Le couronnement de Charles III

photo Katie Chan, CC BY-SA 4.0 https://creativecommons.org/licenses/by-sa/4.0, via Wikimedia Commons

Le couronnement de Charles III a eu lieu le samedi 6 mai à midi à l’abbaye de Wesminster, diffusé par pas moins de six chaines télévisées en France pour près de 9 millions de spectateurs.

Durant cette cérémonie il y a eu une messe (des chants). La famille royale était présente mais pas complètement réunie car Megan Markle, la femme du prince Harry et ses enfants n’étaient pas là. Bon nombre de célébrités avaient aussi été conviées, dont la chanteuse américaine Katy Perry, des dirigeants politiques comme Emmanuel Macron, le premier ministre britannique Rishi Sunak ou encore des rois du monde entier dont la princesse Kiko du Japon et le roi et la reine d’Espagne.

Durant la cérémonie, le roi a affiché une tête d’enterrement et a ensuite distribué quelques sourires à ses sujets dans son carrosse de Cendrillon couvert d’or. Camilla avait un robe tellement grande qu’il lui fallait plusieurs personnes pour en porter la traine !

On a pensé d’une part que le Royaume-Uni est coupé d’un partie du monde car il a encore des rois et des reines (c’est pour nous une chose ancienne), et d’autre part que la cérémonie était morose.

Le 7 mai, la famille royale a partagé le déjeuner du couronnement et le 8 mai était un jour férié pour tous les Anglais.

Aurélien, Samuel

Le nucléaire tactique russe en Biélorussie

Samedi 25 mars. Poutine, lors d’un entretien à la télévision russe, annonce qu’il déploiera une partie de son arsenal nucléaire, dans le contexte du conflit ukrainien. Simple question de sécurisation d’alliés ou provocation à l’Occident ?

Vladimir Poutine (2e à droite) et Alexandre Loukachenko (2e à gauche), lors d’une parade militaire à Moscou en 2020 / https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/a/a9/2020_Moscow_Victory_Day_Parade_070.jpg/800px-2020_Moscow_Victory_Day_Parade_070.jpg?20200624125148

La réponse à l’envoi d’armes à uranium appauvri par le Royaume-Uni devait arriver. Avec soi-disant l’accord de Loukachenko (le président biélorusse), l’armée russe formera des équipages biélorusses à l’utilisation de charges nucléaires et construira les infrastructures requises pour. Le président russe se justifie : « Il n’y a rien d’inhabituel ici : les Etats-Unis font cela depuis des décennies. Ils déploient depuis longtemps leurs armes nucléaires tactiques sur le territoire de leurs alliés« .

Mais Poutine ne va pas trop loin : ces charges nucléaires seront tactiques et non pas stratégiques. Quelle est la différence ?

Le nucléaire stratégique

Le nucléaire stratégique se différencie du nucléaire tactique surtout par sa puissance et son utilisation. Les armes nucléaires dites « stratégiques » sont conçues pour détruire un objectif à grande échelle (par exemple une capitale) et pour causer énormément de dégâts. Elles peuvent effectuer des frappes « démographiques » (on peut qualifier ça de génocide).

De plus, les frappes stratégiques sont effectuées le plus souvent par des missiles balistiques (ex : le fameux missile Satan 2, le biceps de Poutine). Ces types d’engin ont une plus longue portée (dans les règlementations internationales, une arme n’a pas le droit de pouvoir faire le tour de la Terre, cela veut donc dire que nous sommes capables de fabriquer des armes ayant la capacité de faire 40000 km- le tour de la Terre).

Le nucléaire tactique

Le nucléaire tactique se définit, en théorie, limité au champ de bataille. Ainsi, il est employé sur des objectifs militaires précis, et n’est pas sensé faire de dégâts autour. Par exemple, un camp d’entraînement qui concentre beaucoup de soldats peut être visé ou rasé, tout en minimisant les dégâts le plus possible autour. Surtout, on peut lancer une charge nucléaire tactique depuis un simple canon, alors qu’on ne lance une arme stratégique qu’avec un missile.

Le nucléaire tactique dans le monde

Bien sûr, seules les grandes puissances qui possèdent l’arme nucléaire peuvent se permettre de varier leur arsenal nucléaire. Malgré tout, toutes les puissances nucléaires ne disposent pas de nucléaire tactique.

