ne veut pas que des mauvaises nouvelles puissent être publiées dans les journaux, car cela risque de démoraliser la population et donc la troupe. C’est ce qui se passe durant la Grande Guerre : les courriers des soldats français sont minutieusement triés par la poste militaire.

Ainsi, souvenez vous, c’est l’Etat ukrainien qui, en juin 2023, annonce sa « contre-offensive ». Ce n’est plus de l’information, on appelle ça de la communication. Et attention : ce n’est pas forcément vrai (par exemple, ce qui sort de la bouche des dictateurs n’est pas toujours vrai, mais cela reste quand même de la communication).

Si on analyse depuis le début de la guerre de positions (avril 2022), ce que les médias français et/ou l’Etat ukrainien nous racontent, ce ne sont ne sont que des bonnes nouvelles : contre-offensive d’été 2022 (reprise de Kharkiv, Izium, Lyman), reprise de Kherson (sans préciser que c’est la Russie qui en sort gagnante), on minimise l’échec de Bakhmout (en effet, bon ratio pertes/pertes ennemies)… Et tout ça est bien normal, et on assiste à x10 en Russie.

Et il ne faut surtout pas oublier que, si la guerre devait s’arrêter maintenant, c’est Poutine qui gagne, vu qu’il a plus de territoires que le 24 février 2022 (date du début de la guerre).

Une contre-offensive est-elle donc possible ?

« Compte tenu de l’effort de guerre insuffisant que fournissent nos sociétés occidentales, l’Otan, les pays de l’Otan (…), je ne vois pas comment on peut amasser la masse critique d’obus, de munitions, (…) de carburant, pour pouvoir mener une affaire de cette ampleur [la contre-offensive], [car] une offensive, ça se produit dans la durée, ça dure des semaines (…), si elle s’épuise en 72 heures ça n’a aucun intérêt, quand on est pas prêt, il ne faut pas y aller« , évalue le Général Nicolas Richoux.

Cela veut dire que ça ne sert à rien d’attaquer massivement (avec une dizaine de brigades, par exemple), s’il n’y a pas de réserves de munitions, carburant, pièces de rechanges, pour tenir des semaines et des mois dans des combats acharnés.

Prenons l’exemple du système d’armes du char d’assaut. Le système d’armes définit tout ce qui fait marcher, tout ce dont on a besoin pour tel ou tel matériel. Il faut compter, pour sa fabrication, les matériaux (donc leur transport, le personnel pour, les mines de métal…), le personnel pour le construire… Comme dit dans un précédent article, tout cela est très onéreux (entre 5 et 10 millions d’euros), mais le budget n’a pas tout vu : car il faut son entretien ! Huile, pièces de rechange, transport pour ces dernières… Et il faut bien sûr ajouter le carburant (et son transport, les raffineries, etc.), les munitions (mines de métal, personnel, transport, industries…), et le personnel à bord (formation, nourriture…). On peut remonter cette chaîne jusqu’à l’infini…

Ces ressources sont, comme on le répète de plus en plus souvent, en train de s’épuiser, et elles deviennent de plus en plus convoitées.

Les exemples d’offensives avortées pour cause logistique ne manquent pas : lorsqu’Hitler envahit la Russie en 1941 (op. Barbarossa), ses unités blindées parcourent des centaines de kilomètres, mais s’arrêtent brusquement aux portes de Moscou. Pourquoi ? L’industrie allemande ne suivait plus, les moteurs étaient irremplaçables, et donc les blindés cloués au sol.

Plus récemment en Ukraine, la contre-offensive d’automne 2022 qui a eu lieu au Nord, souvenez vous, a repoussé les Russes du Nord de l’Ukraine, reprenant Kharkhiv, Izium, Lyman… Jusqu’à s’arrêter, pour des raisons logistique probablement : la production arrière ne pouvait plus suivre le rythme des combats.

Ainsi on est bien dans un problème industriel : l’industrie occidentale n’arrive plus à fournir assez de munitions à l’Ukraine. En France (pays désindustrialisé), on produit 40 000 obus par an, mais ce chiffre va être doublé pour passer à une production de 80 000/an. A Bakhmout (ville martyre), les Russes tiraient 20 000 obus par jour. Ainsi nous les Français, nous serions en mesure de ne fournir que 4 jours de munitions aux belligérants, en épuisant notre stock annuel !

Il faut pour l’Ukraine, accumuler les stocks de munitions, de carburant, et de matériel pour mener une offensive, sauf que ces stocks sont inexistants. Un exemple historique : le 6 juin 44 ne s’est pas fait en 2 mois à partir du moment où il a fallu reconquérir l’Europe, il a fallu 3 ans de préparation logistique (1941-1944) !

Pour conclure, l’Ukraine, pour gagner, doit être drastiquement plus aidée par les pays de l’Otan qu’à l’heure où j’écris ces lignes, sinon la guerre durera des années encore. Mais la timide aide des pays occidentaux s’explique aussi par le fait que les dirigeant Otaniens jouent un jeu dangereux, en envoyant suffisamment d’armement pour que l’Ukraine se défende, mais pas assez pour qu’elle attaque, pour ne pas créer une crise mondiale, et c’est bien normal.

