
Alors que les bombardements au Liban et à Gaza continuent, que la situation sanitaire et humanitaire dans la Bande de Gaza est désastreuse, les négociations vers un futur cessez le feu semblent plus que jamais compromises.

Une guerre qui semble interminable
En envahissant la bande de Gaza, le premier ministre Israélien Benyamin Netanyahou faisait part de ses premiers objectifs : détruire le Hamas et le chasser de la bande de Gaza, cela passant par la mort du cerveau du massacre du 7 octobre, Yahya Sinwar. Le premier objectif était jugé inatteignable par tous les spécialistes étant donné la complexité des tunnels de cette organisation et la répartition des différents chefs, localisés partout dans le monde (le « vrai » chef politique du Hamas, par exemple, vit au Qatar, en exil depuis de nombreuses années). Après la mort de Yahya Sinwar, nombreux pensaient au retrait des troupes israéliennes de la bande de Gaza, mais cela n’est pas si simple que ça. En effet, les chefs morts sont remplacés par d’autres, et des dirigeants du Hamas sont encore en vie.
Ce qui est sur, c’est que les conditions de vie des Gazaouis n’ont fait que se détériorer et ne sont pas près de s’améliorer… En effet, sans cesse sous la menace des bombardements israéliens et de leurs raids y compris dans les camps de réfugiés, ils ne sont jamais surs de rester en vie et de ne pas mourir. Selon les chiffres du Hamas, plus de 43 000 gazaouis sont morts et plus de 100 000 autres se sont retrouvés blessés par l’armée israélienne et ses bombardements. L’UNICEF fait état d’un enfant tué ou blessé toutes les 10 minutes.
Arguant du fait que des soldats et chefs du Hamas se cachent au milieu des civils, les Israéliens trouvent légitime de tirer et bombarder tout ce qui bouge et qui peut soigner (plus de 3/4 des structures médicales sont hors service et celles qui restent marchent très difficilement, étant donné la difficulté d’acheminement des médicaments dans la bande de Gaza).
Une guerre qui touche tous les Palestiniens
On a souvent tendance à l’oublier, mais la Palestine ne se limite pas seulement à la bande de Gaza. La Cisjordanie en fait aussi partie, malgré le fait que le territoire israélien sépare ces deux bouts de terre. Alors que les habitants de la Cisjordanie subissaient déjà de nombreuses violences des colons et de certains soldats israéliens avant l’invasion de la bande de Gaza, cela n’a fait que s’accentuer, alors que le Hamas n’opère que très peu militairement dans cette partie du territoire. Subissant de plus en plus de violence de la part des Israéliens, 732 Cisjordaniens sont morts et 5 500 se sont fait blesser.
Une armée qui limite les actions humanitaires
L’aide matérielle et alimentaire arrive au compte goute à Gaza et les actions humanitaires sont insuffisantes et interrompues par des tirs tout le temps. En effet, alors que les différents pays s’organisent pour envoyer de l’aide, elle n’arrive pas à entrer dans l’enclave car tous les accès sont contrôlés par Israël qui en laisse passer une infime part. Les pays ont essayé, avec le concours de l’Egypte, de parachuter des colis, mais cela n’a malheureusement pas marché. Cela tuait des civils s’ils arrivaient au sol et les civils se noyaient s’ils arrivaient dans l’eau. De plus, les actions des ONG sur le terrain pour essayer de soulager le système médical gazaoui sont, elles aussi, très limitées par l’armée qui interdit l’accès à certaines zones. Le personnel soignant local diminue de jour en jour, mourant sous les coups de feu israéliens. Les hôpitaux surchargés manquent de médicaments vitaux et de moyens humains pour opérer correctement, malgré des efforts de toute part pour résoudre ce problème.
Un cessez-le-feu sans cesse repoussé
Alors que les discussions pour un cessez le feu se poursuivaient, de nombreux évènements sont venus les perturber. Le 5 novembre, Benyamin Netanyahou a limogé Yoav Gallant, son ministre de la Défense qui considérait que désormais un accord avec le Hamas au sujet de la libération des otages israéliens retenus à Gaza devrait être prioritaire par rapport à la poursuite de la guerre. D’autre part, entre l’élection de Donald Trump, encore plus pro-Israélien que Joe Biden et le retrait du Qatar en tant que médiateur, cela n’augure rien de bon pour les conditions de vie des Gazaouis.
Tintin