Le décès d’Alexei Navalny

Le 16 février dernier, l’administration pénitentiaire russe annonçait la mort d’Alexeï Navalny, principal opposant à Vladimir Poutine, dans le camp où il purgeait une peine de 19 années de prison.

photo United States Mission Geneva via Flickr

Alexei Navalny était un militant russe anticorruption et le principal opposant au gouvernement russe actuel. En août 2020, il tombe gravement malade suite à un empoisonnement au novitchok. Il tient le gouvernement russe pour responsable, mais le Kremlin dément son implication. Soigné en Allemagne, il revient en Russie en 2021 malgré les risques encourus. Il y est sommairement jugé, condamné à 19 années pour « extrémisme » et emprisonné.

Le 16 février dernier, sa mort est annoncée par l’administration pénitentiaire. Selon un communiqué du service fédéral de l’exécution des peines (FSIN) : « Le 16 février 2024, dans le centre pénitentiaire numéro 3, le prisonnier A. Navalny s’est senti mal après une promenade et a presque immédiatement perdu connaissance. Le personnel médical de l’établissement est arrivé immédiatement et une équipe de secours d’urgence a été appelée. Toutes les mesures de réanimation nécessaires ont été prises, sans résultats. Les urgentistes ont constaté le décès du condamné, […]».

La responsabilité directe de Vladimir Poutine dans cette mort est immédiatement pointée par toutes les capitales occidentales. Quant la famille d’Alexei Navalny, elle n’a accès à son corps que huit jours plus tard. Elle aussi, ainsi que les opposants à Vladimir Poutine, soupçonne une mort provoquée, et le fait que l’administration pénitentiaire ait cherché à camoufler des traces éventuelles d’assassinat (raison, pour laquelle, la dépouille n’aurait pas été remise tout de suite), ce qui ne fait pas réagir le dirigeant russe.

Dès l’annonce du décès, dans le monde de nombreuses personnes déposent des fleurs et allument des bougies à la mémoire d’Alexeï Navalny, à Berlin, Paris, Strasbourg… etc. En Russie même, et malgré les avertissements du gouvernement concernant l’interdiction de participer aux manifestations « non autorisées », des centaines de personnes se réunissent dans différentes villes afin de rendre hommage à l’opposant. Au lendemain de son décès, le 17 février, plus de 359 personnes sont arrêtées dans des conditions parfois violentes (« personnes plaquées, la tête dans la neige » selon Europe 1) et pourtant cela ne décourage pas des milliers de gens d’assister à ses funérailles à Moscou, le 1er mars.

Aujourd’hui, les gouvernements de plus de 40 pays occidentaux demandent une enquête internationale indépendante sur la mort de ce dernier, et certains pays tels que le Canada ou les Etats-Unis ont annoncé des nouvelles sanctions contre la Russie.

En Russie, à quelques semaines de l’élection présidentielle russe (du 15 au 17 mars), l’émotion est toujours vive parmi les opposants à Poutine et la tombe de Navalny est encore et chaque jour recouverte de fleurs.

Bao Nam

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