Ukraine-Russie: les commandes de blindés de l’Ukraine

En ce début de mois de janvier, l’Ukraine de Volodymyr Zelinsky a demandé des chars aux Occidentaux. Face à cette demande, les pays de l’OTAN, dont la France, ont décidé d’aider, toujours plus, l’Ukraine. Mais, pour la première fois dans cette guerre qui dure depuis bientôt 11 longs mois, les Britanniques de Rishi Sunak se sont décidés à envoyer du matériel lourd (chars d’assaut, artillerie) et franchissent le pas qui ne laisserait pas Poutine passif…

La commande ukrainienne

L’état-major ukrainien, depuis le début de l’année, met la pression sur certain pays occidentaux. En effet, pour poursuivre la guerre et tenir face à la Russie et ses ressources quasi-illimitées par rapport à l’Ukraine, il lui faut toujours, toujours plus d’armes pour ne pas être submergé par les Russes qui reprennent de l’assurance, notamment au nord de Donetsk. En l’occurence, Zelinsky a demandé des chars supplémentaires. Les pays de l’OTAN, voulant toujours plus aider l’Ukraine à gagner cette guerre, se sont investis comme jamais. On décompte notamment :

-La France de Macron va livrer ses vieux blindés AMX-10 RC, en service depuis la guerre froide.

-La Pologne, s’investit en voulant envoyer des chars d’origine allemande, les Léopards 2, mais l’accord de l’Allemagne se fait attendre. Il fournissent déjà un grand nombre de char d’assaut à l’Ukraine, mais ceux-ci sont vieux et de fabrication soviétique.

-Le Royaume-Unis de Rishi Sunak s’engage, et c’est historique, à envoyer des chars lourds, et non pas légers, comme le font ses homologues de l’OTAN. Ces Challengers 2 seront au nombre de 14, mais c’est surtout un geste symbolique de la part du Royaume-Uni.

-Des M2 Bradley pour les Etats-Unis, toujours des chars légers. Les Etats-Unis ont déjà fait beaucoup pour l’Ukraine, ils ont un réservoir immense de matériel militaire.

-Olaf Scholz, à la tête de l’Allemagne, réfléchit encore quant à livrer des Léopards 2, comme la Pologne. L’Allemagne est pressée de toute part, et on attend encore sa réponse. D’ailleurs, l’industrie allemande ne se dit pas prête à fournir les engins d’ici 2024. Les Allemands possèdent aussi des véhicules Marder.

AMX-10 RC de l’armée française, qui va être remplacé par le Jaguar. C’est un vieux char.- Image libre de droit

Plus de précisions sur le matériel envoyé

Il faut d’abord comprendre les notions de chars lourd et chars légers. Les chars lourds sont tout simplement plus lourds que les légers. Les chars d’assaut, par exemple, sont des chars lourds servant principalement à l’attaque et à « bousculer » les soldats au sol. Ils servent aussi à franchir une tranchée pleine de soldats, par exemple. Ils sont indispensables pour une offensive.

Les chars légers ont pour leur part différentes missions. Ils peuvent servir de char de reconnaissance (donc récolter des renseignement, en engageant éventuellement le combat) ou de soutien à l’infanterie (ils accompagnent et/ou transportent l’infanterie dans l’assaut).

On comprend que chaque type de char s’additionne à l’autre, qu’ils remplissent des missions bien spécifiques en fonction de leur fabrication.

L’AMX-10 RC est un char de reconnaissance et de soutien à l’infanterie. Conçu dans les années 70, puis mis en service en 1981, il participe à un grand nombre d’opérations. Il va être remplacé par le Jaguar dans les années 2020.

Le M2 Bradley est un char servant à accompagner les fantassins et à les transporter. Il date de 1981. Tout comme le Marder, qui lui aussi est très vieux et sert aussi de transporteur de troupes.

Les Challengers 2 sont quant à eux des chars lourds qui servent au choc et à bousculer les positions ennemies comme évoqué plus haut. Ils seront très peu à combattre en Ukraine.

Les Léopards 2 sont des chars moyens dont l’efficacité est reconnue au niveau international. Ils sont détenus par l’Allemage mais aussi par la Pologne.

