Le nouvel an chinois au CDI

Le nouvel an chinois a eu lieu le 22 janvier cette année (la date change tous les ans). Le nouvel an chinois est aussi appelé « la nouvelle année lunaire ». A l’occasion de ce nouvel an chinois le CDI et le collège ont été décorés par Mme Josserand, la professeure documentaliste et M. Bourges, le professeur de chinois.

Cette année est l’année du Lapin. La reine Victoria, Albert Einstein, Angelina Jolie et David Beckam sont de ce signe. Mais il y a plusieurs animaux dans le zodiaque chinois qui se succèdent selon les années, dans l’ordre : le Rat (comme Georges Washington, William Shakespeare, le prince Charles et Cameron Diaz), le Buffle, le Tigre, le Lapin, le Dragon (comme Jeanne d’Arc et Monica Bellucci), le Serpent (comme Jules César et Léonard de Vinci), le Cheval, la Chèvre, le Singe, le Coq, le Chien et le Cochon.

Au CDI, pour célébrer le nouvel an, on trouve également en ce moment une sélection de livres sur la Chine : des fictions et des documentaires pour tous les goûts.

On vous invite fortement à aller voir ces magnifique décorations. Pour plus d’information et de photos, rendez-vous sur Esidoc en cliquant ICI.

Jeanne et Camille

Lettre à l’adulte que je serai… (3)

Dans le cadre d’un travail en français, les élèves de 5eB ont écrit une lettre à l’adulte qu’ils seront. Pourquoi cette proposition ?
Elle est inspirée de l’ouvrage Cher.e moi, Lettres à l’ado que j’étais, lettres à l’adulte que je serai, récemment publié aux éditons du Seuil, que les élèves de 5eB ont eu la chance de découvrir au Salon du livre de Montreuil en décembre dernier.  
Ce recueil réunit des lettres d’auteurs ayant participé à des ateliers d’écriture organisés par le Labo des histoires avec des adolescent.e.s qui ont écrit à l’adulte qu’ils vont devenir, ainsi que des lettres de personnalités invitées qui se sont également prêtées à l’exercice. Vous pouvez lire le compte-rendu détaillé de la rencontre au salon de Montreuil ICI.


Il est 7 heures du matin, mon réveil sonne, j’ouvre les yeux, je me lève puis j’entrouvre les rideaux de la fenêtre. Face à moi, il y a de nombreux gratte ciels. Je suis à New York, au dernier étage d’un hôtel luxueux. Dans ma chambre, il y a des grandes vitres qui permettent de voir tout New York, des grands canapés, plusieurs décorations et quelques tableaux d’art. Les poignées, les robinets sont en or. Je me dirige vers la salle de bain pour prendre ma douche quand le room service sonne à ma porte pour me déposer mon petit déjeuner. Après ma douche et mon déjeuner, je me précipite pour me rendre à la réception de l’hôtel car une limousine m’attend pour me conduire à ma réunion d’affaire qui se trouve dans une des plus grandes tours de New York. Je suis le responsable financier d’un grand groupe de biochimie mondial. Après une réunion qui dure plus de deux heures, je reprends la limousine pour me rendre à l’aéroport où un jet privé m’attend afin de rentrer en France.
Arrivé au Bourget, je récupère ma Ferrari bleue, je me dépêche de rentrer car une soirée avec mes amis est prévue en haut de la Tour Eiffel. Je suis attendu par ma femme pour y monter. A cette soirée, il y a de nombreuses personnes de la télé et des artistes avec qui on passe une excellente soirée.
Il est minuit, je suis fatigué de ce voyage d’affaire, ma femme et moi décidons de rentrer. Nous habitons une villa au bord de la Marne, avec piscine et terrain de tennis, en bon sportif que je suis. En arrivant à la maison, nous ne faisons pas de bruit afin de ne pas réveiller nos deux enfants qui dorment, gardés par notre fille au pair qui vit à la maison. Je vais me coucher, je m’allonge sur mon lit et ferme les yeux.

M.