Les capacités tactiques nucléaires russes sont évaluées comme pouvant faire des dégâts conséquents dans un rayon de 5 km. Les Russes n’ont pas investi dans ce domaine, mais ils possèdent des réserves d’armes soviétiques (de l’époque ante-1990).

En France, ce type d’armement a été abandonné à la fin de la guerre froide. On s’est dit (à juste titre) que chaque frappe nucléaire, quelle soit tactique (avec des dégâts minimes) ou stratégiques (avec beaucoup de dégâts), aurait toujours un impact mondial et géostratégique. En d’autre mots, chaque frappe nucléaire tactique inclue une conséquence stratégique.

Et Poutine joue avec le feu…

Ainsi Poutine ne menace pas de détruire l’Ukraine avec une frappe stratégique. S’il faisait ça, il y aurait des conséquences internationales, donc stratégiques, de la part des Occidentaux. Des sanctions économiques plus violentes ? Des représailles purement militaires ?

Mais le Kremlin ne cherche pas pour autant la guerre, et je pense que son chef veut « tester » les pays de l’Ouest. Les mener à bout, et surtout connaitre leur limites. Comme pour l’affaire de l’avion russe percutant un drone américain au large de l’Ukraine, on est à la limite d’une provocation ouverte…

Kenzo

Agression d’un avion russe sur un drone américain en Mer Noire : un risque d’escalade ?

Mardi 14 mars, deux avions russes et un drone Reaper américain survolaient la mer Noire côté Ukraine, lorsqu’un des deux avions Su-27 a percuté l’hélice du drone qui est devenu incontrôlable et qui a fini sa course sous les eaux. L’état-major américain ne s’est pas gêné pour accuser la Russie, la Russie dément…

Ce drone MQ-9 de la US Air Force opérait sa mission de surveillance de l’espace aérien en Mer Noire, et deux avions de chasse russes se sont approchés de l’appareil. Puis, un des deux engins russes s’est approché à deux reprises du drone, l’a survolé et a jeté du carburant sur ce dernier. Après s’être fait endommager l’hélice, les Américains perdent le contrôle du drone qui finit ses jours au large de l’Ukraine, en Mer Noire.

Les images récemment révélée par le ministère de la Défense américain, le Pentagone

L’état-major de l’armée de l’Air américaine réagit immédiatement

« Il s’agit d’un acte dangereux et non-professionnel de la part des Russes » déclare James Hecker. Il ajoute que « les actions agressives des équipages russes pourraient aboutir à des malentendus et une escalade involontaire« . Le pire, c’est qu’on ne connait même pas les motivations du pilote ni la suite de l’histoire pour les Russes: « Du fait de l’impact, la vidéosurveillance a été coupée pendant quelques secondes. On sait juste que le Su-27 est reparti vers sa base. Mais à quelques centimètres près, il aurait pu être très endommagé, voire détruit » précise l’armée américaine.

Drone MQ-9 ou Reaper appartenant à l’Armée de l’Air française. C’est un drone de fabrication américaine. à l’arrière, on voit l’hélice qui a été endommagé par le chasseur russe.

Est-ce un acte de guerre ?

Regardons les faits : les Russes abattent (par erreur ou pas) un aéronef allié, sans que les Alliés aient rien demandé… En théorie, les Américains pourraient très bien déclencher une guerre pour ce genre d’action. Surtout que le drone abattu est très onéreux, c’est donc une vraie perte pour les USA et pas un acte isolé.

Par contre, attention : le drone n’a pas été abattu par un missile ou par un obus (ce n’est donc pas un acte forcément volontaire), mais a été endommagé. Par accident ou non ? On ne le saura jamais, et les USA ne veulent pas forcément déclencher une guerre (peut-être nucléaire) pour un accident… si s’en est un. Que diront les médias (qui contrôlent l’opinion publique) ?

Que cherchent les Russes ?

De l’autre côté, le Kremlin affirment « on a pas fait exprès » (retour en maternelle ou quoi ?)… Comment ne pas faire exprès alors qu’on lâche du carburant en passant au dessus du drone près de 19 fois ? De plus, ce n’est pas la première fois que les pilotes russes violent les frontières et espaces aériens de l’Otan en les frôlant et en faisant trembler les équipages de surveillance aérienne otaniens.

