Dans la nuit du mardi 29 février, entre Athènes et Thessalonique en Grèce, une terrible collision a eu lieu entre deux trains circulant en sens inverse sur la même voie. Un train de marchandise a percuté un train de passagers. Sous le choc, les wagons en tête de train ont déraillé et provoqué un incendie, ce qui a emprisonné plusieurs personnes à l’intérieur des wagons. Le bilan est catastrophique : 57 morts. Les habitants du pays ont d’autant plus été choqués que la plupart des passagers étaient des étudiants.
Depuis cet accident, la colère a gagné la population. Les manifestations en Grèce se multiplient et dénoncent le manque de surveillance et le manque de moyens des services publics. Un manifestant interviewé a même déclaré a France Info : « Quand je commande une pizza, je peux la suivre sur mon téléphone. Pourquoi ce n’est pas possible de voir que deux trains roulent sur la même voie ? »
Dimanche 5 mars, plus de 12 000 personnes ont encore manifesté dans les rues d’Athènes. Hier, jeudi 16 mars, ils étaient 40 000 dans les rues d’Athènes et le pays était parlysé par une grève générale. Cet accident est, au départ, dû à une erreur humaine car le chef de gare avait peu d’expérience, mais il est dû aussi au manque de personnel qui a nettement baissé ces derniers mois sur le réseau ferroviaire du pays, après sa privatisation. Les manifestations visent l’Etat qui a bradé la compagnie et, depuis des années, aurait mal géré et laisser se dégrader l’organisation du réseau.
Capture d’écran du site de l’agence NEOM en charge de la construction de The Line
En Arabie Saoudite, un projet colossal devrait être réalisé : une « ville-ligne » de 170km de long va être construite, qui devrait voir le jour en 2030. Ce projet urbanistique a été lancé par le prince Mohamed ben Salmane et pourra accueillir, en 2045, 9 millions de personnes. Ce projet fait partie de l’objectif de l’Arabie Saoudite pour que son avenir économique repose moins sur le pétrole et plus sur l’énergie renouvelable. Mais peut-être est-il aussi une manière pour le prince héritier d’Arabie Saoudite de redorer son image un peu ternie par l’assassinat du journaliste Jamal Khashoggi.
Cette ligne est plus haute que la tour Eiffel : 500m de haut et aussi 200m de large ! Plus de voitures ! Les concepteurs de ce projet assurent qu’il sera possible d’aller, en train, d’un bout à l’autre de The Line en moins de 20 minutes. Les habitants vivront confortablement grâce à une énergie 100% renouvelable et ils pourront aussi accéder, à pied, aux services utiles en moins de 5 minutes.
Cependant, la construction de ce projet aura un coût très élevé, 319 milliards de dollars pour la réalisation de la première partie, et il devrait dépasser au total 500 milliards de dollars pour l’ensemble. Les murs de cette ville futuriste seront recouverts de 2 gigantesques miroirs qui devraient ainsi ne pas impacter le paysage qui l’entoure.
image agence NEOM
Mais ce projet « écologiste » sera aussi un mur infranchissable pour les animaux et les conséquences pour la faune seront désastreuses. Cela pourrait aussi impacter la route migratoire des oiseaux qui pourraient venir s’écraser contre les miroirs de ces immenses grattes ciels.
Ajoutons à cela que cette ville futuriste sera construite dans une région désertique et qu’il sera difficile de trouver les 9 millions de personnes qui devraient y vivre alors que le pays est peuplé par moins de 40 millions de personnes !
Depuis des semaines, des écolières iraniennes sont victimes d’empoisonnement lorsqu’elles vont à leur établissement scolaire. Des lycéennes, des collégiennes et même des élèves d’écoles primaires se retrouvent victimes de maux de tête et de nausées. Certaines sont même hospitalisées…
papapishu, CC0, via Wikimedia Commons
Initialement, les empoisonnements ont débuté en novembre 2022 mais ce sont grandement intensifiés (notamment ce dimanche où 200 écoles ont compté des victimes), et ce dans tout l’Iran, ces derniers jours. C’est toujours la même histoire, la jeune fille va en cours, sent une mauvaise odeur, a du mal à respirer et peut même s’évanouir ou avoir la nausée. Il y aurait depuis trois mois plus d’un millier de filles touchées, mais les chiffres restent difficiles à évaluer. Certaines sont même hospitalisées et ont besoin d’une assistance pour pouvoir respirer.
