Bachar al-Assad, le « Boucher de Damas »

Dimanche 8 Décembre, en Syrie, un groupe de rebelles nommé HTS a fait tomber le dictateur syrien Bachar al-Assad après 24 ans de pouvoir sans partage. Retour sur sa vie et son règne.

Bachar al Assad est le fils de Hafez al Assad, lui-même dictateur. Le régime de ce dernier a été marqué par la répression de toute opposition politique. Bachar n’était pas destiné à prendre la relève de son père mais, après la mort de son frère, Bassel, en 1994, il accède au pouvoir à la mort de son père, le 17 juillet 2000. Malgré l’espoir de la population que le régime de Bachar soit plus progressiste, il s’est révélé au moins aussi violent et répressif que celui de son paternel.

Lors des révoltes du printemps arabe en 2011, dès les premières manifestations (pacifiques) contre le régime, Bachar al Assad va ordonner une répression systématique des manifestants, n’hésitant pas à tirer à balles réelles sur la foule. C’est ce qui va marquer le début de la guerre civile. Le 21 août 2013 à Ghoutta, Bachar va utiliser des armes chimiques contre sa propre population en ordonnant des bombardements au gaz sarin qui font plus de 1 200 morts, dont une majorité d’enfants, et plus de 10 000 intoxiqués. Selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme, ce sont 162 000 personnes qui auraient été tuées en 10 ans de guerre. Durant cette même guerre, 13 millions de personnes fuient la Syrie pour se réfugier principalement en Turquie mais aussi en Europe, notamment en Allemagne.

Le contrôle de Bachar sur la Syrie ne s’exerce cependant plus que sur les 2/3 du territoire, il bénéficie du soutien militaire de la Russie et de l’Iran mais sa propre armée est totalement corrompue et, pour une large part, ses revenus proviennent d’un gigantesque trafic de captagon, une drogue de synthèse. Vis à vis de sa population, c’est plus que jamais le règne de la terreur qui lui a valu son surnom de « Boucher de Damas ».

Bachar a fui en Russie. Les prisons du pouvoir ont été ouvertes. Depuis 2011, plus de 15 000 personnes y seraient mortes sous la torture et 100 000 y auraient disparu sans que leurs proches n’aient pu obtenir des nouvelles.

Est-ce que Bachar al Assad sera, un jour, rattrapé par la Cour pénale internationale ou vivra-t-il paisiblement jusqu’à la fin de ses jours en Russie ? Eh bien, nous souhaitons qu’il doive, un jour, répondre de ses crimes devant la justice.

Raphaël

Qu’est-ce que la Cour Pénale Internationale ?

Le Premier ministre d’Israël, Benyamin Netanyahu et le chef du Hamas Mohammed Deif, sont poursuivis par la CPI (Cour Pénale Internationale), car ils sont suspectés d’avoir commis des crimes de guerre. Depuis le 7 octobre 2023, ce sont 44 000 Palestiniens qui ont été tués suite aux opérations de l’armée israélienne, selon les chiffres du ministère de la Santé de Gaza (jugés fiables par l’ONU).

La Cour Pénale Internationale a été créée en 1998 par le Statut de Rome. Mais la CPI a commencé à traiter des crimes de guerre en 2002. Elle se situe au Pays-Bas, dans la ville de La Haye. Les 18 juges qui la composent sont élus pour 9 ans. Il y a 123 pays qui reconnaissent la CPI. Mais certains états, comme la Russie, Israël et les Etats-Unis ne reconnaissent pas son autorité.

Elle enquête sur les conflits les plus violents au monde, comme en République démocratique du Congo où il y a eu un génocide qui a fait 6 millions de morts, entre 1998 et 2002. Ainsi, même lors des combats, il y a des règles à respecter et c’est le rôle de la CPI de juger les soldats et les responsables militaires et politiques qui ne les respectent pas. Par exemple, il est interdit de s’attaquer à la population civile, le personnel médical ne doit pas être attaqué car les soldats ont le droit d’être soignés. La maltraitance des prisonniers et l’utilisation d’armes de guerre comme les armes chimiques et la bombe nucléaire sont elles aussi interdites.

Ces lois sont inscrites dans la Convention de Genève, signée par presque tous les pays du monde.

Ania

La réouverture de Notre Dame

Image par Peter Haas via Wikipédia

Notre Dame est l’une des cathédrales les plus connues au monde. Comme vous le savez, elle a brulé il y a cinq ans et demi provoquant de nombreux dégats qui l’ont endommagée. Elle a enfin réouvert ses portes le samedi 7 décembre.

