Ukraine : que se passe-t-il à Bakhmout ?

Alors que le 10 janvier, les miliciens russes de Wagner annonçaient la prise de Soledar, les efforts russes semblent tous tournés vers cette région de l’Ukraine. Entre la terreur des civils présents et les lourdes pertes de l’armée ukrainienne, serait-il possible que les Russes débloquent le front sur ce point là ?

Le front se refige peu à peu. Les militaires ukrainiens, après avoir écrit l’Histoire par des épisodes dont on a déjà parlé, se retrouvent stoppés par des Russes qui, d’après le général Richoux, « veulent s’asseoir sur leurs gains ». En effet, ils se sont retranchés derrière le Dniepr, et construisent des lignes de tranchées sur les autres fronts. A ce stade, les Ukrainiens ne peuvent pas gagner, mais ne peuvent pas perdre non plus: ils sont en mesure d’épuiser les forces russes (vu que leurs alliés occidentaux leur fourniront autant d’armes qu’ils le veulent) mais ne peuvent pas percer les fortifications russes.

Les Russes, eux, ont des moyens : une redoutable milice privée, Wagner, et du matériel terrestre quasi inépuisable. Et malgré les enlisements que subissent les armées, Poutine semble appliquer un des principe phare de la guerre : la concentration des efforts. C’est l’un des principe de la guerre défini par le maréchal Foch : c’est la « convergence dans l’espace et le temps des actions et des effets des différentes fonctions opérationnelles », comme le définissent les manuels. Le but étant de créer une supériorité numérique sur « l’espace » concerné, afin de briser la ligne ennemie.

Ainsi, les Russes concentrent considérablement les efforts : au centre, précisément à Bakhmout, au nord de Donetsk, les soldats ukrainiens décrivent une marée humaine et les médecins militaires déplorent de plus en plus de blessés. Les Russes emploient notamment la milice (société militaire n’appartement pas à l’Etat) Wagner, les troupes d’élite que Poutine utilise généralement pour des missions de présence russe à l’étranger (Mali, Syrie…). Ces redoutables troupes sont déployées parce qu’il y a d’importantes mines de sels dans la région, une précieuse ressource. On dénombre ainsi 60 000 soldats russes contre seulement 30 000 côté ukrainien.

Les efforts russes sont concentrés dans la région de Donetsk. Certains membres des autorités russes affirment même que la « grande offensive » a déjà commencé. La ligne de front n’a pas trop bougé depuis avril dernier, mis à part sur les flancs Nord et Sud. / Image Kenzo

On a donc là une véritable concentration des efforts. Les Ukrainiens semblent plier sur ce point-là et leur dispositif risque de se disloquer s’ils permettent aux Russes de faire une percée et d’entrer profondément dans les lignes ukrainiennes. Mais ce semblant de réussite s’obtient avec des pertes énormes côté russe. Poutine et ses généraux envoient les conscrits directement à la mort.

Les spécialistes ont maintenant tendance à comparer la situation actuelle à celle du front de l’Est de la Seconde Guerre Mondiale (quand l’Allemagne nazie se battait contre l’URSS de Staline) : les forces soviétiques misaient sur leur supériorité numérique et, s’ils enfoncèrent les nazis jusqu’à Berlin, c’est au prix de quelques dizaines de millions de morts… Les Russes peuvent jouer sur leur avantage numérique et ils en ont les moyens : « un soldat mort, sitôt est-il remplacé ». D’ailleurs certaines anecdotes horribles ont été rapportées : les miliciens Wagner marchaient et s’abritaient derrière les cadavres de leurs camarades conscrits russes. On estime les pertes russes à 10 000 soldats.

Pertes ou pas pertes côté russe, pour les Ukrainiens, le résultat est le même : ils risquent de se faire enfoncer comme les Allemands… De plus les services secrets occidentaux et même les analystes de cette guerre mettent l’état-major ukrainien en alerte : les Russes préparent une grande contre-offensive, notamment à Donetsk. Poutine veut, comme ses prédécesseurs ayant combattu tour à tour Napoléon, Guillaume II, ou encore Hitler, user du général Hiver (personnification de l’hiver qui détruit les armées) et donc s’inscrire dans la lignée des chefs russes, ce qui peut être très symbolique pour les Russes.

