Le procès Goldman, un film de procès original

En ce moment, au cinéma, vous pouvez voir Le Procès Goldman, de Cédric Kahn, d’après une histoire vraie. (Rien à voir avec le film, mais oui, Pierre Goldman dont il est ici question, est de la même famille que Jean-Jacques Goldman : c’est son demi frère).

Pierre Goldman, militant d’extrême gauche et voyou, est l’auteur de plusieurs vols à main armée. Il les reconnait tous, sauf un, celui de la pharmacie du boulevard Richard Lenoir. Il est accusé d’avoir, le 19 décembre 1969 voulu voler plusieurs milliers de francs dans une pharmacie, d’avoir assassiné les deux pharmaciennes, et d’avoir blessé deux hommes. Malgré ses protestations d’innocence, Pierre Goldman est condamné à vie en première instance. Mais ce jugement est cassé en 1975.
Le film, est donc l’histoire, en 1976, de son 2e procès. Durant ce procès, presque toute la salle d’audience est avec lui et les spectateurs n’hésitent pas à se lever en criant : « Goldman innocent ! Goldman innocent ! ». S’il a tant de soutien c’est que, au début de sa détention, avant la révision de son procès, il a écrit une autobiographie, Souvenirs obscurs d’un juif polonais né en France, dans laquelle il revient sur l’injustice dont il dit être victime et critique les méthodes de la police française et le racisme de la société. C’est ainsi qu’il est devenu assez populaire en dehors de la prison…

J’ai adoré ce film. Je l’ai adoré car la reproduction du procès est, d’après moi, très bien faite (les « vrais » procès ne sont pas filmés donc on doit les imaginer) mais aussi car la mise en scène est assez particulière, on se croirait presque au théâtre : c’est un huis clos. Par ailleurs, le réalisateur joue beaucoup avec les gros plans. Les acteurs (Arieh Worthalter dans le rôle de Goldman et Arthur Harari dans celui de Maître Kiejman, son avocat) et les dialogues sont géniaux, heureusement car c’est quelque chose de très important, surtout dans un film de procès où la parole est très fondamentale. Ici, Goldman n’aime pas vraiment son avocat, ne lui obéit pas toujours, et n’a aucune complicité avec lui. Mais l’avocat est bon. Il résiste à l’énervement face aux multiples interventions de Goldman et le défend très bien. Cela fait que durant tout le film, on se cramponne à son siège, tellement il y a de tension. Comme tous les films de procès, j’ai adoré.

A.B

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