Macron, le coup de poker

Dissolution de l’Assemblée nationale : le coup de poker de Macron (Le Parisien), Elections européennes : après le « coup de tonnerre », le « coup de poker » d’Emmanuel Macron (Le Monde), Guillaume Tabard : «La dissolution, le coup de poker d’un Emmanuel Macron apprenti sorcier» (Le Figaro), « Coup de poker », « anticonformisme » : l’Allemagne réagit à l’annonce de dissolution de l’Assemblée nationale par Emmanuel Macron (France Info), Dissolution : le coup de poker politique d’Emmanuel Macron peut-il réussir ? (Ouest France)…

« Coup de poker », c’est donc ainsi qu’est qualifiée par un gand nombre de médias, la dissolution de l’Assemblée nationale par Emmanuel Macron à la suite des élections européennes du 9 juin.

En effet, alors que venait d’être annoncé le score historique à 30% du Rassemblement National, avec à sa tête Jordan Bardella et Marine Le Pen, Emmanuel Macron annonçait à son tour, lors d’une allocution solennelle, la dissolution de l’Assemblée nationale. Autant la victoire de Bardella ne nous a pas surpris, autant l’annonce présidentielle a pris de cours aussi bien les commentateurs politiques que les gens « normaux ».

A quel jeu se prête donc le président ?

On peut bien se poser la question. Au vu des résultats du RN auquel s’ajoutent ceux de Reconquête, parti d’Eric Zemour, les élections législatives de fin juin, début juillet risquent d’offrir la majorité à l’extrême droite, ce qui pourrait amener un homme de cet horizon au poste de Premier ministre, en l’occurrence, Jordan Bardella.

Macron a-t-il fait le pari que le RN au pouvoir va faire preuve d’incompétence et que les Français se rendront compte que cela ne rime à rien de voter pour eux ? A-t-il fait aussi le pari que le RN, n’ayant qu’une majorité relative et non pas absolue, n’arriverait pas à gouverner ? Ce calcul est fort aléatoire car personne ne sait pour le moment quelle alliance va se nouer entre le RN et Les Républicains. Si celle-ci est dénoncée par Renaud Muselier (Président du Conseil régional en PACA), Valérie Pécresse (Présidente du Conseil régional en Ile-de France et ex-candidate LR à la présidentielle), Laurent Wauquiez (Président du Conseil régional en Auvergne-Rhône-Alpes) et l’ensemble des sénateurs LR, elle semble tout à fait « souhaitable » par le patron du parti, Eric Ciotti. De quel côté les électeurs LR vont-ils eux-mêmes pencher ?

Emmanuel Macron tablait-il sur la division de la gauche (et donc, un vote « utile » pour ses représentants) ? Mauvais calcul : dans la soirée du 10 juin, Le Parti socialiste, La France insoumise, Europe Ecologie les Verts, Place publique et Génération.s, parvenaient à un accord visant à présenter des candidats uniques dans chaque circonscription (article à suivre).

Qui seront les perdants ?

Accueil des migrants encore plus restreint, droits des LGBT+ et des femmes remis en question, écologie en danger, éducation sur des principes rétrogrades, liberté d’expression et de la presse attaquée, soutien à l’Ukraine ré-interrogé… La liste des régressions qui pourraient arriver en cas de victoire de l’extrême droite est longue, et les premiers touchés, ce seront nous, les gens « normaux » qui croyons au progrès et à la fraternité.

Tintin

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