Face à ces tentatives d’empoisonnement, le gouvernement iranien semble décliner toute responsabilité. Le vice-premier ministre de la Santé dit que » l’empoisonnement causé aux étudiants était très léger et n’a causé de complications à personne ». Du côté de la Défense nationale, le général Gholamréza Jalali annone que les chiffres sont surestimés par « une panique sociale ». Malgré çela, on ne peut nier que le pouvoir semble faire des recherches et veut dénouer l’affaire, sans laisser une seule chance aux meurtriers et a (enfin) reconnu la gravité de la situation début mars.
Mais les familles des victimes reprochent au contraire le manque de réaction des autorités pour identifier les coupables. En effet, on ne sait ni qui sont les auteurs des empoisonnements, ni quel gaz est utilisé. Pour beaucoup, ces actes terroristes et visant les filles, seraient commis par le gouvernement iranien lui-même pour se venger des manifestations et de l’implication de la jeunesse dans la cause de Masha Amini qui avait été tuée pour ne pas avoir bien porté son voile (pour plus d’infos, cliquez ICI). Sur Instagram, la militante Narges Mohammadi écrit : «Arrêtez le crime contre nos filles en dénonçant ces actes et en protestant dans les rues d’Iran».
Pour contrer cette idée, le pouvoir dit que le but de ces empoisonnements est de fermer les écoles des filles mais surtout de faire accuser le gouvernement pour « raviver la flamme éteinte des émeutes ».
Alors voilà, cela fait un an jour pour jour que la guerre en Ukraine a commencé, le 24 février 2022 précisément. Ce conflit est le premier depuis plus de 30 ans en Europe. C’est aussi un conflit de haute intensité : de grosses armées s’affrontent directement. Mais que nous a montré ce conflit, tant sur le plan militaire que politique ?
Les questions géopolitiques
La question de l’énergie
Nous avons fait déjà plusieurs articles dessus (ici, ici), je vous invite à les relire. Cette crise nous montre l’importance de l’énergie dans le monde, que c’est une précieuse ressource, et que nous sommes dépendants de la Russie pour l’énergie (en tout cas l’Europe, la France, elle, marche au nucléaire). Ces manques d’énergie nous poussent à diversifier les approvisionnements, notamment avec nos alliés Nord-Américains (du gaz liquéfié parcourt ainsi l’Atlantique).
De plus, des pays possédant du gaz jusque-là peu demandé (la Russie nous suffisait) profitent, d’une part, de la montée des prix de l’énergie pour redresser leur économie (ce dont ils avaient fortement besoin, par exemple l’Algérie), d’autre part, les pays d’Europe cherchant à trouver de nouveaux fournisseurs, d’être « choyés » de ces pays. Par exemple, l’Algérie (toujours), qui était jusque-là en froid avec la France, voient ses relations se cordialiser avec l’Hexagone. Cependant, ce pays est un traditionnel allié de la Russie, ce qui complique la situation…
Le réarmement des pays d’Europe
Ecusson de l’opération Barkhane, seule action militaire principale menée par la France depuis 2012. Elle a été arrêté, car elle n’aboutissait à rien – Via Wikimedia Commons
Cette guerre nous a aussi montré, à nous, Européens (eh oui, encore !), qu’il fallait se réarmer. Depuis plus de 30 ans, les interventions menées par l’OTAN se résumaient à des missions de maintient de la paix (Kosovo…), ou à des guérillas dans le désert ou les montagnes (Barkhane, Afghanistan…). Ces interventions étaient donc des guerres « assymétriques »: il n’y avait pas d’engagement direct entre deux armées, contrairement à l’Ukraine, qui est une guerre de « haute intensité » ou « symétrique ».
Ces engagements ont poussé les Etats Européens à dégarnir leur armée (qui ne servait plus à grand chose) et à croire que la guerre en Europe, c’était fini. Ainsi quand la guerre Russie-Ukraine a commencé, il y a eu une brusque prise de conscience de la gravité de la situation et les pourcentages de PIB (Produit Intérieur Brut) consacrés à la défense ont augmenté.
En France, Macron a promis au début de l’année 2023 un budget de 400 milliards d’euros entre 2024 et 2031 pour l’armée, ce qui lui a valu de vives critiques. L’armée française se dit aujourd’hui inapte à mener un conflit de haute-intensité. Même si elle a l’arme nucléaire, elle ne pourra plus se défendre contre un ennemi aussi puissant en nombre que la Russie : elle ne pourrait tenir un front de 80 km (nombre) pendant 48h (pas assez de munitions).
En Grande-Bretagne, un député a affirmé que son armée ne tiendrait pas plus de 5 jours. Finalement, celle qui s’en sort le mieux, c’est l’armée des USA : elle possède un effectif raisonnable vu son territoire et possède assez d’argent pour s’entraîner et être prête en cas de guerre.
