Dans mon Foutu zoo au théâtre Silvia Monfort, entre réel et imaginaire…

Vendredi 13 février, avec l’Atelier Théâtre, animé par Mme Josserand, nous sommes allées voir Dans mon foutu zoo, une création du collectif « Le Printemps du machiniste » au théâtre Silvia Monfort.

Les comédiens étaient intervenus au collège auparavant pour nous présenter leur « Prélude », sur lequel Diane et Jeanne avaient fait un article. On retrouve dès le début de la pièce, la station de radio, La Puissance, où les auditeurs interagissent en envoyant des questions et des réponses. Le spectacle se tourne entièrement sur la réponse de la question de Didi, adolescente angoissée, qui a de la fumée qui émane d’elle. Didi est une marionnette en bois, dirigée par la comédienne Dorine. Puis, le spectacle a basculé dans l’onirisme, des animations étaient projetées sur un écran. Didi se retrouve enfermée dans une grotte, avec un oiseau, où l’eau monte…. Les aventures et les péripéties traversées par Didi la transforme… Mais on ne vous révèle pas tout.

Nous avons beaucoup aimé la mise en scène : il y avait un écran ou étaient projetées des animations qui nous plongeait dans l’intérieur imaginaire de Didi. Le spectateur passait donc du réel avec l’émission de radio en direct à l’imaginaire. Même si le sujet principal était sérieux puisqu’il s’intéresse au mal-être adolescent, il y avait aussi de l’humour qui permettait d’alléger le discours. Les comédiens étaient particulièrement drôles quand ils imitaient des bruits d’animaux et nous faisaient écouter des réponses ratées des auditeurs, en se mettant complètement dans la peau de personnages exubérants. Nous avons été touchées par ce spectacle qui pointait des sujets auxquels nous sommes particulièrement sensibles car nous y sommes confrontées, en particulier : être différent dans un groupe d’adolescents.

Durant le bord de plateau, les comédiens sont revenus sur le message qu’ils espèrent faire passer avec leur « Foutu zoo » : il faut essayer de ne pas rester seul et c’est le collectif qui peut nous aider dans les questions existentielles que l’on se pose, d’autant plus dans le monde un peu angoissant dans lequel nous vivons actuellement. Nous avons appris aussi que, dans le processus de création, les questions qui sont retenues dans l’émission de radio sont de vraies questions qui ont été posées par des collégiens ou des lycéens lors du travail mené par la compagnie dans divers établissements scolaires. En tout et pour tout, la troupe a travaillé à peu près trois ans pour créer ce spectacle. Les comédiens nous ont aussi révélé les clés de la fumée : c’est une toute petite machine à fumée qui est dissimulée dans le corps de Didi et que le metteur en scène actionne à distance… Mais chut ! C’est un secret.. On compte sur vous pour ne pas le révéler aux futurs spectateurs de « Dans mon foutu zoo! ».

Elisa et Louise

La petite boutique des horreurs

La petite boutique des horreurs est une comédie musicale tirée d’un film américain de 1960, mise en scène par Valérie Lesort et Christian Hecq. Je suis allée la voir au théâtre de la Porte Saint-Martin et j’ai adoré !

La pièce raconte l’histoire d’un fleuriste, Mushnik, de son fils adoptif, Seymour et d’une jeune employée, Audrey. Un jour, Seymour découvre une nouvelle espèce de plante exotique qu’il baptise « Audrey 2 » car il est amoureux de l’employée de son père. La plante a beaucoup de succès auprès des clients qui accourent pour la voir. Et, alors que la boutique courrait à sa perte, Audrey 2 réussit à la sauver de la ruine. Mais, rien n’est parfait ! Seymour découvre qu’elle est carnivore. Elle doit manger des humains pour survivre. Seymour est donc contraint de tuer le petit ami d’Audrey pour la nourrir. L’histoire tourne rapidement au désastre du fait de l’appétit débordant d’Audrey 2 !

J’ai beaucoup aimé cette pièce à la fois désastreuse à cause de sa triste fin et humoristique en même temps. Ce que j’ai trouvé de plus incroyable était la magnifique marionnette de plante carnivore dans laquelle un acteur était dissimulé. Mais en fait, chaque détail des décors a été extrêmement bien pensé, ils ont d’ailleurs coutés très cher !

Je vous conseille fortement cette pièce incroyable. Actuellement elle n’est plus jouée au théâtre Saint-Martin mais elle sera surement reprise plus tard ailleurs !

Adèle M.