A chaque évènement mineur, les Russes cherchent l’Otan sans le forcer à déclarer la guerre. Ainsi les forces de l’Otan en Europe de l’Est s’épuisent pour rien, et les Russes en sortent finalement vainqueurs.

Même avec toutes les sanctions internationales qui pèsent sur lui, Poutine n’a pas peur de provoquer l’ire de l’UE, l’Otan et la surpuissance américaine. Il sait très bien que l’Otan ne cherchera jamais la guerre et qu’il trouvera toujours le moyen de préserver la paix (même s’il faut ignorer des actes gravissimes et des pertes significatives, comme le drone Reaper).

Kenzo

Accident ferroviaire en Grèce

Photo Wikimedia Commons 

Dans la nuit du mardi 29 février, entre Athènes et Thessalonique en Grèce, une terrible collision a eu lieu entre deux trains circulant en sens inverse sur la même voie. Un train de marchandise a percuté un train de passagers. Sous le choc, les wagons en tête de train ont déraillé et provoqué un incendie, ce qui a emprisonné plusieurs personnes à l’intérieur des wagons. Le bilan est catastrophique : 57 morts. Les habitants du pays ont d’autant plus été choqués que la plupart des passagers étaient des étudiants.

Depuis cet accident, la colère a gagné la population. Les manifestations en Grèce se multiplient et dénoncent le manque de surveillance et le manque de moyens des services publics. Un manifestant interviewé a même déclaré a France Info : « Quand je commande une pizza, je peux la suivre sur mon téléphone. Pourquoi ce n’est pas possible de voir que deux trains roulent sur la même voie ? »

Dimanche 5 mars, plus de 12 000 personnes ont encore manifesté dans les rues d’Athènes. Hier, jeudi 16 mars, ils étaient 40 000 dans les rues d’Athènes et le pays était parlysé par une grève générale. Cet accident est, au départ, dû à une erreur humaine car le chef de gare avait peu d’expérience, mais il est dû aussi au manque de personnel qui a nettement baissé ces derniers mois sur le réseau ferroviaire du pays, après sa privatisation. Les manifestations visent l’Etat qui a bradé la compagnie et, depuis des années, aurait mal géré et laisser se dégrader l’organisation du réseau.

Emile

The Line, la ville du futur en Arabie Saoudite

Capture d’écran du site de l’agence NEOM en charge de la construction de The Line

En Arabie Saoudite, un projet colossal devrait être réalisé : une « ville-ligne » de 170km de long va être construite, qui devrait voir le jour en 2030. Ce projet urbanistique a été lancé par le prince Mohamed ben Salmane et pourra accueillir, en 2045, 9 millions de personnes. Ce projet fait partie de l’objectif de l’Arabie Saoudite pour que son avenir économique repose moins sur le pétrole et plus sur l’énergie renouvelable. Mais peut-être est-il aussi une manière pour le prince héritier d’Arabie Saoudite de redorer son image un peu ternie par l’assassinat du journaliste Jamal Khashoggi.

Cette ligne est plus haute que la tour Eiffel : 500m de haut et aussi 200m de large ! Plus de voitures ! Les concepteurs de ce projet assurent qu’il sera possible d’aller, en train, d’un bout à l’autre de The Line en moins de 20 minutes. Les habitants vivront confortablement grâce à une énergie 100% renouvelable et ils pourront aussi accéder, à pied, aux services utiles en moins de 5 minutes.

Cependant, la construction de ce projet aura un coût très élevé, 319 milliards de dollars pour la réalisation de la première partie, et il devrait dépasser au total 500 milliards de dollars pour l’ensemble. Les murs de cette ville futuriste seront recouverts de 2 gigantesques miroirs qui devraient ainsi ne pas impacter le paysage qui l’entoure.

image agence NEOM

Mais ce projet « écologiste » sera aussi un mur infranchissable pour les animaux et les conséquences pour la faune seront désastreuses. Cela pourrait aussi impacter la route migratoire des oiseaux qui pourraient venir s’écraser contre les miroirs de ces immenses grattes ciels.

Ajoutons à cela que cette ville futuriste sera construite dans une région désertique et qu’il sera difficile de trouver les 9 millions de personnes qui devraient y vivre alors que le pays est peuplé par moins de 40 millions de personnes !