Kenzo

Source : interview du Général Richoux : https://www.youtube.com/watch?v=Na95Bmlcb-w. La vidéo est un peu vieille (cet été) mais la science ça ne se périme pas !

Conflit Arménie-Azerbaïdjan : comment en est on arrivé là ?

Haut Karabagh, le 19 septembre. Dans cette région du massif montagneux du Caucase, des soldats aux couleurs azéries (d’Azerbaïdjan) se lancent à l’assaut des monts qui ne sont plus sous leur contrôle, mais qui font pourtant officiellement partie de leur pays. Leur objectif : reprendre cette région aux mains des Arméniens, qui habitent le pays voisin. Leurs efforts seront récompensés : le cessez-le-feu est signé après 24h de combats. S’ensuit alors un exode de la population du Karabagh. Comment en est-on arrivé là ?

Le Caucase sud, ses belles montagnes… et ses conflits. En orange, ce fameux « Haut-Karabagh ».

Aux origines

Un petit retour en arrière s’impose : les Arméniens formaient un très grand peuple, qui allait des rives de la Méditerranée (actuelle Turquie, Liban et Syrie), jusqu’aux monts du Caucase. Sa présence est mentionnée dès l’époque grecque (région tampon entre la Grèce et la Perse), puis romaine, la Ville ayant eu des conflits avec ce pays. C’est aussi, alors que le christianisme naissait, le premier Etat à adopter le christianisme comme religion d’Etat, avant les Romains, en 301. Ainsi les Arméniens sont restés chrétiens, jusqu’à aujourd’hui, traversant successivement domination romaine, arabe, puis turque et russe.

En effet, l’Arménie fut partagée en deux entre la Russie et l’Empire ottoman (ancienne Turquie), au cours du XIXe siècle. Les Arméniens qui vivaient en Turquie subirent un génocide en 1915. Il ne restait quasiment plus d’Arméniens en Turquie, l’essentiel d’entre eux vivait donc dans l’Empire russe, en actuelle Arménie.

Lors de la composition de l’URSS (Union des République Socialiste Soviétiques), dans les années 20, c’est Staline, alors haut fonctionnaire, qui eut à créer deux république socialistes au Caucase, en se fondant si possible sur les cultures et religions locales. Il traça les frontières actuelles (voir carte), mais eut la bêtise d’attacher le Haut Karabagh (peuplé d’Arméniens chrétiens), à l’Azerbaïdjan musulman.

Tant que ces deux républiques furent sous tutelle soviétique, il n’y eut pas de problème. Mais au moment de l’effondrement soviétique, en 1991, ces deux pays ont tout de suite eu du mal à s’entendre : de violents conflits se déclenchent en 1993 puis 1994, suite à l’auto-proclamation de la république du Haut Karabagh, mais cette région reste sous contrôle de l’Arménie.

Une ligne de cessez le feu voit alors le jour : les forces armées arméniennes contrôlent non seulement le Karabagh, mais aussi les régions alentours. L’Azerbaïdjan se fait amputer d’une grande partie de son territoire. Pendant 26 ans, la région connait une paix relative, troublée seulement par quelques escarmouches.

C’est la victoire des forces arméniennes : l’Azerbaïdjan se voit amputé d’une grosse partie de son territoire, dont le Haut-Karabagh, en orange.

L’escalade et la fin du Haut Karabagh

C’est dans ce contexte qu’interviennent les évènements qui se sont produits dans le Caucase depuis 2020. Le ton monte progressivement entre les deux pays et, fin septembre 2020, l’Azerbaïdjan lance les hostilités avec son nouvel allié turc qui lui fournit armes, mercenaires, et drones.

6 semaines suffisent pour qu’un cessez-le-feu soit signé après 6 500 morts et d’âpres combats. Les forces azéries ont récupéré 1 tiers du Haut Karabagh, et en prime (quoique cela devait être l’objectif) tous les territoires officiellement azéris, mais contrôlés par l’armée arménienne. Le reste du Haut Karabagh est désormais occupé par des forces de maintien de la paix russes, qui « encerclent » ce qui reste de la région. Ainsi devient-elle une véritable enclave, reliée à l’Arménie par le corridor* de Latchine, étroite route passant en plein territoire azéri.

Le corridor de Latchine, route serpentant dans les montagnes du Caucase en plein territoire azéri, qui relie l’Arménie (en bas de l’image), au Haut-Karabagh (en orange en haut)

Même si la situation ne s’était pas complètement calmé, le ton monte encore une fois lorsqu’en décembre 2022 l’Azerbaïdjan bloque le corridor de Latchine. La situation devient alors déplorable au Haut-Karabagh, où les Arméniens manquent de nourriture et de médicaments qui viennent souvent d’Arménie. Toutes les tentatives de négociations de la communauté internationale échouent et la situation s’envenime.