Les raisons de cette demande

Beaucoup de spécialistes pensent que l’Ukraine a besoin de véhicules pour préparer une grande contre-offensive. En effet, depuis le retour de l’hiver et le gel de la boue, les déplacements sont plus autorisés (les véhicules s’embourbent moins). Donc, souvenez-vous, on était revenu à une guerre statique au tournant d’avril 2022. Malgré quelques contre-offensive brillantes (percée dans le Nord, prise de Kherson…), la guerre était restée une guerre de positions, comme en 1916… On pourrait donc, avec des routes plus praticables, assister à des manoevres et des opérations de grandes envergure…

En ayant à disposition des véhicules de transport d’infanterie, de soutien à l’infanterie aussi bien que des véhicules de reconnaissance ou des chars d’assaut pour bousculer des positions ennemies, l’état major ukrainien espère ainsi changer le cours de la guerre.

Malgré tout, certains spécialistes affirment qu’une centaine chars ne feront pas la différence et que ce geste de la part des occidentaux est juste symbolique. En tout cas, les effets sur le terrain seront proportionnels au nombre de blindés promis.

Ces évènements changeront-ils le cours de la guerre ? Poutine va-t-il accuser l’OTAN de cobelligérance (ce que les états d’Occident font mais n’osent pas le faire vraiment, en envoyant des troupes par exemple) ?

Kenzo

Un échange de prisonnier entre la Russie et les Etats Unis : Viktor Brout contre Brittney Griner

Vendredi dernier, un échange de prisonniers a eu lieu entre la Russie et les Etats Unis. Ces deux pays on échangé les prisonniers Viktor Brout et Brittney Griner.

Viktor Brout est un trafiquant d’armes russe, « l’un des hommes les plus dangereux du monde », qui a été arrêté et incarcéré aux Etats Unis, condamné à une peine de 25 ans de prison. Brittney Griner, quant à elle, est une basketteuse américaine, double médaillée d’or olympique. Elle a été arrêtée en Russie en peu avant le début du conflit avec l’Ukraine, pour avoir en sa possession du cannabis sous forme d’huile. Ce produit qui lui avait été prescrit pour ses douleurs chroniques, est interdit en Russie.

Viktor Brout en 2010 / Photo Administration de la lutte contre la drogue, Domaine, via Wikimedia Commons

Moscou essayait, depuis longtemps, de négocier l’échange de Viktor Brout pour qu’il puisse retourner en Russie. L’arrestation et la condamnation de Brittney Griner lui a fourni une occasion inespérée de faire pression sur les Etats-Unis. Viktor Brout, « le marchand de mort », est donc libre et de retour au pays où il ne manque pas de remercier publiquement Vladimir Poutine et de dénoncer l’Occident en termes choisis : « Ce qui se passe en Occident est simplement le suicide de la civilisation. Et cela peut se produire dans tous les domaines, avec la drogue et les LGBT+ parmi eux. »

Billie

Frappes de drones en Russie : L’Ukraine attaque !

Lundi 5 décembre, un évènement sans précédent s’est produit en Russie : pour la première fois depuis le début de la guerre, la guerre se déplace en Russie; une frappe aérienne de drones sans doute soviétiques, atteint trois bases aériennes russes. L’une, l’aérodrome de Koursk, se situe à peu près à la frontière ukrainienne. Les autres bases (Ryazan et Saratov) se situent à près de 600 km de la ligne de front. C’est un véritable changement pour Poutine qui doit maintenant se consacrer à sa défense antiaérienne.

Les faits

Depuis plusieurs mois déjà, la Russie fatiguait. De nombreux revers militaires ont été successivement essuyés, humiliant le résident du Kremlin (palais présidentiel russe). Mais là, on assiste à un bombardement ukrainien en territoire russe. Non pas sur une infrastructure civile, comme agit la Russie (une action compréhensible de la part des Ukrainiens vu que Poutine utilise cette méthode), mais plutôt sur une installation militaire. Les cibles sont des bases aériennes russes situées assez loin de la ligne de front (600 km). Une fois ayant effectué leurs missions, les drones sont interceptés par la défense anti-aérienne russe. Les débris des engins et l’attaque ont causée au total 3 morts et 4 blessés, tous militaires, avec 2 avions endommagés. Des images ont été diffusées sur les réseaux.

