Le conflit Cambodge/Thaïlande

L’actualité saturée par les décisions de Trump passe sous silence un conflit assez loin de chez nous mais qui fait cependant de nombreux dégâts civils et culturels. Le conflit Cambodge/Thaïlande a pourtant une longue histoire dont on ne parle pas souvent dans les médias.

Ce conflit n’est malheureusement pas récent : le Cambodge et la Thaïlande ont déjà eu des « différents » par le passé. Par exemple, dans le palais royal des Thaïlandais, il y a une reproduction miniature du temple d’Angkor Wat qui, historiquement (et maintenant aussi !), appartient au Cambodge. De leur côté, les Cambodgiens ont nommé une de leurs villes Siem Reap, littéralement « là où les Thaïlandais ont été vaincus » en khmer.

La Thaïlande conteste la frontière tracée par les autorités coloniales française à partir de 1863, qui suit une chaîne de montagnes. Cette frontière inclut un temple, Preah Vihear (qui est inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco depuis 2008), dans le territoire du Cambodge, mais qui, si on suit la logique du reste de la frontière, appartiendrait à la Thaïlande. La situation s’est envenimée le 16 juillet par la faute de l’explosion d’une mine antipersonnel à la frontière, dont les Thaïlandais ont attribué la présence aux Cambodgiens. Ces affrontements frontaliers sont les plus violents depuis 10 ans dans la région.

Pour ce qu’on en sait, les premiers coups de feu ont été échangés le 24 juillet dernier sur des régions frontalières, entraînant des dizaines de morts et des déplacements de population (environ un million de personnes de part et d’autre). On ne sait pas qui est le premier pays à avoir frappé mais personnellement, je ne vois pas quel serait l’intérêt du Cambodge à attaquer la Thaïlande : celle-ci possède une plus grande armée.

Un premier cessez-le-feu a été signé par les ministres de la défense des deux pays le 28 juillet, dont Trump se félicite de l’obtention. Les deux parties s’accusent mutuellement d’avoir violé le cessez-le-feu avec des captures de soldats.

Un autre cessez-le-feu précaire a été signé le 27 décembre 2025 mais le Cambodge accuse la Thaïlande d’annexer des territoires cambodgiens, dont un village frontalier. La Thaïlande répond que ce village était, au départ, dans son territoire et que les civils cambodgiens s’y seraient installés. Les Thaïlandais n’auraient donc fait que reprendre des terres qui leur appartenaient avant.

Le temple Preah Vihear a également subi des dégâts (« de graves dommages aux structures architecturales originales » selon le ministère cambodgien de la Culture). L’Unesco annonce envoyer une mission pour évaluer les dégâts dès que les conditions le permettront. Ce conflit est entretenu notamment par les politiques nationalistes des deux pays.

Sonia

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