Lettre à l’adulte que je serai… (2)

Dans le cadre d’un travail en français, les élèves de 5eB ont écrit une lettre à l’adulte qu’ils seront. Pourquoi cette proposition ?
Elle est inspirée de l’ouvrage Cher.e moi, Lettres à l’ado que j’étais, lettres à l’adulte que je serai, récemment publié aux éditons du Seuil, que les élèves de 5eB ont eu la chance de découvrir au Salon du livre de Montreuil en décembre dernier.  
Ce recueil réunit des lettres d’auteurs ayant participé à des ateliers d’écriture organisés par le Labo des histoires avec des adolescent.e.s qui ont écrit à l’adulte qu’ils vont devenir, ainsi que des lettres de personnalités invitées qui se sont également prêtées à l’exercice. Vous pouvez lire le compte-rendu détaillé de la rencontre au salon de Montreuil ICI.


J’ai quarante-cinq ans et trois enfants !

J’ai quarante-cinq ans et trois enfants, je vis au Canada, je suis une maman seule.

Je me réveille à 7 heures tous les matins pour accompagner mes enfants à l’école qui ont 17, 12 et 7 ans. Je me prépare pour le travail car je suis chirurgienne mais j’ai des horaires fixes. Je réveille mes enfants et je prépare le petit déjeuner. Mon fils de 17 ans prend le bus pour aller au lycée mais nous sommes en février, il fait très froid et il y a beaucoup de neige donc je l’accompagne. Je déneige la voiture et le passage devant ma maison. Je fais monter mes enfants dans ma voiture qui est une Range Rover blanche. Je dépose mes enfants et je fonce à l’hôpital. J’arrive à 8h30 et je suis immédiatement appelée aux urgences pour aller au bloc opératoire. Cette journée était plutôt calme. J’ai juste amputé un homme et greffé un rein à une femme, sinon j’étais aux urgences toute la journée.

Au Canada, l’école se termine à 13h00 mais mes enfants restent à l’étude jusqu’à 18h30, sauf l’aîné qui rentre seul en bus. Je vais chercher mes enfants et je rentre chez moi. Ils étaient à l’étude aujourd’hui donc pas de devoirs pour ce soir. Ils vont se doucher un par un, pendant ce temps je fais à manger. Ce soir, j’ai fait des lasagnes et en dessert il me reste des cupcakes de ce midi. On mange. Tout le monde se brosse les dents. Il est 21h45. Ma fille de 7 ans est au lit depuis 45 minutes et ma fille de 12 ans va au lit. Mon fils peut se coucher au max à 23h45. Il est dans sa chambre. Pendant ce temps, je refais mon vernis et je vais me coucher vers 00h35.

M.

Lettre à l’adulte que je serai… (1)

Dans le cadre d’un travail en français, les élèves de 5eB ont écrit une lettre à l’adulte qu’ils seront. Pourquoi cette proposition ?
Elle est inspirée de l’ouvrage Cher.e moi, Lettres à l’ado que j’étais, lettres à l’adulte que je serai, récemment publié aux éditons du Seuil, que les élèves de 5eB ont eu la chance de découvrir au Salon du livre de Montreuil en décembre dernier.  
Ce recueil réunit des lettres d’auteurs ayant participé à des ateliers d’écriture organisés par le Labo des histoires avec des adolescent.e.s qui ont écrit à l’adulte qu’ils vont devenir, ainsi que des lettres de personnalités invitées qui se sont également prêtées à l’exercice. Vous pouvez lire le compte-rendu détaillé de la rencontre au salon de Montreuil ICI.


– Salut !

– Bonjour…

– Alors tu es vraiment là ? Devant moi ?

– Pourquoi tu viens me voir ? ça te fait plaisir de te rappeler les jours passés où tu pleurais dans ton lit, seule et désespérée comme une tortue ? Te souvenir des fausses amitiés qui te rabaissaient sans cesse et laissaient s’en aller ta confiance en toi ? De ces gens méchants que tu détestais physiquement et moralement ? Tout comme cette fille-là, en primaire, celle qui t’enfermait dans les toilettes de l’école en riant et qui s’amusait avec tes affaires quand tu avais le dos tourné…

– Tout ça c’est du passé, je n’y pense plus maintenant…

– Mais notre « nous » du passé, elle, le vit encore, tu sais. Même si on décide de l’effacer, on ne pourra jamais l’oublier. Et toi ? Tu viens m’apporter de bonnes nouvelles ou ta vie est toujours aussi morose que maintenant ?

