

J’ai lu cette semaine un livre incroyable : Le Ruban rouge, de Lucy Adlington, qui raconte la vie d’Ella, une jeune fille juive qui s’est fait raffler par les nazis alors qu’elle rentrait de l’école. A Birchwood (le nom anglais du camp de concentration d’Auschwitz Birkenau, centre de mise à mort et aussi camp d’extermination par le travail), travailler, c’est survivre. Ella va trouver du travail dans ce qu’elle aime le plus au monde : la couture, à l’atelier qui a été créé par la femme du commandant du camp, Mme H. Cet atelier a réellement existé. Au départ, seulement quelques couturières dans le grenier de Madame, uniquement pour elle. et puis Madame décide de l’étendre et de faire travailler plus de couturières qualifiées, pour que les femmes d’officiers et les cheffes de baraquements puissent, elles aussi, porter de jolis vêtements.
Au milieu des étoffes, de la soie et des broderies, la vie à Birchwood paraitra un peu moins terrifiante et horrible. Ella se lie d’amitié avec Lily, une jeune femme beaucoup trop gentille, naïve et généreuse pour survivre. Elle rencontre aussi Martha, la cheffe de l’atelier de couture, qui est sèche et qui est comparée à un requin ! Cette dernière va permettre à Ella de s’endurcir mais, si Martha est l’extrême de la dureté et de l’égoïsme et Lily l’extrême de la naïveté et de la gentillesse, grâce a elles deux, Ella va trouver un juste milieu.
La vie dans le camp est affreuse et très bien décrite, le réveil a 4H30 du matin, l’appel et les dizaines de recomptages durant lesquels tout le monde doit rester debout, ne pas bouger pendant plusieurs heures, le café à l’eau, la soupe fade et liquide, jamais de pain, les moindres maladies qui peuvent être fatales, les chambres à gaz, le comportement affreux des gardes, gentilles à l’atelier de couture, mais qui maltraitent à mort les prisonnières pour le moindre détail, les insultes, la séparation et les discriminations extrêmes des gens de « leur espèce », l’hôpital (même si on devrait parler plutôt de morgue immense), la vente des objets volés aux arrivants, le vol de tous leurs habits quand ils arrivent et qu’ils doivent rester nus, grelottant au milieu de centaines d’autres gens apeurés.
J’ai absolument adoré ce livre qui est bouleversant, incroyable, réaliste, et auquel j’ai été très sensible. La seconde guerre mondiale est une période passionnante et tous les livres dessus sont géniaux (je vous conseille aussi On m’appelle Enfant i, mais ça, c’est une autre histoire). Alors foncez pour lire Le Ruban rouge, c’est vraiment un très beau livre que je vous recommande vivement.
Yasmine