Emile

Iran, des écolières victimes d’empoisonnement…

Depuis des semaines, des écolières iraniennes sont victimes d’empoisonnement lorsqu’elles vont à leur établissement scolaire. Des lycéennes, des collégiennes et même des élèves d’écoles primaires se retrouvent victimes de maux de tête et de nausées. Certaines sont même hospitalisées…

papapishu, CC0, via Wikimedia Commons

Initialement, les empoisonnements ont débuté en novembre 2022 mais ce sont grandement intensifiés (notamment ce dimanche où 200 écoles ont compté des victimes), et ce dans tout l’Iran, ces derniers jours. C’est toujours la même histoire, la jeune fille va en cours, sent une mauvaise odeur, a du mal à respirer et peut même s’évanouir ou avoir la nausée. Il y aurait depuis trois mois plus d’un millier de filles touchées, mais les chiffres restent difficiles à évaluer. Certaines sont même hospitalisées et ont besoin d’une assistance pour pouvoir respirer.

Face à ces tentatives d’empoisonnement, le gouvernement iranien semble décliner toute responsabilité. Le vice-premier ministre de la Santé dit que  » l’empoisonnement causé aux étudiants était très léger et n’a causé de complications à personne ». Du côté de la Défense nationale, le général Gholamréza Jalali annone que les chiffres sont surestimés par « une panique sociale ». Malgré çela, on ne peut nier que le pouvoir semble faire des recherches et veut dénouer l’affaire, sans laisser une seule chance aux meurtriers et a (enfin) reconnu la gravité de la situation début mars.

Mais les familles des victimes reprochent au contraire le manque de réaction des autorités pour identifier les coupables. En effet, on ne sait ni qui sont les auteurs des empoisonnements, ni quel gaz est utilisé. Pour beaucoup, ces actes terroristes et visant les filles, seraient commis par le gouvernement iranien lui-même pour se venger des manifestations et de l’implication de la jeunesse dans la cause de Masha Amini qui avait été tuée pour ne pas avoir bien porté son voile (pour plus d’infos, cliquez ICI). Sur Instagram, la militante Narges Mohammadi écrit : «Arrêtez le crime contre nos filles en dénonçant ces actes et en protestant dans les rues d’Iran».

Pour contrer cette idée, le pouvoir dit que le but de ces empoisonnements est de fermer les écoles des filles mais surtout de faire accuser le gouvernement pour « raviver la flamme éteinte des émeutes ».

Justine

1 an de guerre en Ukraine : que faut-il retenir de ce début de conflit ?

Alors voilà, cela fait un an jour pour jour que la guerre en Ukraine a commencé, le 24 février 2022 précisément. Ce conflit est le premier depuis plus de 30 ans en Europe. C’est aussi un conflit de haute intensité : de grosses armées s’affrontent directement. Mais que nous a montré ce conflit, tant sur le plan militaire que politique ?

Les questions géopolitiques

La question de l’énergie

Nous avons fait déjà plusieurs articles dessus (ici, ici), je vous invite à les relire. Cette crise nous montre l’importance de l’énergie dans le monde, que c’est une précieuse ressource, et que nous sommes dépendants de la Russie pour l’énergie (en tout cas l’Europe, la France, elle, marche au nucléaire). Ces manques d’énergie nous poussent à diversifier les approvisionnements, notamment avec nos alliés Nord-Américains (du gaz liquéfié parcourt ainsi l’Atlantique).

De plus, des pays possédant du gaz jusque-là peu demandé (la Russie nous suffisait) profitent, d’une part, de la montée des prix de l’énergie pour redresser leur économie (ce dont ils avaient fortement besoin, par exemple l’Algérie), d’autre part, les pays d’Europe cherchant à trouver de nouveaux fournisseurs, d’être « choyés » de ces pays. Par exemple, l’Algérie (toujours), qui était jusque-là en froid avec la France, voient ses relations se cordialiser avec l’Hexagone. Cependant, ce pays est un traditionnel allié de la Russie, ce qui complique la situation…

Le réarmement des pays d’Europe

File:Écusson de l'Opération Barkhane.svg
Ecusson de l’opération Barkhane, seule action militaire principale menée par la France depuis 2012. Elle a été arrêté, car elle n’aboutissait à rien – Via Wikimedia Commons

Cette guerre nous a aussi montré, à nous, Européens (eh oui, encore !), qu’il fallait se réarmer. Depuis plus de 30 ans, les interventions menées par l’OTAN se résumaient à des missions de maintient de la paix (Kosovo…), ou à des guérillas dans le désert ou les montagnes (Barkhane, Afghanistan…). Ces interventions étaient donc des guerres « assymétriques »: il n’y avait pas d’engagement direct entre deux armées, contrairement à l’Ukraine, qui est une guerre de « haute intensité » ou « symétrique ».