La météo, n’était pas vraiment au rendez-vous et pluie et vent ont chamboulé l’organisation prévue des festivités. Ainsi, le discours d’Emmanuel Macron prévu à l’origine à l’extérieur, a eu lieu finalement à l’intérieur de l’église. Cela aurait pu être limite avec le principe de laïcité de la République française mais il a essentiellement remercié les personnes qui avaient participé au sauvetage et à la rénovation de l’édifice, pompiers et ouvriers. Plusieurs personnalités étaient conviées aux célébrations dont Donald Trump accompagné d’Elon Musk, Volodimyr Zelensky, un certain nombre de princes, princesses, ducs et duchesses dont William, le prince de Galles, l’ex-Premier ministre Michel Barnier et ses ex-ministres, d’ex-présidents de la République… etc. Seul le Pape manquait à l’appel, lui qui a préféré aller en Corse dans quelques jours !

Maintenant, le public va enfin pouvoir retourner visiter notre belle cathédrale. Attention, il risque d’y avoir du monde, réservez vite vos places !

Billie et Jeanne

Donald Trump, un climatosceptique au pouvoir

Après nos articles sur les conséquences de l’élection de Donald Trump à la Maison blanche sur la guerre en Ukraine et les droits des femmes, aujourd’hui nous couvrons celles sur l’écologie.

Donald Trump et son ministre de l’énergie, Chris Wright / images via Wikimedia commons

« Drill, baby ! Drill ! » (Fore, bébé fore !) a déclaré Donald Trump pendant sa campagne. Selon le « New York Times », il prévoie de favoriser l’exploitation des ressources pétrolière et gazière afin de renforcer l’Independence des États-Unis.

Les mots « climat », « écologie » et « environnement », n’apparaissent pas dans son programme. Il s’est déjà exprimé sur le sujet du réchauffement climatique et, selon lui, ce serait un mensonge. Il a promis, en 2019, qu’il sortirait de l’accord de la COP 21 qui a eu lieu en 2015 signé par 196 pays, dont font partie les USA. Cet accord a pour but de limiter l’augmentation de température à +1,5 °C, par rapport à l’ère préindustrielle, d’ici 2025.

Donald Trump a choisi comme ministre de l’Energie Chris Wright, un climatosceptique, PDG d’une entreprise d’extraction d’hydrocarbure. Il a déclaré en janvier 2023 sur sa chaine YouTube : « Il n’y a pas de crise climatique » et « Le terme de pollution par le carbone est scandaleux ». Son entreprise Liberty Energy qu’il a fondé en 2011 utilise la fraction hydraulique, une méthode très polluante pour extraire des hydrocarbures.

Joseph

Bientôt la fin des gratte-ciels à Paris ?

Les tours Duo à Paris / image Boubloub, CC BY-SA 4.0 https://creativecommons.org/licenses/by-sa/4.0, via Wikimedia Commons

Les tours Duo sont les derniers gratte-ciels parisiens en date. Une des deux tours est un hôtel et l’autre un centre d’entreprises. Elles ont été dessinées par les ateliers Jean Nouvel. Le projet est composé de deux tours, une de 180m et l’autre de 122m, soit 39 et 27 étages. Elles sont situées dans le 13e, pas loin de la BNF. Les travaux ont commencé en mars 2017 et ont été livrés en 2021. Pour notre part, nous les trouvons assez belles et, là où elles sont placées, elles ne dénaturent pas Paris.

Si l’on excepte la tour Triangle (180m de hauteur) qui sera terminée en 2026 à la porte de Versailles, Paris ne devrait plus désormais accueillir de gratte-ciels. En effet le PLUb (Plan Local d’Urbanisme bioclimatique) voté au dernier Conseil de Paris, le 20 novembre dernier, prévoit une hauteur maximale de construction autorisée de 37m, soit l’équivalent de 12 étages. On explique, à la Mairie : « Les experts nous ont démontré que tous les gains écologiques et économiques d’une construction d’immeuble s’annulaient au delà d’une certaine hauteur, en raison des obligations légales. Passé un certain seuil, leur construction est plus polluante et couteuse ».

Concernant les surélévations d’immeubles (la création d’étages supplémentaires), elles ne seront autorisées que dans les avenues de 15m de large ou plus et seront conditionnées à la création de nouveaux logements.