C’est le début de la fin pour cette république aux monts perdus. L’Azerbaïdjan relance le conflit le 19 septembre 2023 en attaquant les forces armées présente d’auto-défense (qui ne sont pas les forces régulières de l’Arménie), qui plient au bout d’1 jour de combat.

Cette fois-ci c’est vraiment la fin pour le Haut-Karabagh, dont les autorités pro-arméniennes annoncent la dissolution « de toutes les institutions gouvernementales et organisations […] au 1er janvier 2024 » et ils déclarent que « la République du Haut-Karabakh (Artsakh) cesse son existence« .

De son côté, l’Arménie, impuissante, ne semble pas réagir face à cette « humiliation ». Plusieurs manifestations ont lieu à Erevan (la capitale) pour protester contre le premier ministre, Nikol Pachinian.

Situation à la veille de septembre 2023 : le corridor de Lat

Les soutien étrangers : quand l’Eurasie s’en mêle

Prenons maintenant cette carte : elle montre non seulement les Etats du Caucase, mais aussi la religion principale des pays en question. En hachures vertes, ce sont les pays à majorité musulmane. En jaune, ce sont les pays chrétiens, les sous-religion (chiites, orthodoxes), ne sont pas comptées.

Comme dit plus haut, les deux belligérants ont une différence culturelle et religieuse. Et je pense que cela joue beaucoup dans l’escalade du conflit, et des partis pris des Etats derrière ces deux pays en guerre.

Et, en général, les Etas vont prendre parti pour un pays de même culture ; c’est ainsi que la Turquie soutient l’Azerbaidjan car ces deux pays sont musulmans mais surtout turcophones. Aux partisans de l’Azerbiadjan s’ajoute également Israel, non musulman mais qui a de la rage à revendre contre l’Iran.

Parlons-en de l’Iran, qui musulman, est censé soutenir les Azéris. Et bien non ! C’est un soutien pour l’Arménie ! La raison est simple : sa partie frontalière avec l’Azerbaidjan est peuplée d’une minorité azérie, et les Iraniens ont peur qu’ils fassent sécession. Deuxième raison : les intérêts turco-azéris divergent avec ceux de l’Iran, et les deux pays turcs pourraient entraver le commerce irano-européen.

Attaquons nous à la Russie maintenant : chrétienne, elle soutient timidement l’Arménie. En fait son soutien se concrétise sous la forme d’une médiation : c’est la grande puissance qui se veut médiatrice dans un conflit relativement proche de chez elle, comme les Etats-Unis le font. Très occupée en Ukraine, elle veut avant tout redorer son blason en jouant les partisans de la paix. D’ailleurs, c’est elle qui assurait le maintien des frontières de 2020 en postant des garnisons tout autour du Karabagh. Pour elle, le Caucase reste son terrain de jeu.

L’Europe, quant à elle, et en particulier la France, a une position très claire : soutien « moral » aux Arméniens, appel à la paix et au dialogue. Cela s’explique par une diaspora très forte d’Arméniens en Europe de l’Ouest, qui ont fui le génocide en 1915-1916.

Les conséquences humanitaires

Presque sans ravitaillement depuis des mois, la population arménienne du Haut Karabagh a du fuir sa patrie par le corridor de Latchine devant l’avancée éclair des troupes azéries. Laissant désertes les villes, les plus chanceux ayant de la famille en Arménie y trouvent un foyer, tandis que d’autres trouvent l’asile dans des camps de réfugiés.

Quelle région laissent-t-ils derrière eux ? Une province de l’Azerbaïdjan à partir du 1er janvier 2024, qui a son tour sera source de conflits et génèrera encore des morts…

Kenzo

Guerre en Ukraine : le barrage de Khakovka et la contre-offensive ukrainienne

Deux évènements, en Ukraine nous intéresserons aujourd’hui. Dans la nuit du 5 au 6 juin 2023, dans l’oblast (région) de Kherson, on a observé la destruction du barrage de Kakhovka, sur le Dniepr. Les eaux ainsi retenues ont déferlé sur la campagne alentour, provoquant une catastrophe humaine et écologique. Le responsable est inconnu. Dans les jours suivants, on a observé que les Ukrainiens multipliaient les efforts sur certains points du front. Est-ce la « fameuse contre-offensive » tant attendue ? Quelles sont les conséquences de la destruction du barrage pour les plans de Zelensky ?

Cet évènement a été anticipé et redouté par l’état-major ukrainien, depuis le début de la guerre. Mais le scénario s’est produit, et plusieurs milliers d’habitants ont été évacués. Cela peut être une catastrophe écologique, les eaux polluées passées sur les villes finiront dans la mer ou contamineront les terres ukrainiennes… La protection de l’environnement en guerre est impossible ! Surtout, il ne faut pas oublier que ce barrage fournit de l’électricité à toute la région et que c’est une infrastructure civile.

