Lindsay : « J’espère de tout cœur que ce que j’ai fait aura servi à quelque chose »

Vous connaissez sûrement la triste histoire de Lindsay qui a fait réagir toute la nation française. Une jeune adolescente, nommée Lindsay, était harcelée avec une violence et une brutalité bien trop dure à imaginer. Des moqueries, des insultes, des menaces, chaque jour de sa vie, pendant des mois… Ne pouvant plus supporter cette vie infernale, la jeune fille a mis fin à ses jours, à 13 ans, le 12 mai dernier.

Ce n’est pas la première fois que des faits de harcèlement poussant au suicide sont rapportés (on pense toujours au jeune Lucas, 13 ans aussi, qui s’est suicidé le 7 janvier 2023) mais cette histoire a fait particulièrement réagir par le fait que de nombreuses personnes avaient été mises au courant de la situation et n’ont pas respecté leur devoir de protéger la collégienne. En effet, sa mère et elle avaient prévenu le principal de l’établissement qui ne voulait rien entendre et disait qu’elle l’embêtait avec ses sottises, elles avaient déposé plainte, et la mère avait aussi envoyé le dossier médical de Lindsay très alarmant ainsi qu’une lettre de Lindsay, sur laquelle nous reviendrons quelques lignes plus bas, à l’académie, au directeur et à la police. Elle en est même venue à écrire au président Emmanuel Macron. La mère a tout essayé pour sauver sa fille mais comme elle le dit elle même : «J’ai tout essayé, j’ai tout fait. On n’a pas été aidés, on a été lâchés, complètement. Aucun soutien, ni avant, ni pendant, ni après».

Lindsay, durant son harcèlement avait écrit une lettre très touchante pour sa mère et son beau-père :

 » Chers parents, si vous lisez cette lettre c’est que je suis sûrement partie. Je suis désolée d’avoir fait ça mais je n’en pouvais plus des insultes matin et soir, des moqueries, des menaces. Je n’en peux plus et j’ai envie d’en finir. Mais rien ne les arrêtera car malgré tout ce qu’il s’est passé, elles me voudront toujours du mal. Pardon maman je suis partie rejoindre papa (son père est décédé lorsqu’elle avait 3 ans) et j’espère de tout cœur que ce que j’ai fait aura servi à quelque chose. Je pense que ce que j’ai fait va les réjouir. Elles penseront qu’elles ont gagné et arrêteront tout ça. Je ne pouvais même pas me confier au directeur car il ne voulait rien entendre. La seule chose que je pouvais faire était de partir. Faites attention à Maëlys et ce qui pourrait lui arriver. Faites attention à vous, au revoir. « 

Maëlys était l’amie de Lindsay, en effet certaines de ses amies sont toujours victimes de harcèlement.

Suite au suicide de Lindsay, quatre plaintes ont été déposées récemment pour non-assistance à personne en péril, informe l’avocat de la famille, Me Pierre Debuisson. Une contre le principal du collège de Lindsay, une contre l’académie de Lille, une contre les policiers en charge de l’enquête et une contre Facebook France et Instagram France. Quatre mineurs et une majeure ont été mis en examen pour harcèlement ayant conduit au suicide et menaces de mort.

Après la mort de la jeune fille, le gouvernement a réagi. Pap Ndiaye, ministre de l’Education dénonce un « échec collectif » notamment lié aux réseaux sociaux qui ne modèrent pas assez les propos vulgaires et violents envoyés et postés. En effet, on peut encore voir des commentaires qui n’ont pas lieu d’être comme : « Lindsay est enfin morte », « Je vais cramer sa tombe » ou « Nous irons pisser sur sa tombe ». Pap Ndiaye a dit vouloir « mettre sous pression de manière plus accentuée » les réseaux sociaux et assure qu’il se charge de l’enquête personnellement. Il a également rappelé les numéros à appeler en cas de harcèlement ou cyberharcèlement qui sont le 3020 et le 3018, ce dernier pour les cyberviolences, tous les deux anonymes et gratuits. Elisabeth Borne, quant à elle, a affirmé que la lutte contre le harcèlement scolaire sera « une priorité absolue » à la rentrée 2023. Brigitte Macron, très investie dans la lutte contre le harcèlement, a été très touchée par l’histoire de Lindsay et a rencontré ses parents hier après-midi, proposant à la mère de devenir ambassadrice contre le harcèlement. Sur les réseaux sociaux, de nombreux messages pour rendre justice à Lindsay circulent.

Comme l’a souligné l’avocat de la famille de Lindsay, « Il ne s’agit pas forcément d’envoyer les gens en prison, il s’agit de faire réagir« .

Justine

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