Les Fourberies de Scapin à la Comédie Française

Nous sommes allés voir dans le cadre de l’atelier théâtre, une représentation des Fourberies de Scapin de Molière, mise en scène par Denis Podalydès à la Comédie Française.

Cette pièce classique parle de deux jeunes hommes, Octave et Léandre qui se sont chacun mariés sans l’accord de leurs pères, partis en voyage. Ceux-ci rentrant, les jeunes gens paniquent craignant que leurs pères n’acceptent pas ces mariages clandestins. Octave et Léandre demandent alors à Scapin (le valet de Léandre) de les aider à arranger la situation. Scapin va donc employer de nombreuses ruses (ces fameuses fourberies) pour les aider…

La Comédie Française est une institution vraiment très prestigieuse et ce fut très appréciable de pouvoir aller voir une pièce là-bas. La salle Richelieu (qui va d’ailleurs bientôt fermer pour cause de travaux dans quelques mois) où nous avons vu la représentation est magnifique. Le théâtre, à l’italienne, comporte des ornements sur les murs, des peintures sur le plafond et un superbe lustre. Le rouge et l’or nous en ont mis plein la vue !

Les décors d’Eric Ruf était merveilleux, la pièce se passait dans un port ce qui les rendaient encore plus impressionnants. Ils étaient très détaillés et j’ai eu la sensation de ne pas avoir une scène devant moi mais un monde réel.

De plus, les acteurs qui jouent à la Comédie Française sont très talentueux ! Il faut savoir que la pièce dure deux heures sans entracte et qu’ils doivent assurer leur rôle tout le long du spectacle surtout Noam Morgensztern qui joue le rôle de Scapin, celui-ci étant presque toujours sur scène. Je l’ai trouvé très énergique et drôle. Il rentre parfaitement dans la peau de son personnage. Il s’accorde même quelques improvisations qui rendent le personnage un peu plus proche de nous. Il multiplie les apartés, joue avec le public jusqu’à faire monter un enfant sur scène !

Le seul bémol : comme nous étions au paradis, nous étions loin des acteurs et l’on ne voyait pas l’expression de leur visage. J’ai été moins prise par la pièce que quand nous étions allés voir Noircisse au théâtre Dunois même si ce fut une grande chance de pouvoir aller à la Comédie Française voir un aussi beau spectacle.

Giulia

Le Roi Lion un spectacle musical incroyable !

Ce dimanche, je suis allée voir au théâtre Mogador à Paris la comédie musicale Le Roi Lion qui reprend l’histoire du film de Disney de 1994.

Le roi Mufasa et sa femme Sarabi mettent au monde un lionceau nommé Simba qui est destiné à devenir roi. Le frère de Mufasa, Scar, veut obtenir le pouvoir et régner sur la Terre des Lions. Pour cela, il s’allie aux hyènes, tue le roi et fait disparaitre Simba de manière à devenir roi. Simba, perdu dans la savane, grandit alors avec un phacochère et un suricate. Mais un jour, il décide de reprendre sa place sur le trône. Il se bat alors contre Scar et il reprend le pouvoir !

J’ai trouvé le spectacle très impressionnant ! Les costumes et les décors sont très bien faits, tous les détails y sont. Les costumes sont si réalistes que l’on croirait presque que ce sont de vrais animaux sur la scène et qu’il n’y a pas d’acteurs qui se cachent derrière. La mise en scène est également superbe ! Le spectacle nous transporte dans un autre univers, on a l’impression d’être dans la savane avec tous les animaux autour de nous ! J’ai vraiment trouvé ce spectacle féérique et hors du temps.

Giulia

Noircisse, un spectacle coup de cœur

Le vendredi 5 décembre dernier, les ateliers théâtre 6e et 5e sont allés au théâtre Dunois voir le spectacle Noircisse, une pièce écrite par Claudine Galea et mise en scène par Sophie Lahayville.

La pièce raconte l’histoire de deux jeunes filles de 10 ans, Hiver et June, qui passent leurs vacances ensemble au bord de la mer. Hiver est une fille qui est fermée et qui « noircit » sur un carnet tout ce qu’elle n’aime pas (le centre commercial, le boss de sa mère…). June, au contraire, est joyeuse et plus ouverte. Malgré leurs caractères très différents, elles s’adorent. Mais cet été, « Le Petit », un garçon du village, et Mayo, un migrant syrien, perturbent leur routine…

Cette pièce nous a beaucoup plu car nous avons aimé le fait que les enfants soient joués par des adultes, on croyait en leurs personnages. Nous avons aussi beaucoup apprécié la mise en parallèle des problèmes d’Hiver (la construction de nouvelles habitations pour les touristes) et ceux de Mayo (la guerre en Syrie, la difficulté qu’il a éprouvé pour franchir la Méditerranée…) car cette comparaison nous montre que la vie d’Hiver n’est pas si horrible que ce que l’on pense au début de la pièce. Cela nous a beaucoup émues et nous pensons que ce spectacle est le meilleur que nous ayons vu.