A côté de cela, les civils vivent la Bataille de Bakhmout dans la terreur : en effet, les combats de rue (urbains) peuvent fortement toucher la population, vu que les hostilités se déroulent dans son principal lieu de vie. Attendant dans les caves que leurs soldats prennent contrôle de leur quartier, ils vivent parfois sans électricité, avec peu d’eau…

Quels seront les débouchés de cette bataille ? Qu’en résultera-t-il sur le plan diplomatique, alors que les 1 an de cette guerre approche ?

Kenzo

Séisme en Turquie et en Syrie, urgence

Lundi 6 février 2023, un séisme d’une magnitude de 7,8 (elle ne peut aller que jusqu’à 10) a ravagé la région comprenant le sud de la Turquie et le nord-ouest de la Syrie.

Pour le moment, on compte plus de 17 500 morts, mais le bilan n’est pas définitif et ne cesse de s’alourdir. Les secours continuent pourtant de trouver des survivants sous les décombres. Pour avoir l’espoir de sauver le plus de personnes possible, il faut absolument agir dans les 72 premières heures après la catastrophe.

Cependant, malgré une aide internationale qui se met en place, les secours font face à de nombreuses difficultés : le froid glacial et la neige ralentissent leurs recherches et en Syrie, c’est la guerre qui complique les choses.

Localement, des critiques commencent à se faire entendre contre le président Erdogan concernant les moyens insuffisants mis en place par les autorités turques pour sauver les victimes encore vivantes et protéger les rescapés.

Le duo des renards 🦊

Ukraine-Russie: des avions pour l’Ukraine ?

Volodymir Zelinsky devant le Parlement européen

Après les blindés, voilà les avions ! Le 8 février, en visite officielle (et impromptue) en Europe, au Royaume-Uni d’abord, puis en France et aujourd’hui 9 février à Bruxelles, Volodymir Zelinsky renouvelle ses demandes d’aide militaire auprès de ceux qui soutiennent l’Ukraine contre la Russie.

Les livraisons d’avions

Depuis quelques temps, Kiev demandait de plus en plus d’avions de chasse de conception occidentale. Face à cette demande, les pays membre de l’Otan se sont prononcés : les Pays-Bas ont annoncé qu’ils allaient étudier la question avec « l’esprit ouvert », notamment pour livrer des F-16 qu’ils comptaient de toutes façons remplacer par des F-35. La Pologne n’a encore rien dit, mais suivra la marche de l’Otan. L’Allemagne et les Etats-Unis, quant à eux, ont catégoriquement refusé toute livraison d’avions. Enfin, la France ne s’est pas encore prononcée, mais pourrait peut-être livrer d’anciens mirages 2000, bien que, comme on l’a dit dans un précédent article, la France ait une carence en effectifs, dans les chars comme dans les avions, on parle de 200 avions de chasse.

La formation de pilotes ukrainiens

Volodymir Zelinsky s’est d’ores et déjà entendu avec le premier ministre britannique, Rishi Sunak et le Royaume-Uni a promis de former sur son sol des pilotes ukrainiens au combat aérien. Ceux-ci s’entraineront avec 30 Eurofighters (avions de chasse européen). D’autre part, l’Angleterre a prévu de former 20 000 nouveaux soldats ukrainiens contre 10 000 l’année dernière.

A.B et Kenzo

Découverte archéologique à Bordeaux

Fin janvier, des archéologues ont découvert 35 sarcophages et 60 squelettes ENTIERS et très bien conservés à Bordeaux, dans le centre ville, près de la place des Martyrs de la Résistance, pendant des fouilles préventives pour des travaux de voierie.

Il s’agit d’une nécropole, les sarcophages sont en pierre calcaire et les squelettes datent du haut Moyen-Age, enterrés dans une fosse profonde de 1m50 .

Les sarcophages »s’organisent en rangés et s’alignent certainement devant un bâtiment ou une croix », explique Camille Vanhove, responsable de l’archéologie préventive pour la métropole de Bordeaux

Les archéologues vont répertorier tous les ossements et vont les analyser pour savoir s’ils appartenaient aux membres d’une même famille, si ces gens étaient bien ou mal nourris, malades… Cela devrait contribuer à l’histoire de la ville.

Les recherches sont actuellement en cours et vont s’arrêter au mois de mai.

