Le choix de Sonia

Jeudi dernier un documentaire a été diffusé sur France.TV à l’occasion de la commémoration des attentats terroristes du 13 novembre 2015. Ce documentaire en quatre épisodes raconte comment Sonia (c’est un nom d’emprunt) a fait le choix de dénoncer à la police Abdelhamid Abaaoud, un des terroristes ayant mitraillé les terrasses parisiennes, et le chef de l’ensemble du groupe ayant attaqué le Stade de France et le Bataclan.

Sonia hébergeait la cousine du terroriste, Hasna Ait Boulahcen, et c’est par son intermédiaire qu’elle se retrouve en contact avec lui. Elle prévient alors la la police qui repère le terroriste dans sa planque à Saint-Denis. Le 18 novembre 2015, juste avant qu’elle ne donne l’assaut, Abaaoud se fait sauter avec sa ceinture d’explosifs.

Depuis, Sonia vit sous une autre identité, cachée. Personne, à part sa famille très proche (son compagnon et ses deux enfants) ne connait son adresse. Elle est en permanence sous protection policière. Malgré ces conditions de vie, elle dit qu’elle ne regrette absolument rien de ce qu’elle a pu faire mais qu’elle voudrait être « Mme Tout le monde » alors qu’elle est « Mme Personne ». Bien qu’elle s’en défende, pour nous, c’est une sorte d’héroïne !

Olivia et Giulia

Voir le documentaire en replay : https://www.france.tv/france-2/13-novembre-le-choix-de-sonia/

Commémoration des attentats du 13 Novembre

Les commémorations des 10 ans des attentats du 13 Novembre 2015, qui ont fait 132 morts et des centaines de blessés au Stade de France, au Bataclan et sur des terrasses de café ont eu lieu jeudi dernier à Paris.

 Crédit photo : Joséphine Brueder/Ville de Paris

Nous, à l’époque, on avait 2 ans. Nous ne nous souvenons pas de cette soirée mais nos parents nous ont raconté où ils étaient et leur ressenti car tous ceux qui ont vécu ce moment, ont été marqués à vie. Des terroristes islamistes avaient décidé de tuer, au nom de leur dieu, des gens qui voulaient faire la fête, écouter de la musique, assister à un match de foot et boire un verre entre amis.

Jeudi dernier, un jardin du souvenir a été inauguré juste derrière l’Hôtel de Ville, pour rendre hommage aux morts, en présence d’Emmanuel Macron, d’Anne Hidalgo, des victimes et de leurs proches.

Louise, Jeanne et Diane

1945, la Refondation au féminin, un projet colossal mais qui en valait la peine

À l’occasion du concours du CNRD (Concours national de la Résistance et de la Déportation), le club Histoire de notre collège doit présenter un travail collectif. Le thème du concours cette année est : Libérer et refonder la France. Nous avons choisi de recentrer ce thème sur le rôle des femmes dans la Résistance et la refondation de la France, à travers une pièce de théâtre filmée.

Le collège a eu la chance, cette année, d’avoir pour partenaire le Théâtre 14, dans le cadre d’une résidence artistique, grâce au projet L’Art pour grandir.

Mais écrire une pièce de théâtre n’est pas aussi facile qu’on pourrait l’imaginer. Pour commencer, nous avons réalisé de nombreuses recherches afin d’aborder le sujet de manière historique. Répartis par groupes, chacun a travaillé sur une femme différente. Parmi les femmes sélectionnées avec soin par nos professeurs d’histoire, Mme Ruz et M. Essel, qui encadrent cet atelier depuis de nombreuses années. Il y avait : Eugénie Éboué-Tell, Hélène de Suzannet, Germaine Poinso-Chapuis, Marie-Claude Vaillant-Couturier et Madeleine Léo Lagrange.

Après les recherches, nous sommes passés à l’écriture. À partir des biographies de ces femmes, nous avons mis les textes en dialogue pour pouvoir ensuite les jouer, en les faisant parler entre elles, tout en essayant de rendre nos textes les plus personnels possible, comme si c’étaient elles qui racontaient leur histoire.

En parallèle, d’autres groupes s’occupaient des ombres chinoises. Pour rendre notre spectacle plus vivant, nous avons décidé d’illustrer certains récits par des ombres projetées en arrière-plan pendant que les femmes parlaient sur scène.

