Sweet Sixteen est un livre écrit par Annelise Heurtier en 2014.
Rentrée 1957, le plus prestigieux lycée de l’Arkansas ouvre pour la première fois ses portes à des étudiants noirs. Ils sont neuf à tenter l’aventure. Ils sont deux mille cinq cents, prêts à tout pour les en empêcher .
Voici le contexte : nous sommes en Amérique et la ségrégation est on ne peut plus présente, notamment dans le nord des États-Unis. Les Noirs sont traités comme des pestiférés, considérés comme des moins que rien ou alors victimes d’une immense violence, les Blancs se bouchent le nez quand ils les croisent dans la rue. la Cour Suprême décide d’obliger de grands lycées, tel le lycée Central, à ouvrir leurs portes aux élèves volontaires qui ne connaissaient jusqu’alors que le piteux enseignement qu’on leur réservait. Seuls neuf adolescents ont osé lever la main pour aller dans le Lycée Central. Neuf adolescents qui ne s’étaient peut-être pas rendus compte de l’inimaginable haine que leur portaient les lycéens blancs et leurs parents, ou peut-être neuf adolescents déterminés à changer le monde.
Parmi ces neufs étudiants nous allons suivre en particulier Molly Costello, fille de Erin et petite-fille de Shiri. Inspirée par la vie de Melba Pattillo, Molly découvrira la vraie peur, la tristesse, le désespoir et l’injustice qui règne dans son pays.
Le jour de la rentrée est arrivé. Les futurs lycéens s’étant fixés un point de rendez-vous pour y aller tous ensemble au lycée Central, Molly est assez confiante… avant de voir la scène qui se déroule devant les portes de l’établissement. Une marée humaine hurle dans tous les sens et bloque l’accès aux portes du lycée. L’intégration est contestée par des dizaines et dizaines de ségrégationnistes, le gouverneur de l’Arkansas interdit même (alors qu’il n’en a pas le droit) la rentrée des étudiants noirs suite à la demande de la Ligue des mères blanches. Les menaces de mort redoublent, Molly a peur du téléphone, la croix du Klan, enflammée, est plantée dans le jardin de sa famille.
Après une démarche juridique auprès du plus haut pouvoir des États-Unis, les neufs lycéens peuvent enfin faire leur rentrée… sous les insultes et les projectiles qu’on leur lance.
Molly Costello ira dans la classe de Grace Anderson dont nous suivons tout au cours du roman l’état d’esprit et le changement de position par rapport à l’intégration.
Victimes dès le premier jour de la violence de leurs « camarades », les neuf détestés seront obligés d’être accompagnés d’un soldat armé (sous ordre du président même) pour enfin se sentir en sécurité. Tout au long du roman, on en apprend un peu plus sur leur quotidien et les faits divers tous plus affreux les uns que les autres qui ont lieu (pour la plus grande indifférence des ségrégationnistes). S’étant éloignés de tous leurs anciens amis et seuls au monde dans une immensité blanche, la solitude est plus dure que jamais. On pleure à chaque page…
Un des moments clé de l’histoire est la cérémonie de fin d’année où les diplômés défilent pour que leur diplôme leur soit remis. Conrad Bishop, le plus âgé des neuf, est en dernière année. Le Klan et tous les ségrégationnistes du lycée resteront-ils les bras croisés ? Conrad sera-t-il seulement là pour assister à la remise des diplômes ? Et les huit autres, que leur adviendra-t-il ?
Pourquoi ce titre ?
Nous sommes en 1957 et les deux jeunes filles dont nous suivons l’histoire fêtent cette année leur 16 ans, qui sont appelés sweet sixteen aux États-Unis. Rêvant d’une superbe fête qui ferait des envieux ou d’un anniversaire où elles seraient entourées de leurs amis et de leur famille, les deux verront malheureusement leurs rêves déçus. Mais ce n’est pas un anniversaire qui est gâché, ce sont leur Sweet Sixteen, l’âge le plus important, celui dont la fête est inoubliable, celui où l’adolescente se transforme en jeune femme.
Molly le raccompagna à la porte et, après l’avoir refermée, elle se mit à pleurer ses sweet sixteen qu’elle rêverait à jamais.
Mon avis
Je recommande ce livre pour son histoire. Inspirée de faits réels, elle nous captive. C’est un message d’espoir. L’aventure de ces neufs adolescents dont on ne regarde que la couleur de peau est fascinante, incroyablement touchante, elle révèle toute l’injustice à laquelle ces neufs héros ont dû faire face. Sweet Sixteen a aussi un côté historique et permet d’approfondir notre culture sans qu’on ne s’en rende vraiment compte. C’est un des meilleurs livres que j’ai lus.
Justine