Victoire

Les Blackpink, de vraies parisiennes

Avez-vous déjà entendu parler de Blackpink, le girl groupe coréen le plus connu du monde ?

Le retour sur scène des Blackpink était énormément attendu par les fans, trois ans après leur première tournée mondiale. Pour le plus grand bonheur de leurs admirateurs et admiratrices, elles sont passées en France il y a quelques mois à peine, c’était en décembre dernier. A Bercy, la foule était présente et des lumières roses brillaient de mille feux dans la rue et moi, j’y étais.

Le concert commençait à 20 heures et se finissait vers 22 heures 30. Leurs fans se nommant les blincks étaient au rendez-vous et les places pour les deux jours se sont vendues en quelques heures seulement. Une queue gigantesque se trouvait devant la boutique officielle du groupe, devant la salle de concert.

Tweet de K-Gen, site d’information sur la K-pop

Mais, la dernière actualité des Blackpink c’est d’avoir participé au Gala caritatif des pièces jaunes le mercredi 25 janvier (diffusé sur France2 le 28 janvier) en présence d’Emmanuel et Brigitte Macron – Brigitte Macron étant la présidente de l’association des Pièces jaunes (l’argent récolté est donné aux hôpitaux).

A la suite de cet évènement, elles ont été invitées par le couple présidentiel à l’Elysée. A cette occasion, elles portaient toutes des vêtements des créateurs français Saint Laurent, Céline, Dior et Channel dont elles sont les « ambassadrices ».

Chloé

Crise à Taiwan : une nouvelle poudrière ?

Un général américain, Michael Minihan, a fait part dans une note interne que son « instinct [lui] dit que nous [les Américains] combattrons en 2025« , probablement autour de Taiwan, petite île qui capte l’attention depuis quelques années. Ces propos ont été confirmés par le Pentagone (ministère de la Défense des Etats-Unis) à l’AFP. Ce même officier exhorte ses camarades à s’entrainer pour un conflit type Ukraine. Et ce mardi, la France concluait des accords politiques avec l’Australie, alors que les deux pays étaient en froid depuis une affaire étroitement liée à l’impérialisme chinois. L’occasion pour nous de revenir sur cette île du Pacifique tant convoitée par les grandes puissances du moment, les Etats-Unis et la Chine.

Le problème taiwanais et son Histoire

Le problème remonte il y a bien longtemps. Taiwan, officiellement « République de Chine », est un territoire composé de 168 îles, la plus grande étant Taiwan elle-même. Ce territoire a une histoire particulièrement lié à la Chine. Il faut d’abord se plonger dans les années 40-50 pour comprendre les tensions des « deux » Chines.

Drapeau de la « République de Chine »

Dans les années 1940 une lutte oppose les Chinois : les uns sont communistes et les autres nationalistes. Les communistes gagnent la guerre civile et la Chine devient « République populaire de Chine« . Le meneur des nationalistes se réfugie à Taiwan, territoire alors appartenant à la Chine. Il y crée un état différent de l’état continental, la « République de Chine« , qui est reconnu par l’ONU jusqu’en 1971. Un énorme transfert de population survient alors, les Chinois nationalistes se réfugiant à Taiwan.

La République de Chine perd peu à peu ses territoires insulaires grignotés par la Chine populaire. Ils se résument à l’île de Taiwan et des archipels composés de 167 îles.

Venons en maintenant à la Chine. Depuis 2012, elle est dirigée par le dictateur Xi Jinping. Cet homme a des ambitions pour son pays. Il veut en faire une grande puissance… et y parvient : la Chine est très puissante. Elle s’est forgée une bonne place en Asie orientale et a de solides alliés autours d’elle (Russie, Corée du Nord). Mais aucune grande puissance ne peut prétendre à un statut de géant mondial si elle n’assure pas sa domination sur les mers. Problème: la Chine a certes une très large bande côtière, mais elle est entourée par des archipels volcaniques qui sont tous alliés aux Etats-Unis. Pour empirer la situation, les espaces maritimes chinois sont peu profonds, donc peu propices à une guerre de sous-marins.

Sur cette carte, on voit la Chine étouffée par les Alliés. De plus on voit le relief océanique: peu profond à côté de la Chine, mais profonde dépassé les archipels volcaniques / image Kenzo

On comprend donc qu’en plus d’un enjeu politique et historique, c’est l’avenir du géant Chinois qui est en jeu.