Une fois le texte terminé, nous nous sommes répartis les rôles, et avons commencé à chercher (ou fabriquer) des costumes (chapeaux, robes…) et des accessoires. Pour symboliser chaque femme, un accessoire particulier lui était attribué : des lunettes, un collier, un chat en peluche…

Pour la répétition générale, nous nous sommes rendus dans une grande salle équipée de projecteurs et de matériel technique, appartenant au Théâtre 14. C’est là que nous avons finalisé les placements des ombres chinoises et des comédiens sur scène, ainsi que les derniers détails pour être prêts le jour J.

Enfin, le jour du spectacle est arrivé. Nous sommes retournés dans la salle de répétition pour la représentation finale, qui a été filmée. Nous étions accompagnés d’un filmeur professionnel et d’un technicien lumière.

La représentation s’est très bien passée, malgré quelques petites erreurs ici et là, mais après tout, la perfection n’est pas toujours synonyme de beauté ni de réussite.

Si nous avons pu mener ce projet à bien, c’est notamment grâce à toutes les personnes qui nous ont accompagnés, comme Jeanne, la metteuse en scène, et Michelle, la responsable du public scolaire du Théâtre 14.

Ce projet a été pour moi une véritable expérience. Il m’a permis de développer de nombreuses qualités, que ce soit dans le jeu théâtral, le travail en groupe ou l’aisance à l’oral. J’ai aussi approfondi mes connaissances sur la Seconde Guerre mondiale et je suis désormais devenu un porteur de mémoire, ce qui est très important pour moi.

Mimile

RETOUR EN IMAGES

Voyage en Normandie avec le club Histoire

Notre voyage a commencé le jeudi 7 novembre, à 6 heures, où nous avons pris le car pour la Normandie. Première étape, Falaise, une petite ville où nous avons visité un musée, le Mémorial de Falaise, Les Civils dans la Guerre. Nous avons suivi un guide qui nous a expliqué à travers des vidéos et des documents historiques, le quotidien des civils sous l’Occupation, ainsi que l’enfer des bombardements et la Libération.

Nous nous sommes ensuite rendus à Arromanches-les-Bains, un des lieux historiques du débarquement de Normandie. Nous avons ici visité un autre musée sur la bataille de Normandie et le débarquement. En effet, Arromanches est situé au bord de la mer, en face de Gold Beach, une des 5 grandes plages du débarquement. Cette plage est restée célèbre notamment grâce à la construction du port artificiel de Mulberry B, un port construit par les alliés pour pouvoir acheminer des troupes et du matériel facilement après le débarquement. Ce port préfabriqué était composé de 15 grands blocs de béton armé ainsi que 18 vieux navires que les Britanniques ont coulé sur place. Le tout formait une digue pour atténuer la houle. Pour débarquer du matériel, les Alliés ont ramené des plateformes ainsi que des routes flottantes. Au total, sur cette plage, plus de 500 000 hommes et 88 000 véhicules ont débarqué.

Vendredi matin, nous nous sommes rendus à Bayeux pour visiter le musée mémorial de la bataille de Normandie, qui résume un peu tout ce que nous avons vu dans les précédents musées. Nous avons notamment découvert de nombreux vestiges historiques : costumes, armes, et même des tanks ou des canons anti-aériens.

Nous avons ensuite arpenté le cimetière anglais de Bayeux, où sont enterrés plus de 4500 soldats britanniques mais également d’autres nationalités (canadiens, australiens). Sur les tombes, des gravures sont représentées, montrant la nationalité ainsi que le corps militaire auquel appartenait le soldat (cavalerie, infanterie, aviation…)

Pour terminer notre séjour, nous sommes allés… Aux Etats-Unis !! Non, pas vraiment aux Etats-Unis, mais nous étions sur le sol américain, au cimetière de Colleville-sur-Mer. Surplombant Omaha Beach, ce cimetière de 70 hectares abrite quasiment 10 000 tombes de soldats américains, morts lors de la Bataille de Normandie. Il y a dans ce cimetière, trois titulaires de la Medal of Honor (c’est la plus haute distinction militaire des Etats-Unis), dont notamment le général Théodore Roosevelt Junior le fils aîné du président Roosevelt.

Emile

80 ans du Débarquement, des anniversaires hautement politiques (2/2) : le Débarquement, une douloureuse humiliation française

A l’occasion des 80 ans du Débarquement en Normandie le 6 juin 1944, cette mini-série d’article se propose de porter un regard critique à l’égard du Débarquement mais aussi des récupérations politiques et idéologique qu’il a subi.

