Sortie de l’atelier journal au Palais de Justice – partie 2- les audiences

Le mercredi 18 février, avec la rédaction de On se dit tout, nous sommes allé au tribunal du Palais de Justice pour assister à plusieurs audiences en appel. Le but de cette sortie était de comprendre le fonctionnement d’un tribunal et ainsi nous montrer ce que ces audiences reflètent de la société.

Dessin Johaïna

Lorsque la juge entre, une cloche sonne et nous devons tous nous lever, puis elle appelle un par un les accusés pour qu’ils se présentent et ainsi énumérer les causes de leurs présences.

Ce jour là, deux audiences ont retenu notre attention. La première concernait un certain M. Ali, qui était accusé d’avoir insulté puis, menacé de mort une employée de la banque LCL dans le VIIIe arrondissement de Paris puis d’avoir frappé son directeur à l’aide de sa canne. La juge lui demanda de se lever et de se présenter devant le pupitre. Il ne parlait pas français, il avait donc besoin d’une interprète qui traduisait ses paroles. Lors de la première instance, l’interprète ne parlait pas la bonne langue, c’est pour ça qu’il faisait appel : ses droits n’avaient pas été respectés ! La juge a commencé par un rappel des faits pour que tout le monde se mette d’accord sur la même version. M. Ali a plaidé son innocence il affirmait ne pas avoir été violent, qu’il n’avait pas frappé le directeur et qu’on l’avait poussé. « C’est pour cela que j’avais les mains en l’air sur la caméra », dit-il dans un français approximatif. La juge lui répond  » La caméra était cachée par une camionnette blanche ». Cette réponse de la juge déconstruit l’argumentaire du vieil homme. Fatigué, il prend appui sur le pupitre, la juge continue  » Comme la camionnette cache une partie de la scène, on ne voit que vos mains en l’air, on ne comprend pas vos intentions ». On pourrait croire que sa version des faits est vraie mais certaines de ses réponses se contredisent. L’avocate générale se leva alors et requis la peine. Elle demande 2 mois d’emprisonnement avec indemnisation pour les employés de la banque pour préjudice moral et physique. M. Ali conteste. La décision sera rendue le 15 avril 2026.

Notre deuxième cas concernait M. Jean, il est aussi appelé à la barre. C’est une personne du voyage, il avait de nombreux antécédents et a déjà fait de la prison. Il était accusé ce jour-là d’avoir menacé de mort, ainsi que de brûler la maison et la voiture de ses voisins. Il risque gros. Il aurait réagi ainsi car le fils de son voisin lui aurait laissé des commentaires racistes sur Facebook. Il n’avait pas d’avocat, affirmant qu’il pouvait se défendre seul. Une grande partie de son village était contre lui, les habitants voulaient le faire partir pour récupérer son terrain. M. Jean affirmait ne pas avoir commis ces crimes. Il accusait son propre fils ! L’avocate générale ne croyait pas en son innocence et demandait 10€ d’amande pendant 80 jours, mais comme pour M. Ali la décision sera remise à un autre jour, en mai.

Giulia et Sonia

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