Moscou prétend qu’il s’agit d’un sabotage de la part des Ukrainiens (ce qui est probable) alors que Kiev prétend que ce sont les Russes qui ont fait sauter ce barrage pour des raisons stratégiques (nous y reviendrons). En tout cas, c’est un crime de guerre, vu que le barrage est employé à des fins civiles. Malheureusement pour l’un et heureusement pour l’autre, il faut des preuves pour accuser de crimes de guerre devant la cour internationale.

Barrage de Kakhovka sur les eaux du Dniepr. L’aval est vers le bas de l’image. – merci Google Earth ! 😉

Quel est le lien entre la contre-offensive ukrainienne et la destruction du barrage ?

Même si certains se concentrent sur les conséquences humaines et écologiques de l’évènement, il ne faut pas oublier de citer les conséquences militaires, et donc de la guerre et la contre-offensive.

Tout d’abord, rappelons que cette guerre est faite de clins d’œil historiques et d’évènements russo-ukrainiens. Poutine prétend réhabiliter la grande puissance soviétique qu’était la Russie au 20e siècle et dont l’apogée a été la victoire de la « grande guerre patriotique » (WWII). Ainsi, s’il a détruit ce barrage, il fait référence aux généraux soviétiques qui ont décidé, face à la Blitzkrieg allemande en 1941, de faire sauter les barrages du Dniepr pour transformer le champ de bataille en bourbier, pour freiner les Allemands.

Parallèlement, les Allemands aussi ont utilisé cette technique d’inondation des terres pour ralentir les ennemis : en 1944, en Normandie, contre les Alliés, les Allemands ont inondé l’arrière pays Normand pour empêcher un parachutage allié. Ils ont aussi failli détruire les barrages des Alpes allemandes pour inonder les vallées allemandes afin de freiner les alliés qui fonçaient sur Berlin.

Ainsi, un camp comme l’autre peut utiliser cette technique (les Ukrainiens pour empêcher les Russes de prendre plus de territoire, les Russes pour enrayer la contre-offensive ukrainienne). Mais dans la logique actuelle des 2 camps, je penche plutôt pour une responsabilité russe, vu qu’ils sont en situation de défense, et les Ukrainiens veulent contre-attaquer. Donc les Ukrainiens ne veulent sûrement pas attaquer alors qu’il faut traverser un « lac » qui de plus a énormément de courant.

Si ce sont les Russes qui ont fait sauté le barrage, alors ils sont sacrément pas prévoyants car les pauvres soldats russes disposés en aval du fleuve ont vu arriver sur eux un véritable « ras de marée » d’eau soudainement libérée, et tout ça sans être prévenus !

Ainsi, pour un camp comme pour l’autre, les plans ne resteront pas inchangés. Alors, quand Zelensky annonce que « cet évènement ne changera pas les plans de la contre-offensive« , soit c’est du bluff (pourquoi pas), soit c’est vrai et là, c’est une grosse erreur, car cela certifie que la contre-offensive aura lieu autre part. Donc les généraux russes peuvent enlever des troupes au niveau du barrage et des zones d’inondation, pour les redéployer autre part et renforcer les défenses.

Macabre cette fois-ci : l’explosion du barrage a libéré les eaux retenues en amont, baissant le niveau de la surface, et dévoilant des vestiges archéologiques, datant de la Bataille du Dniepr en 1943, opposant Allemands et Soviétiques : des squelettes allemands disposant encore de leur casque, des armes soviétiques… Selon The Guardian, journal britannique, la Commission allemande des sépultures de guerre devrait regarder de plus près cela, après la guerre seulement !

Carte de situation. Au nord-est, on voit Bakhmout, où l’une des plus féroces batailles ukrainiennes a eu lieu. -image Kenzo

Et cette contre-offensive ? A-t-elle commencé ? Si oui, où en est-elle ?

Les faits sont là : un nombre indéterminé d’Ukrainiens, appuyés par des tout nouveaux blindés d’infanterie Bradley, ont attaqué sur certains points du front, butant contre les défenses russes. Indéterminés, car nos seuls chiffres sont ceux de la communication russe : Poutine, ce mardi 13 juin, annonce que les Ukrainiens ont subi des pertes « lourdes, catastrophiques, irréversibles« . Il affirme aussi que l’Ukraine a effectué sa « contre-offensive à grande échelle, avec l’utilisation de réserves préparées à cette fin » et que « l’ennemi n’a réussi dans aucune de ces zones« . Ce qui est moins vraisemblable : « environ 25 % ou peut-être 30 % de l’équipement » a été perdu, donc plus de 500 chars selon lui toujours !! Côté russes les pertes s’élèvent, toujours selon lui, à « 54 chars » qui « peuvent être réparés« .

Selon le spécialiste militaire Michel Goya*, ce sont des « chiffres fantaisistes annoncés par Vladimir Poutine« . De plus on ne peut pas faire état des pertes précises de chaque camp, et le chef du Kremlin ne sait strictement rien de ce qui se passe sur le front, il s’informe par ses conseillers…

Alors, est-ce la contre-offensive ?

