Le fascisme américain

    Les Etats-Unis sont-ils en train de devenir un état fasciste ? Cette question, revenue en force avec l’investiture de Donald Trump, n’est pas si simple à traiter. Le terme peut-il convenir ? Pour y répondre, il faut envisager plusieurs angles et évènements.

    Make America Great again (MAGA)

    A l’origine du slogan, Ronald Reagan, qui avait déclaré en 1980, « Let’s Make America Great Again ». En 2015, Donald Trump descendait de l’escalier mécanique doré de la tour Trump, à New York. Il se déclarait candidat et reprenait la formule à son compte : « Malheureusement, le rêve américain est mort… Je vais rendre à l’Amérique sa grandeur. » Dans les deux cas, on se réfère au fantasme d’un âge d’or américain, menacé par un ennemi de l’intérieur, aujourd’hui le wokisme ou les LGBT pour Trump. Pour l’historien américain Eric Rauchway, c’est un peu comme si Trump avait déclaré : “America über alles”, soit une adaptation du tristement célèbre mot d’ordre de l’Allemagne hitlérienne.

    Une conception ethnique du peuple

    Une des premières mesures de Trump pour « protéger » les américains « de souche », a été de vouloir supprimer le droit du sol. Ces propos sur les étrangers qui habitent aux USA, notamment sur les Latino-Américains, qu’ils ne s’était pas gêné de critiquer même avant sa prise de pouvoir, laissent deviner sa conception de la supériorité raciale des Américains blancs. D’après lui, les Haïtiens mangeaient les animaux de compagnie des habitants (on en a même fait une chanson), les étrangers sans papiers « empoisonnent le sang du pays » et sont assimilés à des violeurs et des assassins. C’est donc logiquement qu’il souhaite les expulser et qu’il n’a rien contre les rafles.

    Contestation de « l’Etat de droit »

    Pour comprendre ce point, il faut d’abord savoir ce qu’est l’Etat de droit. L’Etat de droit est une idée juridique et politique assez simple, qui pose que le droit est supérieur au pouvoir politique et donc, que ceux qui l’exercent sont soumis à des lois. Même le président hein !!!!!!! Or, notre cher président américain, Donald Trump, conteste toutes les décisions de justice qui sont contraires aux lois qu’il cherche à faire passer. Il va même jusqu’à exiger la destitution de certains juges !!!!!!!!

    Maintenant le premier point décrit, passons au deuxième. Un décret est une loi que le gouvernement applique directement, sans que l’assemblée nationale la vote. La loi est juste signée par le premier ministre ou par le président de la république. C’est donc à l’aide de nombreux décrets, que le président américain gouverne et met en place de nombreuses lois. Par exemple, lors de son premier jour en tant que 47e président des Etats Unis, Trump a fait passer un décret pour gracier et annuler les peines de tout les assaillants du Capitole (qui sont de son parti politique), qui l’avaient envahi après la victoire de Joe Biden aux élections présidentielles en décembre 2020. C’est donc à l’aide de nombreux décrets que le président américain gouverne un pays où le Congrès ne sert plus à grand chose. Or, la Constitution américaine met une limite à ces droits, et si la Constitution n’est pas d’accord avec le décret, le décret est refusé et le président doit respecter cette loi. Mais tout cela ne plait pas à Donald, qui conteste le fait que les lois soient les mêmes pour tous, et il conteste donc le fonctionnement de l’état de droit… bizarre tout ça.

    Saluts nazis et soutien aux extrêmes droites

    Trump est entouré de collaborateurs pour le moins « limites ». Après son investiture, le 21 janvier 2025, Elon Musk qui a largement financé sa campagne, fait un discours devant les militants républicains. A la fin de son allocution, il fait par deux fois un geste qui peut être interprété comme un salut nazi même si certains voudraient l’ assimiler à un « salut romain » bien antérieur salut nazi. Si vous y voyez un salut nazi, c’est que vous êtes de gauche ! C’est en somme la défense d’Elon Musk face aux nombreuses critiques. La communauté néonazie du monde entier est cependant unanime et les militants d’extrême droite américains s’en sont même félicités. Andrew Torba, le fondateur de Gab, une plateforme regroupant antisémistes et suprémacistes blancs, s’est réjoui que « des choses incroyables arrivent déjà »« Nous sommes de retour ! », a jubilé l’administrateur d’une chaîne Telegram néonazie. Elon Musk qui multiplie depuis des années les références antisémites a aussi récemment apporté son soutien à l’extrême droite allemande, rejoint en cela par J.D Vance, le Vice-président américain et Marco Rubio, le chef de la diplomatie étatusunienne.

    Tintin

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