
Lundi 5 décembre, un évènement sans précédent s’est produit en Russie : pour la première fois depuis le début de la guerre, la guerre se déplace en Russie; une frappe aérienne de drones sans doute soviétiques, atteint trois bases aériennes russes. L’une, l’aérodrome de Koursk, se situe à peu près à la frontière ukrainienne. Les autres bases (Ryazan et Saratov) se situent à près de 600 km de la ligne de front. C’est un véritable changement pour Poutine qui doit maintenant se consacrer à sa défense antiaérienne.
Les faits
Depuis plusieurs mois déjà, la Russie fatiguait. De nombreux revers militaires ont été successivement essuyés, humiliant le résident du Kremlin (palais présidentiel russe). Mais là, on assiste à un bombardement ukrainien en territoire russe. Non pas sur une infrastructure civile, comme agit la Russie (une action compréhensible de la part des Ukrainiens vu que Poutine utilise cette méthode), mais plutôt sur une installation militaire. Les cibles sont des bases aériennes russes situées assez loin de la ligne de front (600 km). Une fois ayant effectué leurs missions, les drones sont interceptés par la défense anti-aérienne russe. Les débris des engins et l’attaque ont causée au total 3 morts et 4 blessés, tous militaires, avec 2 avions endommagés. Des images ont été diffusées sur les réseaux.


Le mystère de l’évènement
Tout le monde est étonné par l’évènement. Les drones et autres matériels de bombardement sont fournis par les Etats-Unis, et on connaît précisément les envois. Or le matériel occidental envoyé ne peut pas se déplacer sur plus de 600 km ! La réponse peut se trouver dans la firme (entreprise) ukrainienne Ukroboronprom qui a déclaré avoir créé un nouvel engin qui dépasserait les capacités des missiles air-sol (qu’on lance d’un avion ou drone) américains (il pourrait aller à plus de 1000 km depuis son point de lancement). Le groupe est d’ailleurs actif depuis le début de la guerre. Cette technologie reste néanmoins secrète et fermée, aucune images n’a été publiée.
Une autre solution, plus probable, est que l’Ukraine ait utilisé des vieux drones soviétiques, bricolés et modernisés pour l’occasion. En effet, les ingénieurs ukrainiens les ont dotés d’une charge de 75 kg et ont rendu leurs performances plus « modernes », un exploit qui fait revivre des « pièces de musée ». Ce sont des drones Tu-141 qui servaient à la reconnaissance aérienne lors de la guerre froide. Ces engins, entrés en service pour l’URSS en 1974 sont des drones à réaction qui ne peuvent « atterrir » qu’en utilisant un parachute. Les ingénieurs ukrainiens les ont dotés d’une charge de 75 kg

L’Ukraine peut à présent mener un raid aérien et s’enfoncer beaucoup en Russie. Alors qu’on croyait qu’elle n’avait que du matériel léger et qu’elle n’était pas une puissance aérienne, une démonstration de force pour Poutine a complètement changé le cours de la guerre psychologique. Les Russes doivent à présent prévenir un raid aérien sur leurs villes. Alors que Poutine croyait à une opération de quelques semaines, quelques mois à peine, il se retrouve à devoir se protéger d’une nouvelle attaque aérienne de la part des Ukrainiens. A présent, son peuple est menacé. Son peuple qui croit de moins en moins à cette guerre et qui, s’il se sent menacé, ou manipulé par la propagande de Moscou, pourrait se révolter.

La riposte
Les Russes ont organisé en représailles (non pour la première fois) des frappes aériennes d’importance notamment comme précédemment sur les infrastructures énergétiques du pays (centrales hydro-électrique du Dniepr) privant d’énergie plusieurs millions d’Ukrainiens. Désormais, dans les secteurs privés d’électricité, on vit dans le noir, le froid et la peur. Les Russes ont aussi et comme toujours multiplié les attaques sur les grandes villes. La stratégie de bombardement et de pression sur la population n’a aucun effet sur la progression militaire terrestre et maritime. Elle sert juste à impressionner les populations pour qu’elles fassent pression sur leur Etat pour négocier la paix. Mais Zelinsky ne veut pas négocier, car il sait qu’une trêve permettrait à la Russie de gagner du temps et à reconstruire son industrie qui ne fournit plus les quantités de projectiles suffisants. Moscou a par ailleurs accusé Kiev de s’en prendre à ses avions de combat afin de limiter les bombardements. En bref les Russes ont multiplié les crimes de guerre, affirmant leur stratégie de terreur.
Poutine sent qu’il perd sur le terrain et veut donc bombarder un pays qu’il veut annexer. Pire, son industrie, laissée seule face à l’absence de fournisseurs d’armes occidentaux, ne peut plus supporter seule la charge de la fabrications des divers projectiles largués sur les villes d’Ukraine. Les stocks de missiles de croisière air-sol (c’est à dire largués d’un bombardier et ayant une cible sur le sol) russes sont quasiment épuisés et la Russie utilise des missiles sol-sol (qui sont lancés du sol et qui arrive au sol) et peut-être même des missiles nucléaires dont on a enlevé les ogives (charge nucléaire).
En bref, l’Ukraine a réalisé un coup d’éclat pour la Russie qui se sent à présent menacée. Malgré tout, Moscou reste sur une stratégie de bombardement massif de diverse installations civiles.
Kenzo