Sur cette image satellite google-earth, on voit bien les avions russes, dont des bombardiers datant de l’époque soviétique, entourés de rouge. Ceci est la base aérienne Engels 2, située dans la province de Saratov.
Bombardier russe Tu-95 appartenant à l’aérodrome d’Engels 2. Il est utilisé dès l’époque soviétique. Image satellite Google-Earth.

Le mystère de l’évènement

Tout le monde est étonné par l’évènement. Les drones et autres matériels de bombardement sont fournis par les Etats-Unis, et on connaît précisément les envois. Or le matériel occidental envoyé ne peut pas se déplacer sur plus de 600 km ! La réponse peut se trouver dans la firme (entreprise) ukrainienne Ukroboronprom qui a déclaré avoir créé un nouvel engin qui dépasserait les capacités des missiles air-sol (qu’on lance d’un avion ou drone) américains (il pourrait aller à plus de 1000 km depuis son point de lancement). Le groupe est d’ailleurs actif depuis le début de la guerre. Cette technologie reste néanmoins secrète et fermée, aucune images n’a été publiée.

Une autre solution, plus probable, est que l’Ukraine ait utilisé des vieux drones soviétiques, bricolés et modernisés pour l’occasion. En effet, les ingénieurs ukrainiens les ont dotés d’une charge de 75 kg et ont rendu leurs performances plus « modernes », un exploit qui fait revivre des « pièces de musée ». Ce sont des drones Tu-141 qui servaient à la reconnaissance aérienne lors de la guerre froide. Ces engins, entrés en service pour l’URSS en 1974 sont des drones à réaction qui ne peuvent « atterrir » qu’en utilisant un parachute. Les ingénieurs ukrainiens les ont dotés d’une charge de 75 kg

Drone Tupolev-Tu-141 appartenant à l’armée ukrainienne. Il est sur son camion de largage. Il ne pourra atterrir qu’en parachute, pas comme un avion classique.

L’Ukraine peut à présent mener un raid aérien et s’enfoncer beaucoup en Russie. Alors qu’on croyait qu’elle n’avait que du matériel léger et qu’elle n’était pas une puissance aérienne, une démonstration de force pour Poutine a complètement changé le cours de la guerre psychologique. Les Russes doivent à présent prévenir un raid aérien sur leurs villes. Alors que Poutine croyait à une opération de quelques semaines, quelques mois à peine, il se retrouve à devoir se protéger d’une nouvelle attaque aérienne de la part des Ukrainiens. A présent, son peuple est menacé. Son peuple qui croit de moins en moins à cette guerre et qui, s’il se sent menacé, ou manipulé par la propagande de Moscou, pourrait se révolter.

Sur cette carte, on voit bien que deux des aérodromes sont situés très loin de la frontière ukrainienne. On ne voit pas Moscou sur cette carte, mais elle est située juste au-dessus des bases. Capture d’écran Google-Earth.

La riposte

Les Russes ont organisé en représailles (non pour la première fois) des frappes aériennes d’importance notamment comme précédemment sur les infrastructures énergétiques du pays (centrales hydro-électrique du Dniepr) privant d’énergie plusieurs millions d’Ukrainiens. Désormais, dans les secteurs privés d’électricité, on vit dans le noir, le froid et la peur. Les Russes ont aussi et comme toujours multiplié les attaques sur les grandes villes. La stratégie de bombardement et de pression sur la population n’a aucun effet sur la progression militaire terrestre et maritime. Elle sert juste à impressionner les populations pour qu’elles fassent pression sur leur Etat pour négocier la paix. Mais Zelinsky ne veut pas négocier, car il sait qu’une trêve permettrait à la Russie de gagner du temps et à reconstruire son industrie qui ne fournit plus les quantités de projectiles suffisants. Moscou a par ailleurs accusé Kiev de s’en prendre à ses avions de combat afin de limiter les bombardements. En bref les Russes ont multiplié les crimes de guerre, affirmant leur stratégie de terreur.

