
Jeudi 29 février, le club Histoire du collège Jean Moulin a rencontré Samuel Pintel qui, lors de la Seconde Guerre mondiale, a vécu à la maison d’Izieu, une maison-refuge pour les enfants juifs. Nous avons pu entendre son témoignage et puis lui poser des questions.
Samuel Pintel nous a raconté son périple depuis Paris à travers la France occupée, sa séparation d’avec sa mère arrêtée par les Allemands à Annecy… pour nous parler de son expérience à la maison d’Izieu.

Pour lui, c’est une expérience mitigée : en effet il garde plusieurs mauvais souvenirs. Par exemple, à Noël 1943 (il a à l’époque 6 ans), une fête est organisée à la maison d’Izieu. On y a même invité le sous-préfet de Belley (protecteur de la maison) qui vient, chargé de cadeaux pour les enfants. Pendant que le réveillon se fête dans la joie, le petit Samuel est dans sa chambre. Deux raisons possibles, car M. Pintel ne se souvient pas très bien : soit il était malade, soit il était puni pour une bêtise. Bref, il ne reçoit aucun cadeau 😭. Il garde quand même de bons souvenirs du contact établi avec les autres enfants.
Finalement, en février 1944, le petit Samuel est retrouvé par ses voisins parisiens qui le gardent jusqu’à la fin de la guerre. Il échappe ainsi à la raffle des enfants d’Izieu, deux mois plus tard, sur ordre du nazi Klaus Barbie. Aucun de ces enfants ne reviendra des camps d’extermination.
Après la guerre, retrouver la maison des enfants juifs est devenu une obsession pour S. Pintel. Il ne connaissait même pas son nom ! Mais en 1989, après le procès de Barbie, il redécouvre la maison d’Izieu. Il arrive à prendre contact avec Sabine Zlatin, une des créatrices de cette maison. Cette dernière lui propose de participer au projet de réhabilitation de la maison pour en faire un musée…
Kenzo
Pour en savoir plus : https://www.memorializieu.eu/ et https://www.education.gouv.fr/le-concours-national-de-la-resistance-et-de-la-deportation-4295
Pour rappel, la maison d’Izieu est un centre de refuge pour les enfants juifs lors de la Seconde Guerre mondiale. Situé dans l’Ain au bord du Rhône, ce centre s’efforce de rendre une vie normale aux enfants ; en les faisant vivre comme d’autres enfants : école, jeux… C’est donc une forme de résistance aux nazis, qui considéraient que les juifs étaient des sous-hommes et qu’ils ne pouvaient pas vivre comme les autres. Il est dirigé par le couple Miron et Sabine Zlatin et par une équipe d’autres adultes qui s’occupent des enfants : professeur, animateur… Le 6 avril 1944, les Allemands effectuent une rafle et la totalité de la maison d’Izieu est déportée, sauf Sabine Zlatin et d’autres adultes.
Pour rappel, le club Histoire du collège Jean Moulin participe comme chaque année au CNRD (Concours National de la Résistance et de la Déportation). Il faut présenter au jury de ce concours une œuvre en rapport avec le sujet annuel du concours. Cette année il s’intitule « Résister à la Déportation en France et en Europe », via l’exemple de la maison d’Izieu.