Nous avons eu une petite présentation du spectacle en amont avec deux représentantes du théâtre Dunois qui nous a permis de mieux comprendre la pièce et ses enjeux. A la fin de la représentation nous avons eu la chance de pouvoir échanger avec les acteurs et la metteuse en scène pour leur poser des questions. Ils nous ont expliqué que pour réussir à jouer des enfants ils avaient puisé dans leurs souvenirs et leurs anciennes habitudes.

Adèle et Sonia

La petite soldate, un spectacle qui fait réfléchir !

Vendredi 14 novembre notre classe de 6eD est allée au théâtre de Gennevilliers (le T2G de son surnom) pour voir un spectacle intitulée La Petite soldate.

Pour cette création, Gaelle Bourges, qui est à la fois metteuse en scène, comédienne, chorégraphe, danseuse et marionnettiste, s’est inspirée de l’Histoire du soldat de Charles Ferdinand Ramuz.

Née en 1944 et d’origine algérienne, elle situe l’action de sa pièce, non pas pendant la première guerre mondiale, mais pendant celle d’Algérie qui l’a beaucoup marquée. Elle transforme aussi le soldat en soldate, et le diable en la diable. Elle change aussi la musique composée à l’origine par Igor Stravinsky, pour du disco, plus emblématique de son époque. Ainsi, la petite soldate écoute un disque qui vient du futur, « La fièvre du samedi soir » des Bee Gees, une musique qui la fait danser. Gaëlle Bourges, qui est marionnettiste, a choisi de mettre en scène dans son spectacle de grandes poupées de chiffon sans visage, à taille humaine. La petite soldate et la diable sont donc deux poupées manipulées par deux marionnettistes dont Gaëlle Bourges. Ce ne se sont pas les personnages qui parlent mais toutes les voix sont enregistrées et il y aussi une voix off qui raconte l’histoire. Le spectacle pose une question centrale : est-ce si facile d’être heureux ? Surtout en temps de guerre…

J’ai bien aimé le spectacle, à la fois pour son côté historique, avec l’évocation de la guerre d’Algérie, mais j’ai aimé aussi les parties dansées qui rendaient le spectacle moins triste et plus positif. J’ai été un peu surprise par les marionnettes qui étaient très grandes et assez originales, je n’en avais encore jamais vu comme celles-ci dans un spectacle.

Nous sommes allés voir ce spectacle en ouverture d’un projet qui va être mené dans notre classe qui s’appelle « Au bout du conte ». Ce projet se fait grâce à un partenariat avec le festival d’Automne et « l’art pour grandir » qui nous permet de travailler avec des artistes dans notre classe. Aussi, Angelina qui travaille pour le Festival d’automne est venue au collège la veille pour nous présenter le spectacle ! Heureusement, sinon on n’aurait pas tout compris ! Un grand merci à elle et vivement la suite du projet !

Inès

Sortie de l’atelier théâtre au Théâtre 13, Tout est bien qui finit bien

Tout est bien qui finit bien est le titre de la pièce de théâtre que nous sommes allés voir vendredi 16 mai. C’est une pièce, de William Shakespeare, peu connue du public. Elle a été écrite en 1604.

William Shakespeare / image Buaidh, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons

C’est l’histoire d’une femme, Hélène, qui est amoureuse de Bertrand, le fils de sa mère adoptive. Malheureusement, le jeune homme la rejette et va combattre en Italie en espérant ne plus la revoir. L’histoire se déroule dans une Europe en guerre, sous le règne de François 1er.

Le metteur en scène, Frédéric Jessua, a opté pour une mise en scène moderne, le spectacle est rempli d’anachronismes : les vêtements pouvaient être des maillots de foot ou des costumes d’époque, les décors amovibles pouvaient autant représenter la cour du roi ou une Marseille moderne… La traduction est, elle aussi, remplie de modernité avec l’utilisation de mots ou d’expressions contemporains parfois même grossiers, en mélangeant les registres. Il y avait parfois des interventions musicales chantées en rythme par les acteurs qui créaient des pauses dynamiques dans l’histoire.