Le renversement des alliances
Le 2 mars 2022, les Nation Unies ont voté pour condamner « l’opération spéciale » de Poutine. Sur les votes, on voit que les Occidentaux sont tous ralliés à l’Ukraine, et certains alliés traditionnels de la Russie l’ont condamnée (Turquie, Serbie, Hongrie). Ainsi, tous les pays ne gravitant pas autour de Moscou ou de Pékin ont voté contre l’offensive.
Par contre, la plupart des pays plus ou moins soumis aux puissances orientales se sont abstenus, surtout en Afrique (où Poutine mène des opérations militaires et économiques). L’Inde, la Chine, le Pakistan et l’Iran se sont de même abstenus, alors pour la plupart alliés de la Russie.
Si vous voulez un lien pour observer la carte après le vote contre les annexions russes :ici
Le nouvel « art de la guerre » : le drone
Cette guerre nous montre aussi l’évolution et la nouveauté du combat moderne. Les nouvelles technologies (intelligence artificielle, commande à distance…) nous permettent de créer de nouvelles armes très dévastatrices. Un exemple illustre bien cette révolution : le drone.
On l’a vu (ici), le drone est très présent dans la guerre en Ukraine. C’est lui qui apporte destruction et mort. Même s’il est utilisé dans les deux camps, c’est lui qui permet à l’Ukraine d’avoir une présence dans les airs.
Tout d’abord, il faut distinguer deux types de drones :
les drones de combat. Ils servent à bombarder, à renseigner à haute altitude (prendre des photos). Surtout, ils sont très discrets et peuvent rester 24h en l’air ! La France en possède quelques uns. Exemple : Tu-141 évoqué dans un précédent article.
les drones servant à faire de la reconnaissance (caméra…), ou du combat (bombinette lâchée par gravité). Ils ressemblent aux petits drones civils. Ils sont plus connus que les premiers. Plusieurs milliers sont en service en Ukraine, tandis que le ministre de la Défense français en a commandé 3000 d’ici quelques années.
Bayraktar TB2 en service dans l’armée ukrainienne. C’est un drone de fabrication turcque – Via Wikipédia
Mais en quoi constitue la révolution du drone ?
Réalisez un peu : un soldat peut piloter un drone, comme dans un jeu vidéo, alors qu’il est à des milliers de kilomètres de son engin ! Si son drone est abattu, ce même pilote n’a rien, il n’y a pas de vie en danger derrière ce drone, même s’il coûte un peu cher. On peut donc en faire une utilisation risquée, voire suicidaire (pour le pauvre drone qui n’a rien demandé). Par exemple, les Russes bombardent parfois des villes en faisant s’écraser des drones qu’ils ont acheté à l’Iran.
De plus, les drones peuvent remplir les mêmes missions que les avions de chasse. Or, un drone est beaucoup moins coûteux (16 millions € pour les drones en service dans l’Armée de l’Air) qu’un avion de chasse dernier cri (78 millions € pour des Rafales). Cela peut être une solution pour les pays à l’armée démunie.
La guerre en Ukraine est principalement une guerre de position, statique. Dans ce cadre là, la construction de tranchées pour consolider les positions est très importante. Mais, encore une fois, les « petits » drones vont changer la donne : très discrets, ils peuvent se glisser en haut de la tranchée ennemie, lancer une bombinette par gravité, et détruire la tranchée ennemie. Donc la tranchée n’offre qu’une relative protection.
Dans une guerre de position, de tranchées, les chars et véhicules blindés sont peu utiles : ils sont privilégiés pour leur mobilité, qu’ils n’ont pas trop l’occasion de tester dans la guerre en Ukraine. Ils sont réduits à être cachés dans des taillis et rester statiques pendant des jours pour faire feu sur la position ennemie. Avec une reconnaissance préalable, les drones y trouvent une cible de choix : ils ne bougeront pas, et les drones, très discrets, pourront lancer leur bombinette bricolée.
Ainsi, pour un, maximum deux milliers € (prix d’un « petit » drone), on peut détruire un blindé ayant coûté plus de 8 millions € (prix du char Leclerc). Il faudra pour les programmes de réarmement étudier la question : Va-t-on dépenser des milliards d’euros qui vont aussitôt être liquidés au prochain conflit ? Si oui, alors il faudra trouver un système anti-drone qui protégerait les blindés des airs.
Finalement, cette guerre nous a imposé de nouveaux défis. Elle démontre tous les problèmes européens et renverse les alliances, mais surtout, elle soude l’OTAN et l’Occident en général… Elle nous a éclairés sur le futur…
Alors que le 10 janvier, les miliciens russes de Wagner annonçaient la prise de Soledar, les efforts russes semblent tous tournés vers cette région de l’Ukraine. Entre la terreur des civils présents et les lourdes pertes de l’armée ukrainienne, serait-il possible que les Russes débloquent le front sur ce point là ?