Nohal et Gabin

Bousculade mortelle lors d’un match de football en Guinée

Dimanche dernier, à Nzérékoré, la 2e plus grande ville de Guinée, un match de finale entre le club local de la ville et celui de Labé s’est déroulé lors d’un tournoi organisé en l’honneur du général Mamadi Doumbouya, afin de le soutenir pour son éventuelle candidature aux prochaines élections présidentielles. Ce dernier est arrivé au pouvoir en septembre 2021 par un coup d’état et s’est autoproclamé président.

Ce match se déroule dans un stade encore en travaux et plein à craquer. Certains le regarde même du haut du mur d’enceinte. La rencontre se passe bien jusque la 83e minute où un penalty est sifflé en faveur de l’équipe locale. Les joueurs de l’équipe adverse commencent alors à contester et les supporters envahissent le terrain. Le match tourne en catastrophe : les forces de l’ordre envoient des grenades lacrymogène et la foule se rue dehors. Chacun cherche à sauver sa peau, quitte à piétiner son voisin ou à escalader des murs de 3 mètres de haut. Dans ce mouvement de foule, de nombreuses personnes perdent la vie, au moins 56 morts sont à déplorer, si ce n’est pas plus.

Mimile

Lors de la COP29, un accord trouvé bien inférieur aux espoirs des pays en développement

Image de DEAN CALMA via Flickr

Ce dimanche 24 novembre, au dénouement de la COP29 (29e Conferences of the Parties) qui avait pour objectif principal de trouver les moyens d’aider les pays en développement à s’adapter au changement climatique, un accord de 300 milliards de dollars a été conclu entre les pays du Nord global et du Sud global. Cet accord ne plait à tout le monde.

Dans un premier temps, ce sont 300 milliards de dollars annuels à partir de 2035 qui ont été convenus au lieu des 500 minimum demandés par les pays en développement. Cette somme est comprise dans un objectif plus global (mais non contraignant) visant à atteindre 1300 milliards. Si on prend en compte l’inflation, cet accord est moins ambitieux que celui qui avait été conclu sur le même sujet lors de la COP15 à Copenhague… en 2009 !

Ensuite, pour l’obtention de ces sommes par les pays en développement, il est question d’une « mise a disposition de fonds publics et privés ». Les ONG redoutent qu’une part de ces fonds ne prenne la forme de prêts et ne crée de l’endettement pour ces pays.

Rafaël

Femmes en rébellion contre Trump

Capture d’écran Tiktok

Après l’élection de Trump et ses multiples propos sexistes, de nombreuses femmes américaines sont mécontentes et s’inquiètent de l’avenir de leurs droits. En effet, cette élection encourage les prises de paroles et les positions les plus misogynes. « Your body my choice » (Ton corps, mon choix) est devenu le credo de tous les masculinistes.

Un certain nombre d’américaines se regroupe donc dans des mouvements féministes pour proposer des actions radicales de protestation : 1° Non aux rencontres amoureuses avec des hommes, 2° Non au sexe avec les hommes, 3° Non au mariage avec les hommes, 4° Non à la reproduction avec des hommes.

Sur internet, ce mouvement qui s’intitule « 4B »* prend de plus en plus d’ampleur et, depuis le 5 novembre, « 4B » est un des mots les plus recherchés sur Google aux Etats-Unis.

Marie-Isabelle

Le mouvement 4B aux Etats-Unis s’inspire d’un mouvement féministe sud-coréen. La signification de ces 4B auxquels ces féministes s’opposent est :

  • bisekseu (비섹스) : relations sexuelles
  • bichulsan (비출산) : enfant
  • biyeonae (비연애) : relation amoureuse
  • bihon ((비혼) : mariage

Conflit Israélo-Palestinien, état des lieux

Alors que les bombardements au Liban et à Gaza continuent, que la situation sanitaire et humanitaire dans la Bande de Gaza est désastreuse, les négociations vers un futur cessez le feu semblent plus que jamais compromises.

Dans les ruines de Gaza / Photo de l’album Women’s Voices from Gaza – September 2024 de Suleiman Hajji via Flickr

Une guerre qui semble interminable

En envahissant la bande de Gaza, le premier ministre Israélien Benyamin Netanyahou faisait part de ses premiers objectifs : détruire le Hamas et le chasser de la bande de Gaza, cela passant par la mort du cerveau du massacre du 7 octobre, Yahya Sinwar. Le premier objectif était jugé inatteignable par tous les spécialistes étant donné la complexité des tunnels de cette organisation et la répartition des différents chefs, localisés partout dans le monde (le « vrai » chef politique du Hamas, par exemple, vit au Qatar, en exil depuis de nombreuses années). Après la mort de Yahya Sinwar, nombreux pensaient au retrait des troupes israéliennes de la bande de Gaza, mais cela n’est pas si simple que ça. En effet, les chefs morts sont remplacés par d’autres, et des dirigeants du Hamas sont encore en vie.