Ces engagements ont poussé les Etats Européens à dégarnir leur armée (qui ne servait plus à grand chose) et à croire que la guerre en Europe, c’était fini. Ainsi quand la guerre Russie-Ukraine a commencé, il y a eu une brusque prise de conscience de la gravité de la situation et les pourcentages de PIB (Produit Intérieur Brut) consacrés à la défense ont augmenté.

En France, Macron a promis au début de l’année 2023 un budget de 400 milliards d’euros entre 2024 et 2031 pour l’armée, ce qui lui a valu de vives critiques. L’armée française se dit aujourd’hui inapte à mener un conflit de haute-intensité. Même si elle a l’arme nucléaire, elle ne pourra plus se défendre contre un ennemi aussi puissant en nombre que la Russie : elle ne pourrait tenir un front de 80 km (nombre) pendant 48h (pas assez de munitions).

En Grande-Bretagne, un député a affirmé que son armée ne tiendrait pas plus de 5 jours. Finalement, celle qui s’en sort le mieux, c’est l’armée des USA : elle possède un effectif raisonnable vu son territoire et possède assez d’argent pour s’entraîner et être prête en cas de guerre.

Le renversement des alliances

Le 2 mars 2022, les Nation Unies ont voté pour condamner « l’opération spéciale » de Poutine. Sur les votes, on voit que les Occidentaux sont tous ralliés à l’Ukraine, et certains alliés traditionnels de la Russie l’ont condamnée (Turquie, Serbie, Hongrie). Ainsi, tous les pays ne gravitant pas autour de Moscou ou de Pékin ont voté contre l’offensive.

Par contre, la plupart des pays plus ou moins soumis aux puissances orientales se sont abstenus, surtout en Afrique (où Poutine mène des opérations militaires et économiques). L’Inde, la Chine, le Pakistan et l’Iran se sont de même abstenus, alors pour la plupart alliés de la Russie.

Si vous voulez un lien pour observer la carte après le vote contre les annexions russes : ici

Le nouvel « art de la guerre » : le drone

Cette guerre nous montre aussi l’évolution et la nouveauté du combat moderne. Les nouvelles technologies (intelligence artificielle, commande à distance…) nous permettent de créer de nouvelles armes très dévastatrices. Un exemple illustre bien cette révolution : le drone.

On l’a vu (ici), le drone est très présent dans la guerre en Ukraine. C’est lui qui apporte destruction et mort. Même s’il est utilisé dans les deux camps, c’est lui qui permet à l’Ukraine d’avoir une présence dans les airs.

Tout d’abord, il faut distinguer deux types de drones :

  • les drones de combat. Ils servent à bombarder, à renseigner à haute altitude (prendre des photos). Surtout, ils sont très discrets et peuvent rester 24h en l’air ! La France en possède quelques uns. Exemple : Tu-141 évoqué dans un précédent article.
  • les drones servant à faire de la reconnaissance (caméra…), ou du combat (bombinette lâchée par gravité). Ils ressemblent aux petits drones civils. Ils sont plus connus que les premiers. Plusieurs milliers sont en service en Ukraine, tandis que le ministre de la Défense français en a commandé 3000 d’ici quelques années.

Les premiers ont fait beaucoup office d’avion, ce sont eux qui ont bombardé les aérodromes russes. Ce sont eux aussi qui s’écrasent contre les bâtiments ukrainiens pour semer la terreur.

Bayraktar TB2 en service dans l’armée ukrainienne. C’est un drone de fabrication turcque – Via Wikipédia

Mais en quoi constitue la révolution du drone ?

Réalisez un peu : un soldat peut piloter un drone, comme dans un jeu vidéo, alors qu’il est à des milliers de kilomètres de son engin ! Si son drone est abattu, ce même pilote n’a rien, il n’y a pas de vie en danger derrière ce drone, même s’il coûte un peu cher. On peut donc en faire une utilisation risquée, voire suicidaire (pour le pauvre drone qui n’a rien demandé). Par exemple, les Russes bombardent parfois des villes en faisant s’écraser des drones qu’ils ont acheté à l’Iran.