Le front se refige peu à peu. Les militaires ukrainiens, après avoir écrit l’Histoire par des épisodes dont on a déjà parlé, se retrouvent stoppés par des Russes qui, d’après le général Richoux, « veulent s’asseoir sur leurs gains ». En effet, ils se sont retranchés derrière le Dniepr, et construisent des lignes de tranchées sur les autres fronts. A ce stade, les Ukrainiens ne peuvent pas gagner, mais ne peuvent pas perdre non plus: ils sont en mesure d’épuiser les forces russes (vu que leurs alliés occidentaux leur fourniront autant d’armes qu’ils le veulent) mais ne peuvent pas percer les fortifications russes.
Les Russes, eux, ont des moyens : une redoutable milice privée, Wagner, et du matériel terrestre quasi inépuisable. Et malgré les enlisements que subissent les armées, Poutine semble appliquer un des principe phare de la guerre : la concentration des efforts. C’est l’un des principe de la guerre défini par le maréchal Foch : c’est la « convergence dans l’espace et le temps des actions et des effets des différentes fonctions opérationnelles », comme le définissent les manuels. Le but étant de créer une supériorité numérique sur « l’espace » concerné, afin de briser la ligne ennemie.
Ainsi, les Russes concentrent considérablement les efforts : au centre, précisément à Bakhmout, au nord de Donetsk, les soldats ukrainiens décrivent une marée humaine et les médecins militaires déplorent de plus en plus de blessés. Les Russes emploient notamment la milice (société militaire n’appartement pas à l’Etat) Wagner, les troupes d’élite que Poutine utilise généralement pour des missions de présence russe à l’étranger (Mali, Syrie…). Ces redoutables troupes sont déployées parce qu’il y a d’importantes mines de sels dans la région, une précieuse ressource. On dénombre ainsi 60 000 soldats russes contre seulement 30 000 côté ukrainien.
Les efforts russes sont concentrés dans la région de Donetsk. Certains membres des autorités russes affirment même que la « grande offensive » a déjà commencé. La ligne de front n’a pas trop bougé depuis avril dernier, mis à part sur les flancs Nord et Sud. / Image Kenzo
On a donc là une véritable concentration des efforts. Les Ukrainiens semblent plier sur ce point-là et leur dispositif risque de se disloquer s’ils permettent aux Russes de faire une percée et d’entrer profondément dans les lignes ukrainiennes. Mais ce semblant de réussite s’obtient avec des pertes énormes côté russe. Poutine et ses généraux envoient les conscrits directement à la mort.
Les spécialistes ont maintenant tendance à comparer la situation actuelle à celle du front de l’Est de la Seconde Guerre Mondiale (quand l’Allemagne nazie se battait contre l’URSS de Staline) : les forces soviétiques misaient sur leur supériorité numérique et, s’ils enfoncèrent les nazis jusqu’à Berlin, c’est au prix de quelques dizaines de millions de morts… Les Russes peuvent jouer sur leur avantage numérique et ils en ont les moyens : « un soldat mort, sitôt est-il remplacé ». D’ailleurs certaines anecdotes horribles ont été rapportées : les miliciens Wagner marchaient et s’abritaient derrière les cadavres de leurs camarades conscrits russes. On estime les pertes russes à 10 000 soldats.
Pertes ou pas pertes côté russe, pour les Ukrainiens, le résultat est le même : ils risquent de se faire enfoncer comme les Allemands… De plus les services secrets occidentaux et même les analystes de cette guerre mettent l’état-major ukrainien en alerte : les Russes préparent une grande contre-offensive, notamment à Donetsk. Poutine veut, comme ses prédécesseurs ayant combattu tour à tour Napoléon, Guillaume II, ou encore Hitler, user du général Hiver (personnification de l’hiver qui détruit les armées) et donc s’inscrire dans la lignée des chefs russes, ce qui peut être très symbolique pour les Russes.
A côté de cela, les civils vivent la Bataille de Bakhmout dans la terreur : en effet, les combats de rue (urbains) peuvent fortement toucher la population, vu que les hostilités se déroulent dans son principal lieu de vie. Attendant dans les caves que leurs soldats prennent contrôle de leur quartier, ils vivent parfois sans électricité, avec peu d’eau…
Quels seront les débouchés de cette bataille ? Qu’en résultera-t-il sur le plan diplomatique, alors que les 1 an de cette guerre approche ?
Après les blindés, voilà les avions ! Le 8 février, en visite officielle (et impromptue) en Europe, au Royaume-Uni d’abord, puis en France et aujourd’hui 9 février à Bruxelles, Volodymir Zelinsky renouvelle ses demandes d’aide militaire auprès de ceux qui soutiennent l’Ukraine contre la Russie.
