Le Ring de Katharsy, un spectacle… spécial

Dans le cadre de l’atelier théâtre, nous sommes allés voir Le ring de Katharsy d’Alice Laloy au théâtre du Rond Point.

Sur scène, un univers complètement gris, glauque, étrange… Un ring est tracé et la scène est séparée en deux parties. Quand le spectacle commence un bruit assourdissant survient, des comédiens apparaissent, en gris de la tête au pied avec une démarche robotique : ce sont les avatars. Nous sommes en effet dans un jeu vidéo. Deux joueurs manipulent ces avatars comme des marionnettes, les comédiens sont désarticulés (ce sont des acrobates). Katharsy, une femme avec une robe immense, tout de gris vêtue est placée au milieu du fond de scène. C’est en quelque sorte l’arbitre du jeu, elle effectue des chants lyriques et donne les instructions.

Le premier round commence, c’est le Black Friday. Les joueurs donnent des ordres à leurs avatars : Cours ! Stop ! Bouffe ! Assieds toi ! Intimide ! Insulte ! Frappe !… Les avatars exécutent alors les faits et gestes demandés. On a vraiment l’impression que les acteurs ne sont pas vivants, ce sont « devenu » des marionnettes. C’est d’ailleurs la spécialité d’Alice Laloy.

Pendant toute la durée du spectacle, des néons stroboscopiques surgissent sur scènes, des sons vous brisent les tympans. Il n’y a jamais eu de silence, il y avait toujours un arrière bruit oppressant. C’était lourd, pesant, anxiogène. On avait l’impression d’être piégé dans l’atmosphère de la pièce. On était coincé avec les avatars dans le jeu. C’était… malaisant.

En sortant de la salle, j’avais le sentiment d’avoir vécu un moment éprouvant, dur, mais maintenant je trouve que c’est un spectacle que je pourrai définir comme : incroyable. La pièce nous transporte dans un univers si particulier, on est vraiment avec les avatars sur scène. Je suis très contente d’avoir vécu cette expérience et je m’en souviendrai sans doute toute ma vie.

Ce jeudi, nous avons rencontré deux comédiennes du spectacle : Camille Guillaume et Nilda Martinez. Elles sont venues spécialement au collège pour qu’on puisse leur poser des questions. La rencontre était super ! D’abord, nous avons appris que rien n’était de l’improvisation. Chaque détail est écrit car, au cours de la pièce, des objets tombent sur scène, des combats ont lieu: « Ce serait trop dangereux si on improvisait ». Si un joueur se trompe sur le texte ou qu’un avatar a un moment d’inattention, il peut y avoir des incohérences dans le spectacle… Il y a même une scène qui est écrite exprès au cas ou un objet ne tomberait pas sur scène…

Pour arriver à constituer la pièce, il y a eu 3 ans de recherche autour du spectacle, 15 semaines de construction et 13 de répétitions. C’est énorme ! Les comédiennes nous ont dit que diverses idées avaient été proposées et qu’il y en avait qui n’étaient pas toujours faisables. A un moment, les avatars doivent manger diverses choses comme des carottes… Pour qu’elles soient plus facile à manger, elles étaient cuitent à la vapeur… Les comédiennes nous on également fait part de la bonne humeur de la troupe pendant les répétitions et nous on dit qu’il n’y avait pas eu de souffrances. J’ai eu l’impression qu’elles étaient très contentes de participer à ce spectacle et que toutes les recherches par rapport au corps du comédien « transformé » en celui d’une marionnette leur avait beaucoup plu !

Un grand merci à elles pour leur disponibilité, leur énergie et leur bonne humeur !

Giulia

Si vous voulez voir à quoi ressemblait l’ambiance du spectacle voici un petit teaser :

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