Proche-Orient, aux origines du conflit – 1 La naissance de l’Etat d’Israël

Nous avions déjà fait un article sur l’attaque du 7 octobre par le Hamas sur Israël (ici). Mais nous ne nous sommes pas interrogés sur les origines des tensions dans la région, et pourquoi ces questions font autant débat. Ainsi pour mieux comprendre la situation actuelle, il faut se replonger dans l’Histoire…

1945. La Seconde Guerre mondiale s’achève, et l’Europe sort exsangue d’une guerre qui a fait des dizaines de millions de victimes, dont 6 millions de Juifs déportés et exterminés par le régime nazi d’Hitler. Ceci est la conséquence de la montée de l’antisémitisme en Europe au XIXe siècle. Et parallèlement, s’est développé un autre courant de pensée, le sionisme.

Le sionisme est défini par l’Académie Française comme un « mouvement politique et religieux né dans la seconde partie du xixe siècle, prônant le retour des Juifs en Palestine et la création d’un État juif ». Avec l’aide du Royaume-Uni qui possède la province de Palestine, ce mouvement installe des colonies sur ce qui, pour les Juifs, est la Terre Promise, de Caanan, où les Juifs étaient souverains avant la diaspora.

Pour comprendre à partir de là, il faut encore remonter dans le temps. Le peuple Juif, qui peuplait alors la Palestine, fut soumis par les Romains au Ier siècle av. J.C. Après s’être révoltés plus de 2 fois, leur Temple fut détruit par l’empereur Hadrien en 135 et la plupart prirent alors la fuite vers le reste du pourtour méditerranéen et formèrent des communautés à travers la Méditerranée et l’Europe. C’est ce qu’on appelle la diaspora.

Ainsi, à partir des années 1930, des premiers Juifs commencent à s’installer en Palestine en ayant le sentiment de « revenir » sur la Terre de leurs ancêtres. Comme dit plus haut, ils fuient l’antisémitisme et beaucoup viennent d’Allemagne où s’installe le régime nazi.

En revanche, ils ne s’installent pas dans un désert : il y a bien des populations locales qui sont majoritairement arabes. Ces arabes sont à 80% musulmans, mais on trouve également beaucoup de chrétiens (10%) et de Juifs n’ayant pas fui lors de la diaspora (10%). Or, l’installation des colons se fait au dépend de ces populations et très tôt certains chrétiens et musulmans prennent les armes contre les colons.

La création de l’Etat d’Israël

Le plan de partage de l’ONU en 1947. Image libre de droit.

C’est dans ce contexte que la décision est prise par la toute nouvelle ONU de départager la Palestine entre les arabes et les colons juifs, après le retrait du Royaume-Uni. Un Etat d’Israël est proposé aux populations arabes qui refusent le plan de partage. Ce plan créée plusieurs enclaves de chaque côtés, ce qui par nature déplaît. Aux colons est attribué le désert de Néguev (sud), la côte méditerranéenne ainsi que le Haut Jourdain.

Malgré tout un conflit éclate entre les Palestiniens et les colons juifs, qui aboutit à la victoire juive. L’Etat d’Israël est proclamé le 15 mai 1948. Aussitôt, ce sont ses voisins arabes (Egypte, Jordanie, Syrie…) qui attaquent Israël : on parle alors de la Guerre d’indépendance.

Encore victorieuse, Israël en profite pour récupérer un peu plus de terres que prévu par le plan de partage de l’ONU. Commence alors une immigration massive vers le tout nouvel Etat hébreu.

Cette immigration est composée de Juifs du monde entier : rescapés de la Shoah (Europe), séfarades (Maghreb), juifs d’Amérique, mais aussi des Juifs venant de pays arabes. Très vite se construit un Etat démocratique sur le modèle occidental, mais qui a du mal à s’intégrer parmi ses voisins.

Kenzo

Laisser un commentaire