– Ma vie, notre vie, elle est mouvementée, c’est vrai, c’est une réalité. Tu vis seule aussi, je ne te le cache pas. Je vis dans un appartement à Montreuil qui est, depuis peu, le 23e arrondissement de Paris.

– J’exerce quelle profession ? ça paye combien ? Est-ce que j’arrive à payer mes fins de mois ?

– Réalisatrice de film, enseignante, prof, psychologue… Rien de tout ça malheureusement. Mais rassure-toi, ta vie active a été bien faite au final. Tu es architecte d’intérieur à plein temps. Tu es plus aisée que tu ne pourrais le croire à cet âge-là. Tes objectifs de l’année 2041 sont…

– Attends, attends, tu viens de 2041 ? Tu as 31 ans ! Alors, y a-t-il des voitures volantes ? L’Amazonie n’est-elle plus qu’une petite feuille morte ? Le coronavirus n’est-il plus qu’une maladie banale parmi d’autres ? Dis-moi !

– Les voitures volantes sont en cours de commercialisation. Les bus roulent au Co2. Caissier n’est plus un métier. Ceux qui l’exerçaient ont été remplacés par des machines électroniques. On apprend aux enfants à rapper du Jul en cours de musique et notre défaite mondiale à la Coupe du monde 2022 en cours d’histoire géo.

– D’accord… Et… Aurais-tu un dernier conseil pour moi ?

– Vis ta vie comme si tu devais mourir demain. Des erreurs tu en feras. Des obstacles, tu ne verras plus que ça. L’idylle inconsciente et courageuse, elle te trompera. Mais n’oublie jamais cela : « Seul est digne de la vie, celui qui chaque jour part pour elle au combat ».

– Hein ?….

Fin

C.

Jeu concours : comment sont faits les livres

En ce moment, au CDI, on peut participer à un jeu concours sur la fabrication du livre. On doit remplir un questionnaire en s’aidant d’une exposition présente au CDI. Si notre questionnaire est tout juste on peut remporter un livre.

Cette exposition est réalisé par les Editions Gallimard, on y découvre comment on écrit, on illustre et comment on édite un livre.

Pour répondre au questionnaire il y a neuf panneaux d’affichage et deux livres à consulter pour les plus curieux.

Il faut répondre à des questions comme : « Que veut dire ISBN ? »; « Qu’est-ce que la typographie ? »; « Qu’appelle-t-on un chemin de fer ? »; « Quelles sont les quatre couleurs de la quadrichromie ? » et plein d’autres questions… plus ou moins difficiles.

A vous de jouer !

Jeanne et Camille

« Je le croise souvent… » (5)

Dans le cadre d’un travail de Français avec Mme Raimbaud sur le roman No et Moi de Delphine de Vigan dans lequel  le personnage principal est une adolescente qui fait la connaissance d’une jeune SDF, nous avons écrit un texte sur une personne que nous croisons souvent mais à qui nous ne parlons jamais.

Je le croise souvent.

Devant la boulangerie près du collège, ou sur les marches de l’église pas loin de la station St-Jacques. Il sourit toujours et chaque passant lui rend son sourire. Je lui dis bonjour et il murmure un « salut » presque inaudible. C’est tout. De temps en temps, je vois des personnes venir lui parler et lui donner du pain ou une pièce. Pas moi, je ne saurais pas quoi dire et puis, je n’ai jamais rien sur moi. Pourtant il ne doit attendre que ça, que quelqu’un vienne lui parler. Il est seul, sans personne avec qui discuter.

Mais il sourit.

Il n’a personne mais il sourit. Ses épaules se courbent sous le poids de sa misère mais il sourit. Déjà âgé, ses rêves d’enfance se sont brisés mais il sourit.