Ce qui suit est à l’heure où j’écris (15 juin):

Comme on ne connait pas les plans précis de l’armée ukrainienne, on ne peut pas savoir si c’est la contre-offensive ou simplement des incursions coordonnées de la part de groupes ukrainiens mobiles et blindés. Même si on a des preuves qu’il y a eu usage de matériels militaires occidentaux, et que même Poutine l’affirme, je pencherais plutôt vers la deuxième possibilité : des actions de harcèlement pour épuiser les forces russes, pour leur faire croire à un début de contre-offensive… Parce qu’une vraie contre-offensive ne se mène pas comme une guérilla et engage considérablement plus de moyens !

A noter que toutes les tentatives ukrainiennes, et ce n’est pas un fantasme poutinien, ont été des échecs et qu’il y a eu quelques pertes, notamment quelques blindés occidentaux. Ces malheureux soldats ont buté sur les mines installées par les Russes.

Un article suivra sûrement pour mieux décrypter ce qui se passe ou si c’est vraiment une contre-offensive qui se profile. Il est aussi important de noter que le ministre ukrainien de la défense, Oleksii Reznikov, nous dit dans un tweet que « les plans aiment le silence ». L’avenir nous confirmera ou infirmera mes affirmations…

Kenzo

*Interview avec Michel Goya : https://www.msn.com/fr-fr/actualite/other/contre-offensive-ukrainienne-les-chiffres-annonc%C3%A9s-par-poutine-sont-compl%C3%A8tement-fantaisistes/arAA1cxRyLcvid=d1a9123f827a4b50b615db851d252dba&ocid=winp2fptaskbarhover&ei=5

Les conséquences de la sécheresse menacent l’hexagone

Canaux asséchés dans la zone marécageuse de l’estuaire de la Charente (rive droite) à Saint-Laurent-de-la-Prée en août 2022 / photo Peccadille, CC BY-SA 4.0 https://creativecommons.org/licenses/by-sa/4.0, via Wikimedia Commons

Cet été 2023, la température aura augmentée de 1,08°C à 1,32°C en moyenne, des sécheresses se sont déjà déclarées et se produiront encore durant cette période.

Dans l’ensemble du pays

La température a augmenté depuis deux semaine dans l’hexagone, selon info-secheresse.fr. Les nappes phréatiques se vident dans le sud-est et au centre de la France. Selon TF1, 37 départements sont déjà visés par des restrictions d’eau, 14 sont en état de « crise ».

Dans les régions

L’accès à l’eau et sa redistribution de l’eau donnent déjà lieu, à différents endroits du pays, à des conflits. Médiapart cite ainsi le cas de la Provence-Alpes-Côte d’Azur « la région veut étendre massivement l’irrigation [pour l’agriculture]. Un projet qui va exacerber les tensions, selon plusieurs scientifiques et écologistes » alors que « le « château d’eau » des Alpes est ébranlé par le dérèglement climatique ». Elle cite aussi le cas du Lot-et-Garonne où « les agriculteurs essayent d’avoir de l’eau jusqu’à même faire une « guerre de l’eau » sur le lac artificiel de Caussade » et elle cite également le cas la préfecture du Puy-de-Dôme qui « a instauré pour deux mois des limitations à l’usage de l’eau potable par les habitants dans une trentaine de communes », tandis que le géant de l’eau en bouteille, Volvic, semble être épargnée par ces mesures.

L’état des nappes phréatiques après un hiver faible en précipitations

L’été à venir semble devoir être particulièrement critique surtout, selon TF1, « après un hiver marqué par un niveau excessivement faible de précipitations et malgré un retour de la pluie au printemps« . Cette situation est extrêmement grave car plus de 2 tiers de notre consommation d’eau vient des nappes phréatiques et 1 tiers de l’eau de ces nappes est utilisé par le secteur agricole.

Bao

Sources :

Image libre de droits de : https://pixabay.com/fr/photos/la-s%C3%A9cheresse-7806690/

Article de Bao Nam

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Chute de Bakhmout, analyse

C’est la fin d’un bras de fer russo-ukrainien. Bakmout, position clé du Donbass, cette région fertile et industrielle, riche en minerais, et surtout russophone… La nouvelle tombe comme un choc en Occident, où on attend encore avec impatience et appréhension la « fameuse » contre-offensive ukrainienne, où seront testés pour la première fois les matériels lourds occidentaux…

Dans notre précédent article, nous avons posé le contexte : des Russes plus agressifs mais posés que jamais, mettant au centre du front une pression énorme pour briser la ligne ukrainienne. Les Ukrainiens, en tout cas acceptent le combat, et ajoutent des troupes au fur et à mesure que la Russie en rajoute, de gré ou de force (sous la pression des Russes).