Poutine sent qu’il perd sur le terrain et veut donc bombarder un pays qu’il veut annexer. Pire, son industrie, laissée seule face à l’absence de fournisseurs d’armes occidentaux, ne peut plus supporter seule la charge de la fabrications des divers projectiles largués sur les villes d’Ukraine. Les stocks de missiles de croisière air-sol (c’est à dire largués d’un bombardier et ayant une cible sur le sol) russes sont quasiment épuisés et la Russie utilise des missiles sol-sol (qui sont lancés du sol et qui arrive au sol) et peut-être même des missiles nucléaires dont on a enlevé les ogives (charge nucléaire).

En bref, l’Ukraine a réalisé un coup d’éclat pour la Russie qui se sent à présent menacée. Malgré tout, Moscou reste sur une stratégie de bombardement massif de diverse installations civiles.

Kenzo

Un Allemand retrouve un chèque d’une valeur de 4,6 millions d’euros destiné à Haribo

By ganeshaisis from Berlin, USA – i love haribo, CC BY 2.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=46364558

Le 18 novembre, un Allemand retrouve par terre un chèque de 4,6 millions d’euros destiné à Haribo.

Un jeune homme allemand nommé Anouar, allait rendre visite à sa mère dans la ville de Francfort. En marchant il vit un petit bout de papier par terre et quand il le ramassa, il se rendit compte que c’était un chèque destiné à Haribo (le fabriquant de bonbons). Quand il lut le montant de ce chèque, il fut si choqué qu’il ne sut quoi dire. « Il y avait une somme si importante dessus que je ne pouvais même pas la prononcer », a annoncé Anouar. Il a donc décidé de contacter l’entreprise.

Un avocat lui a demandé de détruire ce chèque, Anouart honnête et gentil, l’a donc directement fait. En guise de remerciement, Haribo lui a envoyé 6 paquets de bonbons. Mais Anouar trouvait ça un peu radin de leur part.

Moi, je trouve ce n’est vraiment pas approprié de ne lui envoyer que 6 paquets de bonbons pour le remercier d’avoir détruit un chèque d’une valeur de 4,6 MILLIONS D’EUROS ! Haribo a annoncé que c’était le cadeau habituel qu’il envoyait pour remercier quelqu’un.

J’espère que la vie offrira à Anouar d’autres cadeaux pour le récompenser !

Sarah

Guerre en Ukraine: la prise de Kherson, un retournement ?

Comme on l’a dit dans un précédent article, mercredi 9 Novembre, l’Etat-major russe annonçait son repli de la grande ville de Kherson, clé sur le front sud car elle contrôle un des grands ponts sur le Dniepr, un fleuve ukrainien assez large à ce niveau. Jusqu’alors, la Russie s’obstinait à garder une tête de pont, cela veut dire que ses troupes restaient sur la rive droite du Dniepr (côté ukrainien), à l’embouchure du pont.

Que s’est-il passé exactement ?

Cette fuite était préparée très à l’avance. Même du côté occidental, on pouvait deviner qu’il allait se passer quelque chose. En effet, plusieurs bateaux russes avaient été sabordés (détruits) par les troupes du Kremlin. Puis, les Russes ont détruit tout ce qu’ils ne pouvaient pas emporter, notamment les ponts du Dniepr, les antennes relais… etc. L’opinion occidentale retient surtout la déportation des populations locales. Juste avant la retraite, les Russes emportent à l’abri tout le matériel lourd qui ne peut pas être emporté dans la fuite. Enfin, les 25 000 soldats russes, dont des troupes aéroportée et des troupes d’élite, ont évacué la rive droite du Dniepr. Ils ont probablement laissé des explosifs pour freiner l’avancée ukrainienne.

Sur la carte, on voit bien que les forces russes combattaient avec le fleuve Dniepr dans leur dos. Leur nouveau retranchement leur permet de sécuriser le sud, au moins jusqu’à Zaporijia.

Pourquoi ont-ils abandonné une position stratégique ?

La situation a été analysée par les différents états-majors occidentaux. Selon le Pentagone (ministère de la défense américain), les Russes veulent se reformer plus à l’est, car la position semblait intenable. Pour d’autres, la position était à la fois intenable mais surtout inutile dans ce contexte…

En effet, quand on mène une guerre, il vaut mieux assurer ses arrières et, en l’occurrence, une bonne retraite. Se battre avec un fleuve dans le dos n’assure pas une bonne retraite et, même avec un pont (qui ralentit le repli), on se sent acculé. De plus, les experts assurent que la stratégie russe est « d’hiverner », c’est à dire passer l’hiver pour préparer les campagnes de l’été 2023. Or il faut s’assurer de passer l’hiver en sécurité. Il faut aussi limiter les pertes au maximum, donc évacuer les zones où « l’espérance de vie du soldat » est très faible pour ne pas occasionner trop de pertes. La tête de pont est certes stratégique mais impossible à tenir.