Ce spectacle nous a plu car le personnage de Bertrand était exaspérant et nous donnait envie de connaître le sort qui lui était réservé. Ce personnage si arrogant se fait finalement piéger par la ruse et l’intelligence d’Hélène, qui obtient ce qu’elle désire (mais on ne vous dira pas comment pour vous que gardiez le suspense), ce que nous avons aimé. C’était la dernière sortie de l’atelier théâtre de l’année scolaire et nous n’avons pas été déçus par ce dernier spectacle.

Courez-y car c’est la dernière représentation demain !

Sonia et Camilia

Réservations ICI

« Où tu vas », un spectacle mi danse mi théâtre, à ne pas manquer

Je suis allée voir une pièce de théâtre intitulée Où tu vas, au théâtre Dunois, théâtre spécialisé dans les spectacles pour le jeune public. C’est l’histoire d’Iris, une petite fille qui joue avec sa poupée dans sa chambre. Mais cette tranquillité est interrompue par l’arrivée d’Assia, qui toque à sa porte un beau jour pour demander l’hospitalité car elle a fui son pays en guerre. Mais Iris ne voit pas sa visite inattendue d’un bon œil …

J’ai bien aimé ce spectacle car l’on peut voir un vrai rapport de forces entre ces deux personnages qui s’inverse au cours de la pièce. Iris se fait un avis rapide sur Assia, alors qu’elle ne la connait presque pas, se laissant emporter par ses préjugés. Assia essaye de lui faire comprendre qu’elle ne lui veut aucun mal, mais elle voudrait qu’elle l’aide, qu’elle la laisse se reposer par exemple. Iris refuse de l’écouter jusqu’au moment où Assia propose d’inverser les rôles…. Iris finit par accepter et comprend enfin ce que ressent Assia…

Ce que j’ai préféré, c’est la lente transformation d’Iris et l’acceptation progressive d’Assia… Souvent elles ne se parlent pas et on comprend ce qui se passe à travers des pas de danse, des mouvements du corps.

Ce spectacle jouait en avril au Théâtre Dunois. J’espère qu’il sera rejoué ailleurs pour que vous puissiez le découvrir.

Olivia

1945, la Refondation au féminin, un projet colossal mais qui en valait la peine

À l’occasion du concours du CNRD (Concours national de la Résistance et de la Déportation), le club Histoire de notre collège doit présenter un travail collectif. Le thème du concours cette année est : Libérer et refonder la France. Nous avons choisi de recentrer ce thème sur le rôle des femmes dans la Résistance et la refondation de la France, à travers une pièce de théâtre filmée.

Le collège a eu la chance, cette année, d’avoir pour partenaire le Théâtre 14, dans le cadre d’une résidence artistique, grâce au projet L’Art pour grandir.

Mais écrire une pièce de théâtre n’est pas aussi facile qu’on pourrait l’imaginer. Pour commencer, nous avons réalisé de nombreuses recherches afin d’aborder le sujet de manière historique. Répartis par groupes, chacun a travaillé sur une femme différente. Parmi les femmes sélectionnées avec soin par nos professeurs d’histoire, Mme Ruz et M. Essel, qui encadrent cet atelier depuis de nombreuses années. Il y avait : Eugénie Éboué-Tell, Hélène de Suzannet, Germaine Poinso-Chapuis, Marie-Claude Vaillant-Couturier et Madeleine Léo Lagrange.

Après les recherches, nous sommes passés à l’écriture. À partir des biographies de ces femmes, nous avons mis les textes en dialogue pour pouvoir ensuite les jouer, en les faisant parler entre elles, tout en essayant de rendre nos textes les plus personnels possible, comme si c’étaient elles qui racontaient leur histoire.

En parallèle, d’autres groupes s’occupaient des ombres chinoises. Pour rendre notre spectacle plus vivant, nous avons décidé d’illustrer certains récits par des ombres projetées en arrière-plan pendant que les femmes parlaient sur scène.

Une fois le texte terminé, nous nous sommes répartis les rôles, et avons commencé à chercher (ou fabriquer) des costumes (chapeaux, robes…) et des accessoires. Pour symboliser chaque femme, un accessoire particulier lui était attribué : des lunettes, un collier, un chat en peluche…

Pour la répétition générale, nous nous sommes rendus dans une grande salle équipée de projecteurs et de matériel technique, appartenant au Théâtre 14. C’est là que nous avons finalisé les placements des ombres chinoises et des comédiens sur scène, ainsi que les derniers détails pour être prêts le jour J.

Enfin, le jour du spectacle est arrivé. Nous sommes retournés dans la salle de répétition pour la représentation finale, qui a été filmée. Nous étions accompagnés d’un filmeur professionnel et d’un technicien lumière.