Ce qui est sur, c’est que les conditions de vie des Gazaouis n’ont fait que se détériorer et ne sont pas près de s’améliorer… En effet, sans cesse sous la menace des bombardements israéliens et de leurs raids y compris dans les camps de réfugiés, ils ne sont jamais surs de rester en vie et de ne pas mourir. Selon les chiffres du Hamas, plus de 43 000 gazaouis sont morts et plus de 100 000 autres se sont retrouvés blessés par l’armée israélienne et ses bombardements. L’UNICEF fait état d’un enfant tué ou blessé toutes les 10 minutes.

Arguant du fait que des soldats et chefs du Hamas se cachent au milieu des civils, les Israéliens trouvent légitime de tirer et bombarder tout ce qui bouge et qui peut soigner (plus de 3/4 des structures médicales sont hors service et celles qui restent marchent très difficilement, étant donné la difficulté d’acheminement des médicaments dans la bande de Gaza).

Une guerre qui touche tous les Palestiniens

On a souvent tendance à l’oublier, mais la Palestine ne se limite pas seulement à la bande de Gaza. La Cisjordanie en fait aussi partie, malgré le fait que le territoire israélien sépare ces deux bouts de terre. Alors que les habitants de la Cisjordanie subissaient déjà de nombreuses violences des colons et de certains soldats israéliens avant l’invasion de la bande de Gaza, cela n’a fait que s’accentuer, alors que le Hamas n’opère que très peu militairement dans cette partie du territoire. Subissant de plus en plus de violence de la part des Israéliens, 732 Cisjordaniens sont morts et 5 500 se sont fait blesser.

Une armée qui limite les actions humanitaires

L’aide matérielle et alimentaire arrive au compte goute à Gaza et les actions humanitaires sont insuffisantes et interrompues par des tirs tout le temps. En effet, alors que les différents pays s’organisent pour envoyer de l’aide, elle n’arrive pas à entrer dans l’enclave car tous les accès sont contrôlés par Israël qui en laisse passer une infime part. Les pays ont essayé, avec le concours de l’Egypte, de parachuter des colis, mais cela n’a malheureusement pas marché. Cela tuait des civils s’ils arrivaient au sol et les civils se noyaient s’ils arrivaient dans l’eau. De plus, les actions des ONG sur le terrain pour essayer de soulager le système médical gazaoui sont, elles aussi, très limitées par l’armée qui interdit l’accès à certaines zones. Le personnel soignant local diminue de jour en jour, mourant sous les coups de feu israéliens. Les hôpitaux surchargés manquent de médicaments vitaux et de moyens humains pour opérer correctement, malgré des efforts de toute part pour résoudre ce problème.

Un cessez-le-feu sans cesse repoussé

Alors que les discussions pour un cessez le feu se poursuivaient, de nombreux évènements sont venus les perturber. Le 5 novembre, Benyamin Netanyahou a limogé Yoav Gallant, son ministre de la Défense qui considérait que désormais un accord avec le Hamas au sujet de la libération des otages israéliens retenus à Gaza devrait être prioritaire par rapport à la poursuite de la guerre. D’autre part, entre l’élection de Donald Trump, encore plus pro-Israélien que Joe Biden et le retrait du Qatar en tant que médiateur, cela n’augure rien de bon pour les conditions de vie des Gazaouis.

Tintin

Les cloches de Notre-Dame retentissent à nouveau !

Le 8 novembre, les cloches de Notre-Dame de Paris retentissent pour la première fois depuis l’incendie.

Les travaux s’achèvent et Notre-Dame devrait retrouver sa splendeur passée / image Ali Sabbagh, CC0, via Wikimedia Commons

La catastrophe du 15 avril 2019 avait causé de lourds dégâts, les flammes avaient atteint une partie du beffroi nord de l’édifice ce qui contraignit les rénovateurs à déposer les cloches, la Gabriel pesant quatre tonnes et, pour la plus légère, la Jean-Marie, huit cent kilos. Elles ont été réinstallées sur la cathédrale mi-septembre.

Notre-Dame réouvrira ses portes aux visiteurs le 7 décembre, notre président Emmanuel Macron y prononcera un discours portant sur le respect de l’engagement pris pour sa réouverture. Chaque jour, pendant huit jours une messe y aura lieu.

Gabin