Dans la nuit du jeudi 31 octobre au vendredi 1er novembre la région de Valence a été violemment touchée par des inondations causées par de fortes pluies. Le bilan humain s’élève à 217 mort pour le moment. Les recherches pour sortir des corps de l’eau sont actuellement toujours en cours. Ces fortes inondations se sont reproduites quelques jours plus tard à Barcelone à cause encore une fois, d’intempéries extraordinaires. Pour le moment, à Barcelone, les principaux dégâts touchent les transports comme l’aéroport international de Barcelone et les trains… Les lieux où l’on déplore le plus de morts restent les parkings.
L’impuissance des habitants s’est transformée en colère contre le gouvernement. Elle s’est exprimée notamment le dimanche 3 novembre lors du déplacement du roi Philipe VI à Paiporta où les citoyens lui ont lancé de la boue car le gouvernement avait mal jugé et mal anticipé les inondations malgré les alertes météo.
Cet évènement est révélateur du changement climatique et des catastrophes naturelles de cette ampleur risquent d’être de plus en plus fréquentes dans le futur.
Comment les autorités publiques et les responsables politiques vont-ils réagir ? Quelles mesures vont être prises en Espagne mais aussi dans le reste du monde pour mettre en sécurité la population face à ces évènements ?
Captures d’écran de la video qui circule et a déjà des millions de vues sur le net
Son nom est Ahou Daryaei, et son action militante est déjà en train d’inonder les réseaux sociaux.
Elle a fait preuve d’un courage inouï, samedi dernier, à Téhéran sur le campus de son université, après avoir été arrêtée par la milice Basij (une force paramilitaire utilisée par le gouvernement pour faire régner brutalement la loi et l’ordre) car elle ne portait pas le voile, obligatoire dans les universités à Téhéran. En signe de protestation, elle s’est alors mise en sous vêtements, s’est assise sur un muret puis a commencé à déambuler sous les regards de tous. Elle a été brutalement arrêtée quelques minutes plus tard.
Ce que nous savons d’elle, c’est qu’elle a 30 ans, qu’elle étudie la littérature française à l’université Azad et qu’elle aurait 2 enfants. D’après les autorités iraniennes, considérée comme folle, elle a été emmenée dans un hôpital psychiatrique.
Cette arrestation a lieu deux ans après la mort de Masha Amini, tuée par la police des moeurs iranienne pour ne pas avoir porté « correctement » son voile en septembre 2022, et qui avait entrainé une grande vague de manifestations, portée par le slogan : Femme, Vie, Liberté.
Anne Hidalgo, la maire de Paris, aurait aimé garder les anneaux olympiques sur la Tour Eiffel et aussi les agitos de l’arc de triomphe jusqu’aux Jeux olympiques de Los Angeles en 2028. Cependant, les anneaux ont été descendus la nuit du 26 au 27 septembre, le problème étant qu’ils était lourds ce qui pourrait abimer la Tour Eiffel. Leur remplacement reste tout de même en réflexion. « On prend le temps de réfléchir », explique Jean-François Martins, le président de la société d’exploitation de la Tour Eiffel rapporte France Info. « Il faut trouver quelque chose de robuste, qui peut résister aux vents, aux températures hivernales et qui n’abîme pas la Tour lors de l’installation. » Les héritiers de Gustave Eiffel s’opposent de leur côté à ce projet : « Ça ne respecte pas l’œuvre » déclarent-ils par la voix d’Olivier Berthelot-Eiffel, arrière-arrière-arrière-petit-fils du célèbre ingénieur. Quant aux Agitos, symboles des Jeux paralympiques, ils ont été démontés dans la nuit du 18 au 19 septembre pour être accrochés au complexe sportif le Prisme à Bobigny.
La vasque, elle, a aussi été dégonflée en septembre. Des discussions sont en cours concernant son avenir au sein de la capitale. Selon BFM TV l’entourage d’Anne Hidalgo a indiqué que la maire aimerait qu’elle soit réinstallée au jardin des Tuileries. Encore selon BFM TV le maire du 17e serait pour l’installer dans le secteur de la porte Maillot. Cependant, comme le simple fonctionnement de la vasque demande à lui seul un budget très conséquent, il est bien possible qu’on ne la voie plus jamais dans le ciel parisien.