Les troupes aéroportée et d’élite ont d’ailleurs été récemment remplacées par des conscrits de moins bonne qualité que les militaires de métier. La position était donc d’autant plus fragile.

Quelles en sont les conséquences ?

D’abord cette retraite, cette nouvelle défaite, permet de prouver que l’armée ukrainienne est en constante progression et s’améliore de jour en jour grâce au soutien de l’Europe et de l’Amérique du Nord. Face à cette armée très confiante et galvanisée par l’idée de libérer sa nation, se trouve une armée qui s’enlise, composée de soldats conscrits qui se savent sacrifiés et n’ont pas envie de combattre. L’armée ne peut plus suivre Poutine dans ses choix politiques, et même si l’armée voulait tenir les territoires conquis, les militaires subalternes et du rang ne voudraient pas continuer. Avec l’arrivée des réservistes conscrits, cette opinion se renforce. Certains pensent que l’armée préfère se retirer en bon ordre que de subir une véritable déroute. Le coup d’avance est aux Ukrainiens qui maintenant « mènent » la guerre et décideront probablement du lieu des opérations futures, par exemple.

Alors, c’est perdu pour la Russie ?

Pas totalement. L’opération, du genre « retraite en bon ordre stratégique », a permis de sauver la vie de plusieurs milliers de Russes qui auraient pu mourir sous le feu de l’armée ukrainienne. Les 25 000 soldats russes sur place auraient pu périr et/ou se rendre inutilisables pour combler une brèche dans une autre région en restant à Kherson. En se repliant, la Russie « gagne », comme aux échecs, lorsqu’un pion atteint le bord du camp adverse, une nouvelle pièce de jeu qui pourra s’avérer très utile pour le plan de bataille de Poutine.

Ensuite, la Russie protège ses nouvelles frontières par un fleuve et stoppe net l’avancée déjà lente de l’armée ukrainienne dans le sud. Enfin, n’oublions pas que la Russie possède encore des soldats de réserve, réservistes en tout genre, et bien sûr, c’est un vivier de soldats que Poutine exploite déjà en rendant l’éducation militaire obligatoire à l’école. Tout ça pour dire que la Russie, vu sa situation, a probablement fait le bon choix.

La propagande de Poutine

Le discours russe présentera bien sûr l’évènement comme bénéfique pour la « grande Russie » et pas du tout comme une retraite voire une fuite. L’important pour Poutine est qu’il ne faut pas que son peuple interprète lui-même l’évènement. La Russie continuera par la propagande de provoquer l’Occident en montrant qu’elle est toujours aussi puissante alors qu’elle perd le pied en Ukraine.

Et la suite ?

Ce n’est pas le premier échec majeur de la Russie. Même avant la percée dans le Nord, les Russes avaient montré des signes de faiblesse. Après avoir poussé jusqu’aux banlieues de Kiev, les troupes du Kremlin butent contre la capitale et se retirent en bon ordre pour conserver les positions dans l’est, à la fin du mois de mars 2022. Puis une île tout entière est évacuée (l’Ile au Serpent). Plusieurs prises de villes sont difficiles et coûteuses en hommes. La Russie faiblit. Enfin le coup d’éclat: la région de Kharkiv libérée. Tout semble indiquer que l’Ukraine va militairement gagner (il ne faut pas oublier une frappe nucléaire de la part de la Russie), mis peut-être pas conserver son indépendance.

Kenzo

Les Chinois sont encore confinés

La Chine est très stricte sur le covid 19 et les Chinois sont toujours confinés alors que le reste du monde a repris une activité « presque » normale. Apres trois ans de « zéro covid », la Chine continue de maintenir les mêmes directives strictes envers la population.

Mais depuis quelques temps, des manifestations de protestation ont éclaté. Elles ont débuté fin octobre dans l’usine Foxconn dans le centre du pays.

