
Aujourd’hui, nous allons vous parler de Marie Tharp, femme pionnière dans le monde de la cartographie et la géologie. Nous vous la ferons découvrir dans une interview exclusive, en plongeant dans son passé plein de rebondissements…

Nous voici donc le 7 juillet 1994, en plein cœur des Etats-Unis pour une rencontre avec cette merveilleuse dame.
Quand avez-vous découvert la géologie ?
Lorsque j’étais encore trop petite pour aller à l’école, mon père William m’a emmené à son travail. Il était géomètre et travaillait pour le département de l’agriculture des Etats-Unis. C’est comme ça que je me suis initiée à la cartographie et à la géologie.
A quoi ont mené vos recherches dans le domaine scientifique ?
Mes recherches dans le domaine scientifique ont permis l’acceptation de la théorie de la tectonique des plaques. C’est-à-dire l’étude de la structure terrestre et de ses déformations (volcans, tremblement de terre, etc).
Où avez-vous travaillé le plus longtemps ?
J’ai travaillé pendant 31 ans à l’Université de Columbia en temps qu’assistante de William Morris Ewning mais j’ai contribué à d’autres projets comme la découverte des fonds marins même si je n’étais pas la bienvenue dans l’équipe composée essentiellement d’hommes.
Que pensez-vous de la place de la femme dans la société dans laquelle vous vivez ?
Nous vivons dans une société où les femmes n’ont leur place qu’à la maison. Je pense qu’il est plus difficile de se faire accepter en tant que femme scientifique qu’en tant que mère au foyer. Il y a beaucoup de progrès à faire car l’égalité homme-femme n’est pas prête d’être établie.
Qu’est-ce qui vous a le plus découragé, à quels obstacles avez-vous été confrontée ?
Dans ma carrière, j’ai été victime de misogynie, notamment de la part de mes collègues, mais ce n’est pas ça qui m’a découragé. Bien au contraire. J’ai tout de même réussi à participer à l’expédition qui me tenait le plus à cœur, partir sur un bateau pour explorer les fonds marins, alors même que l’on trouvait toutes les excuses possibles et inimaginables pour m’empêcher d’en faire partie.
Quelle est votre plus grande découverte scientifique ?
En 1977 avec Bruce Heezen, un de mes collègues, nous avons publié une carte complète des fonds océaniques, une prouesse pour l’époque. Un an plus tard, je reçois la plus haute distinction de la National Geography Society, la « Hulbard medal » pour l’ensemble de mon travail.
Avez-vous des passions, des hobbies, en dehors de la science ?
Non, j’étais vraiment concentrée dans mon travail. La science a occupé tout mon temps et toute mon énergie. Pour moi, la géologie est comme un héritage car mon père était géomètre.
Le fait d’avoir des parents professeurs et un père cartographe vous a t il aidé dans vos études ?
Déjà toute petite, pour moi, mon destin était tracé même si je me suis tournée vers la musique et l’anglais pour mes diplômes. Mes parents savaient que la science me passionnait. Sans mon père, je n’aurais peut-être jamais connu la géologie.
Un grand merci à vous d’avoir répondu à toutes nos questions et d’avoir partagé tout votre parcours exceptionnel avec nous.
Olivia et Johaïna