Je ne le comprends pas.

Sans domicile fixe, il ne semble pas craindre la morsure du froid d’hiver, chose que tout le monde redoute. Ses yeux gardent leur lueur malgré la dureté du béton sur lequel il s’assoit. Sa vieille casquette, posée sur ses courts cheveux grisonnants, surplombe ses deux oreilles qui n’attendent que le doux son d’une salutation.

Aimable personne à la vie si injuste, souriant mendiant aux vêtements usés, sociable monsieur qui reste solitaire, voilà ce qu’il laisse voir à travers son visage.

Justine

« Je le croise souvent… » (4)

Dans le cadre d’un travail de Français avec Mme Raimbaud sur le roman No et Moi de Delphine de Vigan dans lequel  le personnage principal est une adolescente qui fait la connaissance d’une jeune SDF, nous avons écrit un texte sur une personne que nous croisons souvent mais à qui nous ne parlons jamais.

« Je le croise souvent à chaque fois que je traverse l’avenue du Général Leclerc pour aller au collège. Il est assis sur son carton, je le regarde ou lui dit tout au plus un bonjour. Je le vois parfois parler avec des gens, probablement des amis. A chaque fois que nos regards se croisent, il me sourit, je lui souris à mon tour. Je le vois souvent tête baissée, le regard perdu, cherchant quelque chose. Il est toujours assis sur son carton. Il inspire la confiance et semble calme et apaisé. Il porte souvent un bonnet et une veste en tissu. Je ne vois pas les chaussures car il est assis en tailleur. Il a l’air calme, dans son nuage. Parfois j’ai l’impression qu’il voyage dans son esprit et que cela lui permet de passer le temps. Peut-être que c’est là qu’il vit, dans son esprit. Cette personne est sûrement quelqu’un de très agréable et calme. Il n’est pas, du moins je le pense, du genre à s’énerver ou à s’agiter. Il mène sa vie paisiblement sans rien demander à personne. Je pense que j’irai lui parler ».

Adrien

« Je le croise souvent… » (3)

Dans le cadre d’un travail de Français avec Mme Raimbaud sur le roman No et Moi de Delphine de Vigan dans lequel  le personnage principal est une adolescente qui fait la connaissance d’une jeune SDF, nous avons écrit un texte sur une personne que nous croisons souvent mais à qui nous ne parlons jamais.

« Je le croise tous les jours, quand je vais au collège, tous les matins et tous les soirs. Le conducteur du bus 92. Je lui dis bonjour ou bonsoir en entrant dans le bus mais jamais plus. Il est toujours habillé en uniforme vert et bleu (ce sont surement les couleurs de la R.A.T.P.). Il a des cheveux foncés et lisses. C’est un très bon conducteur, il ne s’arrête jamais subitement et prend très bien les virages. Le conducteur est toujours calme et serein dans ses mouvements, ce qui le rend très appréciable à huit heures du matin.

Pour conclure, je pense que les gens devraient tous dire bonjour ou bonsoir à tous les conducteurs de bus car leur métier n’est pas toujours facile malgré leur importance dans notre vie de tous les jours. »

Théodore

« Je la croise souvent… » (2)

Dans le cadre d’un travail de Français avec Mme Raimbaud sur le roman No et Moi de Delphine de Vigan dans lequel  le personnage principal est une adolescente qui fait la connaissance d’une jeune SDF, nous avons écrit un texte sur une personne que nous croisons souvent mais à qui nous ne parlons jamais.