« Pourquoi la Chine ne suit-elle pas les autres pays du monde qui se sont libérés du Covid ? Les tests massifs sont-ils utiles ? Pourquoi autant de restrictions pour si peu de morts ? », message largement partagé sur les réseaux sociaux chinois

Depuis que la Coupe du monde de football au Qatar a commencé, les Chinois se rendent compte qu’ils sont les seuls à être confrontés à des mesures sanitaires encore très autoritaires. Ils découvrent, à la télévision, des images des stades remplis de spectateurs sans masques et sans restrictions sanitaires. Les Chinois ont été choqués par ces images ! Ils supportent de moins en moins leur situation de confinement strict et de restrictions sévères…

La révolte va-t-elle succéder à l’incompréhension ?

Lou

Tirs de missiles sur la Pologne

Avant hier, deux missiles sont tombés sur la Pologne, dans le village de Przewodow, à quelques kilomètres de la frontière avec l’Ukraine, faisant deux morts.

La Russie a été soupçonnée d’avoir envoyé ces missiles. Si cela avait été vrai, les conséquences se seraient avérées très graves. Car la Pologne fait partie d’une alliance : l’Otan. Alors si ces missiles avaient bien été russes, une guerre aurait pu se déclencher entre la Pologne et avec elle tous les membres de l’Otan, contre la Russie.

« Heureusement » (si l’on peut dire), ces missiles proviennent de l’Ukraine qui les a envoyés contre les missiles russes. Ils sont accidentellement tombées en Pologne. Ce n’est qu’un « accident malheureux » selon le président polonais, Andrzej Duda. Le secrétaire de l’Otan, Jens Stolenberg a pour sa part déclaré : « Soyons clairs, ce n’est pas la faute de l’Ukraine, la Russie porte la responsabilité ultime alors qu’elle poursuit sa guerre illégale contre l’Ukraine ».

Sarah

La percée ukrainienne : les raisons de ce retournement de situation

L’avancée ukrainienne et le théâtre Nort-Est -© Le Grand Continent / Institute for the Study of War et AEI’s Critical Threats Project

Depuis quelque temps déjà, on parle d’un déblocage de la situation en Ukraine. Le 6 septembre, un groupe presque aussi important que celui qui combattait dans le sud pour maintenir les positions sur la tête de pont de Kherson, part à l’attaque de Balakliya (voir carte), dans le Nort-Est du front (qui s’étend de Kharkiv à la Crimée). Cela a été tellement violent que l’Ukraine a fait plus d’un millier de prisonnier russes. Elle a pénétré en plein cœur du dispositif russe jusqu’à menacer le commandement russe et le priver d’un combat coordonné. De centaines aussi d’appareils en tout genre (véhicules de transmissions, radars) ont été pris, ce qui intéresse beaucoup les stratèges occidentaux. Les Russes ont été repoussés jusqu’à Koupiansk (10 septembre). Après le chaos, les forces de Poutine essayent de reformer une ligne de front.

Comment expliquer un tel retournement de situation ?

Les positions au sud en septembre-© Le Grand Continent / Institute for the Study of War et AEI’s Critical Threats Project

Tout d’abord, comme beaucoup de belligérants, les troupes ukrainiennes ont bénéficié de l’allié le plus important quand on entreprend une guerre : la chance. En effet, dans les semaines précédant l’attaque, lors de la préparation de l’offensive, les radars, les espions, les satellites, les avions de reconnaissance, les drones, enfin tout ce que compte la Russie d’appareil de reconnaissance, tout ce matériel n’a pas suffi à détecter un rassemblement de troupe dans le Nord-Est. La raison ? Le commandement russe était trop confiant dans son armée et, après un retour à la guerre de position en avril dernier, s’était limité à de petites attaques sur le front et a carrément opté pour la défensive dans le Sud. De plus, le commandement avait concentré ses forces dans le Sud vers Kherson, où se portait alors la plupart de l’effectif ukrainien. Avait-il la tête ailleurs ? Cela montre bien la faiblesse croissante des troupes russes d’Ukraine.