Monument aux morts du commando Kieffer / photo Falcon photography via Flickr

A l’occasion des 80 ans du Débarquement en Normandie le 6 juin 1944, des commémorations sont organisées ce jeudi. Vous avez sûrement vu passer dans les médias l’information des commémorations et d’innombrables dossiers spéciaux sur le Débarquement. Ici, Je ne vais pas vous faire le déroulé de la cérémonie ni celui du Débarquement mais évoquer l’évincement de la France libre du Débarquement par les anglo-américains : une véritable humiliation que De Gaulle ne digèrera jamais.

On peut affirmer que les Français libres du général de Gaulle ont quasiment été inexistants lors du Débarquement. Tout ce que l’on retient, ce sont les 177 soldats du commando Kieffer, qui débarquèrent à Sword Beach sous commandement britannique. Ceux-là sont particulièrement connus et vantés par la propagande française.

Mais le Débarquement, cela on le sait moins, a eu surtout un goût amer pour la France. Cette France libre qui, même si elle combattait aux côtés des Alliés, était sous-estimée. Ce mépris vient bien sûr de la défaite de 1940, et le passage de la France « officielle » de Vichy du côté Allemand. Et ce malgré les exploits tricolores de Bir Hakeim (printemps 1942) ou d’Italie (hiver-printemps 1944). Les Britanniques et les Américians ne les voyaient ainsi pas capables de mener un débarquement, il était donc inutile pour eux de se rajouter une contrainte de coordination en faisant participer des Français au Débarquement. En revanche, ils voyaient les Forces françaises libres utiles sur les fronts méditerranéens, afin de relever des unités anglo-saxonnes pour le Débarquement. Cette situation est très bien résumée par De Gaulle : « Par commodité, [les Anglo-Saxons] cherchaient à utiliser les Forces françaises pour les buts qu’eux-mêmes avaient fixés, comme si ces forces leur appartenaient« .

De plus, De Gaulle n’est pas vraiment populaire : Churchill et surtout Roosevelt voient en lui qu’un « trublion ambitieux » et ce dernier « représente tout ce que Roosevelt n’aime pas dans la France : soif de grandeur, ego surdimensionné et donneur de leçon« , selon le magazine Guerres & Histoire. Bref, le démocrate américain et De Gaulle se détestent, même si ce sentiment est plus modéré chez Churchill dont l’opinion publique ne comprend pas le mépris pour les frères d’armes de 1940.

En conséquence, le Général n’a pas été prévenu des préparatifs du Débarquement et n’a pas eu son mot à dire. Ce n’est que deux jours avant le D-Day qu’il a été prévenu d’un débarquement et je vous laisse imaginer sa colère ! C’est une véritable humiliation. Un jour après, il est convoqué dans le QG de Churchill et les deux hommes vont avoir une discussion orageuse. De plus, est évoqué le sujet épineux de la France d’après-guerre, sujet de conflit entre De Gaulle et Roosevelt : alors que le premier défend une France souveraine, et non pas une colonie US à la charge d’une administration yankee, l’autre espère bien influencer la politique tricolore : il a déjà imprimé des francs, factices selon De Gaulle.

Même la fameuse 2e Division Blindée du Général Leclerc, dont on dit qu’elle fera le Débarquement, n’a débarqué que… le 1er aout 1944, à Utah Beach, donc bien après les combats amphibies !

Toute sa vie, De Gaulle gardera cette opinion que le Débarquement de Normandie du 6 juin 1944 n’a été qu’une affaire d’Anglo-Américains : même le commando Kieffer était intégré à une chaîne de commandement 100% britannique…

Le débarquement de Provence, un débarquement plus français ?

C’est pour cela que De Gaulle, redevenu entre temps chef de l’Etat, a refusé de participer aux commémoration des 20 ans (1964), jugeant là encore que c’était une affaire d’Anglo-Américains. D’ailleurs, 2 ans plus tard, pour bien montrer que la France n’était pas qu’un simple Etat à la botte des States, il se retirera de l’OTAN, preuve encore de sa distance avec ses anciens alliés.

