
Ceci n’est pas qu’un fait-divers mais un problème de société : le 4 Juin, un ex gendarme retrouve le corps de la jeune Lyhanna, portée disparue le 29 mai. Le principal suspect est le père de sa meilleure amie, la dernière fois que l’adolescente a été vue vivante c’était dans sa voiture.
Depuis, on s’est aperçu que le suspect avait déjà été mis en cause dans plusieurs affaires d’agressions sexuelles, notamment sur des jeunes filles, mais ces signalements n’avaient été traités ni par la police, ni par la justice.
Après le drame, Emmanuel Macron ainsi que Gérald Darmanin ont tous deux pointé du doigt un « dysfonctionnement » de l’institution, mais ont rejeté l’argument selon lequel ce dysfonctionnement serait dû à un manque de moyens. Pourtant depuis 2017, la France demeure en dessous de la moyenne européenne en nombre de magistrats.
En réponse à cela, le 8 juin, des manifestations organisées par des associations féministes et de défense des enfants ont eu lieu dans toute la France devant les Palais de justice. Elles remettent en question la façon dont sont encore traitées les accusations de violences sexuelles faites aux femmes et aux mineurs, le peu d’attention prêtée à la parole des victimes et, contrairement à la parole du gouvernement, l’absence de moyens permettant d’enquêter rapidement. Ces associations sont rejointes par le CSM (Conseil supérieur de la magistrature) qui estime également que « la justice ne bénéficie pas d’un budget à la hauteur de l’ampleur sans cesse croissante de ses missions et des urgences multiples auxquelles elle doit faire face ».
Les associations féministes soutiennent une proposition de loi dite « intégrale », sur le modèle espagnol ayant sensiblement fait diminuer les violences envers les femmes et les enfants. Yaëlle Braun-Pivet, présidente de l’Assemblée nationale a réclamé que cette loi soit mise à l’ordre du jour de l’Assemblée pour y être rapidement examinée.
Les choses vont-elles (enfin) changer après la mort de Lyhanna ?
Raphaël