Les livraisons d’avions
Depuis quelques temps, Kiev demandait de plus en plus d’avions de chasse de conception occidentale. Face à cette demande, les pays membre de l’Otan se sont prononcés : les Pays-Bas ont annoncé qu’ils allaient étudier la question avec « l’esprit ouvert », notamment pour livrer des F-16 qu’ils comptaient de toutes façons remplacer par des F-35. La Pologne n’a encore rien dit, mais suivra la marche de l’Otan. L’Allemagne et les Etats-Unis, quant à eux, ont catégoriquement refusé toute livraison d’avions. Enfin, la France ne s’est pas encore prononcée, mais pourrait peut-être livrer d’anciens mirages 2000, bien que, comme on l’a dit dans un précédent article, la France ait une carence en effectifs, dans les chars comme dans les avions, on parle de 200 avions de chasse.
La formation de pilotes ukrainiens
Volodymir Zelinsky s’est d’ores et déjà entendu avec le premier ministre britannique, Rishi Sunak et le Royaume-Uni a promis de former sur son sol des pilotes ukrainiens au combat aérien. Ceux-ci s’entraineront avec 30 Eurofighters (avions de chasse européen). D’autre part, l’Angleterre a prévu de former 20 000 nouveaux soldats ukrainiens contre 10 000 l’année dernière.
Char Léopards 2 de la Bundeswehr- Image libre de droit
Après tant d’attentes et de pressions diplomatiques, les deux pays de l’OTAN qui subissaient les demandes continues de Zelinsky, se sont enfin décidés à envoyer du matériel lourd. Les fameux Léopards 2 (Allemagne) et M1 Abrams (Etats-Unis) vont être livrés prochainement. Tandis que l’Ukraine accueille ce geste avec gratitude, l’état-major d’Emmanuel Macron hésite fortement à envoyer la fine fleur de la cavalerie française, les chars Leclerc…
Mercredi 25 janvier, devant le Parlement allemand, le chancelier Olaf Scholz a fait part des intentions de l’Allemagne : autoriser tous les pays européens qui possèdent des chars allemands Léopards 2 à les envoyer à l’Ukraine, pour l’aider à préparer une contre-offensive.
Blindé lourd américain, M1 Abrams- Image libre de droit
Cette décision est suivie dans la journée de la décision des Etats-Unis d’envoyer 31 chars Abrams, la fierté américaine de sa cavalerie blindée lourde, toujours pour aider l’Ukraine.
Ces décisions ont une grande influence de part et d’autre de la ligne de front. Volodymir Zelinsky est quant à lui « sincèrement reconnaissant« , tandis que l’ambassadeur russe en Allemagne affirme que « c’est une décision extrêmement dangereuse qui va amener le conflit vers un nouveau niveau de confrontation. Cela nous persuade une fois encore que l’Allemagne, à l’instar de ses alliés les plus proches, ne veut pas d’une solution diplomatique à la crise ukrainienne, et qu’elle veut une escalade permanente« .
Les conséquences
Kiev a maintenant la fine fleur de la cavalerie blindée mondiale, ce qui va la changer des vieux véhicules soviétiques à moitié rouillés qu’ils possédaient jusque-là. L’état-major ukrainien peut maintenant préparer ses plans pour la suite de la campagne à travers la steppe ukrainienne.
La question des chars Leclerc
Autres chars reconnus : les blindés français lourds Leclerc. Ils suscitent une certaine agitation dans la presse ces dernières semaines. L’état-major français se tortille sur la question de livrer ou non des chars de ce type. Avant d’expliquer les raisons de cette hésitation, il faut déjà quelques informations sur ce fleuron de la cavalerie française.
Char Leclerc- Image libre de droit
Le char Leclerc date de 1990. Seule la cavalerie lourde de l’armée française en possède mis à part les Emirats-Arabes Unis et la Jordanie. Ils sont au nombre de 200 dans l’armée française ce qui est très peu par rapport aux grandes armées occidentales (Etats-Unis, Grande-Bretagne…). Ce faible effectif s’explique par le coût unitaire d’un char : plus de 8 millions d’euros, alors qu’un Léopars 2 coûte en moyenne 5 millions d’euros. Depuis que la France est en difficulté par rapport à son budget, le nombre de chars ne cesse de baisser. Il est aussi très cher à entretenir.
Nous sommes donc défendus par une petite centaine chars lourds, si on prend en compte que beaucoup d’entre eux ne sont soit pas opérationnels, soit en entretien. Une faible capacité donc de défense lourde.