Donald Trump, le candidat républicain, aux prochaines élections présidentielles des Etats-Unis, essaye de mobiliser en sa faveur les jeunes hommes de moins de 30 ans, catégorie de la population qui ne se déplace pas forcément pour aller voter.
Pour cela, il reprend les théories masculinistes*, qui font d’un « vrai » homme un « homme qui réussit au bureau et dans la chambre » (!), selon Deana Rohlinger, professeur de sociologie à Florida State University. Donald Trump s’affiche donc sur les médias d’un certain nombre d’influenceurs qui propagent ces théories sans craindre les propos sexistes, racistes, homophobes et transphobes. Quelle élégance !
Jeanne
* Les masculinistes ont une vision réactionnaire de la société, qui reposerait sur un ordre « naturel » des choses. Pour eux les rôles des hommes et des femmes ne peuvent être les mêmes et ils accusent les féministes de vouloir prendre le pouvoir… à leur place !
Pour la première fois de l’histoire de la conquête spatiale, SpaceX (SpaceX Exploration Technologies Corporation) a réussi à récupérer le lanceur de sa méga fusée Starship.
image Daniel Oberhaus, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons
SpaceX, le plus grand rival de la Nasa, est une entreprise américaine créée par Elon Musk en 2002. Son but est d’envoyer à nouveau des hommes sur la Lune ainsi que sur Mars, pour coloniser ces deux planètes.
Dans la nuit du dimanche 14 octobre, neuf minutes après avoir lancé sa fusée Falcon 9, SpaceX réussit à rattraper son lanceur de 25 tonnes et de 70 m de haut. Cette méthode avait déjà été expérimentée, mais sans succès. Cet exploit marque un tournant dans la conquête spatiale étant donné que cela permettra de faire d’énormes économies sachant qu’un lanceur coûte plus 70 millions d’euros. Désormais les lanceurs pourrnt être réutilisés.
Cette prouesse a bluffé tous les ingénieurs aérospatiaux, du petit amateur, aux meilleurs astronautes du monde, tels que Thomas Pesquet : « Encore un exploit technique pour les équipes de SpaceX ! Honnêtement, je n’étais pas prêt pour ça […] » (Science et Vie*)
Cette nouvelle prouesse de l’agence américaine montre encore l’avance que possèdent les américains dans le domaine spatial, reléguant encore plus loin ses rivaux russes et européens.
Mais au lieu de dépenser ses milliards dans la conquête aérospatiale, Elon Musk ne devrait-il pas plutôt se pencher un peu plus sur les problèmes sur Terre? Sommes-nous sûrs que nous voulons commencer à polluer d’autres planètes, au lieu de dépolluer celle sur laquelle nous vivons?
Le 5 novembre prochain, les élections présidentielles américaines auront lieu. L’issue du scrutin reste très incertaine.
Kamala Harris et Donald Trump / images Wikimédia Commons
Comment ça marche ?
L’élection présidentielle américaine est une élection au scrutin indirect. Les électeurs des 50 états voteront indirectement pour leurs candidats en élisant des « grands électeurs », 538 au total, répartis entre chaque Etat, qui voteront à leur tour pour un candidat précis. Pour l’emporter, un candidat doit remporter la majorité des 538 grands électeurs, donc au moins 270. Le candidat qui arrive en tête dans l’Etat remporte tous les grands électeurs : c’est le principe du « winner take-all« . Pour être candidat à la présidence, il faut avoir la nationalité américaine à la naissance, il faut être âgé de plus de 35 ans, et avoir résidé aux Etats-Unis pendant au moins 14 ans.
Les deux grands partis du pays sont les Républicains, représentés par Donald Trump et J.D Vance, et les Démocrates, représentés par Kamala Harris et Tim Waltz. Il existe également d’autres partis, qui sont beaucoup moins importants, mais peuvent des fois impacter les élections.
Qui sont les candidats ?
Donald Trump, un milliardaire républicain n’ayant jamais reconnu sa défaite contre Joe Biden en 2020. Il a répandu son idée que l’élection a été volée volée et truquée, ce qui a poussé ses partisans à prendre d’assaut le Capitole, le 6 janvier 2021.