De gré, s’ils veulent volontairement engager un combat d’attrition. Une guerre d’attrition est une guerre où les deux camps qui s’opposent ne font pas beaucoup de manœuvres (encerclement…) et se contentent de tenir une ligne, en essayant d’infliger le plus de pertes à l’ennemi, de l’épuiser. Et cette conduite de guerre est très avantageuse pour l’Ukraine, vu que la Russie est seule face au monde, croule déjà sous les sanctions économiques, et qu’elle n’a pas un stock infini de munitions, de missiles… Alors que l’Ukraine a des alliés puissants et nombreux. Mais c’est une stratégie à long terme : la Russie a montré qu’elle pouvait vaincre dans le court terme en prenant Bakhmout.

Il est à préciser que l’essentiel des troupes Russes à Bakhmout sont des mercenaires Wagner.

Situation de janvier/février jusqu’à début mai

Entre temps, le contexte n’a pas trop changé. Les Russes ayant l’avantage numérique écrasant (à peu près le double des forces ukrainiennes), ont avancé lentement sur Bakhmout, ont pris rue par rue la ville et ont chassé les Ukrainiens de la ville. Néanmoins ce n’est pas une percée, comme je l’avait prédit dans mon précédent article, les Russes ayant pris juste la dernière rue qu’il leur fallait pour opérer cette opération de communication : « Nous avons pris Bakhmout ! »

Ainsi la ligne ukrainienne n’est en rien changée, et l’Ukraine n’est ni désorganisée, ni asphyxiée par les Russes. De plus, c’est bien une revendication russe, et les Ukrainiens revendiquent toujours tenir la banlieue.

Bakhmout est aussi le symbole du bras de fer entre Poutine, le pouvoir, et les oligarques, qui ne sont rien sans Poutine, mais Poutine n’est rien non plus sans ces oligarques. La milice Wagner, détenue par un oligarque, Prigogine, symbolise le pouvoir des superprofits russes. Sans cette milice, aux méthodes cruelles et sans pitié, l’avancée à Bakhmout aurait été grandement compromise. Une puissance face à l’armée régulière, qui représente Poutine mais dont la base est peu motivée car conscrite.

Mais pourquoi les Russes ont-il mis autant de temps pour contrôler intégralement cette ville, malgré leur avantage numérique ?

Déjà il faut remettre en question la doctrine d’offensive russe. Les Russes pratiquent une guerre « à l’ancienne ». En dénombrant les morts lors des bombardements d’artillerie russes, on se souvient de 14-18 où, pour bien préparer une offensive, l’artillerie était essentielle. Cette intense utilisation des canons permet certes un plus grand nombre d’explosifs lancés, mais la précision est vraiment médiocre… Ainsi ce sont plus les civils qu’on tue alors que les objectifs initiaux étaient bien les positions ukrainiennes. Ceci est une grande erreur, quand on pense que les bombardiers, aujourd’hui, sont extrêmement précis et qu’il suffirait d’en envoyer un pour faire l’équivalent du travail de centaines d’obus !

Cette attitude peut s’expliquer par le fait qu’un avion de chasse aujourd’hui coûte extrêmement cher (on parle de 70 millions d’euros pour un Rafale) et que s’il est détruit, on perd beaucoup d’argent.

Ainsi, pas d’avion, et il faut donc engager des moyens colossaux pour détruire une position fortifiée ukrainienne, par exemple, en comptant la logistique, l’entretien des canons… L’alternative de l’avion chasseur bombardier peut être le drone, si brillamment exploité par l’Ukraine. Mais pour l’instant, les Russes sont restés médiocres dans ce domaine.

Deuxièmement, les Ukrainiens étaient très attachés à Bakhmout. Perdre cette ville aurait été mal pris par les soldats qui défendaient cette ville depuis des mois comme en 1942-43, à Stalingrad, où les Soviétiques n’ont rien lâché, et ont su vaincre les armées du Reich.

Pourquoi l’Ukraine tenait tant à Bakhmout ?

Premièrement, dans cette bataille, il faut l’admettre et regarder les chiffres dans les yeux : il y a eu des milliers de morts et des milliers de familles brisées. C’est froid à dire, mais ces morts n’ont pas été vaines : on estime que pour un Ukrainien tué, il y avait 2 Russes perdus. Ainsi, sur les 50 000 Ukrainiens morts au combat, il y eut 100 000 morts côté russe. Situation très avantageuse pour Zelensky qui voit l’épuisement des forces russes par rapport aux siennes… C’est exactement une situation d’attrition, mentionnée plus haut… Les maths ne font pas de quartiers !

Deuxièmement, cette guerre est avant tout une guerre de communication : il faut montrer au monde qu’on est les meilleurs. Ainsi, il ne faut surtout pas perdre ce bras de fer. Mais cette guerre est aussi une guerre de références au passé orageux russo-ukrainien. Ainsi, la bataille de Bakhmout est souvent comparée à la bataille de Stalingrad, dont on a fêté les 80 ans cette année, qui s’est déroulée sur le sol russe pendant la « grande guerre patriotique » (pour les Russes) ou « seconde guerre mondiale » pour les Occidentaux. A Stalingrad, ce sont bien les Russes (les Soviétiques) qui ont gagné. Renvoyer la référence de la victoire à Bakhmout aurait été exceptionnel pour Kiev.