De plus, les drones peuvent remplir les mêmes missions que les avions de chasse. Or, un drone est beaucoup moins coûteux (16 millions € pour les drones en service dans l’Armée de l’Air) qu’un avion de chasse dernier cri (78 millions € pour des Rafales). Cela peut être une solution pour les pays à l’armée démunie.

La guerre en Ukraine est principalement une guerre de position, statique. Dans ce cadre là, la construction de tranchées pour consolider les positions est très importante. Mais, encore une fois, les « petits » drones vont changer la donne : très discrets, ils peuvent se glisser en haut de la tranchée ennemie, lancer une bombinette par gravité, et détruire la tranchée ennemie. Donc la tranchée n’offre qu’une relative protection.

Dans une guerre de position, de tranchées, les chars et véhicules blindés sont peu utiles : ils sont privilégiés pour leur mobilité, qu’ils n’ont pas trop l’occasion de tester dans la guerre en Ukraine. Ils sont réduits à être cachés dans des taillis et rester statiques pendant des jours pour faire feu sur la position ennemie. Avec une reconnaissance préalable, les drones y trouvent une cible de choix : ils ne bougeront pas, et les drones, très discrets, pourront lancer leur bombinette bricolée.

Ainsi, pour un, maximum deux milliers € (prix d’un « petit » drone), on peut détruire un blindé ayant coûté plus de 8 millions € (prix du char Leclerc). Il faudra pour les programmes de réarmement étudier la question : Va-t-on dépenser des milliards d’euros qui vont aussitôt être liquidés au prochain conflit ? Si oui, alors il faudra trouver un système anti-drone qui protégerait les blindés des airs.

Finalement, cette guerre nous a imposé de nouveaux défis. Elle démontre tous les problèmes européens et renverse les alliances, mais surtout, elle soude l’OTAN et l’Occident en général… Elle nous a éclairés sur le futur…

Kenzo

Ukraine : que se passe-t-il à Bakhmout ?

Alors que le 10 janvier, les miliciens russes de Wagner annonçaient la prise de Soledar, les efforts russes semblent tous tournés vers cette région de l’Ukraine. Entre la terreur des civils présents et les lourdes pertes de l’armée ukrainienne, serait-il possible que les Russes débloquent le front sur ce point là ?

Le front se refige peu à peu. Les militaires ukrainiens, après avoir écrit l’Histoire par des épisodes dont on a déjà parlé, se retrouvent stoppés par des Russes qui, d’après le général Richoux, « veulent s’asseoir sur leurs gains ». En effet, ils se sont retranchés derrière le Dniepr, et construisent des lignes de tranchées sur les autres fronts. A ce stade, les Ukrainiens ne peuvent pas gagner, mais ne peuvent pas perdre non plus: ils sont en mesure d’épuiser les forces russes (vu que leurs alliés occidentaux leur fourniront autant d’armes qu’ils le veulent) mais ne peuvent pas percer les fortifications russes.

Les Russes, eux, ont des moyens : une redoutable milice privée, Wagner, et du matériel terrestre quasi inépuisable. Et malgré les enlisements que subissent les armées, Poutine semble appliquer un des principe phare de la guerre : la concentration des efforts. C’est l’un des principe de la guerre défini par le maréchal Foch : c’est la « convergence dans l’espace et le temps des actions et des effets des différentes fonctions opérationnelles », comme le définissent les manuels. Le but étant de créer une supériorité numérique sur « l’espace » concerné, afin de briser la ligne ennemie.

Ainsi, les Russes concentrent considérablement les efforts : au centre, précisément à Bakhmout, au nord de Donetsk, les soldats ukrainiens décrivent une marée humaine et les médecins militaires déplorent de plus en plus de blessés. Les Russes emploient notamment la milice (société militaire n’appartement pas à l’Etat) Wagner, les troupes d’élite que Poutine utilise généralement pour des missions de présence russe à l’étranger (Mali, Syrie…). Ces redoutables troupes sont déployées parce qu’il y a d’importantes mines de sels dans la région, une précieuse ressource. On dénombre ainsi 60 000 soldats russes contre seulement 30 000 côté ukrainien.

