Interview de Ghislaine, AESH au collège

Les handicapés sont des personnes qui peuvent avoir des difficultés à vivre et à agir en société à cause de déficiences physiques, mentales ou sensorielles. Il existe aussi des handicaps dits invisibles, ce sont des handicaps qui n’apparaissent pas à première vue et qui sont donc difficilement détectables.

Au collège, certains élèves sont en situation de handicap. Aussi, ils ont avec eux, pendant les cours, des personnes qui sont là pour les aider. J’ai interviewé Gislaine, l’une d’entre elles.

Qu’est-ce qui se cache derrière l’acronyme AESH ?

Accompagnant.e des Elèves en Situation de Handicap. Il existe trois catégories d’AESH : des AESH-individuels qui répondent aux besoins d’accompagnement d’un seul élève, des AESH-mutualisés qui s’occupent de plusieurs élèves et enfin des AESH-collectifs qui accompagnent des élèves en Unités Localisés pour l’Inclusion Scolaire (ou ULIS).

Depuis quand existe le métier d’AESH ?

Le statut d’AESH est relativement récent. La loi du 11 février 2005 pour « l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées » affirme le droit pour chaque enfant à une scolarisation en milieu ordinaire, au plus près de son domicile.

Quelles sont les missions d’un.e AESH ?

Ma tâche consiste à accompagner l’élève dans sa vie de collégien et de le conduire à l’autonomie. Je favorise son insertion au sein de l’établissement scolaire, tant sur le plan de l’assimilation des connaissances que sur son insertion sociale auprès de ses camarades. Je l’aide dans son apprentissage sans faire à sa place. Je le stimule, je reformule certaines consignes, je peux, si besoin, l’aider dans la prise de notes. Mon travail consiste aussi à observer l’élève et faire des adaptations en accord avec les professeurs.

Quelles sont qualités requises pour être un.e bon.ne AESH ?

Il faut être patient, à l’écoute, savoir faire preuve d’empathie et de pédagogie.

Quelle est la relation que vous avez avec vos élèves ?

Il faut apprendre à se connaître. Ce n’est pas facile pour un élève d’avoir un adulte à ses côtés. Il peut, dans un premier temps, ressentir une gêne mais très rapidement il se rend compte de l’utilité de ma présence. Je garde d’excellentes relations avec mes anciens élèves qui me donnent régulièrement de leurs nouvelles. Ça fait plaisir de savoir qu’ils continuent leur chemin. A mon niveau, je me dis que j’ai un peu contribué à leur envol.

Est-ce que votre travail vous permet de gagner correctement votre vie ?

L’AESH gagne généralement l’équivalent d’un SMIC mensuel (salaire minimum en dessous duquel aucun salarié ne peut être payé) lorsqu’il est à temps complet. Malheureusement de nombreux AESH sont embauchés à temps partiel, ce qui baisse automatiquement leur rémunération mensuelle. Depuis de nombreuses années, nous demandons au gouvernement une revalorisation de nos salaires. Des progrès ont été faits mais ils restent insuffisants.

Est-ce que votre métier vous plait ?

Il est peu rémunéré mais très valorisant. On contribue à l’épanouissement de l’élève dans un moment crucial de sa vie. Grâce à nous, il peut prendre confiance en lui et progresser dans ses apprentissages. C’est une belle satisfaction que peu de travails offrent.

Qu’est ce qui vous a poussé à faire ce métier et pourquoi est-ce que vous le faites ?

J’ai exercé pendant 30 ans le métier de journaliste. J’ai, au cours de mon parcours était sensibilisé au handicap. J’ai eu l’occasion de faire des articles sur des familles qui étaient dans l’attente d’une AESH pour leurs enfants. J’ai vu leur détresse et constaté le manque d’AESH Quand j’ai décidé d’’arrêter la presse, j’ai naturellement postulé pour devenir AESH. Après 6 ans d’exercices, je ne regrette pas mon choix. Je me sens utile.  

Un grand merci à Ghislaine d’avoir répondu à nos questions !

Inès

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