
Après le coup de tonnerre de la dissolution de l’Assemblée Nationale par le Président de la République, Emmanuel Macron, qui fait suite à la victoire de Jordan Bardella (RN) aux Européennes, tout le monde s’attend à voir arriver un Premier ministre d’extrême droite à la tête du gouvernement. Face à cela, les forces de gauche ont décidé de s’unir en Front populaire, tout comme leurs aïeux en 1936 qui, eux aussi, se sont constitués en Front pour lutter contre le fascisme. Ce Front peut-il s’imposer comme un barrage face au Rassemblement National et gagner les élections législatives anticipées qui auront lieu du 30 juin au 7 juillet ?
En pleine soirée électorale du dimanche 9 juin, le Président de la République a annoncé, conformément à l’article 12 de notre Constitution, la dissolution de la Chambre des députés (voir ici). Tout tend à faire croire que le RN, grand gagnant des élections Européennes, remportera ce scrutin haut-la-main.
En réaction, les différents cadres des partis de gauche, en direct sur les plateaux télévision, accueillent cette décision positivement. « C’est l’occasion de nous reprendre en main ! » assure le chef des Communistes, Fabien Roussel. En effet, c’est l’occasion de mettre un terme aux politiques macronistes. Malgré tout, face à la perspective d’une victoire du RN, une possible Union est très vite évoquée…
Pendant toute la nuit et la journée du lundi, les forces de gauche, parmi lesquelles le Parti Socialiste, Europe Ecologie Les Verts, le Parti Communiste Français, la France Insoumise, et d’autres partis (Génération-s, Gauche Républicaine et Socialiste), vont négocier un accord. Lundi matin, sur France Inter, le chef socialiste, Olivier Faure, et François Ruffin, député Insoumis, font part de leur volonté de créer un « nouveau Front populaire », avec l’accord de Fabien Roussel (PCF) et Marine Tondelier (EELV). Il ne manque plus que la France Insoumise, qui réfléchit encore.

A partir de 16h, les quatre partis se réunissent à Paris et concluent à 22h30 un accord et créent officiellement le « Front populaire ». Ils décident donc, dans chaque circonscription, de présenter un candidat unique, comme ce fut le cas en 2022 avec de très bons résultats.
Quel serait le programme de ce Front populaire ?
De nombreux désaccords entre les partis de gauche rendent plus difficile l’Union (voir ici). S’entre-déchirant pendant la campagne européenne, ils vont devoir maintenant trouver un terrain d’entente, et essayer de ne pas reproduire l’échec de la Nupes (Nouvelle Union Populaire Ecologique et Sociale), qui s’était brisée fin 2023.
Malgré tout, comme le soulignait Olivier Faure (PS), la gauche partage à peu près les mêmes points de vue : taxation des superprofits et des dividendes, impôt sur la fortune, indexation des salaires sur l’inflation, et surtout transition écologique accélérée.
Hier, avant de signer l’accord, chaque parti a fixé ses lignes rouges : pour la France Insoumise la retraite à 60 ans, soutient à la Palestine, pour le Parti Socialiste l’aide indéfectible à l’Ukraine, conservation du projet européen, rejet de la brutalisation du débat… etc.
Le programme n’est pas encore établi mais il est promis de se fixer une feuille de route sur les 100 premiers jours. Il est aussi fixé de réduire le nombre de propositions par rapport au programme de la Nupes en 2022, pour tenir les 3 semaines de campagne.
Si la gauche gagne aux législatives, qui serait le Premier ministre ?
La question du choix du premier ministre a vite été mise sur la table. Ce ne sera surement pas Jean-Luc Mélenchon comme en 2022. Aucun nom n’a été confirmé mais des noms ont été cités par Raphaël Glucksmann (PS-Place Publique) : il évoque un ancien secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger.
Un autre nom circule : celui de François Ruffin, le très populaire député insoumis de la Somme très engagé pour le pouvoir d’achat et la retraite à 60 ans. C’est lui qui, le premier, a appelé à un Front populaire. Malgré tout, il prépare aussi sa campagne des présidentielles de 2027, donc il ne se frottera peut-être pas au danger que représente le poste de chef du gouvernement pour sa popularité…
En tout cas, ce Front populaire est porteur d’espoir pour les électeurs de gauche. Pour la première fois de l’Histoire de la Vème République, un gouvernement de gauche radicale pourrait se former ! C’est un moment historique que nous vivons.
Kenzo et Bao Nam