Les stratégies du nouvel Empire

Au grand dam de la Maison Blanche, la Chine entreprend un immense projet en matière d’armement, dans la Marine surtout. Avec son industrie qui fournit les trois quarts du monde, elle a de quoi faire rougir l’Oncle Sam. Exemple: en avril 2021, Xi Ximping inaugure 3 bâtiments (les bateaux) en même temps, dont un sous-marin nucléaire lanceur d’engins (qui peut envoyer des missiles nucléaires). Il adopte aussi une politique de terreur sur les mers.

Des milices de pêcheurs endoctrinés attaquent des bateaux étrangers. Un exemple frappant illustre bien ce type d’action. Dans les eaux territoriales du Vietnam, en 2014, une milice chinoise percute et coule un navire vietnamien. L’évènement, sauvegardé dans une vidéo, a eu plusieurs cousins : on dénombre ainsi des actions de ce type partout en mer de Chine, à commencer par Taiwan, où les pêcheurs ont peur d’aller exercer leur métier sur les eaux de leur village, de peur de subir le même sort que leurs homologues vietnamiens.

Mais la stratégie est bien trouvée, à chaque fois, les actions ne sont ni assez graves pour qu’il y ait une guerre ou un conflit avec le pays concerné, ni trop banales pour passer inaperçues. Les populations sont donc terrorisées et les gouvernement ne peuvent pas faire grand-chose. De plus, ces pêcheurs-miliciens restent des civils, et l’armée américaine qui avait conclu des accords avec les pays agressés ne peut rien faire, car attaquer les miliciens, ce serait attaquer des civils et bafouer le droit international. C’est ce problème qui est le moteur de l’escalade.

Les Chinois grignotent aussi peu à peu des îlots, voire des rochers, comme les îles Spratley, qui parfois appartiennent à des Etats voisins comme les Philippines. Et à chaque fois, l’armée américaine ne peut et veut rien faire, car « est-ce qu’on a vraiment envie de déclencher une guerre avec la Chine pour un îlot des Spratley ? Objectivement, Non » évalue le vice-amiral français Vaujour.

Tous ces évènements se passent dans une région stratégique du monde, qui contrôle notamment plusieurs détroits maritimes où les bateaux remplis de marchandises sont obligés de passer à moins de contourner par l’Australie. Il serait donc capital de contrôler la zone en cas de guerre.

Ici, on voit une image satellite montrant une base d’hélicoptère dans une île Paracel, en mer de Chine du Sud

La Chine, comme on l’a vu, ne peut pas s’étendre plus haut car elle est coincée par les Alliés. Par contre, s’étendre plus bas et avoir un œil sur ces détroits mondiaux est très intéressant pour Pékin. Ainsi, les îlots naturels sont agrandis artificiellement pour créer de véritables bases pour asseoir la souveraineté contesté de la Chine dans la zone.

Les détroits qui donnent accès au Pacifique pour les bateaux venants d’Europe et d’Afrique sont très convoités… La Chine a des ambitions plus au Sud, quitte à bafouer le droit international. Elle bafoue les ZEE (Zone Economique Exclusive) des Etats voisins et entame une « conquête pacifique », sans conflit ouvert / image Kenzo

Les réactions occidentales

Pour contrer l’impérialisme chinois, certains Alliés ont conclu des accords de vente de sous marins (accords Aukus). En effet, c’est le défaut principal des Chinois qui, comme on l’a dit, ont un rivage peu profond. L’Australie a acheté 8 sous-marins aux Etats-Unis (avec le partenariat du Royaume-Uni), ce qui a pour conséquence de mettre en froid Australie et France, ces deux pays ayant au préalable conclu eux aussi un accord de vente de sous-marins. Ce traité, bafoué, avait stoppé les relations cordiales entre Français et Australiens.

L’Australie a raison de s’inquiéter et de se réarmer : le 3 juin 2019, un groupe d’assaut amphibie chinois de plus de 700 militaires, venus droit de l’Empire du milieu, entre en grande pompe dans le port de Sydney. Cet évènement est d’autant plus marquant que les navires chinois n’ont pas été repérés par la défense australienne. Un message de puissance de la part du communisme chinois. De plus, la Chine multiplie des bases aéro-maritimes dans les archipels du Pacifique qui entourent l’île aux Kangourous, la coupant carrément de l’Oncle Sam.

