
Le 18 avril, le Premier ministre, ex-ministre de l’Education s’est rendu à Viry-Châtillon où Shemseddine – adolescent de 15 ans – est mort 8 jours plus tôt après un passage à tabac. Dans ce contexte pour le moins grave, Gabriel Attal y annonce des mesures phares sur le plan éducatif dont certaines sont controversées. On vous explique tout.

Gabriel Attal annonce que « Tous les collégiens seront scolarisées tous les jours de la semaine, entre 8h et 18h […] la journée, la place est à l’école, à travailler et à apprendre », l’objectif étant d’offrir un cadre évitant la violence pour diminuer la délinquance chez les jeunes. A la suite de son discours, ces « jeunes » se sont indignés, notamment sur les réseaux sociaux puisqu’ils pensaient qu’ils passeraient 50h par semaine dans leur établissement scolaire.
En fait, cette mesure a été mal interprétée : deux jours plus tard, sur Tiktok, Gabriel Attal étaie ses propos : le 8h-18h n’est pas obligatoire, c’est un temps d’accueil avec des activités culturelles et sportives avec petit-déjeuner proposé le matin.
Ce changement aurait pour base le volontariat, mais nous pouvons nous demander si le choix appartiendra véritablement aux enfants en ce qui concerne ces heures supplémentaires passées à l’école ? De plus, le manque des moyens ne risque-t-il pas de compromettre ces heures d’accueil ? Car il y a des restrictions budgétaires à l’Education nationale.
Autres mesures préconisées : les parents pourront demander le transfert de leurs enfants en internat éloigné de leur quartier s’ils ont des mauvaises fréquentations, et les parents seront davantage sanctionnés s’ils manquent à leur devoir d’éducation envers leurs enfants.
Mais cette fois encore, ça fait débat car, selon les syndicats, Gabriel Attal souhaite transformer l’internat en centre de redressement, ça ne serait donc pas un projet d’éducation. Et donner plus de sanctions aux parents « défaillants » pourrait affaiblir plus encore certaines familles qui se trouvent déjà dans des situations de gran,de précarité. Selon Farida Amrani, députée LFI, cette décision aurait pour but d' »incriminer sans cesse les parents« .
Le ministre veut aussi imposer de « nouvelles » règles à l’école comme par exemple se lever dès qu’un professeur entre dans la salle (mais, M. Attal, c’est ce qui se pratique déjà !), des cours d’empathie dans les écoles maternelles et primaires, sanctionner les élèves perturbateurs sur leur brevet, ou sur Parcoursup pour les lycéens – sanctions qui pourraient être retirées en effectuant des travaux d’intérêt général au sein de l’établissement. Il préconise par ailleurs le durcissement des peines pour les mineurs.
Est-ce que cette énième réforme saura améliorer le quotidien des professeurs et des élèves qui, dans leur grande majorité faut-il le rappeler, ne sont pas des délinquants ?! En tout cas, les problématiques déjà dénoncées depuis des années, à savoir le manque de moyens de l’Education nationale, des classes trop surchargées et le bas salaire des professeurs ne seront probablement pas réglés par cette réforme.
Bao Nam