Kamala Harris est actuellement la 49e vice-présidente des Etats Unis. En aout 2024, elle devient la candidate démocrate pour l’élection présidentielle, suite au retrait de Joe Biden qui a renoncé à son second mandat. Si Kamala Harris est élue, ce sera la 1ere femme afro-américaine a avoir été élue aux élections présidentielles américaines.
A quoi s’attendre ?
Les sondages annoncent un combat très serré, avec Kamala Harris un chouia en tête, ce sera sans doute le duel le plus serré de l’histoire du pays.
En beige sur la carte les « swing states »
L’élection se joue dans les swing states, de états pivots où le vote peut changer de camp, d’un scrutin à un autre. Contrairement aux états qui sont sûrs d’être remportés par un des deux camps, comme le Texas pour les Républicains ou la Californie pour les Démocrates, les swing states sont, eux, au coude à coude, entre les deux partis. Les candidats concentrent donc leurs campagnes sur ces états clés, pour essayer d’en convaincre les habitants. Ces swing states, Arizona, Caroline du Nord, Géorgie, Michigan, Nevada, Pennsylvanie et Wisconsin.
Après le débat entre les deux candidats le 11 septembre, Taylor Swift, la pop star américaine mondialement connue, a annoncé son soutien à Kamala Harris. Malgré cela, le résultat des élections sera extrêmement serré et personne ne sait pour l’instant qui sera le ou la prochain.e président.e.
Loin de s’apaiser, le conflit au Moyen-Orient ne fait qu’empirer…
Hier, le 7 octobe 2024, on commémorait l’attaque du Hamas contre Israël, le 7 octobre 2023, qui a fait 1205 morts israéliens, très majoritairement des civils. Le même jour, le Hamas enlevait 251 otages dont 97 sont toujours retenus à Gaza (63 présumés vivants et 34 morts).
A la suite de cette attaque, Israël contre-attaquait en bombardant puis en envoyant des troupes au sol dans la bande de Gaza. A l’exception d’une courte trève fin novembre 2023 ayant permis la libération de 50 otages israéliens en échange de la libération par l’état hébreu de 150 prisonniers palestiniens, depuis tous les appels au cessez-le-feu ont été vains. Le bilan humain est monstrueux : selon les chiffres du Hamas, on compterait 42 000 morts dans la bande de Gaza, dont 11 000 mineurs et 100 000 blessés. La plupart des infrastructures (écoles, hôpitaux, routes… ) sont détruites.
En l’absence de toute solution diplomatique et comme si la seule réponse à la guerre ne pouvait être qu’encore plus de guerre, depuis un peu moins d’un mois un nouveau front s’est ouvert avec le Liban au nord d’Israël.
En effet, le Liban abrite le Hezbollah, une importante milice islamiste, alliée du Hamas qui, depuis le 7 octobre 2023, intensifie ses tirs de roquettes sur le nord d’Isrël. Les 17 et 18 septembre dernier, les appareils de communication du Hezbollah (bippers et talkies walkies) préalablement piégés ont tous explosé silmultanément faisant 12 morts et des milliers de blessés. Cette opération, extrêmement spectaculaire, même si elle n’a pas été revendiquée, a très vite été atribuée aux services secrets israéliens. Le 27 septembre, c’est le leader du Hezbollah, Hassan Nasrallah qui était tué dans le bombardement de son immeuble dans la banlieue de Beyrouth (la capitale du Liban) par l’armée de l’air israélienne .
Depuis, les bombardements israéliens des villages du sud Liban et de la capitale se sont multipliés. Dimanche, le chef Tsahal (l’armée israélienne) annonçait mener « une guerre de longue haleine » avant qu’Israël n’annonçe son engagement sur le sol libanais. Encore une fois, les populations civiles sont prises au piège…
Gabin
Dans un prochain article je vous raconterai la suite des évènements
Après le coup de tonnerre de la dissolution de l’Assemblée Nationale par le Président de la République, Emmanuel Macron, qui fait suite à la victoire de Jordan Bardella (RN) aux Européennes, tout le monde s’attend à voir arriver un Premier ministre d’extrême droite à la tête du gouvernement. Face à cela, les forces de gauche ont décidé de s’unir en Front populaire, tout comme leurs aïeux en 1936 qui, eux aussi, se sont constitués en Front pour lutter contre le fascisme. Ce Front peut-il s’imposer comme un barrage face au Rassemblement National et gagner les élections législatives anticipées qui auront lieu du 30 juin au 7 juillet ?