Heureusement, les Français et les Australiens ont conclu de nouveaux accords pour aider l’Ukraine main dans la main. Les deux pays sont « réconciliés »…

Les conséquences

Ces évènements à forte résonnance mondiale entrainent d’une part une coopération militaire inédite entre les pays du Pacifique et des liens resserrés contre les dictatures asiatiques (Russie, Chine, Corée). D’autre part, et ceci est accentué par la crise ukrainienne, une perte de confiance envers les Etats-Unis. En effet, cette perte de confiance est comparable à celle de l’Ukraine face à l’Europe : alors que les puissances européennes étaient prête à partir en guerre pour l’Ukraine, elles ont en fait livrés les Ukrainiens à eux-mêmes. Les Etats-Unis ne sont pas intervenus pour défendre le rocher des Philippine conquis par les Chinois.

Et je pense que c’est là toute la stratégie de Pékin : détruire son ennemi américain pour avoir les mains libres. « Face à la Chine, vous n’êtes pas en position de force pour négocier. Vous ne l’avez jamais été, depuis 20 ou 30 ans. Le peuple chinois n’accepte pas ça » déclare un émissaire chinois au Secrétaire d’Etat américain.

Xi Jinping veut donc se tailler sa place dans le monde, quitte à enfreindre le droit international.

L’instinct du général américain aura-t-il raison ? En cas de guerre Chine-Taiwan, les Etats-Unis hésiteront-t-ils à employer leur flotte dont l’industrie chinoise se moque ? Si les Etats-Unis n’interviennent pas, alors ce sera un renversement des alliances et la perte de crédibilité de Biden ? Si oui, la France participera-t-elle à ce conflit peut-être nucléaire ?

Si vous voulez en savoir plus: Asie-Pacifique : la nouvelle poudrière | ARTE

Kenzo

Grève et perte de salaire

La manifestation du 31 janvier à Paris / photo P. Crubézy, image libre de droit

Mardi 31 janvier s’est déroulée la 2e journée de mobilisation contre la réforme des retraites proposée par le gouvernement. Les manifestations ont rassemblé encore plus de monde que lors de la journée du 19 janvier, 500 000 personnes à Paris selon les syndicats et 87 000 selon le ministère de l’Intérieur.

Au collège, plusieurs professeurs étaient en grêve. Mais sur l’ensemble du territoire, le nombre de grévistes dans l’enseignement était en baisse par rapport à la semaine dernière.

Il faut savoir que quand on est en grève, on ne touche pas son salaire. On nous annonce une nouvelle journée de mobilisation mardi prochain, le 7 février. Cela risque d’être compliqué pour les gens qui en seront à leur 3e journée de grève et verront, à la fin du mois, leur paye bien diminuée ! Et si la mobilisation se poursuit, comment vont-ils pouvoir faire ?

Ayoub

Envoi de chars en Ukraine : les Américains et les Allemands donnent leur feu vert

Char Léopards 2 de la Bundeswehr- Image libre de droit

Après tant d’attentes et de pressions diplomatiques, les deux pays de l’OTAN qui subissaient les demandes continues de Zelinsky, se sont enfin décidés à envoyer du matériel lourd. Les fameux Léopards 2 (Allemagne) et M1 Abrams (Etats-Unis) vont être livrés prochainement. Tandis que l’Ukraine accueille ce geste avec gratitude, l’état-major d’Emmanuel Macron hésite fortement à envoyer la fine fleur de la cavalerie française, les chars Leclerc…

Mercredi 25 janvier, devant le Parlement allemand, le chancelier Olaf Scholz a fait part des intentions de l’Allemagne : autoriser tous les pays européens qui possèdent des chars allemands Léopards 2 à les envoyer à l’Ukraine, pour l’aider à préparer une contre-offensive.

Blindé lourd américain, M1 Abrams- Image libre de droit

Cette décision est suivie dans la journée de la décision des Etats-Unis d’envoyer 31 chars Abrams, la fierté américaine de sa cavalerie blindée lourde, toujours pour aider l’Ukraine.