De plus, la tactique ukrainienne était bien trouvée : une sorte de changement d’aile. Le changement d’aile est une tactique qui consiste à concentrer ses forces sur un point fixe pour faire croire à l’ennemi qu’on veut attaquer ici. L’ennemi, pour éviter de se faire submerger sur ce point-là, y rassemble ses meilleures forces et/ou un grand nombre de soldats. Le coup final est porté à l’opposé de ce point par les troupes de réserves et/ou des renforts venant du point de pression. Il faut un grand nombre de soldats pour que la loi du nombre fasse son effet. En effet, puisque que l’essentiel des forces est fixé à l’opposé de l’attaque, ces même forces ennemies ne peuvent pas réagir et les forces adverses concernées par l’assaut sont en infériorité numérique. C’est donc la victoire assurée.

Capture d’écran ici Beyrouth

En Ukraine, c’est le même schéma : l’essentiel et les meilleures troupes russes sont fixées dans le Donbass. L’autre partie de la ligne de front est gardée par des troupes plus faibles en entrainement, en moral et surtout en nombre. Les stratèges occidentaux analysent la situation : il faut attaquer là ou l’ennemi ne s’y attend pas. Donc au Nord, puisque les Russes veulent à tout prix garder la région de Kherson, et qu’il dégarnissent leurs troupes au Nord. Le tout est de passer inaperçu aux yeux des satellites russes pour réunir les troupes. Premier coup de chance. Deuxième coup de chance : les troupes russes sont démoralisées, encore plus après les premiers succès de l’armée ukrainienne. Comme on l’a dit, les meilleurs éléments sont au Sud pour contenir les troupes de Zelenski.

Cette image a un attribut alt vide ; le nom du fichier est image-18.png
Le drapeau ukrainien flottant à nouveau dans l’Est– capture d’écran ici Beyrouth

Une comparaison est souvent faite par rapport à la guerre de position de 14-18. Une guerre de position est une guerre où les armées ne bougent pas trop, elles ne font pas de grosses manœuvres. La guerre des tranchées en est le meilleur exemple. La guerre en Ukraine est dans cette situation depuis avril 2022, le terrain ne se gagne que mètre par mètre. En revanche la percée et la manœuvre qui a permis de la mettre en place sont un exemple de la guerre dite de mouvement, l’armée ukrainienne peut maintenant manœuvrer dans le Nord sans problème. Cette percée débloque donc le front qui s’était figé, exactement comme en 1918. « On peut peut-être considérer que 1918 a maintenant commencé en Ukraine » affirme un spécialiste, l’historien militaire Michel Goya. Le cours de la guerre change…

En conclusion, la Russie peut tirer une leçon de son échec: la faiblesse croissante de son armée qui combat en Ukraine doit être prise en compte par l’état-major du Kremlin.

Avant-hier, mercredi 9 novembre, l’état-major russe annonçait le retrait de ses troupes de Kherson. Il s’agit cependant de rester prudent, il pourrait ne s’agir que d’un repli stratégique

Kenzo

Sources: Le grand continent- comprendre la percée ukrainienne

Bousculade mortelle en Corée du Sud

Un soir d’Halloween comme les autres se transforme en soirée dramatique

Itaewon le 29 octobre / 한국어: 열린공감 TV, CC BY 3.0 https://creativecommons.org/licenses/by/3.0, via Wikimedia Commons

Le drame s’est passé dans les rues de Séoul le 29 octobre, lors d’un rassemblement pour fêter Halloween. Des dizaines de milliers de personnes s’étaient rassemblées mais une bousculade due à un mouvement de foule incontrôlable a tourné l’évènement en drame tragique !

Il y a eu environ 154 morts dont beaucoup d’adolescents. Dans le quartier d’Itaewon où s’est produit la bousculade, les habitants s’arrêtent pour prier et déposer des offrandes pour leur rendre hommage.

Les habitants des ruelles de ce quartier sont traumatisés par ce qui s’est passé.

Des enquêtes sont lancées et les reproches contre les autorités sont grands car on dit qu’elles n’ont pas fait leur travail et qu’elles n’ont pas assez protégé le habitants : des personnes se trouvant ce soir-là dans les ruelles environnantes, ont dit ne pas avoir vu assez de policiers pour le monde qui s’y trouvait… mais nous n’avons toujours pas la conclusion des enquêtes.

Quelle catastrophe !

Chloé