En pleine soirée électorale du dimanche 9 juin, le Président de la République a annoncé, conformément à l’article 12 de notre Constitution, la dissolution de la Chambre des députés (voir ici). Tout tend à faire croire que le RN, grand gagnant des élections Européennes, remportera ce scrutin haut-la-main.
En réaction, les différents cadres des partis de gauche, en direct sur les plateaux télévision, accueillent cette décision positivement. « C’est l’occasion de nous reprendre en main ! » assure le chef des Communistes, Fabien Roussel. En effet, c’est l’occasion de mettre un terme aux politiques macronistes. Malgré tout, face à la perspective d’une victoire du RN, une possible Union est très vite évoquée…
Pendant toute la nuit et la journée du lundi, les forces de gauche, parmi lesquelles le Parti Socialiste, Europe Ecologie Les Verts, le Parti Communiste Français, la France Insoumise, et d’autres partis (Génération-s, Gauche Républicaine et Socialiste), vont négocier un accord. Lundi matin, sur France Inter, le chef socialiste, Olivier Faure, et François Ruffin, député Insoumis, font part de leur volonté de créer un « nouveau Front populaire », avec l’accord de Fabien Roussel (PCF) et Marine Tondelier (EELV). Il ne manque plus que la France Insoumise, qui réfléchit encore.
logo du nouveau « Front populaire » via Wikipédia
A partir de 16h, les quatre partis se réunissent à Paris et concluent à 22h30 un accord et créent officiellement le « Front populaire ». Ils décident donc, dans chaque circonscription, de présenter un candidat unique, comme ce fut le cas en 2022 avec de très bons résultats.
Quel serait le programme de ce Front populaire ?
De nombreux désaccords entre les partis de gauche rendent plus difficile l’Union (voir ici). S’entre-déchirant pendant la campagne européenne, ils vont devoir maintenant trouver un terrain d’entente, et essayer de ne pas reproduire l’échec de la Nupes (Nouvelle Union Populaire Ecologique et Sociale), qui s’était brisée fin 2023.
Malgré tout, comme le soulignait Olivier Faure (PS), la gauche partage à peu près les mêmes points de vue : taxation des superprofits et des dividendes, impôt sur la fortune, indexation des salaires sur l’inflation, et surtout transition écologique accélérée.
Hier, avant de signer l’accord, chaque parti a fixé ses lignes rouges : pour la France Insoumise la retraite à 60 ans, soutient à la Palestine, pour le Parti Socialiste l’aide indéfectible à l’Ukraine, conservation du projet européen, rejet de la brutalisation du débat… etc.
Le programme n’est pas encore établi mais il est promis de se fixer une feuille de route sur les 100 premiers jours. Il est aussi fixé de réduire le nombre de propositions par rapport au programme de la Nupes en 2022, pour tenir les 3 semaines de campagne.
Si la gauche gagne aux législatives, qui serait le Premier ministre ?
La question du choix du premier ministre a vite été mise sur la table. Ce ne sera surement pas Jean-Luc Mélenchon comme en 2022. Aucun nom n’a été confirmé mais des noms ont été cités par Raphaël Glucksmann (PS-Place Publique) : il évoque un ancien secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger.
Un autre nom circule : celui de François Ruffin, le très populaire député insoumis de la Somme très engagé pour le pouvoir d’achat et la retraite à 60 ans. C’est lui qui, le premier, a appelé à un Front populaire. Malgré tout, il prépare aussi sa campagne des présidentielles de 2027, donc il ne se frottera peut-être pas au danger que représente le poste de chef du gouvernement pour sa popularité…
En tout cas, ce Front populaire est porteur d’espoir pour les électeurs de gauche. Pour la première fois de l’Histoire de la Vème République, un gouvernement de gauche radicale pourrait se former ! C’est un moment historique que nous vivons.