Au contraire, lui préfère de loin le Débarquement de Provence (15 aout 1944), opération amphibie menée essentiellement par des troupes se battant sous le drapeau français, et surtout commandée par un Français, le Général Lattre de Tassigny. Il a permis de libérer le Sud-Est, la vallée du Rhône et la Bourgogne et permit de rallier les Alliés dans le Nord de la France, apportant ainsi des troupes françaises au contingent allié.

Après avoir dit tout ça, notre chef d’Etat devrait il se rendre aux commémorations ? Devrait il s’inscrire dans la lignée du Général De Gaulle ? C’est à lui de décider, même s’il est du genre à faire beaucoup de cadeaux aux Américains…

Rappelons cette phrase de De Gaulle : « Le Débarquement du 6 juin, ç’a été l’affaire des Anglo-Saxons, d’où la France a été exclue. Il étaient bien décidés à s’installer en France comme en territoire ennemi ! […] Et vous voudriez que j’aille commémorer ce débarquement qui était le prélude à une seconde occupation du pays ?« .

Kenzo

80 ans du débarquement, des anniversaires hautement politiques (1/2) : la récupération du Débarquement par les Américains

A l’occasion des 80 ans du Débarquement en Normandie le 6 juin 1944, cette mini-série d’articles se propose de porter un regard critique à l’égard du Débarquement mais aussi des récupérations politiques et idéologique qu’il a subi.

A l’occasion des 80 ans du Débarquement en Normandie le 6 juin 1944, des commémorations sont organisées ce jeudi. Vous avez sûrement vu passer dans les médias l’information des commémorations et d’innombrables dossiers spéciaux sur le Débarquement. Ici, Je ne vais pas vous faire le déroulé de la cérémonie ni celui du Débarquement mais évoquer comment le Débarquement a pu être récupéré dans la propagande/communication après la Seconde Guerre Mondiale, notamment par l’Oncle Sam.

Rappelons le, ce n’est pas la première commémoration organisée en l’honneur du Jour J. Pour la première année d’Overlord, en 1945, on pouvait y voir plusieurs personnalités britanniques. Déjà, le D-Day était vanté pour être le commencement de la Libération de la France. Plus tard, d’autres grandes commémorations ont eu lieu, comme en 1964, ou en 1984.

America first contre le IIIe Reich ?

Malheureusement, comme toujours, l’évènement historique est récupéré par les politiciens pour des raisons idéologiques et de propagande. Rappelons que, juste après la Seconde Guerre Mondiale, a lieu la Guerre Froide, qui a opposé les anciens Alliés de la Seconde Guerre Mondiale : le bloc occidental dominé par les Etats-Unis et le bloc « communiste » dirigé par l’URSS.

Dans ce contexte, le Débarquement de Normandie apparaît pour les Anglo-Saxons et particulièrement les USA comme un évènement historique à exploiter dans la propagande. En effet, si le Reich a finalement pu être abattu, c’est avant tout grâce au monstre de guerre soviétique, qui a déployé le plus d’hommes et subi les plus lourdes pertes. Il faut donc pour Washington prouver que les Américains sont, eux aussi, des gagnants de cette guerre, qu’ils ont libéré l’Europe… Voire même plus : que l’Oncle Sam est LE gagnant de la Seconde Guerre Mondiale.

Même après la Guerre Froide, la mémoire du Débarquement est toujours utile pour Washington : en 1994, pour montrer sa position de « gendarme du monde », en 2004 pour calmer le jeu après l’invasion de l’Irak à laquelle la France s’est opposée, en 2014 alors que Poutine menait des « opérations spéciales » en Ukraine…

Ainsi le Débarquement est récupéré par les Etats-Unis, ce qui se fait au détriment des autres nations qui ont participé à ce débarquement, comme le Royaume-Uni et l’Empire britannique en général. Ce dernier a quand même fourni l’essentiel de l’effectif : 94 000 soldats de Sa Majesté ont ainsi débarqué le 6 juin 1944, contre 60 000 Américains. De plus, dans la légende de ce Débarquement, ces soldats sont présentés comme moins braves que les « courageux GIs US », alors que, encore une fois, ce sont eux qui ont débarqué avec le plus de succès !

Plus généralement, ce sont les forces de 15 nations qui ont participé au débarquement : alors revisitez les images de Il faut sauver le soldat Ryan sur la boucherie d’Omaha Beach : le débarquement, ce n’est pas que ça.

