
Dans le cadre d’un travail de Français avec Mme Raimbaud sur le roman No et Moi de Delphine de Vigan dans lequel le personnage principal est une adolescente qui fait la connaissance d’une jeune SDF, nous avons écrit un texte sur une personne que nous croisons souvent mais à qui nous ne parlons jamais.
Je le croise souvent.
Devant la boulangerie près du collège, ou sur les marches de l’église pas loin de la station St-Jacques. Il sourit toujours et chaque passant lui rend son sourire. Je lui dis bonjour et il murmure un « salut » presque inaudible. C’est tout. De temps en temps, je vois des personnes venir lui parler et lui donner du pain ou une pièce. Pas moi, je ne saurais pas quoi dire et puis, je n’ai jamais rien sur moi. Pourtant il ne doit attendre que ça, que quelqu’un vienne lui parler. Il est seul, sans personne avec qui discuter.
Mais il sourit.
Il n’a personne mais il sourit. Ses épaules se courbent sous le poids de sa misère mais il sourit. Déjà âgé, ses rêves d’enfance se sont brisés mais il sourit.
Je ne le comprends pas.
Sans domicile fixe, il ne semble pas craindre la morsure du froid d’hiver, chose que tout le monde redoute. Ses yeux gardent leur lueur malgré la dureté du béton sur lequel il s’assoit. Sa vieille casquette, posée sur ses courts cheveux grisonnants, surplombe ses deux oreilles qui n’attendent que le doux son d’une salutation.
Aimable personne à la vie si injuste, souriant mendiant aux vêtements usés, sociable monsieur qui reste solitaire, voilà ce qu’il laisse voir à travers son visage.
Justine