Dissolution de l’Assemblée nationale : le coup de poker de Macron (Le Parisien), Elections européennes : après le « coup de tonnerre », le « coup de poker » d’Emmanuel Macron (Le Monde), Guillaume Tabard : «La dissolution, le coup de poker d’un Emmanuel Macron apprenti sorcier» (Le Figaro), « Coup de poker », « anticonformisme » : l’Allemagne réagit à l’annonce de dissolution de l’Assemblée nationale par Emmanuel Macron (France Info), Dissolution : le coup de poker politique d’Emmanuel Macron peut-il réussir ? (Ouest France)…
« Coup de poker », c’est donc ainsi qu’est qualifiée par un gand nombre de médias, la dissolution de l’Assemblée nationale par Emmanuel Macron à la suite des élections européennes du 9 juin.
En effet, alors que venait d’être annoncé le score historique à 30% du Rassemblement National, avec à sa tête Jordan Bardella et Marine Le Pen, Emmanuel Macron annonçait à son tour, lors d’une allocution solennelle, la dissolution de l’Assemblée nationale. Autant la victoire de Bardella ne nous a pas surpris, autant l’annonce présidentielle a pris de cours aussi bien les commentateurs politiques que les gens « normaux ».
A quel jeu se prête donc le président ?
On peut bien se poser la question. Au vu des résultats du RN auquel s’ajoutent ceux de Reconquête, parti d’Eric Zemour, les élections législatives de fin juin, début juillet risquent d’offrir la majorité à l’extrême droite, ce qui pourrait amener un homme de cet horizon au poste de Premier ministre, en l’occurrence, Jordan Bardella.
Macron a-t-il fait le pari que le RN au pouvoir va faire preuve d’incompétence et que les Français se rendront compte que cela ne rime à rien de voter pour eux ? A-t-il fait aussi le pari que le RN, n’ayant qu’une majorité relative et non pas absolue, n’arriverait pas à gouverner ? Ce calcul est fort aléatoire car personne ne sait pour le moment quelle alliance va se nouer entre le RN et Les Républicains. Si celle-ci est dénoncée par Renaud Muselier (Président du Conseil régional en PACA), Valérie Pécresse (Présidente du Conseil régional en Ile-de France et ex-candidate LR à la présidentielle), Laurent Wauquiez (Président du Conseil régional en Auvergne-Rhône-Alpes) et l’ensemble des sénateurs LR, elle semble tout à fait « souhaitable » par le patron du parti, Eric Ciotti. De quel côté les électeurs LR vont-ils eux-mêmes pencher ?
Emmanuel Macron tablait-il sur la division de la gauche (et donc, un vote « utile » pour ses représentants) ? Mauvais calcul : dans la soirée du 10 juin, Le Parti socialiste, La France insoumise, Europe Ecologie les Verts, Place publique et Génération.s, parvenaient à un accord visant à présenter des candidats uniques dans chaque circonscription (article à suivre).
Qui seront les perdants ?
Accueil des migrants encore plus restreint, droits des LGBT+ et des femmes remis en question, écologie en danger, éducation sur des principes rétrogrades, liberté d’expression et de la presse attaquée, soutien à l’Ukraine ré-interrogé… La liste des régressions qui pourraient arriver en cas de victoire de l’extrême droite est longue, et les premiers touchés, ce seront nous, les gens « normaux » qui croyons au progrès et à la fraternité.
A l’occasion des 80 ans du Débarquement en Normandie le 6 juin 1944, cette mini-série d’article se propose de porter un regard critique à l’égard du Débarquement mais aussi des récupérations politiques et idéologique qu’il a subi.
Monument aux morts du commando Kieffer / photo Falcon photography via Flickr
A l’occasion des 80 ans du Débarquement en Normandie le 6 juin 1944, des commémorations sont organisées ce jeudi. Vous avez sûrement vu passer dans les médias l’information des commémorations et d’innombrables dossiers spéciaux sur le Débarquement. Ici, Je ne vais pas vous faire le déroulé de la cérémonie ni celui du Débarquement mais évoquer l’évincement de la France libre du Débarquement par les anglo-américains : une véritable humiliation que De Gaulle ne digèrera jamais.
On peut affirmer que les Français libres du général de Gaulle ont quasiment été inexistants lors du Débarquement. Tout ce que l’on retient, ce sont les 177 soldats du commando Kieffer, qui débarquèrent à Sword Beach sous commandement britannique. Ceux-là sont particulièrement connus et vantés par la propagande française.