Ces décisions ont une grande influence de part et d’autre de la ligne de front. Volodymir Zelinsky est quant à lui « sincèrement reconnaissant« , tandis que l’ambassadeur russe en Allemagne affirme que « c’est une décision extrêmement dangereuse qui va amener le conflit vers un nouveau niveau de confrontation. Cela nous persuade une fois encore que l’Allemagne, à l’instar de ses alliés les plus proches, ne veut pas d’une solution diplomatique à la crise ukrainienne, et qu’elle veut une escalade permanente« .

Les conséquences

Kiev a maintenant la fine fleur de la cavalerie blindée mondiale, ce qui va la changer des vieux véhicules soviétiques à moitié rouillés qu’ils possédaient jusque-là. L’état-major ukrainien peut maintenant préparer ses plans pour la suite de la campagne à travers la steppe ukrainienne.

La question des chars Leclerc

Autres chars reconnus : les blindés français lourds Leclerc. Ils suscitent une certaine agitation dans la presse ces dernières semaines. L’état-major français se tortille sur la question de livrer ou non des chars de ce type. Avant d’expliquer les raisons de cette hésitation, il faut déjà quelques informations sur ce fleuron de la cavalerie française.

Char Leclerc- Image libre de droit

Le char Leclerc date de 1990. Seule la cavalerie lourde de l’armée française en possède mis à part les Emirats-Arabes Unis et la Jordanie. Ils sont au nombre de 200 dans l’armée française ce qui est très peu par rapport aux grandes armées occidentales (Etats-Unis, Grande-Bretagne…). Ce faible effectif s’explique par le coût unitaire d’un char : plus de 8 millions d’euros, alors qu’un Léopars 2 coûte en moyenne 5 millions d’euros. Depuis que la France est en difficulté par rapport à son budget, le nombre de chars ne cesse de baisser. Il est aussi très cher à entretenir.

Nous sommes donc défendus par une petite centaine chars lourds, si on prend en compte que beaucoup d’entre eux ne sont soit pas opérationnels, soit en entretien. Une faible capacité donc de défense lourde.

Donc si la France hésite à envoyer ces blindés, c’est bien un problème d’effectifs : si on envoie une centaine de Leclerc en Ukraine, voire une cinquantaine, on peut dire adieu à notre défense, surtout que ces chars peuvent être détruits. Mais il y a une autre raison : ces chars ne correspondent pas totalement au cahier des charges ukrainien. En effet, ces véhicules apporteraient à l’Ukraine un défi logistique immense (carburant, mécanique particulière). Le char Leclerc a été conçu pour être le meilleur char du monde, certes il détient de très belles performances, mais il ne dépassera jamais le Léopard qui n’est pas extraordinaire mais qui est bon partout (il conserve de belles performances tout en étant amphibie).

D’un autre côté, ce serait un geste de soutien énorme aux forces ukrainiennes de la part d’Emmanuel Macron.

La livraison apportera-t-elle l’aide attendue à l’Ukraine ? Macron décidera-t-il de livrer ses chars Leclerc ?

Nous aurons peut-être la réponse bientôt, pour notre plus grand bonheur ou pire…

Kenzo

Mobilisations contre la réforme des retraites

Manifestation intersyndicale contre le projet de réforme des retraites des salariés du public & du privé à Sens dans l’Yonne, le 19 janvier 2023 / photo François GOGLINS, CC BY-SA 4.0 https://creativecommons.org/licenses/by-sa/4.0, via Wikimedia Commons

Jeudi 19 janvier, la France a connu une importante journée de grève contre la proposition de loi du gouvernement de repousser l’âge du départ à la retraite de 62 à 64 ans. Au collège, la majorité de nos professeurs ont fait grève. Les transports (SNCF et RATP) ont été touchés ainsi qu’EDF (Electicité de France) et les raffineries de pétrole. Les manifestations dans tout le pays ont rassemblé de 1 à 2 millions de personnes.

On nous annonce une prochaine journée de mobilisation le mardi 31. Pourquoi ?

Malgré l’opposition à la réforme d’une majorité de la population (66% la semaine dernière, 72% cette semaine), le gouvernement n’a pas changé d’avis et va présenter son projet à l’Assemblée nationale au début du mois de février. Les syndicats qui représentent les travailleurs pensent donc qu’il ne faut pas lâcher la pression et continuer à montrer qu’ils ne sont pas d’accord.

Ayoub et Victoire