Kenzo

Rencontre avec Samuel Pintel

Jeudi 29 février, le club Histoire du collège Jean Moulin a rencontré Samuel Pintel qui, lors de la Seconde Guerre mondiale, a vécu à la maison d’Izieu, une maison-refuge pour les enfants juifs. Nous avons pu entendre son témoignage et puis lui poser des questions.

Samuel Pintel nous a raconté son périple depuis Paris à travers la France occupée, sa séparation d’avec sa mère arrêtée par les Allemands à Annecy… pour nous parler de son expérience à la maison d’Izieu.

S. Pintel lors de notre rencontre au CDI

Pour lui, c’est une expérience mitigée : en effet il garde plusieurs mauvais souvenirs. Par exemple, à Noël 1943 (il a à l’époque 6 ans), une fête est organisée à la maison d’Izieu. On y a même invité le sous-préfet de Belley (protecteur de la maison) qui vient, chargé de cadeaux pour les enfants. Pendant que le réveillon se fête dans la joie, le petit Samuel est dans sa chambre. Deux raisons possibles, car M. Pintel ne se souvient pas très bien : soit il était malade, soit il était puni pour une bêtise. Bref, il ne reçoit aucun cadeau 😭. Il garde quand même de bons souvenirs du contact établi avec les autres enfants.

Finalement, en février 1944, le petit Samuel est retrouvé par ses voisins parisiens qui le gardent jusqu’à la fin de la guerre. Il échappe ainsi à la raffle des enfants d’Izieu, deux mois plus tard, sur ordre du nazi Klaus Barbie. Aucun de ces enfants ne reviendra des camps d’extermination.

Après la guerre, retrouver la maison des enfants juifs est devenu une obsession pour S. Pintel. Il ne connaissait même pas son nom ! Mais en 1989, après le procès de Barbie, il redécouvre la maison d’Izieu. Il arrive à prendre contact avec Sabine Zlatin, une des créatrices de cette maison. Cette dernière lui propose de participer au projet de réhabilitation de la maison pour en faire un musée…

Kenzo

Pour en savoir plus : https://www.memorializieu.eu/ et https://www.education.gouv.fr/le-concours-national-de-la-resistance-et-de-la-deportation-4295

Pour rappel, la maison d’Izieu est un centre de refuge pour les enfants juifs lors de la Seconde Guerre mondiale. Situé dans l’Ain au bord du Rhône, ce centre s’efforce de rendre une vie normale aux enfants ; en les faisant vivre comme d’autres enfants : école, jeux… C’est donc une forme de résistance aux nazis, qui considéraient que les juifs étaient des sous-hommes et qu’ils ne pouvaient pas vivre comme les autres. Il est dirigé par le couple Miron et Sabine Zlatin et par une équipe d’autres adultes qui s’occupent des enfants : professeur, animateur… Le 6 avril 1944, les Allemands effectuent une rafle et la totalité de la maison d’Izieu est déportée, sauf Sabine Zlatin et d’autres adultes.

Pour rappel, le club Histoire du collège Jean Moulin participe comme chaque année au CNRD (Concours National de la Résistance et de la Déportation). Il faut présenter au jury de ce concours une œuvre en rapport avec le sujet annuel du concours. Cette année il s’intitule « Résister à la Déportation en France et en Europe », via l’exemple de la maison d’Izieu.

Proche-Orient, aux origines du conflit – 2 Guerres, colonisation, et résistance

Pour tenter de comprendre les enjeux de ce qui se passe au Proche-Orient entre Israël et le Hamas, il nous a semblé qu’il fallait se replonger dans l’Histoire. Dans un précédent article (ICI), nous nous étions arrêtés à la première guerre israélo-arabe où se jouait la survie d’Israël. La suite du conflit israélo-palestinien vit la continuation des guerres entre Israël et ses voisins arabes, mais aussi l’émergence d’une opposition palestinienne plus forte, représentée par l’OLP. C’est cette période qui explique en grande partie les tensions et les rancœurs qui ressurgissent aujourd’hui…

Les guerres isréalo-arabes

Une série de conflits qui mobilisent les pays arabes voisins contre Israël vont se déclencher. Ces conflits sont connus sous le nom de guerres israélo-arabes.

En 1956, c’est la crise du canal de Suez. L’Egypte nationalise le canal de Suez et une coalition franco-britannique s’engage contre le pays du Nil, soutenue par l’Etat hébreu, qui voit ainsi ses adversaires affaiblis.

