
Le vendredi 15 mars nous sommes allés, avec l’atelier-théâtre, voir la pièce Personne n’est ensemble sauf moi, de Cléa Petrolesi au théâtre Dunois. Cette pièce parle de quatre jeunes adultes ayant pour point commun un handicap invisible.
Un « handicapé invisible », c’est une personne qui porte un handicap sans que cela puisse se voir au premier coup d’œil (comme les autistes, les malades de la sclérose en plaque, les malentendants, les dyslexiques, etc.).
Les acteurs n’étaient pas seulement des acteurs professionnels : il y avait aussi des porteurs de handicaps invisibles qui n’étaient pas du métier et, ce qui est impressionnant, c’est que l’on ne voyait pas du tout la différence entre les deux !
Le titre de cette pièce vient du cri de ralliement prononcé par une actrice alors que personne sur scène ne réussit à répéter avec elle.
La pièce est vivante, par exemple à un moment les acteurs invitent le public à partager avec eux les insultes que chacun aurait pu recevoir parce qu’il est comme ci ou comme ça. Les dialogues semblent spontanés, les voix des acteurs sont rythmées par leur handicap, ils nous parlent franchement sans que l’on puisse détourner le regard ou trouver un prétexte pour ne pas écouter leur belle vie.
On est souvent en contact avec ce genre de personnes qui sourient bizarrement pour rien, qui semblent être obsédées par leurs lacets, qui se mettent à faire des tours sur elles-mêmes, mais on manque de sagesse pour en comprendre la profondeur. On préfère plus leur demander si ça va en rigolant. La pièce les montrent comme des gens cool et nous sort de notre dimension de normalité.
L’ambiance est accueillante, la basse de Noé Dollé nous fait vraiment entrer dans un autre univers. Le décor est très simple : un amphithéâtre de trois marches, blanc, où les acteurs bougent librement et le travail de Lilou Magali Robert sur la choréographie est magnifique et drôle. On ne voit pas qu’un nouveau monde, on voit, à travers les yeux des acteurs, un lieu plein de contradictions et de règles bizarres.
Parmi les choses qui m’ont le plus marqué, il y a les tenues : elles était belles mais de la vie de tous les jour. Cléa Petrolesi nous a dit que la costumière, Elisabeth Cerqueira, a posé une pile de vêtements dans laquelle les acteurs se sont servis.
Quelques citations profondes pour finir et pour le fun: « En fait, les cochons d’Inde, c’est des cochons d’Amérique ! », ou « On ne va jamais si loin que quand on ne sait pas où on va. »
Valentine et Diego*