Les efforts russes sont concentrés dans la région de Donetsk. Certains membres des autorités russes affirment même que la « grande offensive » a déjà commencé. La ligne de front n’a pas trop bougé depuis avril dernier, mis à part sur les flancs Nord et Sud. / Image Kenzo

On a donc là une véritable concentration des efforts. Les Ukrainiens semblent plier sur ce point-là et leur dispositif risque de se disloquer s’ils permettent aux Russes de faire une percée et d’entrer profondément dans les lignes ukrainiennes. Mais ce semblant de réussite s’obtient avec des pertes énormes côté russe. Poutine et ses généraux envoient les conscrits directement à la mort.

Les spécialistes ont maintenant tendance à comparer la situation actuelle à celle du front de l’Est de la Seconde Guerre Mondiale (quand l’Allemagne nazie se battait contre l’URSS de Staline) : les forces soviétiques misaient sur leur supériorité numérique et, s’ils enfoncèrent les nazis jusqu’à Berlin, c’est au prix de quelques dizaines de millions de morts… Les Russes peuvent jouer sur leur avantage numérique et ils en ont les moyens : « un soldat mort, sitôt est-il remplacé ». D’ailleurs certaines anecdotes horribles ont été rapportées : les miliciens Wagner marchaient et s’abritaient derrière les cadavres de leurs camarades conscrits russes. On estime les pertes russes à 10 000 soldats.

Pertes ou pas pertes côté russe, pour les Ukrainiens, le résultat est le même : ils risquent de se faire enfoncer comme les Allemands… De plus les services secrets occidentaux et même les analystes de cette guerre mettent l’état-major ukrainien en alerte : les Russes préparent une grande contre-offensive, notamment à Donetsk. Poutine veut, comme ses prédécesseurs ayant combattu tour à tour Napoléon, Guillaume II, ou encore Hitler, user du général Hiver (personnification de l’hiver qui détruit les armées) et donc s’inscrire dans la lignée des chefs russes, ce qui peut être très symbolique pour les Russes.

A côté de cela, les civils vivent la Bataille de Bakhmout dans la terreur : en effet, les combats de rue (urbains) peuvent fortement toucher la population, vu que les hostilités se déroulent dans son principal lieu de vie. Attendant dans les caves que leurs soldats prennent contrôle de leur quartier, ils vivent parfois sans électricité, avec peu d’eau…

Quels seront les débouchés de cette bataille ? Qu’en résultera-t-il sur le plan diplomatique, alors que les 1 an de cette guerre approche ?

Kenzo

Ukraine-Russie: des avions pour l’Ukraine ?

Volodymir Zelinsky devant le Parlement européen

Après les blindés, voilà les avions ! Le 8 février, en visite officielle (et impromptue) en Europe, au Royaume-Uni d’abord, puis en France et aujourd’hui 9 février à Bruxelles, Volodymir Zelinsky renouvelle ses demandes d’aide militaire auprès de ceux qui soutiennent l’Ukraine contre la Russie.

Les livraisons d’avions

Depuis quelques temps, Kiev demandait de plus en plus d’avions de chasse de conception occidentale. Face à cette demande, les pays membre de l’Otan se sont prononcés : les Pays-Bas ont annoncé qu’ils allaient étudier la question avec « l’esprit ouvert », notamment pour livrer des F-16 qu’ils comptaient de toutes façons remplacer par des F-35. La Pologne n’a encore rien dit, mais suivra la marche de l’Otan. L’Allemagne et les Etats-Unis, quant à eux, ont catégoriquement refusé toute livraison d’avions. Enfin, la France ne s’est pas encore prononcée, mais pourrait peut-être livrer d’anciens mirages 2000, bien que, comme on l’a dit dans un précédent article, la France ait une carence en effectifs, dans les chars comme dans les avions, on parle de 200 avions de chasse.

La formation de pilotes ukrainiens

Volodymir Zelinsky s’est d’ores et déjà entendu avec le premier ministre britannique, Rishi Sunak et le Royaume-Uni a promis de former sur son sol des pilotes ukrainiens au combat aérien. Ceux-ci s’entraineront avec 30 Eurofighters (avions de chasse européen). D’autre part, l’Angleterre a prévu de former 20 000 nouveaux soldats ukrainiens contre 10 000 l’année dernière.