En 1967, c’est la Guerre des Six Jours. Cette fois, c’est Israël qui attaque suite à une escalade des tensions avec les voisins arabes syriens, jordaniens et égyptiens. Les armées arabes sont surprises et l’Egypte perd la quasi-totalité de son aviation. Grâce à sa supériorité sur ses adversaires, Tsahal (l’armée israélienne) parvient à conquérir près de 70 000 km2 de terres au détriment des voisins arabes, notamment la bande de Gaza et le Sinaï (auparavant occupés par l’Egypte), la Cisjordanie (sous contrôle jordanien), et le plateau du Golan (appartenant à la Syrie dans le passé). La guerre est stoppée lorsqu’Israël accepte la paix proposée par le Conseil de sécurité de l’ONU.

En 1973, la guerre du Kippour. Malgré tout, la rancœur persiste chez les Egyptiens et les Syriens, cherchant à se venger de l’humiliation qui leur a été infligée. En 1973, les armées israéliennes et égyptiennes (entre autres) s’affrontent lors de la Guerre de Kippour. Cette fois, ce sont les Egyptiens qui tentent leur chance en traversant le 6 octobre le canal de Suez pour attaquer les positions israéliennes du Sinaï. Dans le même temps, la Syrie attaque sur le plateau du Golan. L’attaque a lieu le jour saint férié en Israël du Yom Kippour, ce qui surprend totalement Tsahal. Mais au bout de 4 jours, Israël montre encore sa supériorité : l’Egypte se retrouve rapidement dans une impasse et la situation en Syrie n’est guère mieux : les troupes israéliennes parviennent même jusqu’à 40km de Damas !

Heureusement, sous la pression internationale des Etats-Unis et de l’URSS, un cessez-le-feu est instauré au 19e jour des combats. Un processus d’apaisement s’installe alors : l’Egypte reconnait Israël, le Sinaï repasse peu à peu aux mains de l’Egypte et la Syrie récupère une partie du Golan. Mais la Cisjordanie et la bande de Gaza restent occupées par Israël et Jérusalem Ouest et Est (dont les frontières étaient fixées par le plan de partage de l’ONU) sont réunifiées pour en faire la capitale de l’Etat hébreu.

La colonisation israélienne (kibboutz et hitnahalut)

Entre temps, la colonisation israélienne évoquée dans la première partie continue. La Cisjordanie occupée voit la multiplication des colonies israéliennes, appelées hitnahalut ou kibboutz. Le premier terme désigne une colonie israélienne en territoire palestinien, tandis que le second désigne selon Wikipédia « une organisation sioniste destinée à l’implantation de populations juives en terre d’Israël ». Plus particulièrement, c’est une communauté d’inspiration marxiste où la propriété privée n’existe pas et où l’on vit en « communauté ».

Par ces deux moyens, il s’agit pour le peuple israélien « d’occuper la terre des ancêtres » et de la cultiver, car c’est un symbole fort d’appartenance à la terre.

Mais tout ceci se fait souvent aux dépends, là encore, des Palestiniens.

En Cisjordanie, une inégalité se creuse entre les Israéliens et les Palestiniens : inégalité d’accès à l’eau, inégalité de richesse, de salaire… Mais en plus, certains Palestiniens subissent des humiliations quotidiennes, leurs maisons sont régulièrement fouillées. C’est là tout l’enjeu des tensions en Cisjordanie.

L’origine de l’OLP et ses premières actions

A cause de ces inégalités, une résistance palestinienne s’est organisée : elle est représentée par le l’OLP (Organisation de Libération de la Palestine), une organisation créée en 1964, et qui sera assimilée au Fatah.

L’OLP utilise, au début, des moyens armés considérés comme terroristes. Son objectif assumé est de faire connaitre internationalement la cause palestinienne, mais aussi de s’attaquer directement à Israël. Dans les années 70-80, l’OLP commet plus de 8000 attentats, avec 650 victimes principalement des victimes civiles israéliennes. En 1974, avec la médiation de l’Algérie, l’OLP reçoit le statut d’Etat observateur aux Nations Unies, et devient donc le représentant des Palestiniens.