Donc si la France hésite à envoyer ces blindés, c’est bien un problème d’effectifs : si on envoie une centaine de Leclerc en Ukraine, voire une cinquantaine, on peut dire adieu à notre défense, surtout que ces chars peuvent être détruits. Mais il y a une autre raison : ces chars ne correspondent pas totalement au cahier des charges ukrainien. En effet, ces véhicules apporteraient à l’Ukraine un défi logistique immense (carburant, mécanique particulière). Le char Leclerc a été conçu pour être le meilleur char du monde, certes il détient de très belles performances, mais il ne dépassera jamais le Léopard qui n’est pas extraordinaire mais qui est bon partout (il conserve de belles performances tout en étant amphibie).
D’un autre côté, ce serait un geste de soutien énorme aux forces ukrainiennes de la part d’Emmanuel Macron.
La livraison apportera-t-elle l’aide attendue à l’Ukraine ? Macron décidera-t-il de livrer ses chars Leclerc ?
Nous aurons peut-être la réponse bientôt, pour notre plus grand bonheur ou pire…
En ce début de mois de janvier, l’Ukraine de Volodymyr Zelinsky a demandé des chars aux Occidentaux. Face à cette demande, les pays de l’OTAN, dont la France, ont décidé d’aider, toujours plus, l’Ukraine. Mais, pour la première fois dans cette guerre qui dure depuis bientôt 11 longs mois, les Britanniques de Rishi Sunak se sont décidés à envoyer du matériel lourd (chars d’assaut, artillerie) et franchissent le pas qui ne laisserait pas Poutine passif…
La commande ukrainienne
L’état-major ukrainien, depuis le début de l’année, met la pression sur certain pays occidentaux. En effet, pour poursuivre la guerre et tenir face à la Russie et ses ressources quasi-illimitées par rapport à l’Ukraine, il lui faut toujours, toujours plus d’armes pour ne pas être submergé par les Russes qui reprennent de l’assurance, notamment au nord de Donetsk. En l’occurence, Zelinsky a demandé des chars supplémentaires. Les pays de l’OTAN, voulant toujours plus aider l’Ukraine à gagner cette guerre, se sont investis comme jamais. On décompte notamment :
-La France de Macron va livrer ses vieux blindés AMX-10 RC, en service depuis la guerre froide.
-La Pologne, s’investit en voulant envoyer des chars d’origine allemande, les Léopards 2, mais l’accord de l’Allemagne se fait attendre. Il fournissent déjà un grand nombre de char d’assaut à l’Ukraine, mais ceux-ci sont vieux et de fabrication soviétique.
-Le Royaume-Unis de Rishi Sunak s’engage, et c’est historique, à envoyer des chars lourds, et non pas légers, comme le font ses homologues de l’OTAN. Ces Challengers 2 seront au nombre de 14, mais c’est surtout un geste symbolique de la part du Royaume-Uni.
-Des M2 Bradley pour les Etats-Unis, toujours des chars légers. Les Etats-Unis ont déjà fait beaucoup pour l’Ukraine, ils ont un réservoir immense de matériel militaire.
-Olaf Scholz, à la tête de l’Allemagne, réfléchit encore quant à livrer des Léopards 2, comme la Pologne. L’Allemagne est pressée de toute part, et on attend encore sa réponse. D’ailleurs, l’industrie allemande ne se dit pas prête à fournir les engins d’ici 2024. Les Allemands possèdent aussi des véhicules Marder.
AMX-10 RC de l’armée française, qui va être remplacé par le Jaguar. C’est un vieux char.- Image libre de droit
Plus de précisions sur le matériel envoyé
Il faut d’abord comprendre les notions de chars lourd et chars légers. Les chars lourds sont tout simplement plus lourds que les légers. Les chars d’assaut, par exemple, sont des chars lourds servant principalement à l’attaque et à « bousculer » les soldats au sol. Ils servent aussi à franchir une tranchée pleine de soldats, par exemple. Ils sont indispensables pour une offensive.
Les chars légers ont pour leur part différentes missions. Ils peuvent servir de char de reconnaissance (donc récolter des renseignement, en engageant éventuellement le combat) ou de soutien à l’infanterie (ils accompagnent et/ou transportent l’infanterie dans l’assaut).
On comprend que chaque type de char s’additionne à l’autre, qu’ils remplissent des missions bien spécifiques en fonction de leur fabrication.
L’AMX-10 RC est un char de reconnaissance et de soutien à l’infanterie. Conçu dans les années 70, puis mis en service en 1981, il participe à un grand nombre d’opérations. Il va être remplacé par le Jaguar dans les années 2020.
