
Aujourd’hui, nous avons la chance de pouvoir interviewer l’ancien sponsor mythique du maillot jaune du Tour de France (dans les années 1980 et 1990). Nous lui avons posé quelques questions.
Jeunes Pages : En quoi consistait votre métier ?
Luc.D : Mon rôle était de trouver un support de publicité pour l’entreprise où je travaillais, le Crédit Lyonnais (qui s’appelle aujourd’hui la banque LCL).
JP : Que signifie être le sponsor du maillot jaune ?
LD : Il s’agit de donner de l’argent pour que le nom du LCL apparaisse sur le maillot jaune (qui récompense après chaque étape le premier au classement général, et donc le vainqueur du Tour de France à la fin). C’est différent du sponsoring d’une équipe qui peut gagner ou perdre ; quand on est sponsor du maillot jaune, on est sûr d’être sponsor du vainqueur !
JP : Le Tour a lieu pratiquement tout le mois de juillet, mais que faisiez-vous le reste du temps ?
LD : Le LCL est sponsor d’autres sports (judo, golf, moto…), donc je devais aussi chercher des sponsors pour ces sports.
JP : Avez-vous déjà conduit des voitures aux côtés des coureurs ?
LD : Oui, soit au-devant de la course, soit juste derrière les coureurs. La voiture que je conduisais portait elle aussi le sigle LCL. En revanche je devais toujours arriver avant les coureurs sur la ligne d’arrivée pour pouvoir remettre le maillot jaune au 1ᵉʳ du classement général.
JP : Avez-vous une anecdote pendant la remise du maillot jaune ?
LD : Souvent, des personnalités (ministres, maires des villes d’arrivée, stars TV…) qui avaient suivi la course voulaient remettre le maillot jaune. Je me souviens d’une arrivée à Paris où le ministre des Sports et le maire de Paris se « disputaient » pour remettre le maillot jaune…
JP : Dans les descentes, est-ce que c’était impressionnant de voir les coureurs aller à des vitesses folles uniquement sur un vélo, sans protection ?
LD : Bien sûr, c’était très impressionnant (et très dangereux !), surtout que souvent ils dépassaient les voitures qui elles-mêmes allaient déjà très vite.
JP : Quel est le Tour de France qui vous a le plus marqué ? Et pourquoi ?

LD : Je crois que c’est le Tour de 1989 : l’américain Greg Lemond a gagné avec seulement huit petites secondes sur le français Laurent Fignon, lors de l’étape finale sur les Champs-Élysées. C’était très dur pour Laurent Fignon, il a même pleuré !
JP : Avez-vous déjà eu en cadeau un maillot jaune dédicacé ?
LD : Oui, et je l’ai offert récemment à un de mes petits-enfants, fan de cyclisme !
JP : Quel était votre coureur préféré ?
LD : En tant que sponsor, je n’avais pas le droit d’avoir de préférence, mais maintenant que je suis à la retraite, je dirais le coureur français Bernard Hinault (quintuple vainqueur du Tour !).
JP : Quelle est l’étape qui vous a le plus marqué ?
LD : C’est difficile à dire car j’ai suivi 19 tours de France en tout ! Mais celles qui m’impressionnaient le plus étaient les étapes qui arrivaient en haut de l’Alpe d’Huez, car c’était les plus difficiles.
Et voilà, nous arrivons déjà à la fin de cette interview ! Un grand merci !
Virgile