Mais le Débarquement, cela on le sait moins, a eu surtout un goût amer pour la France. Cette France libre qui, même si elle combattait aux côtés des Alliés, était sous-estimée. Ce mépris vient bien sûr de la défaite de 1940, et le passage de la France « officielle » de Vichy du côté Allemand. Et ce malgré les exploits tricolores de Bir Hakeim (printemps 1942) ou d’Italie (hiver-printemps 1944). Les Britanniques et les Américians ne les voyaient ainsi pas capables de mener un débarquement, il était donc inutile pour eux de se rajouter une contrainte de coordination en faisant participer des Français au Débarquement. En revanche, ils voyaient les Forces françaises libres utiles sur les fronts méditerranéens, afin de relever des unités anglo-saxonnes pour le Débarquement. Cette situation est très bien résumée par De Gaulle : « Par commodité, [les Anglo-Saxons] cherchaient à utiliser les Forces françaises pour les buts qu’eux-mêmes avaient fixés, comme si ces forces leur appartenaient« .
De plus, De Gaulle n’est pas vraiment populaire : Churchill et surtout Roosevelt voient en lui qu’un « trublion ambitieux » et ce dernier « représente tout ce que Roosevelt n’aime pas dans la France : soif de grandeur, ego surdimensionné et donneur de leçon« , selon le magazine Guerres & Histoire. Bref, le démocrate américain et De Gaulle se détestent, même si ce sentiment est plus modéré chez Churchill dont l’opinion publique ne comprend pas le mépris pour les frères d’armes de 1940.
En conséquence, le Général n’a pas été prévenu des préparatifs du Débarquement et n’a pas eu son mot à dire. Ce n’est que deux jours avant le D-Day qu’il a été prévenu d’un débarquement et je vous laisse imaginer sa colère ! C’est une véritable humiliation. Un jour après, il est convoqué dans le QG de Churchill et les deux hommes vont avoir une discussion orageuse. De plus, est évoqué le sujet épineux de la France d’après-guerre, sujet de conflit entre De Gaulle et Roosevelt : alors que le premier défend une France souveraine, et non pas une colonie US à la charge d’une administration yankee, l’autre espère bien influencer la politique tricolore : il a déjà imprimé des francs, factices selon De Gaulle.
Même la fameuse 2e Division Blindée du Général Leclerc, dont on dit qu’elle fera le Débarquement, n’a débarqué que… le 1er aout 1944, à Utah Beach, donc bien après les combats amphibies !
Toute sa vie, De Gaulle gardera cette opinion que le Débarquement de Normandie du 6 juin 1944 n’a été qu’une affaire d’Anglo-Américains : même le commando Kieffer était intégré à une chaîne de commandement 100% britannique…
Le débarquement de Provence, un débarquement plus français ?
C’est pour cela que De Gaulle, redevenu entre temps chef de l’Etat, a refusé de participer aux commémoration des 20 ans (1964), jugeant là encore que c’était une affaire d’Anglo-Américains. D’ailleurs, 2 ans plus tard, pour bien montrer que la France n’était pas qu’un simple Etat à la botte des States, il se retirera de l’OTAN, preuve encore de sa distance avec ses anciens alliés.
Au contraire, lui préfère de loin le Débarquement de Provence (15 aout 1944), opération amphibie menée essentiellement par des troupes se battant sous le drapeau français, et surtout commandée par un Français, le Général Lattre de Tassigny. Il a permis de libérer le Sud-Est, la vallée du Rhône et la Bourgogne et permit de rallier les Alliés dans le Nord de la France, apportant ainsi des troupes françaises au contingent allié.
Après avoir dit tout ça, notre chef d’Etat devrait il se rendre aux commémorations ? Devrait il s’inscrire dans la lignée du Général De Gaulle ? C’est à lui de décider, même s’il est du genre à faire beaucoup de cadeaux aux Américains…
Rappelons cette phrase de De Gaulle : « Le Débarquement du 6 juin, ç’a été l’affaire des Anglo-Saxons, d’où la France a été exclue. Il étaient bien décidés à s’installer en France comme en territoire ennemi ! […] Et vous voudriez que j’aille commémorer ce débarquement qui était le prélude à une seconde occupation du pays ?« .