A.B et Kenzo

Envoi de chars en Ukraine : les Américains et les Allemands donnent leur feu vert

Char Léopards 2 de la Bundeswehr- Image libre de droit

Après tant d’attentes et de pressions diplomatiques, les deux pays de l’OTAN qui subissaient les demandes continues de Zelinsky, se sont enfin décidés à envoyer du matériel lourd. Les fameux Léopards 2 (Allemagne) et M1 Abrams (Etats-Unis) vont être livrés prochainement. Tandis que l’Ukraine accueille ce geste avec gratitude, l’état-major d’Emmanuel Macron hésite fortement à envoyer la fine fleur de la cavalerie française, les chars Leclerc…

Mercredi 25 janvier, devant le Parlement allemand, le chancelier Olaf Scholz a fait part des intentions de l’Allemagne : autoriser tous les pays européens qui possèdent des chars allemands Léopards 2 à les envoyer à l’Ukraine, pour l’aider à préparer une contre-offensive.

Blindé lourd américain, M1 Abrams- Image libre de droit

Cette décision est suivie dans la journée de la décision des Etats-Unis d’envoyer 31 chars Abrams, la fierté américaine de sa cavalerie blindée lourde, toujours pour aider l’Ukraine.

Ces décisions ont une grande influence de part et d’autre de la ligne de front. Volodymir Zelinsky est quant à lui « sincèrement reconnaissant« , tandis que l’ambassadeur russe en Allemagne affirme que « c’est une décision extrêmement dangereuse qui va amener le conflit vers un nouveau niveau de confrontation. Cela nous persuade une fois encore que l’Allemagne, à l’instar de ses alliés les plus proches, ne veut pas d’une solution diplomatique à la crise ukrainienne, et qu’elle veut une escalade permanente« .

Les conséquences

Kiev a maintenant la fine fleur de la cavalerie blindée mondiale, ce qui va la changer des vieux véhicules soviétiques à moitié rouillés qu’ils possédaient jusque-là. L’état-major ukrainien peut maintenant préparer ses plans pour la suite de la campagne à travers la steppe ukrainienne.

La question des chars Leclerc

Autres chars reconnus : les blindés français lourds Leclerc. Ils suscitent une certaine agitation dans la presse ces dernières semaines. L’état-major français se tortille sur la question de livrer ou non des chars de ce type. Avant d’expliquer les raisons de cette hésitation, il faut déjà quelques informations sur ce fleuron de la cavalerie française.

Char Leclerc- Image libre de droit

Le char Leclerc date de 1990. Seule la cavalerie lourde de l’armée française en possède mis à part les Emirats-Arabes Unis et la Jordanie. Ils sont au nombre de 200 dans l’armée française ce qui est très peu par rapport aux grandes armées occidentales (Etats-Unis, Grande-Bretagne…). Ce faible effectif s’explique par le coût unitaire d’un char : plus de 8 millions d’euros, alors qu’un Léopars 2 coûte en moyenne 5 millions d’euros. Depuis que la France est en difficulté par rapport à son budget, le nombre de chars ne cesse de baisser. Il est aussi très cher à entretenir.

Nous sommes donc défendus par une petite centaine chars lourds, si on prend en compte que beaucoup d’entre eux ne sont soit pas opérationnels, soit en entretien. Une faible capacité donc de défense lourde.

Donc si la France hésite à envoyer ces blindés, c’est bien un problème d’effectifs : si on envoie une centaine de Leclerc en Ukraine, voire une cinquantaine, on peut dire adieu à notre défense, surtout que ces chars peuvent être détruits. Mais il y a une autre raison : ces chars ne correspondent pas totalement au cahier des charges ukrainien. En effet, ces véhicules apporteraient à l’Ukraine un défi logistique immense (carburant, mécanique particulière). Le char Leclerc a été conçu pour être le meilleur char du monde, certes il détient de très belles performances, mais il ne dépassera jamais le Léopard qui n’est pas extraordinaire mais qui est bon partout (il conserve de belles performances tout en étant amphibie).

D’un autre côté, ce serait un geste de soutien énorme aux forces ukrainiennes de la part d’Emmanuel Macron.

La livraison apportera-t-elle l’aide attendue à l’Ukraine ? Macron décidera-t-il de livrer ses chars Leclerc ?

Nous aurons peut-être la réponse bientôt, pour notre plus grand bonheur ou pire…

Kenzo