Yasser Arafat, dirigeant de l’OLP en 1996 / Photo Gideon Markowiz / Photographer: Israel Press and Photo Agency (I.P.P.A.) / Dan Hadani collection, National Library of Israel / CC BY 4.0, CC PAR 4.0, via Wikimedia Commons

Le Fatah est elle une organisation politique, fondée en 1959 par des jeunes étudiants palestiniens. Un de ses personnage phare est Yasser Arafat. Né au Caire en 1929, il dirige l’OLP à partir de 1969. Ce groupe prône une Palestine où les juifs, les chrétiens et les musulmans vivraient ensemble sans distinction de religion ou d’ethnie : une « Palestine démocratique non confessionnelle« . Dans les années 1980, Yasser Arafat change de politique et prône désormais une solution politique et diplomatique plutôt que la guerre et en 1988, l’OLP renonce au terrorisme, reconnait le droit d’Israël à vivre en paix et est désormais considérée comme la représentante du peuple palestinien. Aujourd’hui, le Fatah siège toujours au Conseil Législatif Palestinien (sorte d’Assemblée nationale palestinienne) où il a 45 sièges sur 132.

La première Intifada

Lorsqu’il y a trop de rancœur, elle finit par éclater.

La 1ère Intifada, signifiant « soulèvement », éclate à la suite de faits divers et meurtres entre Israéliens et Palestiniens. Le ras-le-bol des Palestiniens se matérialise par des émeutes envers les policiers et militaires israéliens en lançant des pierres et des cocktails Molotov, c’est pourquoi ces soulèvements sont aussi appelés « guerre des pierres ». Mais, des fois, cela peut virer à des attentats sur la population civile israélienne. Et la répression israélienne est très forte. Au total, plus de 1000 Palestiniens seront tués par des militaires israéliens et 800 par des civils israéliens, tandis qu’on dénombre plus de 200 civils israéliens tués et un peu moins de 100 militaires et policiers décédés.

Ces soulèvements sont aussi l’avènement du Hamas. A l’origine, c’est la branche palestinienne de l’organisation islamiste égyptienne des Frères Musulmans. Le Hamas est officiellement créé en 1987 par des religieux gazaouis, c’est donc au départ un mouvement islamiste et nationaliste palestinien. Dès le début, son chef, Ahmed Yassine, prône la violence contre « l’occupant hébreu ». L’organisation est déclarée illégale par Israël en 1989. Ironie du sort, c’est ce même Etat qui avait autorisé le financement de l’organisation islamiste, pour affaiblir l’OLP à l’époque terroriste dans la résistance palestinienne ! Au début des années 1990, le Hamas commet ses premiers attentats terroristes. Cette organisation est aujourd’hui considérée comme terroriste par de nombreux pays Occidentaux, dont la France. Son financement provient de l’Iran et du Qatar.

La 1ère intifada se terminera en 1993 par le processus de paix qui aboutira aux accords d’Oslo…

Kenzo

(A suivre, Les accords d’Oslo, une paix ratée)

Fritzi

Fritzi, histoire d’une révolution

Fritzi est un film que je suis allée voir, vendredi 17 février, avec ma classe d’allemand au studio des Ursulines.

Ce film d’animation parle d’une petite fille qui s’appelle Fritzi. C’est une allemande qui a vécu lorsque qu’il y avait le mur de Berlin. En ce temps là, l’Allemagne était en quelque sorte « découpée » en deux : l’Allemagne de l’Est et l’Allemagne de l’Ouest.

Fritzi a une amie qui s’appelle Sophie, elle fuit l’Allemagne de l’Est pour aller en Allemagne de l’Ouest pour vivre avec sa grand-mère. Sophie et sa maman disent qu’elles partent en vacances car elles cachent qu’elles vont se réfugier en Allemagne de l’Ouest et ce n’est que plus tard que Fritzi l’apprend.

En partant Sophie laisse son chien Sputnik à Fritzi. Avec Sputnik et un nouvel ami, Fritzi va aider à la libération de l’Allemagne.

Maintenant, un peu d’histoire si vous ne savez ce qu’a été le mur de Berlin et comment tout cela a débuté.

Les différentes zones d’occupation de l’Allemagne / source Wikipédia

Nous sommes en 1945, après la 2e guerre mondiale, l’Allemagne a perdu. On négocie les conditions pour l’Allemagne : elle n’a plus le droit de former des jeunes gens au combat, d’avoir une armée, elle doit payer de nombreux impôts, des réparations. L’ Allemagne est en plus occupée par les principaux alliés qui ont gagné la guerre : les Etats-Unis au Sud, la Grande-Bretagne à l’Ouest et au Nord, la France au Sud-Ouest et l’URSS à l’Est.

