La polémique qui a mis le feu au Festival de Cannes

Alors que le palmarès sera annoncé ce soir, lors de ce 79e festival de Cannes une invitée pas prévue s’est invitée sur les marches : la polémique au sujet de Vincent Bolloré, patron de nombreux médias comme CNEWS, mais aussi de Hachette éditions (et donc de maisons d’édition comme Grasset ou Fayard), propriétaire de Canal + et milliardaire français d’extrême droite.

Dès le 1er jour du festival, plusieurs professionnels du 7e art (600 signataires dont Juliette Binoche ou Jean-Pascal Zadi) ont participé à une tribune publié dans Libération (« Zapper Bolloré »). Ils y dénonçaient la possible emprise de Bolloré sur « la totalité de la chaîne de fabrication des films », puisque Canal + est un des principaux financiers du cinéma hexagonal mais aussi parce que Bolloré est en train de racheter toutes les salles UGC. Il contrôlerait donc toute l’organisation des films, de leur production jusqu’à leur distribution. Pointant le fait que Bolloré lui-même aurait reconnu « mener un combat civilisationnel », les signataires s’alarment : « Voulons-nous prendre le risque que demain ne soient plus financés que des films de propagande au service d’une idéologie ? »

En réponse à cette tribune, le patron de Canal +, Maxime Saada a mis sur liste noire toutes les personnalités ayant participé à cette tribune. En effet, le patron du 3e fournisseur de films au monde, qui a donc un énorme impact sur le cinéma a décidé, pour mettre un coup de pression aux signataires, qu’ils ne travailleraient plus avec l’équipe Canal. En croyant faire peur (et faire taire toute protestation) cette décision a entrainé une grosse polémique et a poussé d’autres professionnels du cinéma à réagir à la menace. Depuis, des producteurs, distributeurs, exploitants, scénaristes, techniciens ou acteurs, mais également des réalisateurs dont les films sont actuellement en compétition à Cannes, ont répondu à cette attaque. Plus de 2800 noms se sont rajoutés aux précèdents participants.

Au-delà de la polémique la question qui se pose est celle de la liberté d’expression : peut-on, dans le cinéma, être totalement libre de dire ce qu’on veut ? Doit-on avoir peur d’exposer son point de vue, sous peine de perdre son travail ?

Louise et Diane

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