Cela nous rappelle que c’est l’Histoire qui alimente cette guerre, et que si le peuple ukrainien et le peuple russe sont si fracturés, c’est avant tout pour des causes et des revendications historiques…

Kenzo

Vertbaudet, une entreprise qui était au cœur d’une grève

Une boutique Verbaudet au Quatre Temps à la Défense / Mickael Denet, CC BY-SA 3.0 https://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0, via Wikimedia Commons

Les salarié.e.s de l’entreprise Verbaudet, une entreprise de vêtements pour enfants située à Marquette dans le Nord, ont gagné : en grève avec la CGT, la CFDT et FO depuis le 20 mars pour une augmentation de leur salaire, ils et elles ont obtenu avec satisfaction leur victoire.

Cette lutte a été symbolique. En effet, la situation des ouvrières de l’entreprise est particulièrement représentative des conditions de travail d’un grand nombre de femmes employées au SMIC ou à de très bas salaires et/ou soumises au temps partiel. Conditions qui deviennent insupportables en période d’inflation.

Malgré l’intervention des policiers sur le piquet de grève le 16 mai, malgré des accusations de violences policières de la part de grévistes évacué.e.s par les forces de l’ordre, malgré des violences rapportées par un délégué CGT qui aurait été frappé et volé par des personnes se présentant comme des « policiers en civil », malgré la convocation par la direction de certain.e.s employé.e.s pour des entretiens préliminaires à licenciement… les salarié.e.s ont tenu bon.

Ils et elle ont repris leur travail le mardi 6 mai en ayant obtenu au minimum 4% d’augmentation de leurs salaires bruts et l’assurance, selon Amar Lagha, secrétaire général de la CGT-Commerce et Services « qu’aucune sanction ne sera prise contre les grévistes, […] et le versement aux grévistes du 13e mois sans déduction des jours de grève« .

Bao Nam

Sources :

Lindsay : « J’espère de tout cœur que ce que j’ai fait aura servi à quelque chose »

Vous connaissez sûrement la triste histoire de Lindsay qui a fait réagir toute la nation française. Une jeune adolescente, nommée Lindsay, était harcelée avec une violence et une brutalité bien trop dure à imaginer. Des moqueries, des insultes, des menaces, chaque jour de sa vie, pendant des mois… Ne pouvant plus supporter cette vie infernale, la jeune fille a mis fin à ses jours, à 13 ans, le 12 mai dernier.

Ce n’est pas la première fois que des faits de harcèlement poussant au suicide sont rapportés (on pense toujours au jeune Lucas, 13 ans aussi, qui s’est suicidé le 7 janvier 2023) mais cette histoire a fait particulièrement réagir par le fait que de nombreuses personnes avaient été mises au courant de la situation et n’ont pas respecté leur devoir de protéger la collégienne. En effet, sa mère et elle avaient prévenu le principal de l’établissement qui ne voulait rien entendre et disait qu’elle l’embêtait avec ses sottises, elles avaient déposé plainte, et la mère avait aussi envoyé le dossier médical de Lindsay très alarmant ainsi qu’une lettre de Lindsay, sur laquelle nous reviendrons quelques lignes plus bas, à l’académie, au directeur et à la police. Elle en est même venue à écrire au président Emmanuel Macron. La mère a tout essayé pour sauver sa fille mais comme elle le dit elle même : «J’ai tout essayé, j’ai tout fait. On n’a pas été aidés, on a été lâchés, complètement. Aucun soutien, ni avant, ni pendant, ni après».

Lindsay, durant son harcèlement avait écrit une lettre très touchante pour sa mère et son beau-père :

 » Chers parents, si vous lisez cette lettre c’est que je suis sûrement partie. Je suis désolée d’avoir fait ça mais je n’en pouvais plus des insultes matin et soir, des moqueries, des menaces. Je n’en peux plus et j’ai envie d’en finir. Mais rien ne les arrêtera car malgré tout ce qu’il s’est passé, elles me voudront toujours du mal. Pardon maman je suis partie rejoindre papa (son père est décédé lorsqu’elle avait 3 ans) et j’espère de tout cœur que ce que j’ai fait aura servi à quelque chose. Je pense que ce que j’ai fait va les réjouir. Elles penseront qu’elles ont gagné et arrêteront tout ça. Je ne pouvais même pas me confier au directeur car il ne voulait rien entendre. La seule chose que je pouvais faire était de partir. Faites attention à Maëlys et ce qui pourrait lui arriver. Faites attention à vous, au revoir. « 

Maëlys était l’amie de Lindsay, en effet certaines de ses amies sont toujours victimes de harcèlement.

Suite au suicide de Lindsay, quatre plaintes ont été déposées récemment pour non-assistance à personne en péril, informe l’avocat de la famille, Me Pierre Debuisson. Une contre le principal du collège de Lindsay, une contre l’académie de Lille, une contre les policiers en charge de l’enquête et une contre Facebook France et Instagram France. Quatre mineurs et une majeure ont été mis en examen pour harcèlement ayant conduit au suicide et menaces de mort.