« Je la croise souvent. Elle est là, comme d’habitude, devant la bibliothèque à quelques mètres de moi. La faible lueur des réverbères l’éclaire. Sa couverture, salie et usée par le temps, enveloppe son petit corps frêle. Je vois qu’elle a froid ; elle tremble. Elle a un tic : celui de s’arracher les bouts de peau morte autour des ongles. C’est l’une des seules choses que je sais de cette femme que je croise pourtant tous les jours en allant au collège. J’ai l’impression de passer à côté de quelque chose. Je sais que deux pas et quelques mots suffiraient mais je n’ose pas. C’est comme s’il y avait une ligne, une limite invisible entre nous que je n’arrive pas à franchir. Elle lève la tête; ses cheveux châtains retombent sur ses épaules. Elle me regarde droit dans les yeux. Les siens sont bleus. J’ai du mal à ne pas détourner mon regard. Je ne comprends pas bien pourquoi mais je pense que je suis gênée, honteuse. J’aimerais comprendre comment elle a fini comme ça. J’essaie de m’imaginer sa vie, une vie où la nourriture ne se jette pas, où prendre une douche est une chance (et non pas une corvée qui nous empêche de nous lever 15 minutes plus tard), où toutes ses affaires sont contenues dans un ou deux sacs. Une vie où l’on est presque toujours seul, entouré et ignoré de centaines de personnes que l’on croise tous les jours et qui se plaignent d’avoir trop de travail, trop de responsabilités, trop de « trucs à faire », trop de toutes ces choses que l’on voudrait tant avoir.

Je crois que j’ai maintenant compris la raison pour laquelle je suis mal à l’aise quand je croise son regard. Finalement, elle me sourit. Son sourire est réconfortant. Je lui souris en retour en lui disant « bonjour ». Elle hoche gentiment la tête et je poursuis mon chemin, comme tous les matins. Qui sait, j’arriverais peut-être à lui parler demain ».

Le Panda

« Je le croise souvent… » (1)

Dans le cadre d’un travail de Français avec Mme Raimbaud sur le roman No et Moi de Delphine de Vigan dans lequel  le personnage principal est une adolescente qui fait la connaissance d’une jeune SDF, nous avons écrit un texte sur une personne que nous croisons souvent mais à qui nous ne parlons jamais.

« Je le croise souvent. Tous les matins et tous les soirs, pour être précise. Il est presque toujours là, assis par terre devant la boulangerie, et il regarde les gens passer. Je me dis que ça doit être dur pour lui qui n’a presque rien à manger de voir les gens sortir en engloutissant leurs croissants et leurs pains au chocolat.

Et pourtant, il sourit. Et ça me redonne du courage. Parce que je me dis que si lui il affronte le froid et la faim depuis des années, s’il a survécu à des hivers glacés et à des nuits pluvieuses sans nulle part où s’abriter, s’il a passé parfois plusieurs jours sans manger en subissant le regard dur des passants qui préfèrent l’ignorer plutôt que de lui offrir une seule des pièces si nombreuses dans leur porte-monnaie, et qu’il trouve toujours la force de sourire, alors moi, bien au chaud dans mon lit confortable, et le ventre encore plein du bon repas que je viens d’avaler, je n’ai pas le droit de m’apitoyer sur mon sort.

Et puis un jour, je me suis dit que ce n’était pas normal. C’est moi qui ai tout, et lui rien, et pourtant c’est lui qui me donne. Il me donne la force de sourire, il me donne envie de rire, et c’est un des plus beaux cadeaux qu’il pouvait me faire. Alors j’ai voulu le remercier, je suis partie plus tôt de chez moi pour être sûre de ne pas arriver en retard en cours. Je voulais juste aller lui parler, lui demander si ça allait. Sur le trajet, j’ai pensé à quelques questions que je pourrais poser. La première était depuis longtemps décidée « Comment vous appelez vous? ».

Mais quand je suis passée devant lui, je ne me suis pas arrêtée. J’avais trop peur qu’il ne me réponde pas. Qu’il s’énerve. Ou alors qu’il me dise qu’il ne sait pas, qu’il ne sait plus, qu’il vit dehors depuis tellement longtemps qu’il ne se rappelle plus. Qu’il s’est perdu.

C’est lui qui affronte le froid et la faim depuis des années, lui qui a survécu à des hivers glacés et à des nuits pluvieuses sans nul part où s’abriter, lui qui a passé parfois plusieurs jours sans manger en subissant le regard dur des passants qui préfèrent l’ignorer plutôt que de lui offrir une seule des pièces si nombreuses dans leur porte-monnaie.

Et c’est moi qui n’ai pas le courage de lui demander son nom ».

Le brocoli