Berlin, la capitale, située en zone d’occupation russe, est elle-même divisée en quatre secteurs, américain, anglais, français et russe.

Cependant, au bout d’un moment, la mésentente sur l’avenir de l’Allemagne entre, d’un côté la France, la Grande-Bretagne et les Etats-Unis, et de l’autre l’URSS, conduit à la partition du pays. 1949, voit la formation de la République Démocratique allemande (RDA) à l’Est, et de la République Fédérale Allemande (RFA) à l’Ouest.

L’Allemagne de l’Est n’a pas un système démocratique et son économie ne se porte pas bien, donc beaucoup de gens la quittent pour aller en Allemagne de l’Ouest. En 1961, l’Allemagne de l’Est ferme la frontière entre les deux pays et, dans la nuit du 12 au 13 août, construit un mur autour de Berlin Ouest. Ce mur est très surveillé pour que personne ne puisse plus passer, il est donc très dangereux d’essayer de traverser et ceux qui s’y risquent, risquent la mort.

Pendant plus de 30 ans, ce mur qui sera le symbole de la « Guerre Froide », va diviser la capitale en deux, et va être placé sous très haute surveillance.

En ce qui concerne le film dont je vous parle, ce mur va jouer un rôle important dans l’histoire. En effet, Fritzi va tenter de le franchir pour rendre Sputnik à Sophie pendant une classe verte qui se déroule tout près du mur, quelle belle occasion pour Fritzi de tenter l’impossible !

Va t-elle réussir ? Va t-elle être confrontée à de nouveaux ennuis ?

Personnellement, j’ai beaucoup aimé ce film. J’espère que vous le regarderez à votre tour et qu’il vous plaira tout autant qu’à moi.

Victoire

Le Journal d’Anne Frank adapté en roman graphique

Anne Frank est née en Allemagne dans la ville de Francfort le 12 juin 1929 entourée de Margot Frank sa grande sœur, Edith Frank sa mère et Otto Frank son père. Anne Frank et sa famille étaient juifs.

Malheureusement, en 1933 les Nazis sont arrivés au pouvoir et leur objectif était d’éliminer les Juifs de la société. Pour échapper aux persécutions, le père d’Anne Frank, persuadé que la Hollande était un pays sûr, fait déménager la famille à Amsterdam. Mais la Hollande est envahie par les troupes allemandes en mai 1940.

En Hollande, le père d’Anne Frank travaille pour une entreprise qui fabrique des stabilisants pour les confitures. Grâce à ce poste, en juillet 1942, Anne et sa famille réussissent à se cacher dans l’annexe de l’entreprise, aménagée avec l’aide et la complicité de certains des anciens collègues d’Otto. Peu de temps après, une autre famille de quatre clandestins, juifs eux aussi, vont rejoindre les Frank.

Le 12 juin de la même année, pour l’anniversaire de ses 13 ans, parmi ses cadeaux, Anne avait reçu un petit carnet. Il deviendra son journal tout le temps qu’elle restera cachée. Anne y raconte tout se qui se passe dans l’annexe, ce qu’elle fait de ses journées, elle dit aussi qu’elle a souvent très peur.

LE REFUGE EST DECOUVERT !

En aout 1944, le refuge est découvert, Anne Frank, les autres clandestins et deux de leurs protecteurs sont arrêtés par la police. Aujourd’hui encore, on ne sait pas par qui ils furent dénoncés.

Anne Frank est déportée à Auschwitz avec les autres clandestins. Elle, sa sœur et sa mère sont envoyées dans un camp pour femmes, tandis que sont père est envoyé dans un camp pour hommes. Anne et sa sœur (qui entre temps auront été envoyées au camp de Begen-Belsen) mourront du typhus juste avant la libération du camp. Seul son père survivra. En retrouvant le carnet d’Anne, il décidera de le faire publier. Aujourd’hui, le journal d’Anne Frank est un des livres les plus connus et les plus publiés.

J’ai découvert Le Journal d’Anne Frank grâce à la bande dessinée d’Ari Folman que j’ai empruntée au CDI. Les dessins sont incroyables et on est vraiment plongé à l’intérieur de l’annexe et de la vie secrète de la famille Frank.

Je vous la recommande vivement !

Ella