Le contre la montre, une catégorie bien spéciale du cyclisme

Lors d’un grand tour, on peut dire que le classement général se joue plus sur les étapes vallonées avec des arrivées au sommet que sur des étapes de plaine ou l’on voie le plus souvent une arrivée avec des sprints massifs. Si les grandes équipes ne prenaient en compte que ces paramètres, elles enverraient sans hésiter leur meilleur grimpeur comme leader pour essayer de gagner. Malheureusement, cela ne s’arrête pas là et cela est un tout petit peu plus compliqué.

Yann Huguet dans le contre-la-montre Arc-et-Senans/Besançon, lors du Tour de France 2012 / photo Georges Ménager via Flickr

En effet, dans un grand tour il y a le pus souvent deux contre la montre, qui peuvent aussi bien se dérouler en individuel qu’équipe. Les moins aguerri penseront sans doute que cela n’a aucune importance, alors que cela joue un rôle essentiel dans le choix du leader de chaque équipe. En effet, si vous regardez tous les bons grimpeurs, ils sont tous fins et légers, alors que les meilleurs rouleurs au monde sont quant a eux beaucoup plus grand et plus lourds.

Le contre la montre individuel

Lors de cette épreuve qui se déroule souvent lors des premières étapes d’un grand tour et lors des dernières. En effet, ceux qui se trouvent à la fin du classement général partent en premier, toutes les 45 secondes, tout cela jusqu’au départ des leaders du classement général. Vous entendrez souvent de la part des commentateurs cyclistes lors de ces étapes « les coureurs sont livrés à eux même ». En effet, lors de cette étape les coureurs partent chacun leur tour, ce qui les laisse seuls sur leur vélo et, en fonction de leur niveau ou de leur classement, ils seront accompagnés d’une moto suiveuse qui filmera leur course et d’une voiture officielle dans laquelle les dirigeants de l’épreuve et les invités d’honneur se trouveront. Quelque soit leur niveau (à part exception) les coureurs sont tous accompagnés d’une voiture de leur équipe qui aura un, voire deux vélos de rechange, en cas de problème. Lors de cette épreuve, le coureur qui aura réalisé le meilleur temps remportera la victoire d’étape. Lors de cette étape, il y a plusieurs parcours possibles : un parcours en ville très technique et court qui favorisera les coureurs très techniques ainsi que les puncheurs qui sauront relancer très rapidement à la sortie des virages, un parcours tout plat qui favorisera les rouleurs, les coureurs très puissants ainsi que les coureurs très aérodynamiques car cela jouera un rôle très important sur les parties découvertes. Et enfin, dernière possibilité, un parcours relativement plat sur le début, qui se finira sur une assenions le plus souvent avec des pourcentages très élevés.

Les étapes de plaine

Lors de ces profils d’étape, les coureurs les plus favorisés sont les rouleurs, tels que Filippo Ganna ou Joshua Tarling. Ces coureurs sont les favoris car ils sont très puissants, ils savent rouler vite sur la durée (environ 55km/h de moyenne sur 50km), ils profitent de technologies très avancées sur leur vélo, aussi bien que sur leur tenue. L’aérodynamisme est très travaillé avec eux et peut être plus qu’avec d’autres coureurs car les équipes savent qu’elles ont de réelles chances de victoire avec ce type de coureurs. Ce genre d’étape dure environ 50km.

Les étapes en ville

Ces étapes favoriseront quant à elle les puncheurs tels que Remco Evenoepoel, Tadej Pogacar, ou Matthieu van der Poel, car les nombreux virages exigent du punch pour relancer à la sortie pour ne pas perdre de temps. Elles se déroulent dans les centre historiques des villes, le plus souvent sur des pavés, sur des routes pas très larges et de nombreuses ascensions seront présentes. Là, l’aérodynamisme ne jouera pas grand chose car les routes ne seront pas exposées au vent et les grandes routes en ligne droite ne seront pas invitées. Ces étapes ne durent qu’une quinzaine de km par manque de place, cela est donc considéré comme un sprint.

Les étapes mixtes

Lors de ces étapes les leaders du classement général sont les plus attendus. En effet, ils sont souvent excellents grimpeurs et rouleurs, ce qui permet de ne pas perdre trop de temps sur le plat et de faire la différence avec les purs rouleurs qui auront plus de mal à grimper. Lors de ces étapes, il y a une particularité : les changements de vélo sont autorisés et monnaie courante. En effet, il y a deux possibilités : l’organisation décide de définir une zone dans laquelle les changements de vélo ont lieu et ne peuvent avoir lieu autre part sauf problème technique, ou l’organisation décide d’autoriser les changements de vélo partout et c’est l’équipe qui choisit avec le coureur où il a lieu. La plupart du temps, le changement de vélo se déroule avant le début des ascensions, le moment où les coureurs passent d’un vélo de contre la montre à un vélo de route plus classique. Ces étapes peuvent varier en terme de distance mais cela reste autour des 30-40 km.

Le contre la montre en équipe

Ce contre la montre se déroule comme le contre la montre en solo, mais il y a une différence qui change la donne. En effet, ce dernier se déroule à la place du premier contre le montre individuel. Les équipes partent en fonction de leur classement, en commençant de la moins forte jusqu’à plus forte. Les leaders doivent compter sur leur équipe pour ne pas perdre trop de temps par rapport aux autres équipes. Le chronomètre ne s’arrête pas individuellement pour chaque coureur de l’équipe, mais s’arrête lorsque le troisième coureur de l’équipe franchit la ligne d’arrivée. Ce système permet d’éviter les inégalités car, après avoir passé son relais, le coureur s’écarte pour laisser passer le suivant etc. Si le chronomètre s’arrêtait individuellement, le premier relayeur perdrait beaucoup trop de temps.

Les différences entre les vélos de contre la montre et ceux de route

Sur les vélos de contre la montre, ce qui prime est l’aérodynamisme ainsi que la légèreté. Pour vous éclaircir un peu sur ce sujet, voici les principales différences entre les vélos de route normaux et ceux de contre la montre. Le Guidon : les équipes raccourcissent le guidon en supprimant les cornes qui descendent, pour les troquer contre un guidon de triathlète (prolongateur) fait sur mesure. Les Roues : les roues « normales » sont elles aussi enlevées et remplacées par des roues toutes en carbone, une roue pleine ou lenticulaire pour les connaisseurs à l’arrière et une roue à bâton à l’avant. Le Poids : un vélo homologué doit au minimum peser 6.8 kg car sinon il sera alourdi avec du plomb. Pour vous montrer que rien n’est laissé au hasard, même les portes bidon et les gourdes sont aérodynamiques en suivant les traits du cadre et en ne dépassant pas, dans l’objectif de limiter la prise au vent. La Tenue : les coureurs laissent tomber leur cuissard et leur maillot séparés pour utiliser une combinaison qui sera plus aérodynamique, ils utilisent des sur chaussures pour limiter la prise au vent des chaussures et des lacets. Enfin, ils utilisent un casque spécial qui s’adapte à leur forme pour encore une fois être plus aérodynamique et limiter la prise au vent.

Pour conclure on peut dire que la victoire d’un grand tour se joue aussi sur les contres la montre et qu’il ne faut rien laisser au hasard.

Tintin

Laisser un commentaire