La représentation s’est très bien passée, malgré quelques petites erreurs ici et là, mais après tout, la perfection n’est pas toujours synonyme de beauté ni de réussite.

Si nous avons pu mener ce projet à bien, c’est notamment grâce à toutes les personnes qui nous ont accompagnés, comme Jeanne, la metteuse en scène, et Michelle, la responsable du public scolaire du Théâtre 14.

Ce projet a été pour moi une véritable expérience. Il m’a permis de développer de nombreuses qualités, que ce soit dans le jeu théâtral, le travail en groupe ou l’aisance à l’oral. J’ai aussi approfondi mes connaissances sur la Seconde Guerre mondiale et je suis désormais devenu un porteur de mémoire, ce qui est très important pour moi.

Mimile

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Rencontre avec les artistes de « Coup fatal » au CDI

Le jeudi 3 avril, l’atelier théâtre s’est réuni au CDI pour accueillir Fabrizio Cassol, compositeur et saxophoniste (même s’il ne joue pas dans le spectacle), et Rodriguez Vangama, compositeur et guitariste interprète du spectacle Coup fatal, que nous sommes allés voir au Théâtre du Rond-Point le 28 mars. Ils étaient accompagnés par Alexe Cano, responsable des publics au Théâtre du Rond-Point.

Ils ont commencé par nous expliquer la genèse du spectacle. Coup fatal a été créé en 2010, après quatre années de travail. Le spectacle a rencontré un grand succès lors de sa première tournée, entre 2014 et 2016, avec 149 représentations en tout. Rodriguez Vangama nous a raconté : « On voulait refaire le spectacle dix ans plus tard. Pour cette reprise, il y a eu beaucoup de changements, avec six nouveaux interprètes, dont une danseuse : Jolie. À la création, il n’y avait aucune femme dans le spectacle. » Il a ajouté que Coco Diaz, le chanteur lyrique, est le seul interprète qui ne vient pas de la République Démocratique du Congo, car il est Sud-Africain.

Pendant cet échange, nous avons aussi appris beaucoup de choses sur la situation actuelle de la RDC. Par exemple, certaines régions de l’Est du pays sont encore en guerre, et le Congo est très convoité pour ses ressources naturelles précieuses comme le cobalt, les diamants ou encore l’uranium, essentiels à la fabrication des smartphones.

Le seul élément de scénographie du spectacle, les rideaux, est d’ailleurs très symbolique : ils sont fabriqués à partir de 36 000 douilles de cartouches. « Pour nous, cela représente un peu l’histoire du Congo. On rend hommage, en quelque sorte, à 36 000 personnes », a expliqué Rodriguez Vangama.

Très élégamment habillé ce jour-là, Rodriguez Vangama nous a aussi longuement parlé de la SAPE (Société des Ambianceurs et des Personnes Élégantes) et des sapeurs, dont il fait partie. « C’est un peu comme une religion », nous explique-t-il. « Mais religion au sens de relier les personnes entre elles », précise Fabrizio Cassol. Les sapeurs s’habillent avec des vêtements de grands couturiers (Versace…) souvent très colorés. Ils participent parfois à des « battles » d’élégance dans les rues, même sous 35°C à Kinshasa. À la fin du spectacle, nous avons eu une petite démonstration de cette culture, avec des tenues originales comme une jupe et un parapluie confectionnés à partir de cravates.

Nous avons aussi posé des questions sur les instruments. Nous étions intrigués par la guitare à double manche de Rodriguez Vangama. Il nous a expliqué qu’elle rassemble en un seul instrument une guitare et une basse. Fabrizio Cassol nous a raconté que l’idée du concert est née d’une commande : il s’agissait au départ de jouer de la musique baroque à Kinshasa, mais aucun musicien local ne connaissait ce style. Monsieur Navarro, professeur de musique qui assistait à la rencontre, a précisé que la musique baroque est une musique occidentale datant du XVIIᵉ siècle. « Il a donc fallu adapter cette musique aux instruments traditionnels d’ici, comme les limkebe, les calebasses ou le balafon », a poursuivi Fabrizio Cassol. Peu à peu, ils ont ajouté des danses, des chants et des scènes théâtrales parodiques pour créer un spectacle vivant et métissé. « On voulait faire découvrir notre musique au public, et on aimait bien ce mélange », a-t-il conclu.

Nous avons beaucoup aimé cette rencontre : elle nous a permis de découvrir de grands compositeurs-interprètes sous un autre angle, dans leur vie quotidienne. Nous avons été particulièrement surpris quand Rodriguez Vangama nous a révélé qu’il composait aussi pour des artistes comme Damso !

Adèle et Olivia