
Depuis le début « du retour de la guerre de haute intensité en Europe« , les commandes en armement explosent, et les parts des dépenses militaires dans les PIB nationaux font de même. Ce phénomène, très bon pour la bourse des firmes vendeuses d’armes, s’accélère encore avec la guerre à Gaza. Ce qui remet au jour les débats sur les « profiteurs de guerre ».
Explosion des dépenses et des ventes
Alors que les état-majors de l’OTAN alertent sur le retour de la guerre comme « moyen privilégié de règlement de différents [pour certains pays]« , on observe l’explosion des dépenses militaires concernent l’OTAN de l’Ouest comme de l’Est, et ce depuis 2014 (l’annexion de la Crimée par la Russie). Ainsi la Lituanie augmente de 270% ses dépenses pour son armée entre 2014 et 2022, et cela s’observe chez tous ses voisins frontaliers avec la Russie : la Pologne, par exemple, consacre 4% de son PIB à ses dépenses militaires.

Avec ces montées des tensions et des peurs, les vendeurs d’armement historiques, devancés de loin par les Etats-Unis, mais dont la France fait partie du top 3 derrière la Russie, profitent largement des recettes qui explosent : en 2022, la France bat son record avec 27 milliards d’euros de montant total à l’export. Son fer de lance : le Rafale, qui vient concurrencer les F-35 américains.
D’autres pays, espérent aussi profiter du « retour des conflits », comme la Corée du Sud, 10e pour le moment, et qui visent le 4e rang mondial.
Explosion des cours en Bourse
Même si ce sont des pays qui en profitent, les plus heureuses sont les firmes qui vendent directement ces différents armements. Lockheed Martin, Dassault, Airbus, Thales… Depuis le début de la guerre en Ukraine, leurs cours ont explosé : ils passent en quelques semaines à plus 150% pour certains de leur cours le 15 septembre 2021, avant de croître quasi régulièrement.
Cela fait le bonheur des actionnaires de ces entreprises qui sont pour la plupart privées.
Un marché pas très éthique
Ces ventes alimentent des pays dictatoriaux (Egypte, monarchies pétrolières arabes…) qui peuvent parfois tuer sans gêne des civils, avec les armes donc fabriquées dans des « démocraties ».
Les chefs d’Etat font beaucoup de discours, sur la liberté, la défense des peuples opprimés… Mais dans le même temps, d’après une étude de l’institut ukrainien KSE et le groupe de travail international Yermak-McFaul, les composants électroniques qui servent aux matériels russes (y compris les missiles, qui font des ravages sur les civils ukrainiens) sont fabriqués… aux Etats-Unis, au Royaume-Uni, en Allemagne (entre autres), avec la complicité des négociants chinois ! La tentation de l’argent est peut être trop forte…
Kenzo