Le M2 Bradley est un char servant à accompagner les fantassins et à les transporter. Il date de 1981. Tout comme le Marder, qui lui aussi est très vieux et sert aussi de transporteur de troupes.
Les Challengers 2 sont quant à eux des chars lourds qui servent au choc et à bousculer les positions ennemies comme évoqué plus haut. Ils seront très peu à combattre en Ukraine.
Les Léopards 2 sont des chars moyens dont l’efficacité est reconnue au niveau international. Ils sont détenus par l’Allemage mais aussi par la Pologne.
Les raisons de cette demande
Beaucoup de spécialistes pensent que l’Ukraine a besoin de véhicules pour préparer une grande contre-offensive. En effet, depuis le retour de l’hiver et le gel de la boue, les déplacements sont plus autorisés (les véhicules s’embourbent moins). Donc, souvenez-vous, on était revenu à une guerre statique au tournant d’avril 2022. Malgré quelques contre-offensive brillantes (percée dans le Nord, prise de Kherson…), la guerre était restée une guerre de positions, comme en 1916… On pourrait donc, avec des routes plus praticables, assister à des manoevres et des opérations de grandes envergure…
En ayant à disposition des véhicules de transport d’infanterie, de soutien à l’infanterie aussi bien que des véhicules de reconnaissance ou des chars d’assaut pour bousculer des positions ennemies, l’état major ukrainien espère ainsi changer le cours de la guerre.
Malgré tout, certains spécialistes affirment qu’une centaine chars ne feront pas la différence et que ce geste de la part des occidentaux est juste symbolique. En tout cas, les effets sur le terrain seront proportionnels au nombre de blindés promis.
Ces évènements changeront-ils le cours de la guerre ? Poutine va-t-il accuser l’OTAN de cobelligérance (ce que les états d’Occident font mais n’osent pas le faire vraiment, en envoyant des troupes par exemple) ?
Vendredi dernier, un échange de prisonniers a eu lieu entre la Russie et les Etats Unis. Ces deux pays on échangé les prisonniers Viktor Brout et Brittney Griner.
Viktor Brout est un trafiquant d’armes russe, « l’un des hommes les plus dangereux du monde », qui a été arrêté et incarcéré aux Etats Unis, condamné à une peine de 25 ans de prison. Brittney Griner, quant à elle, est une basketteuse américaine, double médaillée d’or olympique. Elle a été arrêtée en Russie en peu avant le début du conflit avec l’Ukraine, pour avoir en sa possession du cannabis sous forme d’huile. Ce produit qui lui avait été prescrit pour ses douleurs chroniques, est interdit en Russie.
Viktor Brout en 2010 / Photo Administration de la lutte contre la drogue, Domaine, via Wikimedia Commons
Moscou essayait, depuis longtemps, de négocier l’échange de Viktor Brout pour qu’il puisse retourner en Russie. L’arrestation et la condamnation de Brittney Griner lui a fourni une occasion inespérée de faire pression sur les Etats-Unis. Viktor Brout, « le marchand de mort », est donc libre et de retour au pays où il ne manque pas de remercier publiquement Vladimir Poutine et de dénoncer l’Occident en termes choisis : « Ce qui se passe en Occident est simplement le suicide de la civilisation. Et cela peut se produire dans tous les domaines, avec la drogue et les LGBT+ parmi eux. »
Lundi 5 décembre, un évènement sans précédent s’est produit en Russie : pour la première fois depuis le début de la guerre, la guerre se déplace en Russie; une frappe aérienne de drones sans doute soviétiques, atteint trois bases aériennes russes. L’une, l’aérodrome de Koursk, se situe à peu près à la frontière ukrainienne. Les autres bases (Ryazan et Saratov) se situent à près de 600 km de la ligne de front. C’est un véritable changement pour Poutine qui doit maintenant se consacrer à sa défense antiaérienne.
Les faits
Depuis plusieurs mois déjà, la Russie fatiguait. De nombreux revers militaires ont été successivement essuyés, humiliant le résident du Kremlin (palais présidentiel russe). Mais là, on assiste à un bombardement ukrainien en territoire russe. Non pas sur une infrastructure civile, comme agit la Russie (une action compréhensible de la part des Ukrainiens vu que Poutine utilise cette méthode), mais plutôt sur une installation militaire. Les cibles sont des bases aériennes russes situées assez loin de la ligne de front (600 km). Une fois ayant effectué leurs missions, les drones sont interceptés par la défense anti-aérienne russe. Les débris des engins et l’attaque ont causée au total 3 morts et 4 blessés, tous militaires, avec 2 avions endommagés. Des images ont été diffusées sur les réseaux.
Sur cette image satellite google-earth, on voit bien les avions russes, dont des bombardiers datant de l’époque soviétique, entourés de rouge. Ceci est la base aérienne Engels 2, située dans la province de Saratov.