Après la mort de la jeune fille, le gouvernement a réagi. Pap Ndiaye, ministre de l’Education dénonce un « échec collectif » notamment lié aux réseaux sociaux qui ne modèrent pas assez les propos vulgaires et violents envoyés et postés. En effet, on peut encore voir des commentaires qui n’ont pas lieu d’être comme : « Lindsay est enfin morte », « Je vais cramer sa tombe » ou « Nous irons pisser sur sa tombe ». Pap Ndiaye a dit vouloir « mettre sous pression de manière plus accentuée » les réseaux sociaux et assure qu’il se charge de l’enquête personnellement. Il a également rappelé les numéros à appeler en cas de harcèlement ou cyberharcèlement qui sont le 3020 et le 3018, ce dernier pour les cyberviolences, tous les deux anonymes et gratuits. Elisabeth Borne, quant à elle, a affirmé que la lutte contre le harcèlement scolaire sera « une priorité absolue » à la rentrée 2023. Brigitte Macron, très investie dans la lutte contre le harcèlement, a été très touchée par l’histoire de Lindsay et a rencontré ses parents hier après-midi, proposant à la mère de devenir ambassadrice contre le harcèlement. Sur les réseaux sociaux, de nombreux messages pour rendre justice à Lindsay circulent.

Comme l’a souligné l’avocat de la famille de Lindsay, « Il ne s’agit pas forcément d’envoyer les gens en prison, il s’agit de faire réagir« .

Justine

Droit de manifester, trouble à l’ordre public ? Retour sur un défilé néonazi

Le samedi 6 mai, deux jours pile avant la commémoration de la fin de la seconde guerre mondiale, un défilé constitué de néonazis a manifesté dans les rues de Paris avec des symboles d’extrême droite comme par exemple la croix celtique ou le salut nazi qui a été fait par beaucoup de manifestants.

Ces personnes ont manifesté en honneur de Sébastien Deyzieu, un militant d’extrême droite proche du GUD (GUD : Groupe union défense, un groupe étudiant d’extrême droite connu pour sa violence, très actif dans les années 1970), mort accidentèlement en 1994 après une course-poursuite avec la police. La manifestation avait pour point d’arrivée la rue de Chartreux (VIème arrondissement) où est mort ce militant.

Cette manifestation, très relayée par les médias et les réseaux sociaux a choqué un grand nombre de gens et de personnalités politiques qui trouvaient cette manifestation honteuse et on a pu se demander comment un préfet pouvait autoriser une chose pareille. Comment et pourquoi ?

« Moi, je n’autorise pas des manifestations, elles sont déclarées et j’ai la possibilité de les interdire. Ce n’est pas tout à fait la même chose. Ce n’est pas parce qu’on n’interdit pas une manifestation qu’on la cautionne », a déclaré Laurent Nunez, le préfet, au micro de Quotidien. « Il y a des conditions juridiques (pour l’interdire). Il faut que cette manifestation soit susceptible de créer des troubles à l’ordre public : des dégradations, des violences, des affrontements entre personnes… » 

Cette déclaration interroge donc sur ce que l’on entend par « trouble à l’ordre public« 

Selon Wikipédia, le trouble à l’ordre public peut survenir :

  • du fait d’une personne seule, qui commet des actes ou tient des paroles déplacées (ivresse publique et manifeste, exhibitionnisme), (tapage diurne, tapage nocturne) ;
  • d’actes collectifs, comme des manifestations ou des émeutes et, plus particulièrement en droit français d’attroupements (art 431-3 du Code Pénal). Il s’agit d’apprécier au cas par cas [c’est nous qui soulignons] dans quelle mesure la manifestation est éligible au droit de réunion en donnant ou non un « permis de manifester ».

On ne conteste évidemment pas le droit de manifester, c’est le traitement de ce « au cas par cas » qui semble parfois compliqué à comprendre : des casserolades ont pu être interdites tandis que des faschistes ont pu défiler.

En ce qui concerne la manifestation du 6 mai, des troubles de l’ordre public n’étaient-ils pas envisageables étant donné la présence de manifestants proches du GUD et alors que le GUD est connu pour sa violence ? D’ailleurs, selon Le Parisien libéré, certains incidents ont pu être observés pendant la dispersion des manifestants : un passant qui aurait fait un doigt d’honneur aurait été piétiné et frappé. La veille même de cette manifestation, dans une circulaire, la préfecture avait autorisé l’utilisation des drones pour surveiller le défilé car « La commémoration de la mort de Sébastian Deyzieu […] constitue une incitation à causer d’importants troubles à l’ordre public. »

Ce qui est sûr, c’est que de nombreux individus ont pu être observés le visage dissimulé alors que selon l’article 1 de la loi n° 2010-1192 du 11 octobre 2010 stipule que : « Nul ne peut, dans l’espace public, porter une tenue destinée à dissimuler son visage. »

Bao Nam