Bombardier russe Tu-95 appartenant à l’aérodrome d’Engels 2. Il est utilisé dès l’époque soviétique. Image satellite Google-Earth.
Le mystère de l’évènement
Tout le monde est étonné par l’évènement. Les drones et autres matériels de bombardement sont fournis par les Etats-Unis, et on connaît précisément les envois. Or le matériel occidental envoyé ne peut pas se déplacer sur plus de 600 km ! La réponse peut se trouver dans la firme (entreprise) ukrainienne Ukroboronprom qui a déclaré avoir créé un nouvel engin qui dépasserait les capacités des missiles air-sol (qu’on lance d’un avion ou drone) américains (il pourrait aller à plus de 1000 km depuis son point de lancement). Le groupe est d’ailleurs actif depuis le début de la guerre. Cette technologie reste néanmoins secrète et fermée, aucune images n’a été publiée.
Une autre solution, plus probable, est que l’Ukraine ait utilisé des vieux drones soviétiques, bricolés et modernisés pour l’occasion. En effet, les ingénieurs ukrainiens les ont dotés d’une charge de 75 kg et ont rendu leurs performances plus « modernes », un exploit qui fait revivre des « pièces de musée ». Ce sont des drones Tu-141 qui servaient à la reconnaissance aérienne lors de la guerre froide. Ces engins, entrés en service pour l’URSS en 1974 sont des drones à réaction qui ne peuvent « atterrir » qu’en utilisant un parachute. Les ingénieurs ukrainiens les ont dotés d’une charge de 75 kg
Drone Tupolev-Tu-141 appartenant à l’armée ukrainienne. Il est sur son camion de largage. Il ne pourra atterrir qu’en parachute, pas comme un avion classique.
L’Ukraine peut à présent mener un raid aérien et s’enfoncer beaucoup en Russie. Alors qu’on croyait qu’elle n’avait que du matériel léger et qu’elle n’était pas une puissance aérienne, une démonstration de force pour Poutine a complètement changé le cours de la guerre psychologique. Les Russes doivent à présent prévenir un raid aérien sur leurs villes. Alors que Poutine croyait à une opération de quelques semaines, quelques mois à peine, il se retrouve à devoir se protéger d’une nouvelle attaque aérienne de la part des Ukrainiens. A présent, son peuple est menacé. Son peuple qui croit de moins en moins à cette guerre et qui, s’il se sent menacé, ou manipulé par la propagande de Moscou, pourrait se révolter.
Sur cette carte, on voit bien que deux des aérodromes sont situés très loin de la frontière ukrainienne. On ne voit pas Moscou sur cette carte, mais elle est située juste au-dessus des bases. Capture d’écran Google-Earth.
La riposte
Les Russes ont organisé en représailles (non pour la première fois) des frappes aériennes d’importance notamment comme précédemment sur les infrastructures énergétiques du pays (centrales hydro-électrique du Dniepr) privant d’énergie plusieurs millions d’Ukrainiens. Désormais, dans les secteurs privés d’électricité, on vit dans le noir, le froid et la peur. Les Russes ont aussi et comme toujours multiplié les attaques sur les grandes villes. La stratégie de bombardement et de pression sur la population n’a aucun effet sur la progression militaire terrestre et maritime. Elle sert juste à impressionner les populations pour qu’elles fassent pression sur leur Etat pour négocier la paix. Mais Zelinsky ne veut pas négocier, car il sait qu’une trêve permettrait à la Russie de gagner du temps et à reconstruire son industrie qui ne fournit plus les quantités de projectiles suffisants. Moscou a par ailleurs accusé Kiev de s’en prendre à ses avions de combat afin de limiter les bombardements. En bref les Russes ont multiplié les crimes de guerre, affirmant leur stratégie de terreur.
Poutine sent qu’il perd sur le terrain et veut donc bombarder un pays qu’il veut annexer. Pire, son industrie, laissée seule face à l’absence de fournisseurs d’armes occidentaux, ne peut plus supporter seule la charge de la fabrications des divers projectiles largués sur les villes d’Ukraine. Les stocks de missiles de croisière air-sol (c’est à dire largués d’un bombardier et ayant une cible sur le sol) russes sont quasiment épuisés et la Russie utilise des missiles sol-sol (qui sont lancés du sol et qui arrive au sol) et peut-être même des missiles nucléaires dont on a enlevé les ogives (charge nucléaire).
En bref, l’Ukraine a réalisé un coup d’éclat pour la Russie qui se sent à présent menacée. Malgré tout, Moscou reste sur une stratégie de bombardement massif de diverse installations civiles.